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Non , parbleu ! c'est lui qui est cause de notre altercation. Au diable ses petites peintures le'chées et polies comme de l'émail , et ses sujets nains , qui font une si singulière disparate avec les idées grandes qui nous travaillent aujourd'hui.
Voici de quoi vous calmer ; c'est la représentation d'une belle action de Louis XII (i).
Parlez-moi de choses semblables , à la bonne heure ! Vivent les rois démens ! Celui-
(i) Au moment où nous préparons cet ouvrage, le tableau de M. Gassîes est dans les magasins ; il a été exilé dans ces limbes des peintres, avec le saint Pierre de MM. Pallière et Picot , et quelques autres ouvrages que le public est étonné de ne plus retrouver au Louvre, après les avoir remarqués d'abord. On donne pour motif à cet ostracisme momentané le manque d'espace. Cette raison nous paraît peu satisfaisante. La grande galerie est assez longue pour recevoir plus de tableaux qu'on n'en a rejeté. La mesure adoptée a donc le malheur de mécontenter en pure perte des artistes estimables qu'il faudrait ménager un peu plus.
oi mérita raffection de ses sujets ^ et son nom est venu, jusqu'à nous, accompagné d'un titre , qui vaut mieux que ces épithètes fastueuses , et quelquefois mensongères , qu'on 3ccole aux noms des monarques. On l'appela le Père du peuple ^ cela dit tout. S'il n'eut pas les qualités d'un grand politique , d'un liëros , il fut un bon roi . 11 fit la faute de ^vendre le droit d'appliquer la loi , ce qui mettait la justice aux mains des plus riches et des plus ignorans ; mais , comme il avait un excellent esprit , souvent il redressait les erx-eurs judiciaires dont , par le fait , il était la première cause. Honorons, dé notre respect et de notre amour , la mémoire de ce prince , qui se montra économe des sueurs et de la fortune du peuple ; et qui , loin de signaler son administration par l'établissement dlmpôts nouveaux , réduisit les tailles à tel point, qu'un historien philosophe put dire de lui \ ii il ne se croyait pas roi des Franle çais comme un seigneur Vest de sa terre y <c uniquement pour en tirer la substance. » Je sais bon gré à M. Gassies d'avoir choisi Louis XII pour héros de l'épisode politiqi\e «t moral qu'il a représenté , et qui doit orner
le palais du roi Qbarles X. C'est un excellent modèle qu'il propose au nouveau souverain. ' Héritier du pouvoir de saint Louis , du Père du peuple et xlu bon Henri , Charles , en montant au trône, a fait entendre des promesses de justice et de paix ^ que le présent a recueillies pour l'avenir. L'espérance d'un règne heureux a pu être embrassée par tous les citoyens , au cœur desquels doivent retentir des paroles constitutionnelles , garant loyal et solennel d'un serment fait, au pied des autels de la patrie , en faveur des droits de tous ; paroles mémorables qui porteront un fruit précieux , promesses qui ne seront point démenties par les faits ^ Les contemporains et la postérité n'auront point à gémir des malheurs qui suivraient l'oubli de semblables assurances , et jamais on ne pourra faire , à Charles X , l'application de ce vers du vieux poète Alexandre de Paris ,
M*EST PAS ROI QUI SE FAUSSE ET SA RAISPR DEMENT (l).
J'approuve, ainsi que vous, M. Gassies de nous avoir montré Louis XII faisant un acte
(i) Philippe-Auguste , poëme.
<le clémence, et pardonnant à ces officieris qui avaient desservi ses intérêts auprès de Charles YIII. Oubli est un mot si beau dans la I>ouche d'un roi !
I/e PHILOSOPHE.
Je voudrais que le tableau ^ déjà si bon par son sujet ( vous savez que pour moi il n'y a pas de bons ouvrages sans cette première condition) fut encore excellent sous le rapport de
l'art.
Je le voudrais aussi, car M. Gassies est un des peintres aux succès desquels je m'intéresse le plus. Mais il faut que je vous l'avoue, son tal>leau n'est pas bien réussi. L'effet qu'il a cherehé est plus bizarre que franc. La figure de Louis Xli n'est pas heureuse. Ses cuisses et ses jambes sont plates. Les têtes des deux magisjtrats, que vous voyez sur le devant de la composition, sont assez fines de dessin; la main Luche de celui-ci est bien dessinée, en même ^mps que peinte avec soin et colorée avec l^ergie ; tous les autres personnages sont peu Umarquables à l'exception de cet officier k la l^matique bleue, qui est bien composé et bien dnt.
J'ai déjà vu cette figure là quelque part ; aidezrinoi donc à dire où?
Dans le tableau de M. Rouget. C'est un modèle que ces deux artistes ont eu le tort de copier un peu trop servilement.
La double fonction que cet homme occupe ici me rappelle la situation de l'un des personnages du Roman Comique (2),: « J'ai joué, « dit-il, quelque part, une pièce môy seul, (( et ay fait en mesme temps le roy, la reine ^^m -à « et l'ambassadeur . Je parlois en faulcet quand JEd m « je faisois la reine ; je parlois du nez pour-m^n* Jm (( l'ambassadeur, et me tournois vers ma-^sa Jle « couronne que je posois sur vne chaise ; eti»" t « pour le roy, je reprenois mon siège, m « couronne et ma gravité, et grossissois v (( peu ma voix. »
l'artiste. Il
M. Gassies a été plus heureux dans cetttL-i^ ^ Ijii?
{1) La Rancune, \ ^ii
axitre grande production. La scène s'y expli- sainte i crue mieux. Vous devinez tout de suite ce coMe,u