‹ L'Arthrorise postérieure par greffon souple incurvé dans le traitement des séquelles de la Poliomyélite: Technique - Résultats - Considérations biologiquesChapitre 15 sur 32 · NAS · texte numérisé non relu

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les autres techniques.

Sans insister beaucoup, nous soulignerons une fois de plus tout l'intérêt, chez un sujet qui a subi une atteinte poliomyélite, de pratiquer un examen minutieux des segments atteints :

C’est après avoir fait cette étude complète, qui doit être également évolutive, que l’on peut décider du genre d'intervention à pratiquer, isolément ou en association. Ainsi, si le raccourcissement du membre inférieur est trop marqué, le D' DUCROQUET estime qu'il vaut mieux s’abstenir de toute arthrodèse postérieure. Il est un point sur lequel nous voulons attirer l'attention : l’appréciation de la limitation du jeu de la tibio-tarsienne qui, en définitive, représente le but de l’arthrorise. I1 faut éviter l’hypercorrection post-opératoire et nous insistons sur l’importance des conditions sociales (DuUCROQUET) : une campagnarde marche, en effet, en sabot ou soulier à talon plat, tandis qu’une femme habitant la ville usera plus volontiers de soulier à talon élevé. La détermination de l'équinisme sera proportionnée au degré de raccourcissement dystrophique du membre poliomyélitique. Si l’équin est hypercorrigé en talus « il oblige le sujet à la station et à la déambulation avec genou en flexion ». De même, si par suite d’une atteinte importante il existe à un certain degré un pied ballant, il est nécessaire de donner du recurvatum au genou, en vue de la marche ultérieure. On peut d’ailleurs, si ce recurvatum ne se crée pas spontanément, le créer thé-

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rapeutiquement par un appareil orthopédique spécial.

Chacun connaît l'importance des soins pré-opératoires : formule sanguine. Dosage d’urée, etc Bien souvent il s’agit d'enfants ou d'adolescents chez lesquels ces chiffres sont en règle normaux. Cependant nous avons souvenance d’un cas où après l’intervention, le chiffre d’urée s’est élevé brusquement en même temps qu'apparaissaient des phénomènes réalisant un tableau de maladie post-opératoire. Il s’agissait d’un adolescent qui d’ailleurs n’était pas opéré d’arthorise mais d’arthrodèse extra-articulaire du genou. Ce fait suffit à montrer que l’on ne saurait prendre trop de précautions et que l’on commettrait une grosse faute si l’on considérait uniquement la bénignité opératoire de lintervention. Certains auteurs font systématiquement une injection de rappel ‘ de sérum antitétanique. Nous avouons, pour notre part, que jusqu’alors nous nous sommes dispensés de cette formalité. On a rapporté un cas de mort chez un nègre (CAMPBELL). Il est certain que cette injection préventive ne peut qu'être très utile.

Au point de vue anesthésie, nous employons uniquement l’anesthésie à l’éther, toujours pour cette même raison que nous opérons en règle des sujets entre 6-18 ans en moyenne. Chez eux, ce procédé nous a toujours donné de bons résultats et nous le préférons à la rachi-anesthésie que le P' RocHer dit utiliser chez des enfants de 5 ans. Nous estimons ne voir aucun avantage à faire usage de l’anesthésie ra-

chidienne chez les tout-petits qui, par nature, sont

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craintifs, agités, anxieux, pour une opération qui, en définitive, demande une durée moyenne de 15 minutes. Remarquons que nous n’avons jamais observé d'incidents d’un ordre quelconque avec la narcose à l’éther ce qui ne veut pas dire, évidemment, que chez des sujets âgés, obèses, emphysémateux, nous n’aurions pas recours à l’anesthésie rachidienne. Avant les précautions habituelles d’aseptie, variables suivant le goût et les habitudes de chacun, nous faisons toujours placer une bande d’Esmarch. Par son rôle hémostatique, elle permet une opération propre, rapide, évitant les contacts répétés du champ opératoire par des compresses très vite souillées. Nous la laissons jusqu’à dessication complète du plâtre. Il est certain qu’il est utile par prudence, de placer systématiquement un pansement un peu compressif, car après l’ablation de la bande, il se produit toujours un suintement d’importance variable qui n’atteint jamais un aspect inquiétant par son abondance. Nous n’avons jamais noté de complications sérieuses telles que sphacèle, refroidissement du membre, absence de circulation. D'ailleurs nous surveillons régulièrement l’état du pied au point de vue circulatoire, dans la journée qui suit l'opération : cet excès de précaution ne peut pas nuire et il est évident que la pratique qui consiste à opérer avec un champ exsangue par bande hémostatique ne présente que des avantages dans ces membres poliomyélitiques avec troubles vaso-moteurs intenses, circulation très

modifiée.

Pi AGe)

En effet, comme dit ROCHER dans sa thèse inaugurale, cette hypervascularisation réactionnelle secondaire joue peut-être un rôle dans la régénération rapide du greffon. En outre, autour de la base d’implantation du greffon se formera toujours et avec abondance un dépôt de fibrine consécutif à l’hématome péri-osseux.

L'intervention proprement dite comprend plusieurs temps principaux, et en règle générale, à l’arthrorise postérieure nous associons une arthrodèse sous-astra-

galienne. Aussi étudierons-nous successivement :

La taille du greffon-butée,

La voie d’abord sur le calcanéum et le tibia, L’arthrodèse sousastragalienne,

La mise en place du greffon.

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