‹ L'Arthrodèse de la Hanche dans la CoxalgieChapitre 19 sur 66 · NUE · texte numérisé non relu

NUE

Même malade (Obs. VI). - Hanche droite (vue postli®) - Elat actuel,

après l'opération (Juin 1929}

7 ans

le trochanter sont en contact intime avec le cotyle adjacent, bien qu'il n’y ait pas entre eux union osseuse : le greffon persiste très décalcifié, avec zone de pseudarthrose à ses deux extrémités.

La malade, depuis l'intervention (1923) mène une vie normale. Et bien ‘qu'il n’y ait pas d’ankylose complète, le résultat fonctionnel est très bon.

Chez les trois enfants (Obs. I, IV, VD, le résultat fonctionnel est demeuré également bon.

Les deux malades des Obs. I et VI que nous avons revues, marchent sans boiterie, avec une hanche en bonne attitude, indolore, en ankylose serrée pour la première, en ankylose complète pour la deuxième, - avec des raccourcissements de 14 et 6 cm.; elles mènent une vie absolument normale, et ne sont génées ni pour exercer un travail fatigant, ni pour danser.

Chez la première, a persisté pendant longtemps . une petite suppuration; actuellement encore, une fistulette suintante subsiste dans l’ancienne plaie.

Chez la seconde, Ia hanche est parfaitement sèche, l’ankylose est complète; une très légère adduction, qui du reste ne gêne pas la malade, est apparue depuis l'opération.

Le malade de l'observation IV nous a écrit qu’il allait tout à fait bien; il compense un raccourcissement de 8 cm. par une chaussure orthopédique. IT est tailleur et travaille 10 heures par jour; « il fait facilement trois à quatre kilomètres à pied; très amateur du sport boules, il se soumet quelquefois à des épreuves qui fatiguent des jeunes gens de son âge très libres de leurs mouvements ».

Nous n’avons pu obtenir que chez une de ces trois malades — celle de l'observation VI — une radiographie de l’état actuel de la hanche opérée. Elle montre une ankylose massive et complète de celle-ci — sans qu’il persiste de traces du greffon — ainsi que lon peut s’en rendre compte sur le cliché ci-joint.

En résumé, l’on peut noter que sur les 7 malades opérés en 1921 et 1922 par MM. NovÉ-JoSsERAND et TAVERNIER, la plupart ont eu de bons résultats. A l’ankylose, clinique et radiologique, obtenue dès 1923 à la suite d’un vissage chez un enfant de 11 ans, il faut ajouter en 1929.

Une autre ankylose osseuse complète, clinique et radiologique, chez une malade opérée à 11 ans avec enchevillement péronier:

Deux hanches solides et indolores, avec excellent résultat anatomique et fonctionnel, mais sans possibilité de contrôle radiographique actuel chez 2 malades opérés à 11 ans 1/2 et à 12 ans, l’un avec un vis, l’autre avec un greffon péronier; |

Une ankylose incomplète,mais avec mobilité faible et bon résultat fonctionnel, chez une malade opérée adulte avec un greffon péronier.

TL — L’enchevillement de la hanche coxalgique

À côté de ce dernier type d'opération — arthrodèse intra-articulaire avec enchevillement métallique ou OSSEUX, — nous pouvons décrire une intervention

tr

assez voisine : l'enchevillement pur et simple de la hanche tuberculeuse par une greffe osseuse transarticulaire, sans ouverture préalable de l’articulation ni avivement des surfaces osseuses. Cette opération ankylosante peut, elle aussi, être classée parmi, les arthrodèses, si l’on prend ce terme dans son sens éthymologique et le plus large. Aussi, bien que dans son principe même, elle diffère assez notablement des interventions intra, extra-articulaires et mixtes que nous avons à décrire, nous pensons qu’elle peut avoir sa place ici, à la suite de celles des arthrodèses proprement dites dont elle se rapproche le plus.

L’enchevillement des grandes articulations tuberculeuses, déjà préconisé et réalisé en 1922 par Tur- FIER, à été récemment appliqué à la coxalgie par MM. SANTY et SORREL. :

1° M. Sanry, en 1923, dans la clinique de M. le Professeur BÉRARD, encheville par un greffon tibial une coxalgie à la période d’état chez une jeune fille de 20 ans. Traitée par l’immobilisation et l’extension continue, cette coxalgie avait fait peu de temps auparavant une poussée évolutive grave pour laquelle s'était posée la question de la résection; puis elle s'était un peu améliorée : la hanche avait manifesté quelque tendance à s’enraidir, c'est alors qu’une ankylose opératoire était apparue comme devant remplir l'indication la meilleure. Voici l’observation inédite de cette malade, et la technique suivie dans

ce Cas.

LA èsn D

OBSERVATION I (inédite)

(SANTY)

F., 20 ans.

La malade, atteinte de coxalgie récente, a des antécédents tuberculeux chargés: pleurésie sérofibrineuse à l’âge de 13 ans. Mal de Pott lombaire à l’âge de 15 ans. traitée durant 10 mois par l’immobilisation au lit, puis par des corsets plâtrés avec reprise progressive de la marche et de la vie normale; la malade aurait déjà alors accusé des douleurs dans sa hanche gauche, qui auraient disparu lorsqu'elle commença à se lever.

Sa coxalgie semble avoir débuté en janvier 1922, par des douleurs intermittentes et fugaces survenant le matin au réveil ainsi qu'après la fatigue et les longues marches, accompagnée d’un peu de contracture.

A l’examen, à l’entrée dans la Clinique (30 janvier 1922), la hanche gauche ne présentait ni déformation ni tuméfaction; pas d’attitude vicieuse notable, un peu de limitation des mouvements de flexion et d’abduction. Il n’y avait pas de raccourcissement du membre malade, mais 2 cm. d’atrophie à la cuisse par rapport au membre sain.

Le 24 février : Grand plâtre et traction de 5 kgs sous plâtre, à maintenir 8 semaines pour immobiliser la malade en observation.

Le 12 avril : Ablation de la traction. Les douleurs reprennent beaucoup plus vives qu’à l’entrée, le moindre mouvement entraîne des cris, l’atrophie musculaire est notable. Le diagnostic de coxalgie se confirme; la radiographie montre même qu’il s’agit d’une forme évolutive grave, avec grosses ulcérations de la tête dont les contours disparaissent. |

15 avril 1922 : Une deuxième traction sous plâtre calme rapidement les phénomènes douloureux, mais en présence des lésions constatées à la radio et de l’évolution

Ra

que présente la malade, on discute l’opportunité d’une résection de la hanche.

22 novembre 1922 : La malade est demeurée soulagée par sa traction sous plâtre. La hanche à l’ablation du plàtre n’est pas complètement ankylosée il persiste de petits mouvements de flexion, extension ab-adduction ; la pression sur le trochanter est douloureuse, le raccourcissement est de 2 cm., l’amytrophie de la cuisse de 2 cm.; la radio montre toujours une ulcération étendue de la tête sans tendance, semble-t-il, à la limitation des lésions.

Le 18 janvier 1923 : Devant l’état stationnaire de la malade, et la gravité de sa coxalgie, l’on décide de rechercher une immobilisation plus complète des lésions, et M. Santy réalise de la façon suivante un enchevillement transarticulaire :

— Prélèvement d'un fragment de la crête du tibia droit long de 13 cm.; découverte de la région trochantérienne gauche.

— Perforation à l'appareil d'Albee d’un canal: osseux pénétrant à 5 cm. environ au-dessous de la crête trochantérienne et se dirigeant sur le toit du cotyle repéré; on enfonce le greffon au maillet et on le rase à la surface du fémur.

— Suture en trois plans.

— Attelle pelvi-dorso-pédieuse d'Ollier.

Les suites opératoires immédiates furent simples. A l’abblation du plâtre, au 3° mois, la hanche paraissait solide, la malade décollait sans peine le talon du lit; les mouvements étaient presque inexistants, sauf pourtant une légère flexibilité de l'articulation opérée.

Radio (3 avril 1923): Greffe bien en place, du trochanter au toit du cotyle, peu modifiée.

Tête et toit avaient gardé un bon contact; il n'y.

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