LES «EAUX-ARTS RÉVÉLATEURS DU DIVIN PRINCIPE, ETC
Exiger de l'artiste qu'il corrompe , qu'il trouble la lumière que répandent les arts , c'est en redouter les bienfaits : les ténèbres plaisent au vice , la vertu aime la lumière.
Les beaux-arts ont le glorieux privilège de produire le beau par les ingénieuses combinaisons de l'artiste, beau que la nature tient disséminé sur les objets individuels , comme pour ménager à l'homme l'honneur de savoir, à l'aide d'éléments particuliers bien choisis, composer et créer des ensembles devenant ainsi des types manifestant et enseignant le principe de la beauté.
Puisque les vrais artistes veulent et savent tous composer et constituer dans leurs œuvres le beau , les productions artistiques ne doivent être considérées que comme une manifestation sensible du principe ou des secrets de ce beau ou principes qui sont aussi ceux de la vertu.
Tous les hommes devant être coopérateurs à l'œuvre de Dieu , l'artiste remplit cette noble tâche en instruisant la société à l'aide d'attrayantes applications du principe éternel qui , dans la nature , constitue l'excellence ou la beauté.
Si les beaux-arts ne révélaient que les secrets industriels de l'homme ou seulement la faculté imitatrice, ils ne seraient pas révérés comme un des plus grands privilèges de l'espèce.
10 l'artistaire, section il
L'idée de l'harmonie éternelle et de la perfection de Dieu est vague dans bien des esprits, faute de la connaissance de son principe ; mais elle sera complétée ou du moins confirmée par la manifestation de ce même principe de l'harmonie et de la perfection à l'aide des exemples du beau collectif que les beaux-arts savent faire arriver à notre âme par les sens.
Il faut le reconnaître , Dieu a voulu que l'homme fût privilégié par l'idée et le sentiment d'un beau supérieur, et il a voulu nécessairement que cette faculté fût entretenue par l'influence particulière des beaux-arts révélateurs obligés du principe de ce beau supérieur. De là, l'empire de ces mêmes beauxarts ; de là , l'obligation dont aucun artiste ne saurait s'affranchir, celle de familiariser les hommes avec le principe ou la cause du beau, ou de la laideur avec le principe de la cause de l'ordre ou du désordre , avec les causes enfin du pernicieux ou de l'excellent.
Les beaux-arts, en excitant les hommes à l'amour du beau, les excitent nécessairement à l'amour de Dieu, générateur de tout ce qui est beau. Dans cet amour est donc compris l'amour du principe conservateur de l'ordre éternel de l'univers, et de l'humanité ou de l'harmonie sociale qui est la source de son perfectionnement et de sa félicité. Or, c'est par