‹ L'Arthrodèse de la Hanche dans la CoxalgieChapitre 55 sur 66 · Coxalgies anatomiquement guéries n’entrainant · texte numérisé non relu

Coxalgies anatomiquement guéries n’entrainant

que des troubles statiques

Les malades de cette catégorie représentent, pour la plupart, des coxalgies de lenfant, ou des coxalgies de l’adolescent ou de l’adulte, mais datant du jeune âge : souvent on voit revenir des adultes plusieurs années après la guérison d’une coxalgie soignée dans leur enfance, présentant de la claudication, des douleurs, des attitudes vicieuses, uniquement en rapport avec l’état anatomique défectueux de hanches non ankylosées.

Parfois, c’est une ankylose complète qui ne se maintient pas et reprend une certaine mobilité après des années d’enraidissement (neuf ans après la réalisation d’une bonne ankylose, chez un malade de

M. Nové-JossERAND) ; les quelques très légers mouvements alors redevenus possibles entraînent immédiatement, par contre-coup, l'apparition de la fatigue et des troubles de la marche, si fréquents dans les ankyloses incomplètes.

Anatomiquement, l’ankylose osseuse incomplète correspond à de nombreuses formes se différenciant les unes des autres par l’état de destruction plus ou moins marquée des surfaces constitutives de la hanche, allant depuis la faible atteinte de la tête, du col et du cotyle, jusqu’à la disparition presque complète des premiers et l’ulcération étendue du second, et jusqu'à la luxation iliaque, terme ultime de déformation des surfaces altérées. -

a) Forme avec conservation relative du col, de la tête et du cotyle. — L’extrémité supérieure du fémur . et le cotyle on gardé leur aïlure normale. La tête, plus ou moins bosselée et déformée, répond à un cotyle un peu agrandi, avec un interligne irrégulier; au-dessous ou au travers de celui-ci, l’on peut voir passer en pont des travées osseuses, tendant à unir les os en présence et à réaliser une ankylose plus serrée.

b) Forme avec grosse destruction de la tête, le moignon de la tête et du col flottant dans un cotyle agrandi; pseudarthrose intracotyloïdienne. — L’ulcération compressive a détruit progressivement la tête. Dans un premier stade, une tête à demi-rongée dans sa partie supérieure remonte peu à peu contre le fond du cotyle; puis, la destruction augmentant, le moignon de tête restant vient s’appliquer en haut et

au fond d’un cotyle agrandi et évasé, mais qui a gardé encore sa forme générale normale, le grand trochanter se rapprochant de plus en plus du toit. Un degré de plus, et la pseudarthrose intracotyloïdienne de MÉNARD est enfin réalisée; la tête ét le col ont à peu près disparu, un grêle segment de col effilé en bec d'oiseau persiste seul, et vient flotter dans un cotyle anfractueux et béant — cependant que le grand trochanter arrive au contact même de son toit, et que le petit trochanter peut venir buter contre son bord inférieur et contre l’ischion.

c) Luxation iliaque - pseudarthrose extracotyloidienne. — Dans cette dernière forme, la tête fémorale se trouve luxée dans Ia fosse iliaque externe, et cela selon deux mécanismes qui correspondent à deux types anatomiques et évolutifs différents.

Dans le premier, qui se rencontre surtout chez le tout jeune enfant, une luxation pathologique vraie précoce, facilitée par le peu de développement que présente alors l’avant-toit, permet à une tête encore presque normale de remonter au-dessus d’un cotyle lui-même à peu près intact; ce cas, complication du début de la coxalgie, n’entre pas précisément dans notre étude actuelle.

Dans le deuxième type, au contraire, une usure . lente et progressive de la tête et du toit, permet de réaliser une luxation tardive : la tête vient d’abord s’écraser contre un sourcil cotyloïdien qui, lui-même, est de plus en plus entamé; suivant le degré de contact des surfaces osseuses ulcérées, on peut voir se produire l’empiètement de la tête, puis le chevauche-

Page 1