NOTICE SUR M. DE MONTABERT. XI
dans les autres villes d'Italie lui permit d'en étudier les principales richesses artistiques. Déjà son esprit investigateur et élevé s'était fixé sur la beauté caractéristique de la statuaire grecque. La vérité des formes, la grâce toujours simple et grandiose, la vie enfin répandue sur les précieux restes de l'art an tique excitèrent son admiration , et lui procurèrent l'inappréciable avantage de fixer ses idées sur le principe qui avait pu, d'une manière si constante, guider les artistes dans la création de leurs divers chefs-d'œuvre. Cette haute question , qui le préoccupait depuis longtemps, ce secret , dirions-nous, qu'il voulait arracher à l'antiquité , sa sagacité le pressentit, sa pénétration le lui fit découvrir. Alors il fut convaincu, et ses enseignements en donnent la démonstration, que le principe éternel, source de toute beauté et de toute harmonie, n'est autre que l'unité. Aussi put-il dire avec autorité : Ceci est beau ; cela ne l'est pas.
Ne soyons donc pas surpris, Messieurs, du sentiment de tristesse (on pourrait dire d'indignation) qu'il ressentit sur l'état de dégradation où l'art descendit vers le milieu du dernier siècle. Ce funeste état, il l'attribuait à l'absence d'une école modèle, conservatrice des principes fixes et immuables, qui répandent la clarté sur les diverses beautés de la nature, et sont la sauvegarde contre le mauvais