‹ L'Arthrodèse de la Hanche dans la CoxalgieChapitre 7 sur 66 · FRE · texte numérisé non relu

FRE

22 % - 16 cas de résultats bons, avec hanche en position correcte et ankylose — 9 fois osseuse, — 7 fois fibreuse.

12 % — 9 cas de résultats médiocres et incomplets, avec graves destructions osseuses, mobilité douloureuse et attitude vicieuse. |

19 % — 14 cas de mort (6 par méningite, 2 par tuberculose généralisée, 1 par dégénérescence amyloïde, 5 par infections variées).

28 % — 2D cas encore en traitement, dont plusieurs concernant des malades qui, sortis guéris apparemment avec une belle mobilité et une apkylose fibreuse lâche, étaient revenus pour des récidives. |

Comme on le voit, le simple traitement conservateur laisse persistèér un assez grand nombre de cas dans lesquels les résultats obtenus sont médiocres ou mauvais, la mortalité elle-même atteignant jusqu’à 13 à 19 % des malades auxquels il s’adresse.

On peut trouver. étonnant, par ailleurs, que la proportion respective des succès et des insuccès soit aussi variable d’une statistique à l’autre. En réalité, ce fait s’explique aisément si l’on songe que les auteurs avaient affaire les uns à des enfants, les autres à des adolescents ou des adultes, — malades qui, au point de vue de l’évolution de leur affection, ne sont en aucun point comparables. |

BRUNO, cité par Reiner, estime que la proportion de mortalité croît rapidement suivant l’âge, de :

1Fañ10;ans ilobtient de. 63 % de guérisons 1072200 ane ANSE Le 56 % »

20 à 50 ans, Rs At RER 28 % »

50 à 70 ans, » AE MINE I dx

En résumé, les méthodes conservatrices habituelles comportent forcément une proportion plus ou moins considérable de cas défavorables qui résistent au traitement et n'arrivent pas à la guérison :

— soit qu’il s'agisse de coxalgies très graves, avec abcès fistulisés, pour lesquelles se pose la question de la résection ou même de la désarticulation,

— soit quil s’agisse de coxalgies traînantes qui, sans se compliquer d’abcès, évoluent cependant indéfiniment malgré le traitement conservateur le plus rigoureux. |

Parmi les coxalgies quéries cliniquement ellesmêmes, il en est qui donnent satisfaction au chirurgien et au malade, parce que l’état fonctionnel est satisfaisant. Les malades ne souffrent pas et sont capables de faire des marches longues, avec une boïterie peu accentuée. Ce sont les ankyloses osseuses qui donnent ce résultat de la façon la plus constante; elles ne sont malheureusement pas la règle.

Parmi les ankyloses fibreuses, il en est encore un bon nombre qui donnent un état fonctionnel suffisant; mais il en est d’autres où cet état reste défectueux, soit par suite d’une attitude vicieuse, soit par suite de la laxité articulaire qui provoque une boiterie accentuée, des douleurs et une incapacité fonctionnelle très grande.

Autrefois, ces malades étaient voués au port d’appareils orthopédiques, ou même de béquilles.

La chirurgie moderne devait trouver le moyen d'améliorer leur situation en rendant, opératoirement, leur articulation stable et solide : c’est ainsi qu’est née l’idée de l’arthrodèse de Ia hanche.

Nous verrons ultérieurement plus en détail quelles peuvent être ses indications, et comment celles-ci ont pu s'étendre progressivement à tous les cas de coxalgie qui semblaient ne pas pouvoir tirer profit du seul traitement conservateur. Nous allons montrer maintenant de quelle facon cette idée a été réalisée.

Historique

L’arthrodèse de la hanche, dans la coxalgie, a été réalisée pour la première fois, semble-t-il, par ÂLBEE, en 1908; son application au traitement de cette, affection est donc de date récente. Jusqu’alors, l’opération préconisée par ALBERT, trente ans auparavant, n’avait été exécutée au niveau de l'articulation coxofémorale que pour le traitement d’autres affections : luxations congénitales, hanche paralytique, luxations pathologiques. D’ailleurs, comme le fait remarquer M. Nové-JossERAND, cette opération assez grave, de résultats incertains, pratiquée à une époque où l’asepsie était encore loin d’être parfaite, ne pouvait avoir une grande extension.

Depuis ces vingt dernières années, au contraire, l’arthrodèse de la hanche a pris un véritable essor dans Île traitement des vieilles coxalgies. Certains auteurs l’ont même considérée comme la méthode de choix, pouvant être pratiquée systématiquement dès la période d’état de cette affection.

La réalisation elle-même de l’arthrodèse subissait parallèlement bien des modifications et de nombreux

Se

perfectionnemeñts étaient apportés à la technique primitive. L’ankylose articulaire, recherchée tout d’abord au niveau même de l'articulation et aux dépens de ses seuls éléments (a. intra-articulaire), était bientôt réalisée en dehors d’elle (a. extraarticulaire), aux dépens de greffons osseux immobilisateurs plus ou moins distants de la capsule (a. para ou juxta articluaires). La combinaison de ces deux techniques donnait, enfin, naissance à l'arthro. dèse mixte.

Page 1