‹ L'arthrite du genou et de l'épanchement articulaireChapitre 23 sur 49 · OBSERVATION XX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX

Fracture vers le tiers inférieur de la cuisse droile avec épanchement rapidement abondant dans l'articulation du genou.

Guillon (Jean), tonnelier, âgé de 39 ans, en descendant une pièce de vin d’une voiture, la laisse tomber sur sa cuisse, qui était arc-boutée en avant. Il sent une douleur vive; perd l’équilibre et tombe de côté, tandis que le tonneau échappe de ses mains et roule d’un autre côté. Il est aussitôt relevé et on le porte le lendemain seulement à la Charité, salle Sainte- Vierge, n° 28.

7 juin. La déformation, la crépitation, la mobilité sont des plus évidentes et montrent une fracture siégeant au tiers inférieur de la cuisse droite. Du reste, il y a peu de contusion des parties molles, peu de sensibilité spontanée ou lors de l'exploration; mais une douleur vive trèspersistante occupe le genou. Celui-ci est gonflé; le choc rotulien, la fluctuation ne laissent aucun doute sur l’abondance et la rapidité de production de l’épanchement; cet épanchement n’est pas sanguin; il n’en a pas les

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caractères, de plus la cause traumatique n’a pas porté sur le genou même.

D'abord placé dans une simple gouttière, le 9 juin on le place dans un appareil à double plan incliné, et dès lors l’examen de l’état du genou est difficile ou impossible, Néanmoins il faut noter la persistance très-grande de la douleur articulaire qui est tensive et parfois empêche le malade de dormir. Peut-être toutefois cette douleur est-elle due surtout à la pression exercée sur le jarret par l'appareil, pression qui est la cause d’un œdème considérable de tout le pied.

Le 29 juillet, on enlève le double plan incliné et le Scultet qui y est adapté, le membre est simplement posé sur le lit et on procède à son examen. : %

La jambe est légèrement fléchie sur la cuisse sans qu ‘il soit possible de l’étendre de suite d’une manière complète; le cal est peñt, solide; le fragment supérieur y fait une légère saillie en dehors, et est ainsi ‘la cause d’un certain degré de déplacement angulaire.

L’épine iliaque droite est alors un peu élevée. Pour mesurer le raccourcissement, les deux membres sont placés parallèlement entre eux et à l’axe du tronc, et perpendiculairement au bassin, tous deux dans un même degré de flexion. On note alors les dimensions suivantes :

De l’épine iliaque à l’angle externe de la * Droite. ARE TOUTE RE EE de ME Ee r e 0,390 On ,405

Le genou présente de la fluctuation et du choc rotulien; il est, en outre, un peu engorgé et œdémateux; comme circonférence on trouve:

Genou droit. Gauche.

Cireonférence nel. Ce CR Re . … 0,370 0% ,340

Le 3 août, la jambe est complétement étendue sur la cuisse; on peut faire exécuter au genou des mouvements de flexion peu étendus, il est vrai, mais sans douleur; toutefois le malade ne peut enlever encore le talon de son lit. Du reste, le genou est toujours fluctuant et engorgé; on recherche avec soin s’il présente des mouvements de latéralité, mais on n’en trouve aucun.

La mensuration donne les résultats suivants :

j Droite, Gauche.

Épine iliaque à malléole interne. . . . . . .. Om ,800 0,835 — — s=turextemeNn ARE RON S 00 On ,865

Total du raccourcissement. . . ., 3 centimètres.

2 v30r Circonférence du genou au niveau : Droite. DACEs 1° De l’angle supérieur de la rotule . . .. 0,39 0,34

2° De l'angle inférieur de la rotule. . . .. 0,37 0,33

Le malade, qui est encore dans le service au commencement de septembre, ne présente plus que fort peu de raideur du genou.

OBsERvVATION XXI.

Fracture de la cuisse droite au tiers inférieur sur un membre raccourci par une luxation congénitale ou ancienne de la hanche. Immédiatement épanchement considérable du genou.

Larguillier, âgée de 19 ans, entre le 21 mai à la salle Sainte-Catherine, n° 17. Cette malade, atteinte d’une déformation ancienne du membre droit, résultant d’une luxation coxo-fémorale congénitale, ou remontant tellement loin qu’elle à perdu le souvenir de la cause qui l’a produite, a glissé le jour même dans un escalier, est tombée et a roulé la hauteur de deux marches seulement.

Transportée à l’hôpital, on trouve le lendemain tous les signes d’une fracture de la cuisse au tiers inférieur s’accompagnant de peu de déplacement, de fort peu de contusion, mais déjà d’un épanchement considérable dans le genou.

On met le membre malade dans une gouttière et on l’y laisse pendant toute la durée de la consolidation ; la fracture fait peu souffrir la malade, mais l’épanchement du genou, qui est devenu énorme, lui cause des douleurs pulsatives quelquefois très-vives.

Le 11 août, jour où nous examinons les résultats de la consolidation, nous trouvons un cal petit et solide. Il n’y a que peu de déformation du membre; l'affection ancienne empêche de mesurer l’étendue du raccourcissement.

Le genou droit est tuméfié, fluctuant; il présente du choc rotulien; il est un peu engorgé et surtout très-raide; il ne peut guère fléchir que de 20 à 30 degrés; le genou est encore un peu douloureux dans la marche, il y a quelques mouvements de latéralité.

La mensuration circulaire donne les résultats suivants : Droite. Gauche.

Au niveau du bord supérieur de la rotule. . . 0,340 Om ,310 Au niveau de l'angle inférieur. . . . . . ... . 0,315 Om ,280

Aria

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