‹ L'Artériographie dans les anévrismes artériels des membresChapitre 7 sur 20 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Aspects artériographiques des lésions artérielles

dans les anévrismes

a) Signalée pour la première fois par Monroë, la multiplicité des anévrysmes développés sur un même vaisseau est considérée comme rare, à tort peut-être, car des ectasies multiples peuvent rester longtemps latentes. Dans un cas de Leriche et Jung, la dissection d’une pièce d’amputation révéla la présence de neuf anévryvsmes latents de la fémorale et de la poplité. Ils s'étaient manifestés cliniquement uniquement par des crises douloureuses vaso-constrictives compliquées tardivement de gangrène. L'observation de Kadri Rachid, concerne, d’après son auteur, des anévrysmes artériels multiples développés sur lartère sous-clavière, la radiale, la cubitale, ainsi que dans la région hypothénarienne et au dos de la main. Mais il ne s’agit que d’un document clinique, dont la lecture ne permet pas d’éliminer avec certitude, en l'absence de constatations opératoires ou radiologiques la possibilité de fistules multiples artério-veineuses dont Frieh et Lévy ont fait l'étude artériographique. Les renseignements fournis

par l’artériographie laissent à penser que la coexistence

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de plusieurs ectasies sur un même tronc artériel est une éventualité qui n’est pas exceptionnelie. Dans notre observation 1, l'exploration radiologique a permis de découvrir huit dilatations artérielles surajoutées à lanévrysme perceptible cliniquement. Déjardin et Spehl, Leriche et Arnulf ont fait des constatations analogues : ces derniers auteurs, chez un malade présentant un anévrysme de la fémorale, à la partie moyenne du triangle de Scarpa, ont pu, grâce à l’artériographie, mettre en évidence la présence de « deux autres renflements » sous-jacents qu'aucun signe ne permettait de soupçonner. Notons d’ailleurs que dans les deux cas précédents, les patients avaient déjà été opérés pour une lésion anévrysmale antérieure. Ces notions comportent quelques déductions cliniques et thérapeutiques sur lesquelles nous reviendrons.

b) L’artériographie permet de préciser le siège exact de la lésion. Cette constatation nous parait particulièrement intéressante dans les cas de volumineux anévrysmes siégeant près de la racine du membre. Ainsi dans deux observations, l’une de R. Dos Santos, l’autre de Do Amaral, l’anévrysmographie a permis de situer sur l'artère ischiatique un anévrysme considéré clinique: ment comme développé aux dépens de la fessière. Mais dans de telles localisations, les précisions apportées à la lopographie de l’ectasie, sont surtout importantes parce qu’elles permettent de reconnaître si le sac présente ou non un prolongement vers le pelvis. Cette distinction en

anevrysme extra-pelvien avec ou sans prolongement

Ogs. |. — Anévrysme poplité. Artériographie, Dilatations anévrysmales multiples fémoro-poplitées. La perméabilité de l’anévrysme perceptible cliniquement est réduite à une petite poche opaque. Altérations athéromateuses des artères prin-

cipales.

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intra-pelvien comporte des conclusions très importantes pour la tactique opératoire.

€) Du degré de perméabilité du sac dépend l'aspect arlériographique de l'anévrysme. A cet effet trois éventualités peuvent se présenter :

Tantôt la cavité se laisse largement imprégner par le liquide de contraste et l’on peut exactement en apprécier la morphologie : fusiforme, sacciforme, voire multilobée (Britto et Rosado). Il est alors utile, comme le recommande L. Bazy, de confronter le volume de l’anévrysme perçu par la palpation et les dimensions intérieures du sac que montre l’artériographie. On peut ainsi en déduire l'importance des réactions périanévrysmales. Leur intensité augmentant les difficultés opératoires, il serait prudent, pour cet auteur, de surseoir à l'intervention quand on les constate. Mais nous devons faire remarquer que cette disproportion entre le volume apparent du sac d'après lexamen clinique, et l'importance de la cavité injectée par le produit opaque peut être également réalisée par son comblement par des caillots organisés. Un cas de Dos Santos est à ce titre démonstratif. Il s'agissait d’un volumineux anévrysme du tronc tibio-péronier réalisant une tumeur diffuse qui s’étendait du tiers supérieur de la jambe au cou-de-pied. La partie perméable du sac se réduisait sur le cliché à la présence de deux ombres olivaires situées à l’origine du tronc tibio-péronier. L’autopsie montra que la cavité anévrysmale pleine de caillots occupait toute la partie supérieure de la

jambe. L'observation de Jonckheere et Leclercq est un

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