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COMMENT ONT PRIS NAISSANCE, ETC

au contraire, n'est qu'une routine et n'est point le résultat de leur savoir. Ainsi l'enfance de l'art ne doit pas être toujours appelée barbarie, car la vraie barbarie dans les œuvres d'art ce n'est pas leur pauvreté, c'est leur corruption.

Pourquoi la physionomie de toutes les productions grecques, en sculpture, en peinture, en architecture même, etc., est-elle si différente de la physionomie des productions artistiques chez les modernes? Pourquoi cette sobriété , cette économie , ce laconisme chaste, cette grave décence si charmante dans l'art grec? C'est que les Grecs savaient tous que le langage des beaux-arts étant sacré , il doit différer du langage profane. Or, c'est ce langage profane que poursuivent presque toujours les modernes, parce que presque toujours les prescriptions qui imposent et profitent aux artistes sont celles de la mode et de la fantaisie en vogue ; ce ne sont point celles du principe sacré du beau.

Tout le monde s'accorde à reconnaître que les Grecs ont toujours raison, même dès leurs premiers pas, et cela parce que tous se sont dirigés d'abord dans la vraie voie de l'art ; cependant les amis du style de la renaissance veulent trouver des types dans ce même style ; mais on n'y aperçoit que des essais bien incertains pour allier la naïveté à l'art social chrétien. L'école grecque primitive, ou? pour parler

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plus chronologiquement , les écoles artistiques de Phidias et de ses contemporains, sont donc les sources pures où nous devons puiser les vraies doctrines , non en tâtonnant sous l'influence de nos préjugés, de nos singeries, mais sous l'influence de la vraie philosophie de l'art, quel que soit le sujet, profane ou religieux, etc.

Oui, les Grecs ont toujours raison ; et, quoi qu'en disent leurs détracteurs intéressés, ce n'est pas seulement dans l'antiquité qu'ils ont raison, ils auraient encore raison aujourd'hui.

D'où vient le respect incessant pour le principe du beau et du convenable pendant toute la durée de l'art antique? L'instruction était-elle donc une institution , et la crainte retenait-elle les initiés dont toutes les œuvres auraient été soumises au contrôle de la censure ? Le silence des écrivains sur ce point est bien triste.

Une réponse assez favorable se présente cependant à l'esprit. C'est que chez les anciens , la sculpture, la poésie et les autres beaux-arts étant chose sacrée, aucune profanation ne pouvait être excusée, on pourrait même dire tolérée, puisqu'en ces tempslà on trouvait sans valeur l'estime que certains critiques eussent pu porter à la fantaisie des artistes et à leur adresse, en fait de modes ou de conventions d'époques.

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