XII NOTICE SUR M. DE MONTABERT
goût, les faux systèmes, les caprices de la mode et la routine académique.
Après être resté pendant plusieurs années en Italie, de Montabert , comme s'il eût voulu remonter à la source , porta ses travaux investigateurs jusqu'en Egypte.
Déjà, à cette époque, le nombre de ses notes était considérable , sa tête se remplissait de méditations philosophiques , qu'une heureuse mémoire y tenait profondément gravées. Tant de suite pour atteindre le grand but qu'il se proposait, tant de pays parcourus, tant de connaissances acquises et de matériaux amassés ne devaient-ils pas, un jour, faire naître un monument digne d'honorer son siècle et son pays, et servir de flambeau à la marche progressive des arts libéraux? Cependant ces profondes études ne l'absorbaient pas au point de lui faire oublier sa patrie ; sans cesse il y pensait, et parfois ce sentiment faisait gonfler sa poitrine. Heureusement l'orage révolutionnaire se calma, et il put, sans danger, rentrer dans son pays, et presser sur son cœur une mère chérie. Les dernières années du dix-huitième siècle virent paraître un artiste célèbre, dont les idées sur la perfection de l'art se trouvaient identiquement les mêmes que celles que de Montabert s'était faites. Cet artiste, le régénérateur de la peinture, Louis David enfin, avait vu Rome plusieurs fois, et étudié