pieds âi
dont il s agit. ^^c»-
N'est-ce pas le lavement des pieds par Marguerite d'Ecosse?
Vous l'avez dit.
Cette occupation honore une reine chrétienne. On voit ici que ce n'est point une affaire d'usage et d'étiquette, c'est bien un acte cle religion. Marguerîtenn'est point environnée des pompes de la royauté ; elle ne donne . pas siux nobles Écossais un spectacle de vanité; elle n'a pour témoins que des pauvres, un IprëUt^ un moine, et une femme qui l'aide klans ses fonctions pieuses. Cette composition jest bien entendue.
j l'artiste.
L'effet de l'ouvrage est satisfaisant, quoi- /en général le style et le ton en soient un u lourds. Le dessin aurait peut-^tre eu bein d'être épuré davantage, et la couleur
( ^9» ) ' cf être moins noire. Quant à l'e&t, qui est k.
: suite du système que Gassîes a commencé dans son Louis XII ^ je ne l'approuve pasj il est. plus tranchant que brillant. Toutefois ce tableau annonce de grands progrès et pour Farrangement et pour l'expression. La sainte Marguerite est jolie , sans manière ; le pauvre dont la reine essuie le pied est plein de respect et de reconnaissance ; l'Écossais qui âte «on bas (i) est bien, naais n est-il pas là pour faire un repoussoir? Le dos de ce personnage est largement e'tudié, grassement peint , fortement indiqué. Cette production de M. Gassies est trèsTestimable. Je la préfère à une Transfi^ tion. guration que vous apercevez la haut.
(Sujetdemuidë.)
(M.L) LE PHILOSOPHE
La cfwpcisiti^n me rappelle 1« second plan de la tp^nsfifuratioQ de Rapkaét.
(i) Ce qui, soit dit e^ j^i^Qt, est on détail peu convenant dans la circonstance, soit à cause de ce qn'ea peinture on appelle la dignité historique , soit à cause dé P^at misérable du personnage, à qui 3 esl difficile de so^oser ce détail >de vttenent.
lVrtiste.
(Test un malbeureiix bonlieur. Il y a dans ^oaTrage qùé nous aTons sous les yeux dès quaitës qui coH^nsent un dëlaut d^imagînation. Je Veux vous montrer, du même autem-, le petits ouvrages cpii attestent sa facilit^^ et la liversité louable de son talent. Voyez s'il est cessible de faire mieux que ces deux petits utétitm :Sntérieurs d'église. C'est d'une finesse de ton ^„ ^f'^^ rui le;5 ferait prendre pour des Bouton ou des enoux. f)t ces effets de brouillard! quelle >«^érité! ""7''*^*
( Le sflconc iE PRILOSOPHB. M.dcCypi
Si j'étais assez heureux pour pouvoir satisair€ mes goûts et mes désirs, je voudrais acuérir aujourd'hui même cette scène de smo' leurs y qui m'enchante.
El moi j'oiriraîs à M. Casimir Cypicrre, Vaedwi
mateur riche et (fistingué , Fe double du prix < ce tabieai e Itû a coûté ce paysage de M. Gassies, pour S'ârcy^i! n orner mon cabinet. Cet ouvrage, où la naure de l'Ecosse e$.t fidèlement représentée, t d'un effet que je trouve charmant; le co-
loris en est .d'ailleurs riche et vigoureux; quant au faire il est large, et même un peu heurté. Je vois que M. Gassies a voulu imiter les peintres anglais, et qu'il li'a prodigué , sur les premiers plans , les épaisseurs de couleurs «^*s que pour essayer la manière sauvag/e qt bizarçe^^*e de John Cons table.
C6KSTABLE J'ai lu dans un journal que ce John Consta —
Une chMreiie à ^^^ 0 ^^ut uous vcuous dc proiionccr le nom ,^* . , unVe"'""°' ^^^^ envoyé à Paris des tableaux qui avaien» -«t n« 358. - troublé le repos de tous nos peintres dcE^ Je Un canal, paysagc. Ccs morccaux s^it-ils ici?
VueprèsdeLon- L AIITISTE,
n^ 36o. Je vais vous les faire voir. Tenez, les voici-^ -■•
( Ces ouvrages , . ? . : .
apparuennent à * LE PHILOSOPHE.
M. Arowsmjth.) . '
Mais, mon ami, savez-vous que cela est forr "*^t bien. C'est la nature même; c'est un paysag^i»''^^ vu par une croisée. Je ne sais si, comme pein-^^^ture, ces tableaux peuvent être estimés;; mais ^^^r pour moi, je les prise fort, je leur trouve un^ ^^ naïveté merveilleuse.
Ils sont extraordinaires, en effet, sous 1 ^^^^
( 293 ) z*apport du ton. C'est bien l'aspect de la campagne. Ces eaux sont vraies, cette charrette est vraie , ces bateaux sont vrais ; mais le pro< oedé qui mène à cette expression de la vérité est tout près de la manière. On dirait d'un t:âtonnemént perpétuel. Ce travail en relief , ces masses de brun , de jaune , de vert , de gris, de rouge et de blanc, jetées les unes sur les autres, remuées à la truelle, coupées avec le couteau à palette et glacées ensuite, pour les faire rentrer dans l'harmonie et dans le mystère j ces choses , dis-je , sont moins de l'art que du mécanisme; et, encore, ce mécanisme est-il sans grâce.
Qu'importe, s'il me conduit à une illusion parfaite?
Mais cette illusion cesse , si vous approchez lui peu ; et comme les tableaux de paysage sont faits pour être vus à une distance peu considérable, le but du peintre est manqué, parce qu'il a calcidé son effet comme celui d'une décoration , dont les lignes , les tons et les détails n'arriveraient à l'oeil qu'en traversant de graiids
(»94) espaces d'air. Le maniement de la couleur est d'ailleurs le mésie partout dans les ouvrages du paysagiste anghâs. La chai'rette est :&ite comme les tetrains , la ferme comme i«es bateaux et ainsi du reste ; et puis le ctdi est cahoté, tourmenté, alomndi, parce que le pinceau ne s'est pas joué avec liberté, dans les formes des nuages. Le paysage a aussi son style, sa poésie; M. Constable n'en tient aucun compte. Ses compositions réduites au trait , seraient ullràmesquines.
Mais, c'est que le paysage ne doit pas être réduit au trait. Le coloris lui est indipensable. — •
C'est comme si vous disiez qu'il n'y a poânt:=9^ t de lignes dans la nature, point de formes dans^^^s un tronc d'arbre ou dans lé profil d'un r< cher , point d'angles dans les superpositions de montagnes et dans le mouvement des terrains.
CroyesQ-vous qu'il y ait un arbre fait comm celui-ci , une mmaon ùàte convole celle4à , un
( 295 ) snare creuse comme celle que traverse celte charrette ^ un canal serpentant comme celui €fm sillonne cette plaine ^ des prés , des lointains semblables à ceux que nous voyons ici?
Sans doute, il y en a ; mais ce ne sont pa$ ceux-là qull faut choisir , Part doit avoir pour objet le beau.
Oui, et on lui donne pour but le faux. Qu'est-ce autre chose en eflFet que votre paysage historique? Un genre où le grandiose est de la prétention , la nature de la convention , la poésie du système? Tenez, voyez plutôjt cette composition de M. Turpin. tukpu, dk
Crissa.
- ^ Apollon enseigne
X AUTÏSTB. ' ia musique aux
bergers.
Mais le mouvement des lignes eh est assez "" '"s. ^leureux ; les plantes des premiers plans sont Luxembourg. > \neji faites , les arbres sont massés et dessinés "évec art.
Lfi PttILOSOPHfe.
£t la ceideur bleue, Itlas^ et pille comme «erait l'émail d'une porcêkÂi^e!
La couleur n'est pas heureuse^ je l'avoue, mais....
Mais , mais , cela est froid , cela est faux. Xes yeux sont éblouis et les sens ne sont pas saisis.
Pour combattre vos préventions contre 1<
paysage historique , je ne vous montrerai paî
MicHALOK(fcu). XOEdipe et VAntigone de feu Michallan , c'esl
Œdipe et Anti- r O -> ^
SS*iedi!«*Et- ^^^ P^6^ manque'e oii l'on retrouve à peines mënides. jj^ forcé ct Ic talent de son auteur, mort si^ (A M. schrotx.) jeune, et après avoir réalisé, dans un ou deux^ ouvrages , les belles espérances qu'il avait données. Je ne vous vanterai pas non plus FOr— RiMOND. phée de M. Rémond. Les arbres en sont::^
Orphée. '
n» i4o3. ronds, les lignes petites^ et le ton d'un lour désespérant ; mais j'arrêterai vos regards su Vae du lac de ccttc vuc du loc de Némi^ par M. Watelet—
Nëmi. ^ r
Upe vue d'après nature L Gela doit étr< bien , et c'est biçii en eflfet.
Oui, c'est bien; mais Fart y a fait beau-* ^^;oup. La nature ne donne pas ses lignes ainsi dencées , M. Watelet les a arrangées.
tE PHILOSOPHE.
Il a eu raison ; car elles sont d'un bon effet, ^t puis ce ciel est beau. Il fait chaud dans ce 'pays-là ! La vége'tation peut y être forte ; aussi <[ue cet arbre soit un peu gros , je n'en fais pas un crime à l'artiste ; sous l'influence d'un climat comme celui qu'il a représenté , la terre doit avoir du tempérament, elle peut donc produire des colosses. Assurément, j'aime cet ouvrage riche de ton et d'un grand aspect; mais M. Watelet me plait encore plus dans ses petites copies de la nature. Voyez cette étude des cascatelles de Tivoli. Quelle vigueur, queUe transparence , quelle fraîcheur ! U est impossible que cela ne soit pas très-vrai , car mon esprit en est frappé comme. d'un souvenir. Et cette vue de Neuilly ! que cela est dé- y^^ ^^ ^^^ ^^ licieux ! Cette transl>arence des eaux , ces rér , „ ?"*!!?* ,
^ , (S.A. R.Mgr, le
flexions du ciel .et des objets ayoisinant le i>dO) canal , ces arbres et ces plantes , tout est char-
Etade des cascatelles de Tivoli.
Tàukat.
Bidault.
mant dans cet ouvi^age. Je pourrais en dire autant des autres productions de M. Watelet.
C'est que M. Wafielet e^ un artifite trèsdistingué; il s'est place au premier rang où j'ai vu autrefois ce M. Taunay, dont le nom commande le respect ; mais qui , dissemblable à liti-*méme 9 termine sa carrîèiie..*...
Gomme Corneille , par un JttUa.
La mémoire des cbefs-d'œuvres de M. Taûnay sera gardée long-temps par les amateurs ; M. Bidault^ moins effacé que M. Taunay, laisse aussi des regrets à ceux qui ont admiré ses premiers ouvrages , et qui voient aujourd'hui
le PHII^OSOllHfi.
Mtûs il me semble que ^«&& ^s taUeimic ^ on p^t «eticore remarquer des diétËtils hett* i<eiix ^ des-fiafs^àges ^^^^flbles , 4éS liiassès bdr^ monieuses , ei^ti-dès «clairs ^gnes du boti temps de ce maître.
Oui, des éclairs; mais conime l'a dit Déa.^giers :
CVst la daurtë d*«Be lampe «pkante Qui se ranime et sVteint pour îamaîs.
Je me rappelle quelques noms de paysa- ^gîstes dont j'ai vu naguère de bons ouvrages ; ^Ites-moi ce que sont devenus MM. Berlin, Hegnier , BoisseBer , Mongin , thitac , Chauvin, Villeneuve et Coignet.
M. Dutac a fait quelques jolis tableaux^
parmi Lesquels une dsnifce d'eau , dans l^s Vos-*
ges i) et "an dSei de givre assez bien observé.
M. Chauvin a envoyé de Rome des worGeaux
fort dîstîiigaés^ soit par le ton, soit fiat* le
charme de l'exécution , soit par la vérité «le
Ja nature qu'il à représeiitée. Famui ses pro* dexaueyrand
ductions , j'ai dislingué surtoiit , et je vous
prie de regarder avec soin cette vue de Rome,
prise à l'extrémké de la P^illa<:étëbre^ que les
«lèves de l'école française habitent au milieu
de la capitale des états du pape. Si le ciel est
Dutac.
Chauvin.
Yoe de Rom
(A M. le prii
( 3oo )
un peu plat de forme , il est d'une jolie ^dttleur. Ce chemin qui descend, cette lumière qui circule avec liberté sous ce massif d'arbres , à gauche ; ces fabriques éclaire'es avec goût , sont autant de preuves du talent de M. Chauvin. Quelques parties de ce tableau annoncent beaucoup d'adresse , et de ce nombre sont ces ormes taillés à larges faces , qu'il était difficile de rendre sans une choquante uniformité. Certains passages de couleur laissent à désirer un peu plus de solidité, et simulent par trop les tons de l'aquareUe ; mais ce n'est qu'un petit défaut que je signale sans importance , et qui est tout-à-fait insensible pour vous.
M. Villeneuve, si supérieur dans l'art de colorer avec le crayon lythographique , est ici un peu lourd et égal de tons ; il est cependant quelques-uns de ses tableaux qui attestent des progrès et annoncent un avenir ; je vous l^s montrerais s'ils n'étaient ainsi épars dans toutes les salles , et si vous attachiez à leur examen une très-grande importance.
M. Mongin qui s'est montré souvent avec
avantage dans les différentes routes du genr^.
Ce tabi«aa ap- et dout VOUS VOUS rappclcz sans doute et la
Tjllineuvx.
MOHGIX.
Yae prise des bords de TAar.
( 3oi )
énédiction des troupeaux , en Suisse ,• et la partiai CFourmente sur le Saint^Gothard ^ elle Mar- desà ^i^ hcuud forain ^ n'a payé, cette année, à notre c^iiriosité qu'un tribut peu considérable , mais doit plaire. Voilà une vue prise en Suisse, les bords de l'Aar ; l'aspect en est char- :cKiaiit , les seconds plans et les fonds y sont pleins d'air et de transparence ; les eaux remplissent ce lieu d'une vapeur humide fort faal^ilement rendue. Cet ouvrage est un morceau très-agréable. On peut en dire autant de cette ^''"*''£JJ^** étude si vraie. n« hîs.
Oui, vraiment, ce ne sont que des portraits de maisons enduites de crépi, de petits arbres de jardins , des détails presque trivials, et cela me plait beaucoup. C'est que c'est plein de naïveté, et que c'est-là ce qu'il me faut dans le paysage , comme dans la représentation des actions des hommes. Mon compliment, je vous prie , à M . Mongin, pour cette petite page et pour cette autre , du même x* cwiem V genre, qui est fort agréable. »• "36.
f L ARTISTE.
M. Coignet, imitateur de Michallon, a pro-
COIGNBT.
VttftDviaadantie duit cctte ftiuiée plusieuFs tableafiiix ^ parmi les-
itnte. quels TOUS avez déjà distingué cette vue dii
" ^^^' golfe de Saleme^ où les fonds sont peut-être
d'un ton un pefu looxrd y mais dont tes eaux ,
agitées par le veilt^ sontliien peintes. M. Coi-
gœt mérite d'être encouragé^ il est dans «ne
route qui peut lie conduire à de grands sucées.
BoissEcna. M. Boîsscfier se présente à nous, armé de
Défense de Lonis .^«x i..»» /-■»
VU « dans les tcvutos pieccs; graods ctpctits ouvrHges^ etudes
défilés de Lao- . ... . «
dicée, en Syrie et composituNns pittOTCsques , il uous: moulxe n« i8a. tout co qv'il $aît faire. YoiËCv son. talent so«is
leri^ de Dianf î toutcs SCS faces. Accucillons-le avcc bienvcillance ; il mente les. eg^ds de la critique. M.Boisselier marque, par des progrès, chacun des pas qu'il fait dans sa carrière. Il faut lui savoir gre des efforts dont viennent témoigner auprès de* nous ses productions , et notamment son Louis VII y qui n'est pas un morceau irréprochable , mais qui mérite l'estime des amateurs. Le ton local y est franc , la touche en est assez large , l'effet en est bien combiné. Le cèdre auquel s'adosse le héros , est d'une étude soignée ; je ue sais si on ne pourrait pas reprendre, dans Farrangement de ce tableau, un peu de nudité; mais je pense qu'on y doit louer un Is^fom sentiment de com-
osition , et une entente de masses raisonnëe.
Xngageon^ M. Boisselier à redoul^ler de zèle
t de travail; il est appelë sans doute à occu-
^ parmi les artistes modernes^ un rang dis-
in^e\ s'il s'applique à se rendre digne de
t honneur.
M. Régnier soutient cette année la réputa- R,g,^, ion qu'il s'est acquise par des travaux recom- wiiUMM wai andables« n« iSgi.
( Le ministre de
U maison du Roi
LE PHILOSOPHE. a , dil-on , acheté
a,6oofr., celart ' . \ • 1 .^•. 1 *• bleaaqoi doit or-
Ce paysagiste , a qui le titre de romantique ner le musée da
, Luxembourg.)
onvient a merveille , ne^t pas de ceux qm lous font assister aux riantes solennités de la lature, comme on dirait dans la langue des ideptes. Son pipcean est mélancolique j c'est oujQurs en habits de deuil qu'il nous repré* ^^^«rite la terre et les cieux. Les brumes^ les ses orageuses ^ les pluies , les roches arides >u couvertes de mousses desséchées^ lef pins irs , les chénc;$ à la chevelure sauvage y les siifux endémies 30us des abris mystérieux , les ^^ûmeti^^ y les chal;Qawi gçthiques ^ voilà ce ^ur plaât à l'im^gipaJtipn 4c ce Young du pay- ^9vg^. I| aime à ^xf^^r la t;errew , k, provQ- ^m^r les m^diUt|<^& §jpiivc;s. hsk noubi w^
( 3o4 ) lie qu'il s'est choisie, il la suit avec une conance qui lui a valu plus d'un succès. Je )udrais le voir sacrifier quelquefois aux Grâis, j'en apprécierais d'autant mieux ses ofandes aux Euménides. Byron ne me plaît nt que parce qu'à côté de Conrad je vois lez lui la tendre Gulnare. Prenons cepenmt les choses comme elles sont ; dites-moi î que vous pensez de ce grand paysage , où 3US voyons Williams Wallace , sous les habits un barde , se pre'senter aux portes du châ- !au, où le roi d'Angleterre retient prisonier le fameux Robert Bruce?
»Ue — js-a-
Je le trouve fort bien, l'aspect en est se'vèrc. [ y a dans l'effet de ce soleil couchant, dont ;s derniers rayons viennent rougir la surface u torrent qui coule au pied du castel forfie';il y a, dls-je , quelque chose dé solennel ui convient également au genre d'intérêt que eut produire l^auteur, et au sujet qu'il a adapté
son paysaige. Les détails de ce tableau plaient aux yeux^ comme l'ensemble plaît à les- >rit. Ces arbres soAt biell touchés; l'auteur l'a pas fait la faute de faire là des ormes ou des
:liénes , masses à Fitalienne ; c'est d'un style 3)lus âpre qu'il les a traces. Les terrains sont d'un ton riche , et les eaux d'une transparence achéronienne. Peut-être que ce morceau, d'ailleurs très - remarquable , aurait double ses avantages en perdant un pied de proportions sur ses deux côtés. C'est , au surplus , une idée. . à laquelle je n'attache pas plus d'importance qu'elle ne vaut.
Les petites productions de M. Régnier dont Vexihition (on peut bien se servir d'un mot de la langue anglaise, en parlant des ouvrages d'un peintre qui cherche a se rapprocher du genre anglais) est si nombreuse, se recommandent par une grande vérité de ton. Je ne veux vous en donner pour preuve que ces études, et sur- Etudes d'.prèi tout cette vue enforme de frise, de la plaine de „• ,401. Paris, aux environs de Montmartre. Il semble ^^ ^li^^,)"^' que, dans ce dernier tableau, l'auteur ait voulu lutter contre Constable ; son ciel est plus lin que celui du paysagiste anglais, et le pays qu'il a représenté n'a pas moins d'étendue. Mais , dans Constable Çhampstèad-heath) l'eflFet du soleil est bien heureux ! bebtuc.
Héritier de Valenciennes, M. Bertin est le P*y«««;«»cd*
Mess^nie.
classique des paysagistes vivans. Personne ne n«î34.
possède aussi bien que lui Fart d'agrandir toile, s'il est permis de parler ainsi; l'harnxonSi des formes , le grandiose des lignes , la sages de l'arrangement lui sont familiers , et tout ses conceptions en font foi ; mais cette xnaj de composition demanderait un peu plus vigueur dans la manière d'accuser les formte: et de les faire valoir les unes par les autr^^^, M. Bertin est timide, peut-être parce qvix'^J voit que près de lui on ose trop ; sa couleur n ^^-a pas toute la puissance nécessaire, et, chezlii^^> le soleil n'a pas d'ardeur. On ne saurait trop::::::^ engager ce maître habile, ce chef d'école, as laisser aller à un sentiment de force qui ne lui est sans doute pas étranger , mais dont il redoute l'usage , à-peu-près comme ces gens qui ajournent la liberté de peur de l'anarchie. Vous ne voyez pas encore ici le grand paysage que M. Bertin a exécuté cette année (i); j'ai été admis au plaisir de l'admirer dans l'atelier de l'artiste. Il m'a justifié dans l'opinion que je me
(i) En effet, au moment où ce livre est publié , le salon ne possède pas encore le tableau de M» Bertin , qui ne doit être exposé qu'à la fin d'octobre.
(JVbfe de FédUeur.)
fP^
suis faite , dès long-temps^ du mérite de ce peintre justenient renommé ; c'est une magnificence de lignes^ une correction, une élégance ' de style , un savoir de dispositions , une grâce d'ensemble , une harmonie de plans et de mouvemens qui vous étonneraient. Dans cet ouvrage, M. Bertin s'est prononcé plus qu'à l'ordinaire , sous le rapport du coloris ; il est des parties qui ne manquent ni de fermeté ni de vie; mais, en général, j'y voudrais encore un peu plus d'énergie et de force de tons. C'est la Grèce que M. Bertin a voulu reproduire ; ce sont bien ses formes nobles et riches , mais ce ne sont pas. là les brûlantes clartés de son atmosphère . Il y aurait peu de choses à ajouter pour rendre ce paysage un des plus beaux qu'ait produit l'école moderne ; je conseille à M. Bertin de ne pas négliger ce moyen de perfection. Il me semble que quelques bons frottis , bien chauds , suffiraient pour arriver à l'effet désiré. M. Bertin ne pourrait-il pas en essayer?
Puisque vous ne pouvez voir le paysage „« ,35 dont je vous ai parlé, je vais vous en faire voir la monnaie ; ce sont plusieurs petits morceaux charmans parmi lesquels il faut que vous re-
marquiez àevûL fixés exécutés avec une habileté rare.
Enir^ed'unboîs. Voicî uii tablcau estimable d'un jeune n'^oGi homme qui débuta avec assez d'éclat, et ^pii ne se soutint pas toujours a la hauteur de ses premiers essais. Il a pris, cette année, la revanche de la petite défaite qu'il avait essuyée en i32.2. Son ouvrage est bien; ce petit gué, ce chemin qui fuit mystérieusement daiis la forêt, sont d'une charmante vérité. L*aspect général de ce paysage est malheureusement triste , le ton ei^ est un peu monotone ; je voudrais sur ces masses de feuillages et sur le tronc blanchâtre de cet arbre du premier plan, quelques échos d'une lumière un peu vive, pour reveiller l'effet qui est moins celui d'un matin que celui d'une nuit encore douteuse : encourageons M. Jolivart,etfaisons-lui quelques complimens. Gardons-nous d'avoir la même courtoisie en- QuwART. ygj.g ]y( Quinart: rien n'est plus faux, plus
Vue de la Cava. . ^
n« ris?. dur, plus froidement chaud que cette grande vue de la cava. Engagons M. Quinart à travailler beaucoup ; il a encore besoin de dix ans d'études pour arriver au point où il faut être, ^ pour produire au salon des morceaux dignes -^ fies connaisseurs.
( 3o9 ) Achevolis la revue des travaux de nos paysagistes. Mentionnons M. Malbranche pour un f&flfet de neige fort bien rendu et qui promet 'Un successeur a Vanloo; M. Carré, ami et iLxaitateur du précèdent, qui a fait aussi un jpaysage neigeux, auquel je reproche un peu de xxiolesse. Reconnaissons , dans le premier de <^es deux artistes un talent agréable, et dans le second les promesses du talent.
M.. Joly, dont les dessins à la s épia sont £iutant récherchés des amateurs , que ses lithographies le sont des éditeurs d'ouvrages pîtl<>resques, se distingue dans sa peinture par une touche large et facile ; ses tableaux annon- <:ent un artiste qui n'est pas encore bien sûr de sa couleur; ils sont d'un ton un peu lourd; queï- <]ues études corrigeront ce défaut. M. Joly est appelé à obtenir un jour une réputation brillante ; son avenir est écrit dans chacune de ses productions. Je ne sais si je me trompe, mais je crois deviner en cet artiste une supériorité d^éducation , que j'aime à trouver dans un homme occupé de la grande affaire des arts. Je ne pourrais pas vous dire par quels signes cela se manifeste à moi; mais j'en suis frappé d'une manière intime; et ce n'est pas seuleme<it
Malbrancue^
Caerk.
• Joli.
(3io)
chez M. Joly que j'ai pu faire une observation semblable^ j'ai déjà eu plusieurs fois roccasion de refnarquer, chez d'autres artistes, la présence de cette importante qualité.
J'ai fait la même remarque; j'ai toujours vu ces précieux auxiliaires se déceler dans les ouvrages des artistes instruits, par un certain tact , une justesse de sentiment et d'expression , un esprit de convenance plus facile à sentir qu'à montrer au doigt. Quelques peintres , en qui le germe du bon et du beau n'a point été développé par l'éducation, la suppléent par de l'adresse et du métier; ceux-là ne peuvent jamais occj;çer que le troisième rang. Le second est acquis à ceux qu'un instinct naturel domine et soutient. 11 en est plusieurs de cette classe , qui font des choses étonnantes d'observation et de vérité.
Passage de trou- 1 crmmous uotrc promcuade déjà un peu
no 858. longue. Jetons un coup d'œil sur ce ta-
/ bleau de M. Quindrand* Ce jeune homme,
qui fait partie de l'école de Lyon, mais qui
(3ii)
n'en a pas les màUniuréux défauts^ annonce un talent que le temps mûrira. L'ouvrage qae nous avons sous les yeux , est remarquable par une vigueur qui, dans la partie gauche , dégénère peut-être en dureté. Vefkt général est cependant satisfaisant ; quelques détails d'arbres et de terrains déposent de la facilité du pinceau de l'auteur « Je suiç fâché que M. Guindrand, parmi les figures de soldats dont il a animé son paysage ^ en ait hasardé une dans la plus significative de ces positions qui étaient chères k David Teniers , mais que le goût délicat d'un Fran-^ çais devait épargner à la vue des dames ; ceci soit dit en passant, et sans tirer à conséquence. Courage, M. Guindrand, et à l'année prochaine.
Je vous ai laissé fournir seul votre carrière , et je vous suis obligé de m'avoir donné ainsi une idée succincte du mérite de nos paysagistes. C'est affaire à vouaP, et vous n'avez oublié personne.
Que dites-vous là 7 J'ai sans doute passé ^
Lk.^jÂ.
sans les apercevoir^ à «iDtë de bonnes productions qui mentaient nos éloges ; il y a tant de tableaux de paysages, qull faudra
bien que vous me pardonniez quelques ou- xi-
blis. Je n'en aurai aucun regret, quant au xxjeui
profane vulgaire , qu'à Texeniple d'Horace , <- - ?
j'éloigne de moi ; mais je serais fâché de vous avoir privé du plaisir de voir un morceau intéressât! t. Eh ! tenez, je me rappelle, en ce moment, que je ne vous ai pas montré les tableaux de M. Léopold Leprince. Réparons vite cette omission. Voyez ce moulin a eau; i *i
cela est fort joli assurément. L'auteur a fait, ' c^^9
depuis deux ans,. des progrès incroyables; il ^^1
se met en mesure de soutenir, par de bon- —
nés productions , Fagréable célébrité doilt son ^^
frère a entouré le nom qu'il porte.
Voici encore un oubli à réparer.
Mauvais plaisant ! Si M. d'Ivry vous .écoutait ! Savez-vous bien que cet air ironique le mettrait au désespoir. Passons , sans rien dire , devant l'ouvrage de cet amateur, qui raisonne
Tort bien des arts , mais qui les pratique avec 2>lus de passion que de succès. Ses conseils sont utiles aux artistes ; mais sa peinture...
Elle est y- à la nature , ce qu'est le cuivre à Tor, le semblant à la réalité^ le....
Assez ^ assez. Ménagez un honnête enthousiaste qui peint pour son plaisir.
LE philosophe.
Et pour le nôtre , parbleu !
V Allez-vous recommencer?
^ le philosophe.
Non, mais je voudrais qu'il n'exposât pas. Je renvoie monsieur le baron à Molière , qui lui dira par la bouche d'Alceste , qu'un galant homme
.... Doit tenir la bride aux grands empressemens Qu'on a de £aiire éclat de tels amusemens ; Et que par la chaleur de montrer ses ouvrages On s'expose à jouer de mauvais personnages.
Mais...
^oint de mais ; et si vous avez l'honneur ^
connaître M. dlvry , que je croi^ un ^
ime de beaucoup * d'esprit et de raison , «
!S-lui à Torpille ce que le misanthrope dit t haut à Oronte :
Groyez-moî, résistez à vos tentations i Dérobez au public ces occupations.
Ldieu, mon ami.