‹ L'ártiste et le philosopheChapitre 34 sur 43 · SO · texte numérisé non relu

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des satires , et quant k son chef-d'œuvre , donnez-le pour enseigne à un des limonadiers a roulettes de la foire de Saint-Cloud,

Adopté. Voici venir, maintenant, made- g^^^j^ ^y^ moiseUe Laurent avec sa Com^alescente au une convaiea-

cenle au bain.

bain^ n*» io46.

Fi donc ! Ceci est d'une demoiselle ! je l'aurais attribué à cet impertinent Beaudoin , qui n'eut , dans les arts , ni raison ni pudeur. Savez-vous quelle idée m'inspire la vue de cette jeune 611e , avec sa camisoUe de laine , ses tisanes , sa baignoire de bois , sa rose ouverte , son petit roman sur sa planchette, et sa main sur le cœuk* ?

Je devine à-peu-près.

Eh bien ! Voy^z cependant ce que c'est que la maladresse ! Mademoiselle Laurent n'a pas pensé aux vilenies qui nous passent ici par l'esprit ; elle a cru faire quelque chose

de gracieux , d^aimable ; et cela ressemble ^ comme deux gouttes d'eau , à une &cëne dé la Sal})étrière ou de rarrière-bôUtiqUe d'une sage-femme ! Passons.

Atelier dé ne- Un ^ dcux , trois , quatre ^ cinq enfans ^ a*" 3i8. grands et petits ; un bouquet , deux bouquets , trois bouquets , six bouquets ; une

mère qui ouvré la mat*che , un bon père roide et sec comme le bois quil raboite; des lattes de jalousies i, dei ï'uban^ d'abnt* jour, des scîeb et des copeâttît ^omtrte s'il en pleuvait 1 Que tôUt cela est bieii imagine !

LE PHILOSOPSE^

C'est naïf, au mofns ! Oh Va sdûhtiter la fête à un honnête komme.; c'est une scène de famille qui ne manque pa^ d'intérêt et de vérité ; mais qui est mal rendue , et voilk tout. Supposez cette situation dans les mains de M. LepriAte, etVèiis tn^ étirez s'il en fait un tableau ridicule. Il bàlttierâ un peu cet atelier , où les copeaux sont en tf op grande quantité ] il donnera un mouvement

BooRBoir.

k toutes les figares^ de l'expressk»! à toutes les têtes , de l'esprit à sa touche , de l'originalité à son efiet , et puis vous verrez ; liaais c'est que M. Leprince est peintre , et que

M. Chazal Ma foi, M. Cbazal est sans

prétention , et tout mauvais que soit son tableau , je le pre'fère à cet Ours ailé dont tWn galant M. Bourdon nous régale. Voyez comme cela " * * est beau ! Des ailes ^ un arc , un bandeau ,

un collier, des airs petit -maître à un

Ours ! Quel effet de génie ! Et puis ,'cet Amour qui parodie son élève , et puis , cette Vénus qui fait la gracieuse !.. Âh ! bon dieu ! et c'est au dix-neuvième siècle, qu'on expose d'aussi sottes allégories. Pauvre La Fontaine , ce n'était pas assez pour toi d'être commenté par des pédagogues de collège , devais - tu donc encore être outragé par de mauvais peintres ! Mon ami, décrochez-moi ce tableau , et adressez '-le au jardin dei fdantes, pour l'amusement des bêtes de la ména^rie^ Quant à son auteur^ ëcrivezrlui une lettre bien hraôiéle , i>our J'exigager à déposer les isistrmneiis de la peinture et la férule de moraliste; et t^minez votre épître par li citation de ces deux vers du bon JUomme que

M. Bourdon a pris pour motif de son a^logîe :

« Ne forçons point notre talent , ^ « Nous ne ferions rien avec grâce. » -

Adieu , mon ami.

Encore un instant.

taw». Assez, assez , de grâce.

Polichinelle Vampire. L ARTISTE. ^

Et le Polichinelle J^ampire de M. Valin , vous n'y jeterez pas un coup d'oeil ?

Non, ma foi !

Cependant, pour juger du mérite d'un peintre

Un peintre qui choisit Polichinelle Vampire pour son héros, est bientôt jugé! Je n'ai pas vu ses ouvrages , mais je gage qu'ils sont mauvais.

Vous avez gagné. M. Valin est le Jaquelin (i) des beaux- arts. Sa peinture ressemble à la nature un peu moins que le singe ne ressemble à llicMnme.

Adieu.

(i) M. le chevalier Jaquelin est un ckansomûer assez peu estimé des gens de lettres, et fort peu goûté des gens du peuple , pour lesqueb il fait des chanson^ aux fêtes des Champs-Elysées. (Note de rédîteur.')

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