‹ L'arthrite du genou et de l'épanchement articulaireChapitre 19 sur 49 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

Fracture sous-trochantérienne suivie d'épanchement abondant du genou.— Raideur articulaire permanente el géne de la marche.

Meret (Jules), âgé de 45 ans, tonnelier, entre, le 17 mars 1871, salle Srinte-Vierge, n° 33. s

I est atteint d’une fracture du corps du fémur siégèant au tiers supérieur et probablement sous-trochantérienne. — Produite par le passage d’une roue de voiture, cette lésion s’accompagne d’un certain degré de contusion, limitée surtout à la partie la plus supérieure du membre.

On laisse pendant 24 heures la cuisse dans une gouttière. — À cette époque aucun épanchement ne s’est encore manifesté dans le genou et ce n’est que le surlendemain de l’accident qu’on commence à pouvoir le reconnaitre.

Le 19, on applique un appareil de Scultet qu’on laisse jusqu’au 26, époque à laquelle on le remplace par un double plan incliné. En.même temps (26 mars), on trouve que l’épanchement s’est accru au point de devenir très-considérable.

Les jours qui suivent, aucun phénomène nouveau n’attire l'attention : l’appareil est très-bien supporté et ne cause aucune douleur au malade.

Le 19 avril, on visite le membre, dont l’état ne s’est nullement modifié : le cal commence à se laisser sentir à travers les parties molles.

Le 14 mai, on enlève le plan incliné; on trouve alors que les fragments sont réunis par un cal qui paraît avoir envahi la région trochantérienne au point qu’on peut se demander si, avec la fracture de la diaphyse, le malade n’était point atteint d’une fracture du col du fémur.

Le genou ne présente plus que peu d’épanchement, il est dans la demiflexion , assez raide et encore volumineux. — Du reste les quelques mouvements qu'on lui communique sont peu douloureux et on ne peut trouver de mobilité anormale dans le sens latéral.

Le 15, la demi-flexion a fait place à une extension assez complète qui s’est effectuée presque spontanément et sans douleur. L’engorgement des parties molles n’empêche pas de constater un épanchement qui distend

moe l'articulation du genou : celui-ci mesure 2 centimètres de pourtour en plus du côté maiade que du côté sain.

17. Depuis qu’on a enlevé l'appareil, l'épanchement du genou paraît augmenter : peut-être est-ce simplement une apparence due à ce que le degré d’extension du membre, plus complet à présent, facilite l’exploration.

26 juin. L’épanchement est encore fort sensible; il a néanmoins un peu diminué. Le raccourcissement est faible : néanmoins la marche est gênée et par l’æœdème général du membre, qui était prononcé surtout les premiers Jours après qu’on eut levé l’appareil, et par l’état du genou. Le malade, en effet, pose à peine le pied par terre et doit s’aider d’une paire de béquilles. La flexion peut s’opérer jusqu’à ce que la cuisse ne forme plus avec la jambe qu’un angle de 30 degrés.

Le malade sort le 6 juillet. À cette époque, l’engorgement seul du genou persiste, toute trace d’épanchement ayant disparu. Le raccourcissement n’est pas assez considérable pour embarrasser la marche, mais le malade ne pose le pied à terre qu’avec appréhension et ne se passe jamais de béquilles.

Nous le revoyons souvent depuis et nous pensons qu’il exagère volontairement la gêne fonctionnelle qui a suivi la consolidation de sa fracture, afin d'obtenir par ce moyen quelques jours de séjour à l'hôpital.

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