‹ L'arthrite du genou et de l'épanchement articulaireChapitre 21 sur 49 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

Plaie en séton à la fesse et à la cuisse gauches avec fracture du fémur ; épanchement considérable du genou. — Mort. k

Grenier, âgé de 61 ans, insurgé, entre le 23 mai à la Charité.

Atteint à la partie supérieure de la cuisse gauche par une balle de chassepot qui lui a fracturé le fémur, il se présente avec une plaie d’entrée admettant à peine le petit doigt, et une plaie de sortie plus large, située à la fesse.

Pour ne pas détruire un travail adhésif qui peut avoir débuté par les parties profondes, on ne fait aucune exploration et on ferme avec des bandelettes collodionnées la plaie antérieure.

Le 24, apparaît un épanchement dans le genou, qui, dès les premières heures, devient très-considérable.

Le 25 au soir, survient un phlegmon diffus, gangréneux, qui envahit en quelques heures tout le membre. Le malade meurt le 26 mai au soir.

L’encombrement de la salle des morts nécessite une évacuation anticipée de cadavres, et parmi ceux qu’on enlève se trouve celui de Grenier, dont nous ne pouvons ainsi faire l’autopsie.

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OBSERvATION XVIIL.

Fracture par coup de feu de la partie supérieure du fémur ; épanchement rapidement abondant du genou. Mort.

X..., fuséen de la Commune, blessé le 23 mai 1871’, entre à l'hôpital le 24 au soir seulement ; le 25, à la visite, on le trouve dans l’état suivant (Saint-Joseph, n° 10) :

Le membre gauche est dans l’abduction et la rotation en dehors; il existe un léger raccourcissement qui alors ne dépasse guère 2 centimètres ; les parties molles tuméfiées empêchent de sentir les fragments, qui donnent néanmoins une crépitation très-nette. À la région antérieure de la cuisse est une plaie recouverte d'une escharre, large comme une pièce de deux francs. — A la fesse gauche un autre orifice plus petit et à bords bien nets se présente: le trajet ne laisse suinter que peu de sang et la suppuration n’est pas encore établie. En même temps on note un épanchement sanguin assez notable à Ja partie supérieure de la cuisse, un commencement d’ecchymose de la région trochantérienne, mais suriout une collection fluctuante très-abondante dans la cavité du genou gauche.

Ces divers phénomènes font reconnaître une fracture par coup de feu de la partie supérieure du fémur gauche; on immobilise le membre dans une gouttière, après réduction aussi complète que possible.

Le 26, l’infiltration sanguine sous-cutanée se propage à la partie inférieure et externe de la cuisse; — en même temps apparaît une fièvre traumatique intense; le pouls monte à 120, et la température à 39°,8. — M. Gosselin, néanmoins, ne croit pas encore certain que la fracture suppurera.

Le 30, le gonflement du genou, celui de la cuisse augmentent; Je malade est dans un état adynamique, il expectore quelques crachats rouillés.

Le 3 juin, la fièvre augmente, le membre est tendu, chaud, l’état adynamique se prononce.

Le 5, M. Gosselin se décide à débrider les orifices du séton, il retire plusieurs esquilles , le genou est dans le même état.

Le 7, on passe un drain au travers du trajet; le genou paraît augmenter de volume.

A cette époque, forcé de m’absenter quelques jours, je perds le malade de vue, et à mon retour, j'apprends qu’il est mort et qu’on n’en a point fait l’autopsie.

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