SCÈNE Vil
Les Précédents, MADAME Dü HAMEL.
LE président, à madame Du Hamel qui s’avance émue les yeux fixés sur son fils.
Approchez, madame, vous n’avez pas de serment à prêter; la loi ne vous reconnaît pas la qualité de témoin. Lorsque vous serez un peu remise, vous voudrez bien prendre la parole.
GEORGES, bas à maitre Delille.
Pourquoi à-l-elle voulu vQnir... Quel supplice atroce!
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maItrr dklille.
lïlie peut vous sauver.
GEORGES
Ah ! Je ne veux pas l’ètre au prix d’une telle souffrance 1 *
UADAUE DG HAMEL, prenant la parole d’une voix basse et troublée d’abord, puis se remettant peu à peu.
Je remercie la Cour de vouloir bien m’entendre ; j’essayerai de ne pas abuser de ses instants et de dominer mon émotion. Je sais bien que ma place n’est pas ici, mais je souffrais tellement là-bas au dehors que j’ai voulu... {Se lournantvers le Jury.) Messieurs, ne faites pas attention à la façon dont je m’exprime; .dites- vous seulement que vous avez devant vous une mère, une veuve qui vient défendre son unique enfant... Ah ! si vous saviez comme je l’aime et quelle affection il a pour moi, de quels soins il m’entourait... Ne me séparez pas plus longtemps de lui. Songez que je l’ai à peine vu : il était éloigné d& moi depuis cinq ans. Messieurs, mettez-vous à ma place, vous avez, vous aussi des enfants. Si pareil malheur vous arrivaitl... Mais ce n’est pas cela que je voulais dire. On pourrait croire que je suis venue ici pour vous émouvoir, non... non... Je parle à des hommes, à des juges. Je ne veux pas les attendrir, je veux les convaincre. J’avais préparé un raisonnement qui vous aurait persuadés et voilà qu’il m’échappe en ce moment.
Remettez-vous, madame.
MADAME DU IIAHEI,.
Non... non... je sais... je sais... On accuse mon fils de vol, luil... Pourquoi donc aurait-il volé? Ne venait-il pas d’hériter de son père de trois cent mille francs et n’avait-il pas envoyé cette fortune en France, en m’écrivant qu’il me cédait tous ses droits. J’ai remis cette lettre autrefois au juge d’instruction. Ainsi, il abandonne trois cent mille francs et il en vole soixante mille. Est-ce possible? est-ce croyable?... Et qui vole-t-il ?... Celle qu’il aime.à. la ft>-
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lie... Celle k laquelle il a tout sacrifié... Colle pour laquelle il se serait ruiné avec joie! Messieurs, j’en appelle à votre raison, est-ce possible? (Se tournant vers Cora.) Madame, vous vous portez partie civile, vous réclamez à mon fils une sommet d’argent pour le tort qui vous a été caus«‘ physiquement. Nous le comprenons. Mon fils a commis une grande fauté envers vous et il veut la réjiarer autant qu’il est en lui. Nous vous offrons notre fortune, notre fortune tout entière, la sienne, la mienne, peu nous importe, nous acceptons la misère; mais renoncez à votre terrible accusation, ne dénaturez pas ce procès, n’indisposez pas plus longtemps la justice contre nous, ne nous déshonorez pas. C’est une inèie qui vous parle, madame, je ne vous ai rien fait, moi ; si vous n’avez pas pitié de mon fils, ayez pitié de moi... (EUerelombe épuisé sur son fauteuil. Rumeurs sympathiques dans l’auditoire.)