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CHARLES GUERIN

Charles Guérin a fréquenté les musées autant que l'a pu faire André Gide qui l'estime. André Gide est poète et théoricien ; se promener dans les galeries vénérables suffit à l'enrichir. Mais Charles Guérin n'a peut-être pas assez copié les maîtres. Doué du sens le plus séduisant de la couleur, il se laisse encore, çà et là, embarrasser par la matière et l'on peut déplorer que dans ses natures mortes, la viole d'amour, la gourde et le bouquet, soient d'une même qualité.

On aimera, comme il faut les aimer, les tendres mascarades, un peu littéraires, qui favorisèrent la

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fortune de Charles Guérin. Ces scènes au parc ne sont pas d'un Watteau comme on l'a dit ; fêtes galantes d'une sensualité toute moderne, elles allient à la grâce convenue le charme d'un exotisme imprécis, d'une beauté guère plus chinoise que les Chinoises de Boucher. C'est, d'ailleurs, à ce maître, bien mieux qu'à Watteau, que l'on pourrait en appeler de Châties Guérin.

Le rythme de certains nus, Femme Nue, Torse au jupon vert, Torse au collier vert, Torse nu, Le modèle, Buste au sein nu, etc., est évidemment classique et l'art de Guérin demeure mesuré, même en ses fantaisies carnavalesques ; il témoigne, en outre, d'une distinction étudiée, cette forme bourgeoise du goût à quoi n'atteignent que peu des professeurs chamarrés, qu'un mauvais plaisant dénommait les artilleurs du canon académique.

Au fait, Charles Guérin, est, lui aussi, professeur. C'est un prudent maître et qui, selon Ingres, inscrirait volontiers au fronton de son académie de peinture : Ecole de Dessin. On peut supposer que divers portraits ne sont que d'habiles démonstrations à l'usage des dames peintres de la rue Campagne-Première.

Erreur légère et que rachètent tant d'heureuses « réussites » dues uniquement au don appuyé sur la patience et la méthode, dont il parvient à faire oublier qu'elle est courte.

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