SOS
de Del Torro qui insiste lui aussi sur les avantages présentés par l'A. P. par rapport aux arthrodèses : possibilité d'association par rapport aux transplantations tendineuses : possibilité d'exécution plus précoce que les arthrodèses. Apport et non sous-traction de matériel osseux sur des os atrophiés. Mais il est bien évident dit-il, que l’on ne peut bloquer par larthrorise d’une seule articulation, une déviation résidant dans plusieurs éléments et il préconise dans ce cas les arthrorises doubles complémentaires.
On complète au besoin par une A. P. où par lapplication d’un ligament . artificiel antérieur. La butée s’oppose seulement à la chute du pied et à l’action prédominante du triceps.
PaszEJA utilise la fasciodèse antérieure (ligaments construits au moyen de lambeaux de fascia lata fixés en haut au bord antérieur du tibia et en bas à la capsule de l’articulation astragalo-scaphoïdienne) avec arthrodèse double pour le varus ou le valgus.
LANCE est tout à fait partisan de la butée par enchevillement : opération d’attente fixant le pied en bonne position jusqu’à l’âge des arthrodèses.
ZANODI ne l’exécute que s’il existe une paralysie complète du groupe musculaire antérieur. Si tous les muscles sont paralysés, il associe à une double arthrodèse.
En France, NOvÉ-JOSSERAND en fut le promoteur. Il considère que l'A. P. n’est qu’une opération complémentaire et que c’est seulement par association qu’elle peut donner de bons résultats.
BoprE : « L’arthrorise est le plus souvent une opération utile, mais au fond adjuvante et qui sera associée à des arthrodèses, des résections tarsiennes modelantes, des transplantations. Elle est surtout utile chez les jeunes >.
SORREL :
1) Paralysie du Jambier antérieur avec pied équin : arthrodèse — arthrorise — transplantation de l’extenseur.
2) Paralysie du jambier antérieur et des extenseurs : double arthrodèse et arthrorise.
3) Paralysie totale du pied. Mieux vaut faire double arthrodèse et arthrorise qui réservent l’avenir de préférence à la triple arthrodèse. |
En Amérique, Mac IcLAN insiste sur sa supériorité par rapport aux tenodèses, etc...
Mais à l’opposé, les partisans des transplantations qui restent nombreux opposent les arguments suivants :
SCHERB écrit notamment ceci: « Pour l’articulation tibio-tarsienne, il faut que la distance entre la butée et l’axe de l’articulation, c’est-à-dire de ses ligaments latéraux, soit aussi grande que possible parce que leur distension, vu leur faiblesse causée par la paralysie, est accentuée par la vie et peut anéantir l'effet de cette dernière. Dans l’arthrorise postérieure pour lutter contre l’équinisme, les indicaions sont tout à fait restreintes. En outre, s’il s’agit d’une articulation tibio-tarsienne lâche, il préfère l’arthrodèse extra-articulaire par greffon ».
os
YovTCHITCH : partisan des transplantations, n’utilise l’arthrodèse que si les muscles sont paralysés, pour ajouter des arthrodèses quand l’âge le permettra.
Van HELsT (Gand) reconnait que le chiffre des A. P. par rapport à celui des arthrodèses est minime (ce qui est tout à fait notre avis), mais que leur efficacité clinique est indiscutable.
Enfin, si l’on étudie le rapport de LEVEUF et PERROT, de 1936, sur les transplantations tendineuses et les discussions soulevées à cette occasion, il est certain que lon aboutit à cette conclusion qu’il ne faut pas trop demander aux transplantations, sinon on serait totalement déçu par ses résultats fonctionnels. On a adopté en définitive, et à peu de chose près, les conclusions d’'OMBREDANNE en 1921. Et nous citerons ce que disait Nicop : « Comme on le voit, les transplantations que nous pratiquons pour les pieds bots paralytiques ne sont pas nombreuses et souvent leurs indications sont encore restreintes par d’autres séquelles paralytiques sus-jacentes. En présence d’un pied bot paralytique, l’élaboration du plan opératoire ne doit pas tenir compte uniquement et envisager seulement le rétablissement de la statique du pied en lui-même mais du pied en fonction de la statique générale de tout le membre et même de tout l'appareil locomoteur. Ainsi le plan opératoire ne sera pas le même pour un pied bot varus équin sim: ple que pour celui qui est compliqué et aggravé d’une parésie du quadriceps crural et d’une déficience des
fessiers Dans ce cas là toute transplantation tendineuse est contr'indiquée. Seul le blocage du pied par la triple arthrodèse, en un angle de 110 donnera la stabilité et la résistance nécessaire pour assurer une bonne marche et compenser par le léger genu récurvatum les déficiences quadricipitales et fessières. Envisagées sous cet angle, les indications des transplantations tendineuses ne sont pas si nombreuses ».
Si l’on considère les 3 types d’interventions majeures, arthrodèses, arthrosises et transplantations, il existe, dit Huc, une hiérarchie dans l’ordre fonctionnel pour les opérations de stabilisation du pied.
Les transplantations bien faites, suivant les lois de SCHERB, donnent certainement des résultats supérieurs à tous les autres procédés, la marche peut être souple, presque normale. Mais les cas, où les opérations idéales sont possibles sont très restreints, car il est nécessaire d’avoir un certain nombre de muscles sains pour équilibrer les forces agissant sur le pied.
L’arthrorise fournit des résultats très voisins de ceux des transplantations, même quand il reste peu. de tracteurs normaux. Enfin, l’arthrodèse enraidit {e pied, enlève toute souplesse à la marche.
Nous répétons que cette hiérarchie s’établit à rebours quand le choix des méthodes est commandé par la gravité des déformations. Iei la double arthrc dèse tient la première place dans le cortège des moyens thérapeutiques dont nous disposons.
En résumé, donc, interventions complémentaires, on ne pourrait les mettre en balance. Chacune a ses
ES
indications bien définies, nettement différentes et on semble d’accord sur les points suivants : une attitude vicieuse fixée doit être corrigée avant la transplantation. «< Il faut redresser avant de transplanter » (DELiTALA). La transplantation paraît bien imprécise quand elle se fait en même temps que larthrodèse sur des pieds petits. Elle doit être plus efficace si elle peut être faite comme deuxième temps sur un pied solide. En cas d’attitude fixée, la transplantation faite de bonne heure chez le jeune enfant à titre de prophylaxie des déformations progressives (POUZET) apparaît comme susceptible de donner de bons résultats. Quant à la comparaison de l’arthrorise avec les fasciodèses, celles-ci sont utilisées par trop peu d’auteurs.
Que déduire de ces combinaisons ? Elles ne sont pas pour nous étonner puisque dans notre procédé d’arthrorise postérieure, nous associons toujours une arthrodèse de la sous-astragalienne postérieure estimant qu’il n’existe pas de pied équin pur. Comme nous l’avons déjà dit, il est simple de la réaliser par la même voie d’abord postérieure. L’arthrodèse médio-tarsienne peut être facilement faite par une incision légèrement curviligne presque horizontale, sans que l’on soit gêné en rien pour pratiquer secondairement une transplantation. Quant aux pieds ballants, nous avons dit notre avis à ce sujet : l’association y est la règle.