LS TS
1° L’épanchement ne nous a jamais paru précédé de phénomènes d'arthrite aiguë; la douleur, surtout celle des premiers jours, peut s'expliquer par la distension de l'articulation. L'inflammation chronique ou subaiguë dont l'existence est manifeste semble succéder à l’'hydarthrose et non la déterminer.
2° On ne doit, en aucune façon, faire de distinction entre les épanchements consécutifs aux fractures simples et ceux qui accompagnent les fractures ouvertes ét spécialement celles qui sont produites par coup de feu. Sans contester ici la valeur des recherches anatomo-pathologiques de M. Muron, nous nous bornons à faire remarquer qu’au point de vue clinique aucune différence, si faible qu’elle soit, ne sépare les épanchements produits par l’un et l’autre ordre de fractures; nous croyons, du reste, avoir prouvé que les conditions d'âge et de siége de la fracture avaient sur la marche de l’épanchement une influence bien autre que la cause directe ou indirecte, constituée ou non par une plaie d'arme de guerre.
3° Enfin, nous ferons observer que, sile membre est contenu dans un appareil, c’est quelquefois après la levée de ce dernier que l’épanchement atteint son plus haut point. Tel fut, par exemple, le cas que nous avons décrit dans l'observation n°XX. L’hydarthrose qui avait élevé la circonférence du genou malade de 3 centimètres seulement, lorsqu'on eut enlevé l'appareil, produisit une augmentation de volume de 5 centimètres. Ce fait, suffisamment médité, nous fait de suite comprendre l'importance des phénomènes mécaniques qui interviennent dans Îa production de l’affection qui nous occupe.
Il nous est néanmoins impossible d'adopter la manière de voir de M. le docteur Hennequin, qui, avec une obligeance dont nous le remercions vivement, a mis à notre disposition une statistique de dix-huit cas traités pars son appareil (extension permanente).
À côté, en effet, des hydarthroses consécutives à la fracture, il croit avoir noté chez un certain nombre de malades l'apparition de l’épanchement seulement après la levée de l'appareil.
Dans une remarque qui suit l’un de ces cas, il fait observer que «l'épanchement articulaire était énorme et disparut pendant «l'extension pour reparaître ensuite. C’est un effet constant de «l'extension et de la compression élastique. »
Nous pensons que la cause de cette disparition ou plutôt de cette dissimulation de l’épanchement pendant le traitement est dans la position du membre qui se prête difficilement à la constatation. Chez nos malades traités par la demi-flexion, en effet, il a toujours fallu ramener le membre à l'extension pour prouver la présence du liquide.
Du reste, les tractions que M. Hennequin exerce sur la cuisse par l'intermédiaire de la jambe demi-fléchie écartent, comme nous le signalerons plus tard, les surfaces articulaires l’une de l’autre et augmentent ainsi la capacité de la synoviale.
Sans nier en aucune façon que la compression élastique puisse diminuer un épanchement qui reparaît plus abondant quand on la cesse, nous inclinons donc à penser que, dans les cas de M. Hennequin, l’hydarthrose était dissimulée par la position du membre et les tractions, plutôt qu'amoindrie en quantité. :
Après avoir étudié l’arthrite dans sa marche, et malgré les différences inhérentes aux conditions où elle se produit, constaté l'identité de ses caractères, nous abordons l’histoire de ses terminaisons et des modifications fonctionnelles dont elle complique les suites des fractures de la cuisse.