CHAPITRE HI
Déductions thérapeutiques
La détermination du moment favorable pour intervenir chirurgicalement et le choix du procédé opératoire sont singulièrement facilités par l’artériographie préalable.
a) Il existe au moins deux circonstances où cet examen est capable de faire différer l'heure de lintervention. Quand il montre que l’anévrysme et l’artère sont perméables et que la circulation collatérale n’est pas développée, toute action chirurgicale portant directement sur le sac, risque d’être dangereuse. Les opérations reconstitutives ou restauratrices, les seules logiques dans ce cas, sont en effet susceptibles de se compliquer d’oblitération secondaire de la voie principale, dont les conséquences peuvent alors être désastreuses. L’artériographie, en montrant l’absence de développement des artères de suppléance, engagera à surseoir à lPintervention. Il pourra devenir légitime en pareille occurence de recourir à la méthode des ligatures incomplètes préconisées par Halsted et Matas, pour favoriser le développement de la circulation collatérale. On peut, comme Y
a insisté Edwards, en suivre la marche par l’artériogra-
phie et choisir le moment opportun pour intervenir. Jeanneney, Magendie et Magnant, dans un cas d’anévrysme poplité traité un mois avant par la ligature incomplète de lartère en amont de la lésion, ont pu ainsi intervenir en toute « sécurité » et pratiquer une endo-anévrysmorraphie oblitérante, l’artériographie avant montré que la circulation collatérale avait acquis le développement scuhaitable. Cependant, Bird ayant vu dans deux cas la compression répétée de l'artère en amont entrainer des complications (anévrysmes faux avec compression nerveuse), préconise la sympathectomie lombaire comme opération préliminaire à lPintervention sur l’anévrysme, La sympathectomie supprimerait les réflexes vaso-constricteurs et favoriserait le développement des artères de suppléance. Dans un cas d’anévrysme poplité où lartériographie avait montré l'absence de développement de la circulation collatérale, la sympathectomie lombaire améliora l’état circulatoire, et l’endoanévrysmorraphie oblitérante pratiquée vingtsix jours après amena la guérison sans aucun trouble vasculaire.
Dans un autre ordre d'idée, L. Bazy préconise de retarder lopération quand il existe une gangue périanévrysmale importante. Nous avons déjà vu comment il serait possible d'apprécier le degré des lésions inflammatoires périsacculaires en confrontant les résultats de l'examen clinique et les données radiologiques. L’intervention pratiquée dans de telles condiions conduit sur
des tissus en réaction inflammatoire qui rendent très