‹ L'Arthrodèse de la Hanche dans la CoxalgieChapitre 56 sur 66 · STE · texte numérisé non relu

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ment des auteurs classiques. Un degré de plus réalise la luxation externe, {a tête aux trois quarts détruite et le col, remonte peu à peu au-dessus du cotyle, évasé, et finalement se dégage complètement dans la fosse iliaque externe; la pseudarthrose extracotyloïdienne s’est produite.

Cliniquement, que vont donner ces modifications anatomiques ? Quels troubles statiques seront conditionnés par les hanches en ankylose incomplète, en pseudarthrose intra ou extracotyloïdienne ? C’est ce qui fut longuement discuté au Congrès d’Orthopédie de 1926, ainsi que les moyens d’y remédier.

M. MATHIEU, rapporteur, envisage que, tandis que l’ankylose complète donne un membre inférieur solide et une marche bonne, c'est dans l’ankylose incomplète que l’on peut observer le maximum de troubles et de mauvais résultats fonctionnels.

— Dans les ankyloses osseuses incomplètes avec faible destruction osseuse, dit M. MATHœu, les mouvements, parfois, sont d’étendue minime et peuvent passer presque inaperçus; d’autres fois, la mobilité est évidente, atteignant 15 à 20 degrés. Les conséquences n’en sont pas négligeables : lorsque la mobilité est assez étendue, des phénomènes douloureux peuvent se produire dans la hanche à la suite d’un changement de temps, d’un simple traumatisme, et rien n’est plus difficile que de distinguer, dès le début, des rechutes vraies ces fausses rechutes, qui cèdent assez vite au repos absolu ou à l’extension continue,

Les deux conséquences les plus fréquentes de l’ankylose incomplète sont :

La démarche sautillante avec diminution considérable de la durée d’appui sur la jambe malade, et bascule des épaules avec tendance persistante du membre à l’attitude en flexion et adduction.

Il serait donc souvent utile de ne pas laisser le coxalgique se servir de sa faible mobilité, et de compléter, en ce cas, l’ankylose.

Dans les formes avec grosses destructions de la tête (pseudarthrose intracotyloïdienne), une grande mobilité du fémur sur le bassin est réalisée. L’infirmité qui en résulte est généralement considérable : le malade a une claudication très disgracieuse, mais ce sont surtout les phénomènes douloureux qui peuvent compliquer la situation : crises douloureuses saisonnières obligeant le malade à garder le lit un ou deux mois; dans l'intervalle des crises, le malade marche mal, se fatigue vite. La pseudarthrose, à la suite de fatigue, de surmenage, se « grippe par accès » (J. CALVÉ), et la répétition des accès rend les études scolaires ou J’apprentissage presque impossible.

Ces pseudarthroses n’aboutissent pas à l’ankylose complète, qu’il serait utile de pouvoir artificiellement réaliser. ;

« Les luxations iliaques ou pseudarthroses extracotyloïdiennes déterminent une attitude vicieuse en adduction de la cuisse, avec toutes les déformations secondaires qui en résultent, ainsi qu'un raccourcissement qui peut être considérable, surtout lorsqu'il

s’y ajoute une atrophie en longueur du fémur. Le raccourcissement dépasse alors la hauteur du métatarse; il n’est plus spontanément corrigible, et la claudication est considérable. Comme dans les pseudarthroses intracotyloïdiennes, les phénomènes dou-, loureux au niveau de la hanche peuvent s’observer, douleurs souvent d’origine mécanique, non dues à une récidive de la coxalgie.

« L’infirmité créée par cette lésion est très pénible et nécessite la réalisation d’un nouvel appui de la hanche, soit par un appareil, soit par une intervention. »

Tels sont donc, envisagés à grands traits par M. MATHIEU, les divers degrés d’impotence que va entraîner chacune des formes anatomiques des vieilles coxalgies.

Mais, si souvent les vieilles coxalgies sont douloureuses et s’accompagnent de claudication, doit-on en inférer que c’est le seul fait pour une hanche guérie de garder une plus ou moins grande mobilité, sur des surfaces osseuses plus ou moins détruites, qui puisse entraîner tous ces troubles ? M. SORREL pense que non; il ne considère pas que Ja persistance en soi de quelques mouvements dans l'articulation soit une mauvaise chose; à priori, dit-il, cette conservation semble meilleure qu’une ankylose; pour qu’elle ne le soit pas, en réalité, il faudrait qu’il soit bien prouvé qu’elle entraîne fatalement des déviations secondaires ou des récidives.

Lorsque la tête et le cotyle ont gardé complète-

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