CHAPITRE II
Des conditions permettant de réaliser une bonne arthrodèse
Nous venons de voir dans notre premier chapitre combien nombreuses et variées sont les techniques opératoires réalisées durant ces vingt dernières années pour obtenir l’ankylose de la hanche tuberculeuse : simple avivement des surfaces osseuses, enchevillement de celles-ci, greffes distantes de l’articulation, greffes au contact même de l'articulation, prises sur le trochanter ou l'os iliaque, toutes les combinaisons possibles ont été exécutés. Reste à savoir quelles sont celles qui assureront le maximum de chances de succès.
Avant de continuer plus avant cette étude, qui doit nous mener au choix de telle ou telle de ces techniques et à la recherche de ses indications à la période d'état et à la période des séquelles de la coxalgie, il convient donc de nous arrêter d’abord pour jeter un
coup d’œil d'ensemble sur le mode de réalisation de
l’arthrodèse, sur le but qu’elle doit atteindre, sur les’
modalités employées pour y parvenir.
Nous espérons que ces quelques considérations anatomiques, statistiques et opératoires, nous permettront de dégager les conditions générales qu’il est utile de connaître pour réaliser une bonne arthrodèse.
I. — Les voies d’accès sur l'articulation de la hanche dans l’artrodèse
Profondément située sous les masses musculaires des fessiers et des pelvi-trochantériens en dehors et en arrière, superficielle en avant, mais alors directement sous-jacente au plan vasculo-nerveux du crural et des vaisseaux fémoraux, la hanche est une articulation d’abord relativement difficile : et ceci explique le grand nombre de procédés recherchés et de voies décrites pour atteindre commodément Îles surfaces osseuses. |
Deux types différents d’incisions ont été employés par les auteurs d’arthrodèses :
a) Incisions rectilignes ou légèrement arquées passant par un interstice inter-musculaire ou inter-fasciculaire; elles donnent un minimum de dégâts musculaires et nerveux, mais également un jour limité
to:
sur l'articulation elle-même. Elles sont indiquées dans les opérations extra-articulaires, avec mise en place simple et rapide de greffons distants de l’article, du trochanter à l’aile iliaque par exemple (arthrodèse paraarticulaire).
b) Incisions curvilignes à grand lambeau, rabattant tout un groupe de muscles avec parfois leur attache osseuse dans un volet musculo-cutané à large base; elles créent plus de dégâts que les précédentes, mais aussi infiniment plus de jour sur l'articulation. Elles sont indiquées dans toute opération plastique sur la hanche elle-même, ou sur les régions osseuses immédiatement avoisinantes (arthrodèse intra-articulaire, juxta-articulaire ou mixte).
. Ces incisions ont été faites en général à la partie antéro-externe de la hanche, à distance des vaisseaux ‘: fémoraux, immédiatement en avant ou au travers du groupe des muscles fessiers. |
a) LES INCISIONS RECTILIGNES INTER-MUSCULAIRES OU FASCICULAIRES dérivent toutes des incisions classiques antérieures de LückE, SCHEDE, Hürer le long du bord interne ou du bord externe du couturier, et surtout de l’incision latérale d’Ollier. Cette dernière descend verticalement de Ia partie moyenne de la crête iliaque jusqu'à la base du trochanter et passe par un trajet inter-fasciculaire entre le moyen et le petit fessier, en ménageant complètement le grand fessier.
Le Maître lyonnais avait du reste prévu les variantes de détail qui pourraient s'exécuter au niveau de la fosse iliaque externe pour l’abord de la hanche. Dans son Traité des résections il envisageait que la