‹ L'ártiste et le philosopheChapitre 18 sur 43 · SECONDE .PROMENADE · texte numérisé non relu

SECONDE .PROMENADE

Nous voilà réunis de bonne heure ; commençons notre examen.

Volontiers. Mais quel ordre allons-nous adopter?

Croyez-moi ; laissons au hasard le soin de nous conduire ; ce guide en vaut bien un autre; peut-être il fera naître des rapprochemens et des contrastes qui nous plairont : au moins n'aurons-nous pas l'ennui de l'uniformité. Nous passerons avec lui d'une grande scène tragique au tableau le plus familier , d'un naufrage à une noce; point de transitions arrangées , point de combinaisons d'effçt. L'inattendu, si riche en émotions, voilà ce que j'aime, ce que je cherche partout. Au salon , où tous les genres sont confondus , il

m'est plus facile qu'ailleurs de satisfaire ce goût. Permettez que je m'y livre.

Soit ; mais enfin ^ puisqu'il faut commencer par quelque chose , voulez-vous prendre pour point de départ les ouvrages de M. le premier peintre du Roi : à tout seigneur , tout honr neur.

Le proverbe est tant soit peu aristocratique , et les arts, essentiellement amis de l'égalité, pourraient bien en contester la justesse ; mais n'importe , va pour M. Gérard.

Voici un porjrait historique. Sa Majesté g^hard (fo Louis XVIII est représentée dans son cabi- ^"^'^^jj^i^" ^'" net, au moment de son arrivée en i8i4^ et «"y^^. méditant sur la Charte cruelle va octroyer. •ppanim , dii-

^ on, k nudamtr

du C ; !1

LE philosophe. fut inaufturé an

château de Saint-

Le choix que M. Gérard î^ fait de cette cir- ^uen.emSaa) constance de la vie du feu Roi , prouve beaucoup d'esprit. Le don de la Charte est le plu§ grand événement de la monarchie constitutionnelle; la consécration de ce souvenir est

très-intéressante. Voulez-vous cependant que je vous dise, je ne trouve pas la figure du Roi assez expressive ; j'y lis moins de contentement que de réflexion; j'aurais voulu y lire plus de joie, plus de sentiment. (( Mon peuple sera (( heureux par cet acte de ma volonté libre ; (( il le sera parce que j'ai eu le désir qu'il le (( fut, et que j'aurai le pouvoir d'empêcher (( qu'on ne paralyse l'effet de ma prévoyance ; « les partis qui divisent la patrie se réuniront u dans une seule famille ; chacun se ralliera à (( l'étendard de la France constitutionnelle ; (( plus de brigues , plus de tourmentes ; fa- (( veur au génie , protection au mérite ignoré, (( justice poiu» tous, voilà ce qui sera, car « j'ai compris le siècle où j'ai le bonheur de <( vivre. » Il me semble que je devais trouver l'expression de ces paroles sur les traits du monarque législateur. J'y démêle, au contraire , le souci , la contrainte , qui probablement alors étaient loin de son cœur. Ce portrait est froid , et cela me fâche ; l'effet général en est triste ; j'aurais désiré qu'il fût bril* lant.

l'autiste.

Vous avez raison; il est d'un ton un peu

monotone. Cependant rendons justice au peintre ; l'ensemble de son ouvrage est bien ; les accessoires sont largement traités : c'est enfin un morceau , satisfaisant . . .

Ouï ^ mais ce devait être un beau mor- n* '748, 749, ceau (i). J'aime mieux, quant à moi, cette charmante femme, dont le regard doux et mélancolique...

C'est une- merveille d'arrangement et de bon goût. Ce portrait est d'ailleurs d'un pinceau suave et délicat , qui ne laisse à désirer

(i) Je m'étonne que notre philosophe, parmi les accessoires qu'on peut remarquer dans ce tableau , auquel, en passant, je reprocherai une forme disgracieuse , n'ait pas fait attention à la table de bois de noyer auprès de laquelle le Roi est ajssis. Ce meuble de l'exil, que S. M. a toujours voulu avoir sous les yeux, pour se rappeler sans doute qu'il est, dans le destin des grands de la terre, des chances qui font les princes égaux au plus obscur citoyen , est un détail philosophique par lequel l'ouvrage de M. Gérard vaut mieux, selon moi, que par tout le talent qu'il a pu mettre d'ailleurs à l'exécuter. (iVb/d de réditeur,)

ni plus de grâce, ni plus de force, ni plus de fini , ni plus de laisser-aller. Ceux de madame la duchesse de Duras et de M~' de V*** ne sont pas moins beaux ; ils figurent à côté Corinne. dc ccttc Corinnc qui obtint un si grand succès

,^ ,. : en 1022.

( Destine au muse'e du Luxembourg.) LE PHILOSOPHE.

Ah! votre Corinne, je ne l'ai jamais aimëe; je ne dis pas qu'il n'y eut de fort belles parties dans ce tableau , que le tout ne fut peint avec beaucoup de talent ; mais cela ne m'ëmeuvait pas; Corinne improvisant pom* la > dernière fois devait m'attendrir , et je n'e'tais pas touché ! c'est peut-être ma faute. Cependant /a jPo//e par amour de Vemet parlait vivement à mon imagination ; la Ruth d'Hersent me paraissait ravissante; j'étais séduit par la Didon de Guérin , et frappé de respect et de terreur à l'aspect du Briitus de David. D'où vient donc que Corinne n'a fait sur mon âme aucune impression? Pourriez-Vous me le dire?

C'est qu'il n'y avait ni enthousiasme ni mélancolie ; il n'y avait que de l'exécution ; en-

eore n'ést-ellé pas tout-à-fait irréprochable (i). La répétition que nous en voyons aujourd'hui est préférable au tableau original...

Et ne me plait pas davantage.

Vous êtes difficile.

C'est que je ne suis pas connaisseur , et que je demande^ avant tout^ au peintre une sensation.

En ce cas , vous ne devez guère aimer cette p^j,j y grande page d'étiquette où nous voyons "" 745. Louis XIV présentant son petit-fils à l'am- pjfetlrt?.

1 1 i)-r« .^ 1 ^ • . A desdnëà orner la

bassadeur d Lspagne ^ et le taisant reconnai- «ue da eoD«eu tre comme héritier du trône de Charles IL

LE philosophe.

Vous avez bien raison ; il n'y a là rien de dramatique^, rien de favorable à la peinture ;

(i) La cooleqr a généralement été tronvée factice et brillantée. ( Note de Véditeur. )

c'est un sujet d'apparat, une scène de cour ^ une galerie de portraits , et voilà tout.

l'autiste.

Oui ; mais si ces portraits sont beaux.

Leur beauté est bien uniforme ; il semble que le même côté de la palette ait fourni au peintre la couleiur dont sont animées toutes ces têtes.

Je ne dis pas qu'elles ne soient un peu sèches, et que le violet n'y domine généralement.

La figure de Philippe V est jolie ; celle de Louis XIV manque, je crois , d'élégance et de majesté (i).

Ajoutez de grandiose et d'idéal.

(i) L'étonnement naïf du nouveau roi est bien exprimé ; quant 'à Louis XIY, il est impérieux ; peut-être aurait-il fallu que la vieillesse (ùl plus marquée en lui ; Paustérité de son vouloir n'j aurait rien perdu; il est même à croire qu'elle eût gagné par là.un degré d'intérêt de plus. ( Note de P éditeur.)

Le premier aspect est moins favorable que le détail k cette grande composition ; ses parties , prises séparément , sont belles , et leur réunion ne saisit pas ; cela vient sans doute de la monotonie des formes de ces habits , et de la disgrâce de ces perruques énormes.

Le costume ofirait à la vérité une difficulté très-grande à vaincre , et l'on peut féliciter M. Gérard de l'adresse avec laquelle il s'en est tiré ; toutefois , quand il aura des personnages du dix-septième siècle à vêtir et à coiffer^ qu'il consulte Largillière .

Je ne sais si je me trompe ; mais je pense qu'il y avait plus d'un moyen de parer à l'inconvénient qui semblait inhérent au sujet. D'abord il fallait prendre un parti de lumière plus décidé; mettre^ par exemple^ toute la partie gauche du tableau dans un clair-obscur fortement articulé ; il était possible aussi de donner à l'ambassadeur d'Espagne une suite plus considérable ; l'élégance du vêtement

espagnol aurait jeté de la diversité dans le groupe (où je distingue d'Aguesseau et Villars), «n coupant., par des ondulations heureuses^ la roidétir des lignes drcdtes dont sont marqués les profils de tous les pourpoints du temps. Je pense encore que la préisence de quelques femmes aurait donné à Tensemble plus de grâce.

11 était dii&cile d'introduire des femmes dans une scène toute politique.

Un tableau d'histoire ne doit pas ressembler à une page du cérémonial de la cour ; c'est aussi pour le peintre qu'Horace a dit :

QuidUbet dudendi semper fuit œqua potestas (i).

Je m'imagine que la très-célèbre princesse des Ursins eût été là d'un excellent eflfet. Cette "femme, dont la destinée fut si étroitement liée à celle de Philippe V, aurait pu se montrer à côté de M""' de Maintenon et non loin de cet Orry , ministre français^ qui rendit de grands services à l'Espagne , mais qui blessa , par sa hauteur , la fierté castillaiine , et fut , comme

(i) Le peintre, le poète ont droit de. tout oser.

(Daru.) •

ta fille des La Trémouille ^ obligé de descen-^ dre des marches du trône , sur lesquelles la faveur de Louis XIV l'avait porté.

Je partage votre opinion à l'égard de ces deux personnages^ et je crois- avec vous que le tableau de M. Gérard aurait gagné aux changemens. que vous venez d'indiquer.

Je remarque , dans la distribution des pla* ces assignées par l'artiste à ses acteurs , un trait d'esprit fort piquant. Voyez comme est caché le père Lachaise. Invisible et présent à cette scène oîi triomphe sa diplomatie , vous l'apercevez dans Pattitude de la méditation, .et le peu que vous découvrez de sa tête,. est d'un effet très-original. L'absence de ce jésuite eût été une faute impardonnable, sa présence au premier rang eut été une naïveté grossière; M. Gérard a pris le bon parti. Vous m'avouerez que ce détail plein de convenance aurait tout l'air d'une allusion ou d'une épigranmie, si les jésuites étaient, comme le disent aujourd'hui de mauvais esprits, le ressort caché du mouvement en France.

Le rapprochement est au moins singulier , j'en conviens ; mais finissons-en avec M. Gérard , admirons l'habileté extrême de son exécution....

Félicitons-le d'avoir pensé à mettre près du jeune Bourbon, Vendôme, Villars et Berwick, qui furent les défenseurs de son trône.

Reconnaissons tout le mérite du grand maître, et^ parmi d'autres parties dignes d'éloges, regardons surtout avec soin la tête du légat, qui est une fort bonne chose, la belle figure agenouillée de Castel des Rios, 'celle de l'aumônier de l'ambassade , enfin celle de Bossuet.

J'aime peu cette dernière : le portrait d'Hyacinthe Rigaud, dont celui-ci n'est que l'imitation , me parait beaucoup meilleur. Rigaud a fait l'ennemi de Fénélon, bilieux, M. Gérard l'a fait sanguin ; je crois que Rigaud a eu raison.

L*ARTISTB.

• • • . Non nqbis tantas cornponere lUes.

Poursuivons Nous venons de voir pocbit.

Louis XIV faisant un acte de politique , ^Mdière. voyons-le faisant un acte de philosophie. Mo- ( cl/outL» lière était tombe dans la disgrâce des valets SSf^^TiT'Jl de chambre du roi; ces messieurs ne trou- lûîTdJjipkâîû vaient pas Fauteur du Misanthrope d'assez "^*^ bonne compagnie pour eux: aussi ne voulaient-ils pas qu'il mangeât à leur table. Louis Xiy fut instruit de cet excès de fatuité, et résolut d'en faire justice. Voilà, dit-on, comme il s'y prit : Molière était un jour, de bon matin , dans la chambre à coucher du roi ; celui-ci ordonna qu'on lui servît ce qu'en terme de cour ils appellent , je crois , l' en-cas de nuit. Il dit à Molière de s'asseoir à table avec lui ; il lui présenta une aile de poulet , il en «

prit lui-même une autre ; puis il voulut qu'on fit entrer dans son appartement les cpurti-sans les [dus distingués qui guettaient le petit lever de Sa Majesté. Je vous laisse à juger de la surprise de nos hommes à quartiers , quand

ils virent un comédien-tapissier dînant tête à tête avec le roi de France. Sans doute en eux-mêmes ils taxèrent ie monarque de folie ; Louis XIV continua la scène qu'il jouait , il se montra plein de prévenance pour le grand homme , et confondit ainsi Torgueil des valets titrés^ et des fats de l'œil de bœuf.

Cette anecdote est piquante * Je ne l'avais jamais entendu raconter.

Elle pouvait inspirer à un peintre de genre un charmant tableau. M. Pingret n'en a tiré qu'un parti médiocre.

Mais son tableau n'est pas mal.

le philosophe.

Sans doute , et pourquoi n'est-il pas excel-» lent? c'est qu'il manque d'expression. Ces courtisans sourient , et je ne l'aurais pas voulu. Si j'avais été Louis XIV , je leur aurais bien ôté l'envie de rire , en leur disant : « Messieurs les (( gentilshommes ^ apprenez à respecter les c( beaux génies qui illustreront à jamais ce

« siècle , que vous ne feriez que ridicule ; sa- « chez , dédaigneux que vous êtes ^ que mon « caprice peut £aire en une heure trente of- (( ficiers de cour comme vous ^ et qu'il faut un (( effort de la nature pour faire en mille ans un « poète comme Molière. » Je sais que cette apostrophe aurait senti un peu son roi absolu ; mais ) ma foi ^ c'était le cas ou jamais d'user du privilège qu'a un despote de tout dire ; et , comme il a aussi celui de tout faire ^ par la grâce de Dieu et nonobstant clameurs de haro ! j'en aurais profité pour contraindre mes chambellans , gobletiers , sommeliers et autres ^ à servir à table , celui que sa mauvaise fortune avait condamné à faire ai^près de moi l'office de valet-de-chambre, quand son génie lui méritait des autels et les hommages des rois.

Pas mal trouvé.

Il y a '•un tableau dans le sujet tel que je viens de l'arranger.

Vraiment oui, mais pas pour M. Pingret , GAiiNEREY,pè moins encore pour M. Garnerey père. Le pre*

mier n'a fait qu'une chose médiocre de sentiment et de dramatique ; l'autre est encore in-* fërieur à celui-ci sous ce double rapport, et^ quant à Fexëcution, passable chez M. Pingret, elle est chez M. Garnerey d une mollesse pour laquelle demande grâce l'âge avancé de l'artiste. Justice soit rendue cependant à l'un et l'autre pour le mérite de leur intention !

hejimnt. ^^ î si ce sujet était tombé dans la tête

d'Hersent... Mais, à propos de ce peintre délicieux , je ne vois rien de lui.

Il figure au livret pour un tableau, et au salon pour quelques portraits ^ dont voici le plus remarquable*

Je reconnais le personnage, c'est le der- ^'le RicheUelr*^ ^^^^ ^^^ Richclicu. Il cst fort ressemblant. Le 11*» 891. peintre l'a représenté sous son écorce ministérielle. C'est un hommage aux services qu'il a , dit-on , rendus à la couronne, en combinant la coalition, et à la France , en accélérant le départ des phalanges étrangères. Vous vous souvenez que ce fut à l'occasion de cette vic-^

toire remportée sur la Russie, que les représentans de la nation votèrent une pension considérable à M. de Richelieu. On avait parlé d'abord d'une courbnne civique , on parla en* suite d'or : et quoique la première manière de récompenser le ministre fut plus honorable, la seconde fut préférée , tant le centre de la Chambre avait intérêt à faire quelque chose qui ressemblât ade la reconnaissance , tant il voulait que cette reconnaissance fût exprimée d'une manière positive! Le ministre avait d'ailleurs reconnu beaucoup de services politiques avec des billets de banque et des masses d'argent , et , comme dit Molière :

n £aiut payer les gens de la même momiaîe.

Le mode pécuniaire fut adopté. Cet événement donna lieu à quelques chansons et à plusieurs épigrammes ; je me rappelle la suivante :

Jadis Rome et Lacédémone'

Pour payer d*immorteIs travaux.

De cliéne ou de lauriers composaient la couronne

Qu'elles décernaient aux héros ; Ressuscitant et Sparte et Rome antique , Paris veut aujourd'hui décorer Richelieu

De la récompense civique ,

Noble attribut d'un demi-dieu :

Laissons y laissons aux républiques

Et leurs pompes patriotiques,

Et leurs inutiles festons ;

Il faut aux hommes, monarchiques ,

Qui surent illustrer leurs noms , Il faut des rameaux d*or, dont le temps en sa course

Ne puisse altérer la splendeur.

Et qui, chaque jour, à la bourse En écus bien sonnant retrouvent leur valeur.

Les vers ne sont pas excellens, mais l'idée est

assez plaisante. «

Oui, quant à la gëne'ralité qu'elle renferme ; mais pour l'application particulière elle tombe à faux ; tout le monde sait avec quel de'sinteressement M. de Richelieu disposa^ en faveur deç hôpitaux^ de ce don national. Ce trait seul méritait, à mon sens, l'honneur que M. Hersent a fait à M. le duc de le portraire. Le dessin de ce morceau est d'une grande finesse, cependant le portrait a peu de tournure. Je crois qu'il aurait fallu représenter assis M. de Richelieu , qui n'était pas d'une assez haute taille pour fournir le sujet d'une peinture historique. Quant a la tête, elle est d'une charmante expression» C'est la copie, mais copie à la manière de M. Hersent du buste de Lawrence que vous voyez ici.

XE PHILOSOPHE

Ah ! c'est là un ouvrage de sir Thomas Law-* la^m»". Tence : msus il me parait tort bien. RicheUeu.

On est partage sur son mérite. Les uns disent cpi'il n'y a la-dedans que du lazzi ; les autres trouvent qu'il y a beaucoup de grâce et de charme. Je suis de l'avis de ces derniers. , Je suis surtout fort content du dessin de ce petit trois ^quarts y de la manière dont sont enchâssés ces yeux, si joliment peints, du ton de ces linges, et de cette liberté de pinceau qu'on remarque depuis les cheveux jusqu'aux frottis légers de l'habit.

Thomas Lawrence est-il le meilleur peintre

de l'Angleterre?

C'est le plus à la mode. Tout le monde veut

un portrait de sa main. On est, à Londres,

indigne d'être compté parmi les/iw/i/owiaWe^,

si l'on n'a eu séance de cet artiste , qui est le

(i) Plusieurs artistes lui préfèrent M. Jahson, peintre très-distingué, qui n'est ni écuyer, ni directeur de, rÂcadémie. ( Note de réàifeur.)

Gérard des trois royaumes. Aussi, dans son atelier , Lawrence a-t-il au moins deux cents portraits commencés, qu'il ne finira peut-être jamais; ce qui n'empêche pas que, pour chacun d'eux , il n'ait été arrhé d'une somme égale à la moitié du prix qu'il met à son ouvrage.

LE PmLOSOPfiUE:.

Voilà une singulière coutume. Ainsi, l'on consent à perdre douze ou quinze guinées, pour avoir le plaisir de dire : j'ai posé ce matin chez Lawrence !

Sans doute. La vanité s'accommode si bien de toutes ces sottises, que l'homme adroit se fait pardonner l'impôt qu'il lève sur elle.

La vanité! Eh que n'inspire-t-elle pas? Nestce pas elle qui dit à tous ces bourgeois inconnus de se faire peindre comme des enthousiastes? N'est-ce pas elle qui leur conseille de venir mettre en montre leurs faces insignifiantes, que le peintre s'est vainement efforcé d'ennoblir? Aussi, voyez quel débordement de caricatures , toutes les salles en sont

encombrées ; on ne nous fait pas même grâce du suisse du Louvre! Mais laissons cela^ et arrêtons - nous devant cette grande page. Dieu, quelle énergie! quelle expression! De qui est ce tableau qui me frappe de terreur et de pitié ?

D'un jeune homme nommé Delacroix. dklamom.

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