‹ L'Arthrite Chronique Déformante de la HancheChapitre 11 sur 44 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

C’est le plus souvent d’une manière très insidieuse que se constitue le tableau clinique de l'arthrite déformante.

Le malade a vu apparaître, tout d’abord de manière

intermittente, à l’occasion de froid, de changement de temps, des douleurs siégeant au niveau de la région de la hanche et irradiant souvent à la face postérieure de la cuisse.

- Si à cette période le malade a consulté un médecin, celui-ci a le plus souvent parlé de sciatique, de rhumatisme et, soit spontanément, soit sous l’influence d’une médication symptomatique banale, les douleurs ont rétrocédé.

Mais plusieurs crises se sont succédé ;: progressivement, la région est devenue douloureuse, d’une manière ‘continue, entraînant bientôt des troubles de la marche.

C’est en général assez tard après l'apparition des premiers symptômes que le chirurgien est appelé à pratiquer l’examen.

Ii sera utile de faire alors préciser les conditions d’apparition, le siège exact et les irradiations de la douleur,

Hague

Peu marquée le matin au réveil, la sensation douloureuse s'accroît au cours de la journée. Dans quelques cas cependant, l’articulation semble s’assouplir au début de la marche, mais bientôt les douleurs reprennent el deviennent plus intenses.

La marche en terrain accidenté, la montée ou la descente des escaliers sont rendues particulièrement difficiles.

Les phénomènes douloureux sont surtout marqués par temps froid et humide et calmés par le repos et la chaleur.

Le sujet se plaint de ne pouvoir s’asseoir ni se baisser aisément. Il éprouve beaucoup de peine à mettre son soulier, symptôme sur lequel ont insisté Léri et Duvernay et que nous avons presque toujours trouvé chez nos malades.

Duvernay décrit comme assez fréquent un symptôme un ‘peu particulier qu’il appelle « Paccrochage », véritable blocage de l'articulation de la hanche. Le malade se trouve brusquement dans l'impossibilité d'avancer, à la fois par suite d’une douleur vive et aussi par une sensation de butée, d'arrêt. Cet état cède soit spontanément, soit sous l'influence de certains mouvements, toujours les mêmes et bien connus du malade. Nous avons pu noter cet incident très nettement chez une de nos malades, La pathogénie exacte de ce symptôme est difficile à affirmer. Peut-être est-il dû au coincement d’un corps étranger, peut-être aussi à l’accrochage véritable de deux ostéophytes.

Le siège antérieur, inguinal de la douleur, auquel

Duvernay attache une grande importance n’est pas absolument constant. Le malade se plaint souvent de la région fessière ou même de la région trochantérienne. La douleur peut irradier vers le haut, la région lombaire, mais plus fréquemment en descendant vers le genou et lelong des nerfs, en particulier du sciatique. En tous cas la douleur n’est nullement en rapport avec lies lésions anatomiques. Il est fréquent de voir de très grosses déformations être peu ou pas douloureuses,

Symptômes physiques

En examinant le malade debout, on remarque en général une attitude hanchée. Le membre atteint est en légère flexion, reposant sur le sol par la pointe du pied ct en rotation externe, Cette rotation s'accompagne d’un degré plus ou moins marqué d’abduétion.

Plus rarement c’est une déformation inverse que l’on observe avec adduction, et rotation interne. Cette. position vicieuse est encore plus incompatible avec un fonctionnement correct de la hanche et il faudra s’efforcer de la corriger à tout prix.

La marche est troublée, il existe une boiterie plus ou moins marquée, le malade plonge légèrement à chaque pas.

L’examen méthodique de la hanche, pratiqué selon les règles habituelles montre : |

Une atrophie musculaire qui reste le plus souvent assez peu marquée et qui ne se traduira que par une légère dénivellation du pli fessier ;

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