‹ L'ártiste et le philosopheChapitre 32 sur 43 · T- «da cunseii au · texte numérisé non relu

T- «da cunseii au

honte de trahir leurs devoirs. Je ne sais i^uvre.) pourquoi le souvenir de ce trait , si honorable aux Harlay , aux de Thou, aux Mole, aux Chartier , aux Fleury , aux Malvaut , aux Scarron, et à tqus leurjs dignes imitateurs, me touche plus aujourd'hui que jamais. Voilà les faits que j'aime a voir reproduire. On ne saurait trop en multiplier les représentations ; l'indépendance des cours de justice ne pourrait qu'y gagner beaucoup ; je voudrais que toutes les voix , tous les pinceaux se pussent réunir, pour aire aux dépositaires des lois : « Sachez vous placer au-de«sus des événe- « mens ; fidèles au prince, gardez -vous ((d'une soumission aveugle; ennemis dç la <( tyrannie et de la rébellion ^ vengez le pou-

(( voir , des excès populaires , et le peuple ,

(( des envahissemens du pouvoir; soyez les ^s

(( soutiens du trône et l'appui des citoyens ;

(( que le ministère n'obtienne jamais de vous ^is

« un arrêt inique ; que les factions ne puis- — •-

(( sent imposer, à votre conscience, un ju- — -«a-

« gement dont elle aurait à rougir ; si le des- — .-

(( potisme espère trouver en vous un instru- — Mr

(( ment pour ses vengeances , rappelez- vous ^ jis

lt cette ïnaxiine :

La liberté de l'homme est un décret de Dieu (i).

(( Malheur à ceux d'entre vous qui trafique- — ^-

(( raient de leurs votes et vendraient la justice ; j ;

(( l'histoire attacherait leurs noms au pilori, (( où nous lisons avec effroi ceux des Jeffries et J-t

(( des Laubardemont. Gardiens de la morale (( et de la foi publiques , donnez l'exemple de « la vertu. Que l'incestueux ne prononce pas (( anathéme contre l'inceste , que le prévarica- (( teur ne juge pas la prévarication; enfin, (( que l'accusé, amené aux pieds de votre tri- (( bunal auguste , ne puisse dire : je vous ré- <( cuse, vous que la cité a vus coupables

(i) Nep. Lemercier, Mdise,

( 3i9 ) <c comme moi. Impa&siblçs, tolërails, sévères^ <c exempts de haines et de faiblesses , voilà ce « que vous devez paraître ; voilà même ce *< qu'il faut que vous soyez tous pour com- <:c mander le respect et acquérir le droit de « prononcer entre le trône et nous. »

Le tableau de M. Thomas est selon moi un Ibon ouvrage. Il a un but utile ; il renferme ^jiie moralité, un précepte et un exemple. Xi'artiste a compris quelle est la dignité de son &vt ; il a bien senti que la peinture historique «le peut plus être , au temps où nous sommes , 'mjtn objet de pur agrément; et que si l'imitation de la nature est son but , c^st surtout ^'imitation de la nature morale. De belles for- :«nes qui rçvétiraient un homme sans expression, sans passion, sans mouvement, enfin sans part active dans la société, seraient de Ifcelles formes, bonnes pour être proposées j)Our modèles aux élèves qui étudient à l'Académie, mais ne seraient de rien pour le philosophe. Il faut à la civilisation (et je ne cesserai de le crier, par-dessus les toits, à nos peintres), il faut des représentations de traits propres à exciter la vertu et à faii^e détester le ^ice. Tout ce qui aura ce but sera bon.

Bien entendu , cependant , que vous n'exclaerez pas l'exécution.

Non , certes ; je la veux savante , élégante , correcte ^ naïve ^ animée^ selon le sujet; mais je veux le sujet d'abord; je veux que, comme la rime, la couleur soit esclave et obéisse; dans la poésie , vous exigez avant tout la pensée 5 vous ne faites aucun cas d'un écrit s'il est frivole ; pourqu<)i en serait-^1 autrement pour la peinture. Le tableau dont l'idée dominante n'a qu'une médiocre portée , peut flatter l'œil , s'il est bien dessiné, ou bien peint; mais il ne fraj^e pas l'esprit ; il laisse l'am^ froide , il ne remplit qu'une des conditions de son exîstence ; il est agréable, il n'est pas bon. Cela est tellement -vrai, qu'ici, par exemple, mon imagination étant vivement excitée par la multitude des pensées diverses qui m'assiègent , k la vue de ces dignes magistrats résistant courageusement aux violences des Seize ^ je n'ai pas le temps de m'informer d'abord si le tableau qui m'intéresse est bien composé, si les figures sont savamment dessinées, si

le coloris est bon ; enfin si ^ comme morceau d'art ^ la peinture que j'examine est tout-a-fait satisfaisante. Il faut cependant^ pour que ce j>reniier coup d'œil ait ce résultat, que rien xie soit choquant, que l'expression des personnages soit juste, que leur pantomime soit ^vraie, et que le drame soit bien combiné.

Vous avez parfaitement raison. Vos sensat;ions sont en même temps provoquées et justifiées par la forme. La composition de iVf . Thomas est pleine d'énergie; la figure de fiussy-Leclerc , qui porte le cachet d'une exaltation fanatique, fait une belle opposition avec celle du président de Harlay , si calme à Faspect du danger, si inflexible quand oH veut lui imposer l'infamie. La tête de ce personnage parlementaire est d'un beau caractère. Les attitudes des deux présidens, dont l'un Voile, de ses mains, les traits altérés de sa physionomie , et l'autre lève au ciel ses yeux où se peignent la tritesse, démentent peut-être un peu l'histoire , mais elles sont dramatiques. Le dessin de M. Thomas est ferme ; peut-être , <lans quelques détails , l'es t-il un peu trop. La

main d'Achille de Harlay me parsat sèdié ; e» rey anche ellei est d'une belle étude. Le ton local du tableau, domine par un grand nombte d'objets grisâtres^ tels que lances, épées, cuirasses, tapis, tentures^ etc.^ procède de leur couleur. Le peintre, pour échapper à Fu* niformité , a poussé à la vigueur , mais il n'a pu éviter entièrement cette espèce de mono«^ chronomie. U est resté, en dépit de ses efforts^ ^^ <V dans la gamme oit il était «itré. On a reproché à M* Thomas d'avoir quitté la manière large , empâtée et aérée (i), dans laquelle il a fait son Christ chassant les n^endeurs du ienU' pie. Je croîs que M. Thomas pourrait justifier le faire de son Achille de Harlay. D'abord h différence des sujets coi^mandait la d^rence des styles et cêllé des manières de peiiîdre ; en-

(i) Je vois qa'en analysait k taliieiui^ M. Thomas, ^f' ^ P... a ouUîé de faire remarquer^ ea favetfr du peinti^, .^r- '^ qu^obligé de se débattre daas an eq^ce trop étroit et^' ^^ d^une forme désavantageuse, il n^a pu donner à sj composition cette profondeur, cette étendue que h couleur ne parvient pas seule à doimer ; ses figures %k sont rapprochées d'atitant : aussi te nf'ei^ guère qat^^-^ comme ouvrage d'apparat que ce tableau peut être accusé de manqver de majesté. ( JVofe àe VéHtÊmr^

-suite^ il est évident que Tartiste a fait Tesaai fd'ttne pratique nouvelle ^ et que si cet ea9ai znarque . encore de l'incerititude ^ le résultat Tï^en est; cependant pas sans avennr. M. Thp^ snas n'est pas de ces pieiiajfcres qu) s^en tiennent À un procédé conna^ il cherchée toujours à «lécouvrir; sll n'a pas complètement réussi 4s^te fois, une autre il sera plu9 heureux, jmais non pas plus méritant. Honneur à celui 4fai invente, qm étudie, et qui n'est ni un froid copiste , ni un servile imitateur !

Honneur au génie qui a erré, ou s'est avancé dans une route qui n'est point battue , même quand il y a fait un faux pas.

x' ARTISTE.

M. Thomas n'a point fait un faux pas, mais un pas hasardeux. Ce peintre a un talent si incontestable , une telle flexibilité, une facilité si grande , qu'il peut , sans se compromettre , tenter beaucoup de choses qui seraient interdites a un artiste médiocre. S'il bronche, il se relève aussitôt; s'il chancelle, il ne tombe pas. n n'est pas toujours égal à lui-même , comme ces gens qui sont sans cesse leurs silhouettes ^

eh ! tant mieux! Il est original, il est oseur^ il est impatient de produire quelque chose de neuf : il réussira, et vous verrez, au prochain Salon, "" ^ si ma prophétie n'est pas réalisée.

Descendu des hauteurs du genre historique ^

«fille, à une composition de chevalet, M. Tho-

^^jj mas a prouvé que pour bien faire un petit ^t tableau , il fallait être capable d'en bien faire un grand. Ce ne sont pas des figures dessinées ou peintes de chic que vous voyez ici , mais deux charmantes études.

Sous le rapport de l'expression, elles me plaisent beaucoup. La terreur calme et réfléchie de ce vieillard , la gracieuse incurie de la jeune fille sont également bien rendues. Le moine a été surpris dans la campagne, où il promenait son inutilité et son ennui , par un orage violent qui couvre le ciel de nuées plu-» vieuses , et donne à la terre un. aspect afiîreux. Le vent, dont le fracas se mêle à celui du tonnerre, augmente l'horreur de cette scène. L'ermite ne sait où se cacher ; la peur a paralysé ses membres et ses souvenirs. 11 s'est arrêté morne et abattu , quand passe , fuyant devant le temps , une jeune paysanne que ce

désordre de la i^ature;, ces tourbillons^ au milieu descpiels elle est balottée ^, amusent ^ loin <|u'ils puissent lui causer la moindre frayeur. lEtlle voit l'embarras du moine , elle s'offre à lui «ervir de guide ; et, tout en riant, tout en chan- %ant le refrain que le dernier coup de tonnerre Si interrompu, elle indique du doigt au vieillard désireux d'un refuge, un abri au milieu de quelcpies ruines dont les détours lui sont connus , et sous lesquels, sans doute, elle est souvent venu jouer avec les bergers de son âge. Cette petite composition simple et naïve est très-jolie, j'en félicite M. Thomas.

Faites -lui compliment aussi sur l'exécution (jui en est charmante. Ijcs petits pieds de la bergère , sa tête , la tête du solitaire sont d'un ton délicieux et d'une heureuse opposition. Le dessin de ce groupe est simple en. :tnénie temps qu'élégant. L'harmonie générale ^st heureuse; les contrastes sont ménagés nvec art; enfin l'effet est piquaiit sans exagération. Je pourrais vous faire remarquer les OupeUe ^ sainte mêmes qualités dans une aquarelle que roicî. Aquarche. IMais nous avons encore tant de tableaux im- "* '^'**' portans a voir , que je ne veux pas vous arrêter •«»• Beriot >.

d^Yâiit un très-joli desMn que vous pottirèz^

d'ailleurs^ examiner tout à loisir uii atitrê jottr.

Veiiohs à un ouvrage historique du plus

Le sermeni de» grand mc'rite , le serment de Weriier Stauâîi-

Iroi» Saisies.

n* i583 cher, Walther Furst et Arnold Melchtal , par (S.A.R.M(çr le M. Stcube.

due. d'O.)

Je Fai déjà beaucoup examiné eii passant du salon à la galerie voisine. Ce tableau est excellent ^ si j'en crois les sentimens qu'il fait naître en moi. Quelle belle résolution la passion de la liberté , l'horrieur des tyrans autrichiens , le souvenir d'odieux outrages inspira à ces trois héros, dont les noms seraient devenus au^si populaires que ceux de Bratus, de Porsenna et de Guillaume-Tell^ s'ils eussent été un peu plus faciles à prononce ! et voila cependant à quoi tient la célébritié : au choc de qttek|aes consonnes dures , à la rencontre de ^ekpies ÂyUabes dis^acieuses ! J'admire le ihouv^ement et l'expi^ession de ees généreux citoyens. Melchtal, le plus bouillant, le plus impatient d'un joug qui pèse à sa jeunesse, indique, avec â^r^;^ le lieu, lé temps et l'henre où les premiers coups devront être portes; Weraer , plus réûiédâ , jparce qu'il est plus

( 327 ) mur, jure de mourir plutôt que de fléchir encore sous le j.oug de Gessler ; et, pour décider Furst, vieillard dont le serinent semble se faire attendre un peu, comme s'il coûtait à son grand Age ; il établit avec calme toutes les chances dW succès dont Fidée plaît surtout a Melchtal (jui a une injure personnelle à venger. La conviction d'une action honnête est peinte sur les traits de ces vertueux conspirateurs; leur pensée est bien arrêtée... Tremblez, tyrans ! Helvétie, réjouis-toi , la lune vient d'éclairer un mystère propice à ta liberté.

JL'exéculion de cejt ouvrage répond au noble j^eptimçnt qui a porté l'auteur à le çpmppser. jUa disposition dçis figiireis est fort bonne ; le ,styj^ en est assez grai|diQ;se , quoique Jes prpppptipns 4u cadjE*e soient pebtes ; le dessin ^ c^ jcpr^ect ; qu9,nt à la couleur^ elle manqua peut-être un peu de ressort. Les téte^ et les costumes des fédérés procèdent trop , par leur ton , de la prairie et de la base des montagnes. Le ciel ft le sommet des monts sont #un reflet cristaUki ; Yetkt du elair de lune ii^est pas très-heoreia. Malgré ces défauts...

Cet ouvrage me plaît infiniment, et je le paierais dix fois plus cher que tant de grandes pages sans but moral , sans intérêt ; que «(Paulin), cet Ulysse , par exemple , dont le sort ne »u^ux°de "^^ touche pas du tout. Que m'importe , en ]"** eflet , la lutte d'un roi aux prises avec un M. I.) dieu ? Qu'Ulysse roule au fond de l'abyme , avec les deT)ris de son vaisseau, ou qu'attentif à se tenir , comme un rat , sur la surface d'une vergue , au tronçon du mât qui lui sert de radeau, il échappe aux persécutions du dieu des mers , je ne m'en mets guère en peine. J'ai bien d'autres intérêts à coeur ! Je ne peux voir , dans cette catastrophe, qu'une petite fiction d'opéra, et, dans le tableau qui me la représente , qu'une composition théâtrale , où l'exagération est permise , parce qu'il faut sauver , par la hardiesse de l'expression , la nullité du sujet. Passons.

Ne nous éloignons pas d'ici <) sans remarquer la fermeté de la touche , la vigueur du modelé et l'éclat du cqloris. M. Guérin est

'Un praticien fort habile. Il ne faut pas oul^lier qu'il a fait un CaXn qui peut passer j>our une des belles productions de Técole znodeme ; et que ^ chaque année ^ il expose des portraits qui soutiennent la comparaison avec les plus excellens morceaux de ce

J'estime beaucoup les portraits de M. Paulin Guérin ; en voici un qui est très-remar- portwit de m. cjuable. Il est d'une ressemblance et d une ^^ l^^' «pression frappantes. Peut-être est-il impossible de donner mieux ) en peinlmre, l'idée du caractère d'un homme. Je- lis ^ dans ces yeux , vivifiés par l'artiste , cette sensibilité jnelancolique , cette douceur , ce charme , cette bonté affable et spirituelle que je retrouve dans les écrits et dans la fréquentation de M. Nodier.

Voilà un très -joli morceau de M. Gué- ^^^^ rin. n«843

C'est , sans doute ^ le portrait d'une femme qui a eu la fantaisie de se faire peindre en

( 33o ) Danaë ^ comme autrefois les dames de cen^

ditîon avaient la manie de se faire reprësenr

ter en Diane. A tout prendre , j'aimais mieu le travesti^s^nent en Diane. Une "persoiin jeune et jolie ^ au regard lascif^ au sourir agaçant, et qu'on voit se délecter a Faspec d'une pluie d'or , inspire plus de mépris de désirs ; le porirait d'une telle fenmie se rait plutôt l'^Bnseîgne d'un mauvais lieu^ qu l'ornement d'upe galerie de peinture.

Lldée ^6 oette figure peinte est «n pw trait ^ ne m'est pas yaïuieHUD instant. V\ femme n'affiche pas ainsi volontiers son in famie , ou, -si elle le fait , elle a M en soin pour qu'on ne s'y trompe pas^ de faire met tre son nom au bas de son image. Je ne garde donc que comme une étude y la Da naë qui est devant nos yeux. Je la trouv^^^ ^ charmante d'exécution. Elle est plu/s joli^^'^ que belle. Le sentiment d'avarice qui li domine, était difficile à rendre; M. Gué rin y a asse^ bien réussi ; les yeux et l bouche de sa Danaé expriment k satisfaiHio plutôt que la volupté. Le 'sein est d'

couleur délicieiise ; les ' formes en sont ac** ausées avec ime grâce qiû n'exclue pas la Force. Le ton général est brillant. Je ne sais pas si le reflet du menton est justifié. Les mains ne sont peut-être pas d^une grande correction ^ c'est dommage ; dans cet ouvrage il y tant de mérites^, cpie je voudrais y trouver aussi celui4à. Quittons M. Paulin Guéria; allons aM«r ee magnifique portrait de M. le comte Ckaptal . par M. Gros. ^**'''

* * Portrait de M. 1«

LE FHiLOSOrttE.

comte Quplal.

Je m'étonnais que vous ne m'eussiez encore rien montré de l'illustre auteur de la Peste de Jaffa. N'a-tril donc exposé que ce portrait.

Oiii , mais il ^st suHime. Regardes quelle couleur , quelle énergie , qudUè vérité^, quelle richesse de ton et d^li£urmomè ! Que tout <!)ela sent le grand maître! que cette touche est hardie , qu'elle est sure à la fois ! Voyez cette main qui tient la plume ; c'est du sang qui colore l'épiderme dont elle est revêtue ; la vie est. ta tbut aussi bieïi ^uè dans lès yeux et dans la boùèhe. Comme cela pa*

raît jexécutë facilement ! M. Gros a pu se tromper il y a deux ans, il a pu être égaré dans un faux système qui lui coûte son SaûT^^J et son Ariane y mais il n'a point déchu ; il se relève , cette année , aussi admirable qut jamais. Je vois , dans le portrait de M. Chaptal , rhomme supérieur , comme s'il eut fai une vaste composition ou il eût pu étale toutes les ressoxurces de son imagination e de sa palette.

)ifiLLAED. Puisque nous parlons de portraits, voyon ^ais^deB! ccux de. M. RouiUàrd. Ils sont au nombr • i497- de dix-sept environ. Tous attestent un gran talent ; celui du marquis de B**"^ , chef d'escadron , est vraiment superbe. Le coloris plein d'éclat et de force, la touche mâle et large , le dessin élégant et soutenu , telles sont les qualités qu'on y remarque. Elles se retr<«ivent, plus ou moins, dans les autres ouvrages du même peintre.

raît de M.

j^uinau. j^ ne sais^ si,^ tçtbipquemerit, ce sont d

râiideM.ie l>ons portraîts que ceux dé MM. Lanjui

^^lT^^ pais et Pasquier ; mais ils me semblent très

expressifs «, L'un est.fraac, l'autre est fin.

Us ne sont pas moins estimables que celui dont je viens de vous parler.

Quelle est cette jeune demoiselle^ que' je bblloc. ^ois là si richement vêtue ? C'est probable- Portrait de ma-

^ DAMB,dacheMe

ment la fille de quelque grand personnage^ deBeny. <{ui aura ambitionne' la robe à queue ^ et €jui, pour l'avoir portée quelquefois, aura ^oulu qu'un peintre se hâtât de la représenter dans ce costume élégant et riche.

Mais ! c'est Madame.

Vous plaisantez ! C'est un enfant de seize ans , qui ne ressemble pas à la mère d'un colonel-général.

Vous avez raison , ce personnage est un peu trop jeune. L'ajustement n'en est pas trèslieureux. C'est celui d'une femme d'opéra, d'une danseuse vive et légère ; ce n'est pas c^elui d'une princesse. Il est , sous la pourpre, xme^ grâce qui s'accorde avec la dignité. Je

BoUTBUMB

riademoisellc ).

Porirails-

aia.

Xi Brun C madame ).

serais £àché que M. Belloc eût fait Madamc^^

grave ou triste ; mais je suis plus fâché en

core , <ju'il lui ait donné un air futile. L'exé-ctttion de ce morceau est d'ailleurs agréable

De qui est ce portrait^ qui me rappelle ^le celui de madame S. M. par Horace Vernet ^=:?

De mademoiselle Bouteiller , artiste distin- baguée , qui a produit , dans ce genre ^ des ov^^otr

vrages fort estimables. Le morceau que vou .ms

remarquez est d'un très-* joli ton, d'une sim^^plicité charmante. L'ombre , portée par c=^=e chapeau de sparterie , est un peu plus pro^^noticée que celle que projeté le chapeau ^^Be madame S. M. , mais n'est pas moins agréa-^*ble. Quant à la tournure générale du po trait, il faut préférer celle qu'Horace a do née au sien. Mademoiselle Bouteiller n'est p la seule personne de son sexe qui se lirre la peintuore du p<Nrtrait. Vous comoaissez réputation de madame Le Brun ^ que l'a cienne Académie s'agrégea , pour récompe ser des travaux quî charmaient et la ville ^^^ la cour. Cette dame n'a plus, aujourd'hui^ )

:eUe célébrité qui la pls^a jadis au prenier rang ; mais elle étonne encore par une naniëre assez gracieuse ^ et par une exécu* don qui n'accuse pas son âge fort avancé, ^près madame Le Brun^ que j'ai du nommer la première ^ il ùiut citer mademoiselle Volpélière; j'ai remarqué, de cette demoi- (^'^oi!«ue). selle, le portrait d'une jeune dame, arran- "" ^739géant une palette^ mademoiselle d'Hervilly, .^^"^^^^ élève de M. Lethière , a fait un assez joli «? 900. portrait de M. le baron Eugène Guillemot. Nous devons aussi à cette artiste quatre pe^ lits tableaux , dont les sujets , empruntés à Liesage , représentent des traits de la vie de Gùsman. Ces morceaux sont agréables , quoi-* ^ae le ton général en soit un peu noir.

M'oubliez-vous pas madame Hersent?

IlERSEirr ( madame ).

Je n'ai garde ; mais ce n'est pas seulement coAnae portraitiste que je veux vous parler de cette dame qui, sow le nom de madetnoi- 9eUe Mauduit , s'eit fait, dans les arts, UA nom déjà câèfare; comme peintre de genre «Ue mérite toatt n<nre âftelitioii. Son talent

gracieux et naturel doit sans doute une par^ tie de son charme ^ aux conseils éclaires , ai leçons profitables ^ aux bons exemples que madame Hersent peut puiser dans la' fré' quentation de tous les jours , que lui permet son association avec le peintre habil^^ e dont elle a pris le nom depuis quelques an-, nées. Remercions M. Hersent des soins qu'i prodigue à Tartiste aimable que l'hymen li a donnée pour élève ^ et que lui -< même s^^ e félicite de son professorat !

Je me rappelle le Sully de madame Her-^^^sent , et son portrait de madame de Fumel . \ VOUS voyez que j'ai la mémoire des bonnes ^^^ choses.

rait de ma- Lc portrait de madame de Rachecourt ^ i

le la mar- . . . 11 / i .

»e de Ra- quc VOUS voycz ICI, a moins d éclat, mom^-^s 898. d'ajustement que celui de madame de Fu — ^-^" mel ; mais il n'est pas moins remarquable.^ ^* Il est d'im excellent modelé , d'un ton vrai ^ 7 d'une touche facile et naïve. Cet 'oùvrag( fait honneur à son auteur ; mais ce qui doit assurer l'estime des amateurs et des gens

court.

mondes, c'est ce charmant tableau ^ où elle a représenté le vieux roi Louis XIV donnant à son ^.'"* ^^ ^^'

mT nissanl son ar-

jeune successeur sa bénédiction paternelle. «ère-peth-fiis.

Cest une scène pleine d'intérêt. Je vois Louis XIV s'accusant de plusieurs grandes fautes qu'il signale à son petit-fils , comme les écueils du gouvernement; je le vois donnant une parole de repentir au souvenir de la révocation de l'édit sage ^ humain et politique qu'Henri IV avait rendu à Nantes , en faveur des protestans. L'espèce de confession que fit le monarque dans cette occasion^ dut être bien curieuse ; il est à regretter que M"* de Maintenon ou M"* de Ventadour^ présentes à cette cérémonie de famille n'en aient pas recueilli les détails. C'eût été un livre plein d'utiles enseignemens pour les princes qui ont hérité du pouvoir absolu. Les Codiciles de Louis X/// n'apprirent , à la vérité , rien \ Louis XIV; mais on avait eu soin de dire au jeune roi que ce livre était apocryphe (i) ; il

(i) Les Codiciles de Louis XIII , dont il est question ici , sont un recueil assez volumineux de préceptes de morale et de politique à l'usage des rois de France. Ce livre est, aujourd'hui, fort rare. Je ne l'ai ja-

e^t pefi^b de croire que le te^^tament poUti^ quQ de Louis XIV, publié par sa veuve, ^yant un caractère d'authenticité irrévocable , aurait^ porté de plus heureux fruits.

Cela est douteux , mais n'importe ; ce n'es pas ma question à moi ; je ne m'occupe ici n du point historique , ni du point philosophi que qui peuvent ressortir du sujet traité p M** Hersent, mais de la manière dont cette dame a traité ce sujet. Elle en a fait un délicieux ouvrage. Rien n'est plus joli et plus dé Kcatement naïf que la fiigure , peutrétrc un pe grande, de Louis XY . Les mains et le profil d cet enfant royal , sont d'une finesse de dessi et de ton qui plaisent ; la tête de Louis XIV que de grandes pensées agitent , est pleine noblesse. C'est une beUe conception que cell^^ de cette physionomie calme cft souffrante , porte l'empreinte de la mémoire des faits pa ses, et de la préoccupation de l'avenir. Un

mais vu que; dans la bibliothèque de M. Ch. !NQ4îer Fun de nos bibliophiles les plus distingués et les plariches en livres curieux et introuvables. {Noté de PédC" feurJ)

(339) couleur saga ^ itti excellent modelé ^ une fermeté de touche^ rare dans un pinceau féminin-) sont les qualités qui font de la tête très^expressive du roi ^ im morceau fort remarquable. M""*" de Maintenon émue ^ mais cachant avec adresse son agitation qui troublerait Loiiiis^ M"* de Ventadour, partagant l'action et la pensée de la reine, sont deux figures aussi bien exécutées que supérieurement conçues. L'aspect de ce petit tableau est presque imposant. Rien n'y papillotte ; aucune partie n'a cette ambition de prévaloir aux dépens de toutes les autres , que nous remarquons dans une si gi^ande quantité d'ouvrages ihédiocres. Tout est en harmonie, et cette harmonie est d'une suavité ravissante. Les ors qui abondent dans cette composition , n'ont point de clinquant; l'artiste ne les a pas prodigués pour s'aïnuser à faire jouer la lumière sur des surfaces brillantes ; elle les a subordonnés à leurs plans et à -l'importance des clairs; ce sont de ces sacrifices dont il faut savoir gré au peintre qui se décide à les faire, 1)3 soi^ rares dans l'éctde moderne. Aujourd'hui , nos peintres veulent de l'effet à tout pri%; aussi nais yetix sont-ils choqués d'une foule de ccmÊre^'^ens que le public a la

( 34o ) sottise d'approuver, et que la critique relève trop rarement. Les costumes du tableau de M""* Hersent, sont adroitement faits et bien observés,

tl me semble que Fauteur aurait pu se dispenser de mettre la plaque du Saint-Espril sur la poitrine de Louis XIV ; il y à entre uni robe de chambre , fût-elle de drap d'or, et h soleil du grand-maitre de l'ordre , une incompatibilité manifeste ; ce petit anachronism< me rappelle ce duc et pair qui, décodé Louis XV du cordon bleu, se crut tellemenC:^:^ obligé, par le serment , à ne le dépouiller ja — mais, qu'il coucha toujours avec, et que, mém< au bain , il en conserva le simulacre dans un< large bande de taffetas ciré, qu'il avait soii de se passer autour du cou.

C'est à regret que je m'éloigne du tablea de M""' Hersent; mais le temps nous presse et nous avons encore bien des ouvrages à exa miner ; nous parlions tout-à-l'heure de pein 1res de portraits ; achevons la revue que nou

RiBSKSB,

avions commencée de lem*s œuvres ; et ^ dV bord, arretons«-nous devant les productions de M, Rïesner. Peut-être pourrait-on demander à cet artiste une couleur plus aimable, mais on ne saurait exiger de lui plus de naturel et de vérité. Tous ses portraits sont d'une ressend)lançe frappante; voyez plutôt ceux de Bernard-Léon, de M. Frédéric-Kreubé , de Gontier , de Ponchard et de la femme de ce chanteur; quelques-uns sont pleins de charme, témoin celui de mademoiselle Bernard-Léon.

M. Dubois, de Versailles , s'est fait remarquer, depuis dix ans , par de bons morceaux dans le genre dont nous nous occupons. Cette année, il soutient sa réputation ; il faut lui faire compliment au sujet de cette étude de vieille femme , qui est à la fois et bien peinte et bien expressive.

Je remarque deux portraits de M . Bourgeois, boubmow (Ch.) qui sont fort estimables. Je ne juge pas de la ressemblance de celui de cet officier qui est d'ailleurs très-joliment exécuté; quant à notre aini Vial (i) , il est parfait.

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