ROME
le tibia, provoque de nombreux micro-traumatismes dont la répétition peut entraîner la vaso-dilatation locale avec raréfaction osseuse : libération donc de dépôts calcaires qui par mutation locale, par phénomène de déséquilibre, dont nous ignorons la nature, seront entraînés vers cette épine irritative que constitue le greffon : et se déposeront, l’augmentant de plus en plus, sans qu’une raison quelconque puisse en arrêter le déplacement. Peut-être seule: l’inactivité la plus absolue pourrait-elle enrayer ce déclenchement de mutation.
Mais on pourrait nous répondre que cette ostéoporose existait avant toute intervention et que l’on observe secondairement un état pathologique antérieur d’autant plus net que l’on sait très bien que la décalcification est fréquente chez les sujets atteints de poliomyélite. Indiscutablement oui. Mais il n’en reste pas moins vrai que dans plusieurs cas, cette décalcification était nettement limitée au niveau du greffon. Certainement, elle devrait être toute différente dans son aspect radiologique avant intervention.
Que retenir de ces quelques notions sinon que ce procédé par greffon souple ostéopériostique soulève du point de vue biologique des problèmes beaucoup plus intéressants que ceux soulevés par l’enchevillement ou les arthrorises par lambeau osseux pédiculé.
Par la rapidité des modifications du greffon, nous sommes portés à croire que les phénomènes de mort,
avec réhabitation, résorption, reconstruction osseuse,
HO
ne sont peut-être que secondaires et que le rôle principal est dévolu aux cellules sous-périostées.
Celles-ci voient leur expansion limitée par le périoste. Il nous paraît donc utile de le conserver d’autant plus qu’il protège ces mêmes cellules et qu’il joue le rôle de limitante servant à supporter la charge calcique qui par mutation locale, par voie sanguine vient grossir de plus en plus le transplant primitif.
Ainsi s'établit le grand courant d'échanges de los en perpétuel remaniement basé sur le rythme de la vie en perpétuel devenir.