‹ L'Arthrorise postérieure par greffon souple incurvé dans le traitement des séquelles de la Poliomyélite: Technique - Résultats - Considérations biologiquesChapitre 14 sur 32 · PATTES · texte numérisé non relu

PATTES

Il est enfin une notion d’âge sur laquelle nous n’insisterons pas et qui pourtant peut prendre une grande importance. Certains auteurs réservent l’arthrorise postérieure aux enfants ayant dépassé 11 ans (WA- GNER). Il est évident que l’on réduit considérablement sa valeur pratique et que tout procédé, pour être vraiment utile, doit pour être appliqué indistinctement, quel que soit l’âge du sujet; mais remarquons que la plupart des sujets touchés par la poliomyélite sont des enfants, l’atteinte, chez les adultes étant moins fréquente.

Nous terminerons ce bref chapitre de critiques particulières par l’examen des statistiques présentes en 1936, au Congrès International de Chirurgie Orthopédique.

Nous savons que l’on peut faire tout dire aux statistiques : c’est évident, mais actuellement, nous n’avons pas à notre disposition d’autres moyens de comparaison.

Sur 175 arthrorises postérieures, 59 ont été faites suivant le procédé de NoOvÉ-JoSsERAND, 49 avec celui de CAMERA. Quant aux procédés de Huc, TouPEr, OM- BRÉDANNE, on en compte 34 à leur actif. La greffe libre calcanéenne a été utilisée 14 fois. Le « Wagner » 2 fois. C’est dire qu’en définitive l’enchevillement et et le lambeau pédiculé constituent les deux variétés d'usage courant.

Si l’on examine les résultats de 120 cas, 103 apparaissent très bons. 17 sont moyens ou mauvais, donc pourcentage de 17/120 soit un peu plus de 11 %

UE

non satisfaisants. Les causes de ces échecs partiels étaient la résorption (6 cas), les fractures (6), l'hypertrophies (2), l’atrophie (2), les pseudarthroses. Il est vrai que considérées en particulier, 35 A. P. type Nové- Josserand ont donné 85 % de bons résultats de même que 37 A. P. du type Camera.

Ces chiffres suffisent amplement à montrer que ces arthrorises postérieures réclament une technique très minutieuse, qui explique en partie pourquoi les échecs se trouvent dans les statistiques autres que celles des promoteurs. | FER

Et c’est là, justement, pensons-nous un gros reproche à adresser à ces procédés, qui sauf entre les mains de leurs créateurs, n’apparaissent pas donner tous les résultats qu’on pouvait légitimement en attendre.

Et c’est pourquoi nous avons pensé utile d’exposer notre technique qui par ses multiples avantages et en particulier sa simplicité, échappe à ses reproches.

CT

-NOTRE PROCEDE D’ARTHRORISE POSTERIEURE

Sa technique.

. Il se fait par implantation libre d’un greffon souple incurvé dans la tubérosité postérieure du calcanéum. Le Docteur DUCROQUET alors qu’il commençait à faire des arthrorises, il y a environ une dizaine d’années, se contentait d’implanter dans le calcanéum un greffon rigide prélevé à la scie électrique sur la face innerne du tibia. Il le faisait chevaucher d’un 2 greffon, suivant un procédé un peu analogue à celui décrit par CHaRrRY (voir plus haut). Puis il supprima ce greffon cavalier, en même temps qu’il n’utisait plus la scie électrique pour recourir uniquement au ciseau. Enfin, dans une dernière étape, modifiant et l’épaisseur de la greffe et sa forme, il aboutit à l’emploi d’un greffon ostéopériostique, facilement modelable, incurvé sans aucune difficulté, suivant la volonté de l'opérateur. Les résultats qu’il obtint furent absolu-

ment remarquables et avec le recul du temps il nous

est permis de pouvoir porter un jugement sur cette

technique. Elle diffère essentiellement des autres procédés que nous avons passés en revue antérieurement.

Le D' DUCROQUET avait envoyé au P' RocHER 7 observations dont certaines concernaient des greffons

DERADTES

souples, incurvés, au moment de son referendum pour le Congrès International de Chirurgie orthopédique Ch. ROCHER, dans sa thèse inaugurale, s’est contenté de reproduire deux clichés radiographiques, assez peu heureux, si l’on peut dire : tous les deux représentent des greffons rigides, implantés verticalement dans le calcanéum. L’un deux présente en outre une pseudodarthrose à son implantation. Ces faits, d’ailleurs, n’ont pas en eux-mêmes une grande importance, puisqu'il nous est donné actuellement de décrire ce procédé dans notre thèse inaugurale, procédé qui, à notre connaissance, n’a été jusqu’ici employé que par nous, et n’ayant jamais fait l’objet de travaux antérieurs.

Parmi les 40 observations prêtées obligeamment par le D' DucroQUEr, 30 concernent des sujets opérés suivant cette technique, la plus ancienne des interventions ayant été faite il y a 6 ans, ce qui nous semble un recul déjà suffisant pour apprécier des résultats éloignés. On trouvera, à la fin de ce travail, le résumé de quelques-unes des observations les plus caractéristiques avec des clichés radiographiques concernant des bons résultats bons ou moyens.

Après avoir rappelé ces considérations d’ordre général, nous pensons pouvoir montrer que ce procédé est toujours possible, que l’on se place aux différents points de vue anatomique, mécanique ou physiologique, qu’il se caractérise par sa simplicité, sa rapidité, que ses résultats tant anatomiques que fonctionnels sont au moins équivalents à ceux obtenus par

Page 1