‹ L'ártiste et le philosopheChapitre 23 sur 43 · III · texte numérisé non relu

III

hosmae k rencontre. Il porte sur son épaule an instrument d'agriculture. C'est un laboureur ! £Ue Taborde comme pour s'informer de cehn qu'elle a perdu. .... Imprudente ! tu es ^•';"t*belle dans ta douleur ; tu as les mains pleines de bijoux, et tu t'adresses à ce misérable? Le scélérat , sans respect pour ta situation , CMiToîte tes richesses^ tes appas. Tu résistes! . • )1 a tiré le poignard qu'il tenait caché dans son sein , il a frappé , et il a fait un orpkelui. La maibeureuse n'a survécu que d'une l^eure à son mari ; et la femme du brigand a dtt la mort au frère d'armes de son époux ! Les lions ne s'entre *déckil^nt pas^ mais les l^ngsoids on^ils cet instinct des bétes féroces !

Je vous ai laissé dire sans vous interrompre ! Voilà , ma foi , un roman dans les formes ] Comment donc ! de la terreur, de la pitié, des péripéties, un dénouement et une moralité ! Mais , c'est à merveille ! Ma mission à moi n'est pas poétique. J'examine froidemeut. Je vous dois mon avis sur les tableaux d<ml vcms venez de dramatiser atmai les sujets ; soufirez donc que je vous le donne. Je serai court.

Robert.

( ÏÏ2 )

Le tableau de M. Âllaux est bien compose^ Le ton général en est brillant. La tête du brigand est un peu esquisse. Au total, joli ouïe marinier na- vrage. Les deux tableaux de M. Robert (et je

polûain impro- , • • •

visateur. (i) dis de ceuxJà ce que je pourrais dire des autres productions du même auteur) sont ex-

Pëlerines. f . ^

n° 1458. pressifs, d'une couleur solide , et d'une bonne pariieni Vuld. exécutiou. Quaut à ceux de M. Schnetz, je les

ia maréchale de j, , , / . . T * *j. J

Lauriston.) tTouvc dunc bcaute supérieure. La tête de cette femme de brigand endormie, est d'un modelé étonnant , d!une touche ferme sans sécheresse, d'une expression remarquable, et d'un coloris mâle. Les accessoires en sont fort bien traités. Je remarque les mêmes qualités dans la femme qui s'enfuit avec son enfant. L'inquiétude y est rendue avec beaucoup de succès ; quant aux détails de costume et de localités, toutes les personnes qui ont visite Rome et ses environs, conviennent qu'il est impossible de voir rien de plus vrai. La femme assassinée se recommande par la réunion des

(i) Me sera-t-il permis de dire que je préfère ceUe scène naïve et sans prétention à toute la recherche de la Corinne de M. Gérard ? Si c^est un blasphème ^ que les belles dames daignent me le pardonner !

{Note de réditeur.^

( ii3 )

mérites dont je viens de vous faire l'énumération. Il est aussi d'autres ouvrages de M. Schnetz que nous n'avons encore qu'aper- schwbtx. eus, et qui! faut voir avec soin. Ce vieillard jeune fiiie. confessant une jeune fille , par exemple. (s. d. a. d*a.>

Il m'avait frappe' quand j'ai passe' tout-à* rheure dans cette salle. J'aime cet ermite. Il écoute , un peu par habitude , je croîs ; et parbleu ! quelle attention apporter à la confession d'un enfant de seize ans? Elle a naïvement avoué qu'elle est malade du mal d'amour : inamorata y comme on le dit pittoresquement ; est-ce un pe'ché sans rémission ? Non ; le bon père est habitué aux aveux de cette espèce. Il ny prend plus garde ; il y est indulgent, comme en France le serait un directeur pour le péché de médisance, devenu si commun chez nos dames , qu'elles n'en parlent même plus au tribunal sacré. 11 n'a pas de courroux , le saint bomme ; il n'a pas fait retentir le mot horrible , enfer ! mais aussi il n'a pas de convoitise dans le regard. Il n'est pas cruel par adresse. n donnera l'absolution , et n'exigera rien de sa pénitente ! Bien pensé , bien composé , bien exprimé.

Et bien peint.

IB PHILOSOPHE

Passons à cet autre ouvrage.

Une bohémienne découvre les secrets de Diseuse de bon- Tavcnir à cc Montalte qui fut depuis Sixte-

neavenlare. - * *

n° 1559. Quint (i).

Vous imaginez bien que je ne crois pas aux sorciers ) à la magie blanche ou noire, aux prédictions astrologiques et aux contes des bohémiens ?

(i) Ce tableau m'a vivement frappé. La âgure crédale de cette jemie femme qui tient sur ses genoux le petit berger, est d'ilne expression, d'une couleur et d'un modelé étonnàns. Ses mains sont d'un cboix délicieux et d'un fort joli ton. La tête de la bohémienne , un peu durement attaquée peut-être, est vraie , malgré l'affectation des teintes noires. L'étonnement réfléchi de Montalle est charmant. Son bras droit est dessiné trop sans façon ; sa jambe gauche, naturellement placée, n'est cependant pas d'un bon effet. An total, ce morceau est fort beau; c'est une étude digne d'un grand maître, sous le rapport de l'accusation des plans, de la franchise de l'exécution , de la richesse du colo^ ris et de la vérité des détails. Je ne sais pas ce qu'en pensent les partisans du style grec! {Nofe de Véditeur.')

Vous faites profession de philosophie ; vous tenez à passer pour esprit fort.

LB PHILOSOPHE

Je n^ai pas ce ridicule. J'ai un peu de raison , et voila tout. Mademoiselle Le Normand m'a prédit que j'aurais un jour des voitures , des chevaux de main . des maisons à la ville et des manoirs aux champs ; cela ne m'a pas fait le moindre plaisir. Il n'est cependant pas absolument impossible que cela soit vrai un jour. l'hôtel du ministère est^ comme on l'a dit, une auberge qui s'ouvre à tout le monde ; mon tour peut venir de l'habiter ; je ne m'y attends guère ; mais je n'en serais pas surpris. Toutefois, malgré cette incrédulité, que j'estime fort sage , si la prédiction s'accomplit , si je me vois possesseur de terres , électeur à deux degrés , et tout ce qui peut s'ensuivre , j'avoue que je serai fort embarrassé. Comment avez^vous deviné celui-là, demanderai-je à mademoiselle Le Normand ? Elle me répondra hardiment : Mon art est infaillible. A sotte demande , sotte réponse : je n'aurai rien a répliquer. Le hasard peut avoir des concordances ; cela se conçoit : comment cela arrive , c'est ce qui ne se com-

prend pas aussi bien. Que séduit par le souvenir d'un de ces prodigieux rapports , un homme d'un esprit impétueux s'entende prédire un sort qui flatte son ambition ^ yoilà peutêtre le sort fixé? Moi , je suis calme , et je ne dérangerai pas mon voisin pour arriver plus tôt ; mais je ne suis pas de la pâte à grands hommes. Bonaparte en était ^ et Montai te aussi. Bonaparte n'a pas voulu donner un démenti à la gageure qu'il avait faite en luimême; il a joué avec les événemens, avec les hommes ^ avec les institutions ; il a tiré les fils, et chacun a fait la grimace et pris le mouvement dont il avait besoin. Beaucoup de génie , de volonté , d'audace , de ténacité , une forte dose de bonheur , la connaissance du cœur humain qui mène au mépris de l'espèce : voilà ce qu'il faut pour maîtriser une révolution ou pour la faire, pour ébranler des trônes ou pour fonder des empires , pour se faire haïr , adorer, craindre et admirer.

Voilà ce qu'avait Bonaparte , qui fut Napoléon; voilà ce qu'eut maître Pierre, qui fut Pierre-le-Grand ; voilà ce qui distingua le gardeur de cochons qui fut le cinquième des Sixte. Une vieille femme , qui faisait métier de trom-

C "7 ) per par des contes les voyageurs et les pâtres , rencontre Montalte, et lui dit : (( Les plus hautes ((dignités de Féglise vous attendent, vousrégiierez. ))Les sorcières l'avaient dit à Macbeth ; le petit berger le savait ou ne le savait pas, n'importe. D'abord il rit de la prophétie ; bientôt il la prit au sérieux. La compagnie des porcs ennuyait un jeune homme ne avec de l'impétuosité , de la présomption et de l'opiniâtreté ; il jette au loin son sceptre de porcher , il se cloître. 11 est d'abord insinuant , modéré , studieux. n avance dans son ordre , et déjà son caractère reprend son empire ; il bat un moine , et le laisse pour mort ; il devient ensuite inquisiteur, et le plus inquisiteur qu'il y ait; il reçoit la barette , et alors , comme toujours , soutenu par la prédiction de la vieille , dont chaque )our justifie la bizarrerie, il rêve le trône papal. Il joue la comédie, il se fait goutteux, cacochime , cul-de-jattc , phthisique , et tout ce qu'on peut être pour avoir l'air de mom^ir bientôt. Le Saint-Père va rejoindre le Dieu dont il est le vicaire ; le conclave s'assemble ; Montalie s'écrie avaot tous les autres : Je suis pape , et personne n'ose le démentir. Il fait sauter par la fenêtre ses béquilles et ses larges sandales ;

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il se redresse, il se grandit, il parle avec assurance, avec puissance; il. est roi, et se dit peut-être totit bas : Diable de vieille, je te dois une belle récompense pour m'avoir coiffé de la triple couronne ; mais , si je puis t'attrapor , je te réponds que je te mettrai dans l'impossibilité de faire encore un pape. Je suis souverain par ta folle promesse et par ma force ; je ne veux pas qu'un autre t'écoute et . m'imite : meurs !

Mais voyez où m'a mené un tableau bien conçu ! C'est que ce charlatan femelle est per« suasif au moins ; c'est qu'il y a du pressentiment dans ce petit pâtre en guenilles. Montalte et la bohémienne étaient un sujet philosophique qu'il était bon de traiter. M. Schnetz l'a fait en homme habile; je l'en * remercie , il m'a fait passer un moment fort agréable ; je me laisse aller volontiers au dévergondage de mes idé^s, à propos de rien ; vous me pardonnerez bien d'avoir brodé sur le thème original que me présentait une prophétie qui. a peut-être fait un grand homme, et sur la singularité de la destinée d'un pâtre qui : court au Vatican saisir la foudre, qui se voit encensé comn^e une idole^ adoré comime Dieu , et dont , après la mort, le

peuple bris^ les statuer , pille les trésors , et

veut livrer la dépouille encore chaude aux

becs des vautours^, à }a gueule a0amée des

chiens?

Je ne me plains pas de vos digressions; mais y si vous les multipliez ainsi ^ nous n'aurons jamais le temps de tout examiner : tenez, il est déjà trois heures ; il nous reste à peine assez de loisir pour voir aujourd'hui les quatre ouvrages de M. Schnetz, que nous n'avons pas encore analyses. Un mot seulement sur les deux moins importais.

LE P9)].bS0PHE.

La tête de ce pékrin est un peu dure , le un péienu et

. , « ,.gt . w| son fiij.

ton un peu outre; le reste est naît et vrai, il ^o ,55^ y a là-dedans du Valentin. M^Schnetz serait mon peintre, si j'étais.... parbleu! si j'étais ce que cet|;e maden^oîselle Le Korpiand m'a assuré que je serai un jour. ,

Ce pâtre ne serait point inférieur aux au- ub pâtre danau très productions de l'auteur , si les proportions lu^!^^ étaient un peu mieux observées. Il me semble ,« "I ^V'^^^

» (S. A. R. Mgr.

^e les jambes et les cuisses du vieillard ^ **^*^

sont trop courte^ , ou que la tête et le corps «ont trop gros. Quant à la couleur, belle, quelques-uns disent lourde , je n'accorde pas ce point.

Venons aux grandes compositions de sjimteG«fnevièFe M. Scluietz. Commcnçons par la sainte Géne-

dislribuant des ^ » J.

vivres aux as- viève.

tiéges de Paris.

n* '555. iE PHILOSOPHE.

Voilà qui me parait très-beau. Je vous ai dit , je crois , que je n'aimais pas les tableaux d'église dans lesquels figuraient des bourreaux et des victimes ; j'ai horreur du sang qui coule sur les murailles d'un temple de paix ; je ne puis souflGrir qu'une seule exception à ce principe, que je soutiendrais au besoin ; et vous l'avez devinée sans doute. Le sang de Jésus est s3rmbolique ; sa présence est liée à la croyance des chrétiens ; qu'il se répande par les cinq plaies. Autant j'ai d'antipathie pour la représentation des martyres, autant j'ai d'estime pour un tableau dont le sujet est touchant par sa moralité. Les supplices m'épouvantent ; la vue des tenailles et du chevalet, loin de m'exalter, me terrifie. Une bonne action, au contraire , bien représentée par le peintre , me persuade de mieux faire ; je deviens plus

indulgent si j'ai vu une œuvre de miséricorde , et plus circonspect si Ton m'a montré la femme adultère de'fendue par le Christ contre Fintolérance des Pharisiens. Ce sentiment me fait aimer le tableau de Schnetz. Geneviève distribue du pain aux habitans de Paris assiège. Voilà la charité. On ne saurait trop la recommander dans un temps où l'égoïsme politique glace les cœurs et souffle à l'oreille de chacun : Bonne tout aux tiens ^ rien aux autres. Schnetz a bien compris tout ce qtïe son sujet avait de sublime. 11 a fait Geneviève belle, comme si la vertu embellissait ; il l'a entourée de citoyens de tout âge et de toutes professions , comme pour indiquer que tous ont des droits égaux aux bienfaits , quand ils sont égaux par le malheur, Je ne saurais trop admirer ce groupe de femmes et d'enfans assis au bas du dernier degré. L'expression de leurs physionomies est magnifique ; il faut en dire autant de cette mère qui descend, à droite, l'escalier sur 'lequel se fait la distribution. Le vieillard, le jeune soldat blessé , l'adolescent qui est placé sur la rampé, sont très-bien aussi. Tous les personnages concourent à un ensemble de composition majestueuse , savante et simple à la.

( ï^^ ) fois. Ce tableau est pour moi un des plus beaux de Texposition.

Il Test ^ je crois , pour tout le monde. On a pu reprendre , dans l'effet général de cet ouvrage , un peu d'incertitude ; on a pu dire que la lumière ^ trop également répartie , ne laissait pas à la figure principale assez de ressort; on a pu accuser le ton local d'un peu de monotonie ; on a pu désirer un peu plus d'air et de perspective aérienne ; il n'en reste pas moins établi que c'est là uqc de ce3 pro- /ductions qui classent un homme. Je ne dis pas que la critique doive se taire sur quelques défauts que des glaci^ feraient ^ je crois ^ disparaître ^ au contraire ^ cette investigation est bienveillante , et l'artiste la solliciterait si on cherchait à la lui épargner ; mais il faut en agir^avec modération. Il y a du grand maître dans ce tableau ; toutes les parties en sont traitées consçie;icieusement ; la couleur y ejst belle partout ; toutes les têtes sont animées d'un sentiment profond. Voyez . ces .mains , quelle forme et quelle vérité ! Supposez ici un peu plus d'éclat dans la lumière ^ là une masse 4e clair '^ obscur un peu plus grande , deux

choses qui ne sont peut-être pas impossibles à exécuter , et dites-moi si le morceau n'est pas excellent 7 Tel qu'est le tableau , vous lui préférez le Samaritain y du même auteur! Songez qu'il n'y a dans le Samaritain que deux figures , et qu'ici U y en a douze principales , et rappelez-vous qu'il est plus facile de créer une scène qu'une tragédie , im épisode qu'un poème épique.

Les éloges que je me plais à donner à la sainte Geneviève de M. Schnetz , je les restreindrai en parlant de son Condé. ^^ruîan'îe'ae

Sënef.

LE PHILOSOPHE, i n*» i554.

J'entre tout-à-fait dans votre pensée . Ici, ^^' ^ ,^-\

*^ ^ ^ (Destine à U

d y a dans le plan un vague que l'artiste n'a ÎJ,^^^^*^?^"'' pas eu le secret dé dissimuler. Le sujet s'explique péniblement. Que fait le grand Condé? Félicite-t-îl les fantassins qtii ont . rompu les vieilles bandes espagnoles 1 Gl6rifie-t41 Dieu de son triomphe? Coiaplimenfce4ril ce jeune oificier sur la prise du drapeau qu'il apporte? Pourquoi ces braves qui viennent rendre leurs epées au vainqueur ne reçoivent-ils pas un coup d'œil consolateur du héros si digne d'admirer le courage malheureux? Le prince de Condé n'est-îl pas trop jeune? Si je ne me

trompe , le duc d'Enghien assistait a cette mémorable journée. D'Enghien était déjà dans lage de la force et de la raison , déjà il avait commandé des troupes royales dans des occurrences difficiles. Il me semble que dans la bataille de Sénef, le véritable sujet était celui que Bossuet indique d'une manière si vive , avec cet art du peintre et du poète ^ qu'il possédait au suprême degré. Je me figure que ce groupe du grand Condé , secouru par son fils au milieu du feu des deux armées , et secourant, à son tour, ce digne rejeton qui vient d'être blessé au moment où il prodiguait à son père les soins les plus touchans , « ravi de satisfaire ainsi à-la-fois à la j^iété et k la gloire , » je me figure , dis-je , que ce groupe , auquel se rattacherait et le cheval mourant de Condé et lé cheval dont vient de descendre le duc d'Enghien, et quelques officiers empressés auprès des deux généraux, ferait un fort bel effet; je voudrais au second plan des groupes de . combattans , et , sur le devant , comlme repoussoir , des débris d'armes et un mort , celui , par exemple , qui est là à gauche renversé sur un canon , et qui me parait d'une grande beauté. Je vous demande pardon si,

empiétant sur vos droits ^ je me suis permis de faire mon tableau ; je m'excuse en même temps pour l'avenir ; il m'arrivera quelquefois de hasarder ainsi mes idées de composition, quand je n'aurai pas été satisfait de celle du peintre dont nous examinerons l'ouvrage.

Cette licence se peut pardonnei* , et je suis loin de vous blâmer de l'avoir prise. La conception de M. Schhetz ne me satisfait pas plus que vous. L'exécution, où je remarque de belles études de têtes et une grande manière de peindre les accessoires , me parait beaucoup moins heureuse que celle du tableau des assiégés de Paris. La lumière papilotte, elle attire l'œil partout à-la-fois; les figures du second plan semblent ambitieuses de la place de celles du premier. L'ouvrage manque d'entente générale. L'artiste a reculé devant l'idée de prendre un parti qui aurait rejeté dans lombre quelques personnages qu'il s'est plu à peindre comme s'ils avaient du dominer l'action. Il est fâcheux , sans doute , d'être quelquefois contraint à sacrifier des parties qu'on a traitées avec amoiu* ; mais il est raisonnable de se décider à de semblables sa*

crifices . Narcisse est-il moins l)eau pour n'être pas sur le plan où Nëron brille entre Agrîppine et Junie?

Quoi qu'il en soit , cette production de M. Schnetz atteste trop de talent, quand il ne serait encore connu par aucun autre ouvrage important , pour qu'on ne félicitât pas Fauteur de l'avoir entreprise. C'est avec since'rite' que je le loue de s'être montré peintre si habile à exprimer, et ( à ne considérer ce morceau que comme un composé de parties distinctes) coloriste énergique et vrai.

Je joins mes complimens aux vôtres; les travaux de M. Schnetz sont fort intéressans ; ils ont fait sensation sur mon esprit , qui est ici meilleur juge que mon œil ; sa Geneviève m'a ravi, sa bohémienne m'a amusé un moment, et ses brigands m'ont presque raccommodé avec cette engeance maudite de détrousseurs , que le ciel convertisse ! Ce serait un beau miracle de la grâce, qui ferait bien des dévots parmi les voyageurs. *'

Adieu, mon cher compagnon de promenade ; nous avons fait une bonne journée ^ allons nous reposer, et à demain.

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