‹ L'Arthrite Chronique Déformante de la HancheChapitre 21 sur 44 · TRAITEMENT MÉDICAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT MÉDICAL

Le nombre des traitements proposés est déjà, à lui seul, l’indice de leur fréquente inefficacité. Cependant, dans bien des cas, on en sera réduit à cette thérapeutique ; aussi, faut-il la bien connaître, pour savoir en ordonner judicieusement les éléments. En outre, on aurait tort d’oublier que ce traitement restera un adjuvant précieux de l’acte chirurgical.

Nous n'’insisterons pas ici sur tous les petits moyens à indiquer au malade pour éviter le froid et l’humidité, ni sur le régime qui consistera seulement à s’abstenir d'aliments toxiques et de boissons alcooliques.

Mécanothérapie

Il n’est jamais besoin de faire de mécanothérapie au sens propre du mot. La mobilisation passive violente de l’article, entraînant, au contraire, des crises douloureuses aiguës après lesquelles l’impotence se trouve accrue.

La plupart des auteurs s'accordent pour admettre par

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contre que la mobilisation active et prudente de Parliculation est utile, tout au moins dans les formes prises au début. M. C. Roederer nous a permis de constater chez une malade les bons effets d’une gymnastique modérée et médicalement conduite et surveillée.

Hydrothérapie. Traitement thermal

On a coutume de proposer l’hydrothérapie chaude, soit sous forme de bains sulfureux, soit sous forme de cures thermales.

Nous signalerons ici simplement les principales stations dont les vertus ne sauraient être mises en doute. Ce sont celles qui sont spécialisées dans le traitement du rhumatisme chronique sous toutes ces formes : Aixles-Bains, Dax, Bourbonne-les-Bains, Bagnères-de-Bigorre, Saint-Amand, Bourbon-l’Archambault, Chaudesaigues, Préchacq. Le choix de chaque station sera déterminé par des indications un peu particulières, tirées de l’examen général du malade et sur lesquelles il nous semble inutile d’insister ici. ;

Médicaments chimiques

L’acide phosphorique, à la dose de deux grammes par jour, sera, en adjonclion aux sels de chaux, un utile élément de recalcification.

Mais c’est l’iode qui reste le médicament de base de l’arthrite. On pourra la prescrire, soit per os, sous forme de teinture d’iode fraîche (L à LX gouttes par jour, par

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périodes de quinze jours) soit par injections. Pour l'administration de ces dernières, deux médicaments ont été surtout utilisés : l’un, iode en solution aqueuse rapidementabsorbée,mais aussi rapidement éliminée (iodaseptine), l’autre, en combinaison huileuse, dont l’absorption est lente mais qui poursuit longtemps son action (lipiodol). Dans plusieurs observations de M Rœderer,nous avons pu noter une grosse amélioration du symptôme douleur après traitement prolongé au lipiodol. Dans d’autres cas, le résultat est à peine marqué ou même nul. Rien ne permet, jusqu'ici, de pressentir quels malades tireront un profil réel de ce traitement qui demeure cependant un des meilleurs.

Le soufre a été également employé, soit isolé, soit combiné à l’iode.

Médicaments opothérapiques

Les auteurs s’accordent pour reconnaître la fréquence de l’apparition de l’arthrite chronique au voisinage de la ménopause. Cette constatation à conduit, nous l’avons vu, à élaborer une théorie pathogénique endocrinienne de cette affection. Que cette théorie ne soit pas hors de toute discussion, il n’en demeure pas moins que certains malades sont nettement améliorés par les injections sous-cutanées d'extraits polyglandulaires. Cette indication se rencontrera surtout chez la femme où l’on emploiera les extraïts thyroïdien, ovarien et surrénal. Parfois on a pu envisager l'emploi d’opothérapie croisée (C. Rœderer).

Et He Médicaments biologiques

Contre les arthrites dont la nature infectieuse a pu être démontrée, il sera logique d'employer un traitement spécifique :

Vaccin antigonococcique.

Vaccin antistreptococcique, dans certains Cas où une infection pharyngée a pu être décelée (F. Françon).

Enfin, il convient de rapprocher de ces médications le traitement antisyphilitique qui pourra, dans des cas, malheureusement rares, amener des améliorations durables (Gilbert Dreyfus et Bourgeois).

Psysiothérapie

Nous ne ferons que citer les applications d'air chaud, les bains de lumière, de soleil, les rayons ultra-violets.

Nous insistérons sur : -

1° La diathermie dont nous n’avons pas à décrire la technique d'application et qui a donné, entre les mains de certains, des succès durables (Japiot). Nous devons avouer que chez plusieurs de nos malades, l’amélioration a été de courte durée (obs. XXI et XXIIT) ;

2° De même, l’ionisation salicylée de la région lomboiliaque et de la hanche ne semble pas amener de modifications notables (obs. XXI) ;

3° Par contre la radiothérapie possède à son actif des succès réels. Ce sont MM. Dausset et Lucy qui eurent, semble-t-il, les premiers l’idée de son emploi chez les malades atteints d’arthrite chronique, Ces auteurs ont

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enregistré des améliorations très marquées et durabies dans la moitié des cas environ sans que rien semble actuellement permettre de préciser les raisons des échecs thérapeutiques.

L'action des Rayons X sur l’arthrite chronique de la hanche est assez difficile à interpréter. MM. Dausset et Lucy pensent qu’ils détruisent les cellules de néoformation, qu’ils libèrent les filets nerveux en faisant disparaître les tissus qui les compriment et qu’ils ont en outre un effet sédatif spécial, de mécanisme inconnu. Leur action serait surtout nette dans les formes d’arthrites proliférantes.

Nous ne saurions entrer ici dans les détails purement techniques concernant l'application de la radiothérapie, détails pour lesquels on devra consulter larticle de MM. Dausset et Lucy.

Nous retiendrons toutefois les données essentielles suivantes sur la posologie des rayons X. On doit employer des rayons assez pénétrants, bien filtrés et dont les doses devront être dans l’ensemble assez fortes mais variables d’après les malades et en particulier d’après l'épaisseur des tissus à traverser.

L'amélioration est assez lente à apparaître. Elle ne survient en général que vers la quatrième ou cinquième semaine. On pourra être obligé de faire deux séries pour juger de l’efficacité du traitement. Celui-ci ne saurait donc être considéré comme une panacée de l’arthrite chronique, mais il apparaît comme souvent utile et sans danger s’il est correctement appliqué.

Il nous a été donné d’observer chez des malades de

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M. C. Rœderer, d’une part et chez une de nos malades d’autre part (obs. XXIV) des résultats très encourageants.

4° Nous pouvons enfin rapprocher de la radiothérapie l'emploi de diverses substances radio-actives, en particulier, le mésothorium et le thorium X. La première nous paraît dans l’ensemble assez peu active. Quant à la seconde, si son emploi a été parfois suivi de succes, il présente indiscutablement, de réels dangers (anémie grave) qui doivent en faire limiter étroitement les indi-

cations.

Traitement orthopédique

Il consistera essentiellement en immobilisation, celleci étant réalisée au moyen d’un appareil plâtré pelvicrural en abduction légère et rotation nulle.

A côté de cette immobilisation plâtrée, certains orthopédistes ont employé un appareil moulé à appui ischiatique qui, en bloquant Particulation et en supprimant les pressions au niveau des extrémités osseuses, peut permettre une marche moins douloureuse, Mais lon connaît les multiples ennuis de -ces apparéils, souvent pénibles à supporter pour le malade.

L’immobilisatiou de courte durée surtout sous la forme d'extension continue, si elle est capable dans quelques crises très aiguës, d'amener une sédalion des phénomènes douloureux, se montre impuissante à éviter leur réapparilion au lever du malade. Nous citerons, à titre d'exemple, nos observations XIII et XVI, où l’on verra

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qu’une immobilisation d’un mois n’empêcha pas la reprise des douleurs et où l’on fut conduit à une thérapeutique chirurgicale.

D'ailleurs, l’immobilisation se révèle impuissante à favoriser la formation d’une ankylose. Chez certains malades suivis par M. Lance, pendant 5 et 6 ans, cette méthode n’a jamais abouti à une ankylose osseuse. Au contraire, à la suite d’immobilisation prolongée, la contracture de défense disparaît et les mouvements sont

plus étendus.

= Nous verrons, lorsque se posera le problème de l’immobilisation de l'articulation malade, que nous avons à notre disposition une intervention facile et bénigne qui la réalisera plus sûrement que les moyens orthopédiques que nous venons d'envisager.

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