OBSERVATION XXII
Ancienne fracture du col du fémur probablement trailée par la demiflexion. Autopsie.
X..., âgé de 70 ans, entre le 4 septembre, dans la nuit, salle Saint- Jean, pour une brûlure immense, occupant presque tout le tronc, les deux membres antérieurs et une partie de la cuisse droite.
Il est dans le coma le plus complet et ne peut donner aucun renseignement. On peut remarquer néanmoins qu’il a un raccourcissement marqué, accompagné de rotation en dehors de la cuisse gauche, et que le genou correspondant est dans une demi-flexion qui ne peut. être ramenée à l'extension. La lésion de la hanche doit être ancienne; un domestique, un peu faible d'esprit, qui accompagne le malade, ne peut nous dire autre chose, sinon que le malade a eu la cuisse cassée quelques années auparavant.
Il meurt dans la journée.
Autopsie le 7, à 9 heures et demie du matin.
Articulation coxo-fémorale. I existe une fusion osseuse du fémur et du bassin : le trochanter n’est éloigné que de 2 centimètres du rebord cotyloïdien. Le col a disparu presque en entier; on ne peut affirmer où finit le bassin et commence le fémur. ù
Cela vient à l'appui de ce que nous avait rapporté le domestique. On peut donc reconnaître une ancienne fracture du fémur ayant entraîné une ankylose par fusion osseuse de l'articulation coxo-fémorale.
La diaphyse du fémur est intacte.
Le genou ne contient que peu de synovie normale; il y a une hypergenèse énorme de graisse péri-articulaire; en mesurant comparativement les cartilages diarthrodiaux du fémur, de la rotule et du tibia, on voit qu’ils ont diminué d’étendue dans tous les sens et de 5 millimètres au moins.
Mais l’obs'acle à l'extension est dans les cartilages semi-lunaires retenus en arrière par la rétraction des ligaments latéraux et surtout croisés auxquels ils sont reliés par des adhérences plus intimes et par des expansions fibreuses plus étroites que celles que l’on observe à l’état normal. Quand on veut étendre le genou, en effet, on voit que ces ligaments, arrivés aux limites de la tension, empêchent les cartilages semi-lunaires de prendre la place qu’ils doivent occuper dans l’extension; dès lors ils s’interposent comme denx coins entre les surfaces articulaires et les empêchent de se correspondre sur une plus longue étendue.
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On note, en outre, l’altération velvétique des surfaces aux points qui ne sont soumis à aucune pression des parties osseuses contiguës. Ges dernières altérations existent aux deux genoux et attestent un certain degré d’arthrite sèche qui enlève aux résultats de notre autopsie une partie de leur valeur. Néanmoins, à gauche, tous les mouvements se font bien, l'extension, la flexion sont conservées ; ce n’est qu'après avoir coupé les ligaments croisés à droite que nous pouvons mettre le membre dans l’extension; et encore ce n’est qu’au prix de la séparation des surfaces articulaires du fémur et du tibia qui s’abandonnent dans cette position.