XX NOTICE SUR M. DE MONTABERT
A cet effet, il s'était composé une tablette disposée à recevoir un certain nombre de feuilles de papier, retenues dans une rainure, qui les assujettissait et permettait de les enlever à mesure. Cette tablette était traversée par une petite tringle en fer qui descendait par intervalles égaux et parallèles pour soutenir et guider la main. A cette tringle était adapté un anneau en laine glissant jusqu'à l'endroit où de Montabert voulait arrêter sa phrase; mais s'il croyait avoir oublié ou laissé échapper quelques mots , cette incertitude le préoccupait beaucoup ; alors il les écrivait sur un petit feuillet à part, et attendait l'arrivée de son secrétaire qui, chaque jour, venait lui lire et mettre en ordre le travail qu'il avait fait.
Cet état, dans lequel il passa les quinze dernières années de sa vie laborieuse, ne l'empêcha pas de produire de nouveaux ouvrages. Il demandait au ciel encore dix-huit mois de santé, pour terminer une œuvre qu'il considérait comme le complément de son Traité complet de la Peinture (1). Ce travail traitait spécialement des divers devoirs de l'artiste sous les rapports moraux, philosophiques et religieux (2).
Vers les deux dernières années de sa vie seulement , sa santé et ses forces diminuèrent , sans que
(1) Ce grand travail est l'Unistimaire.
(2) Sept ouvrages sont restés en manuscrit; ce sont :
1° L'Unitismairc, livre des chrétiens unitistes, ou de la grande