Scène de carnaval
BUFFBT.
charitë maine.
Voué ariez pris votre rang^ et voilk qaé fous désertez. Allons ; montrez-Voûs |>lus jalèiùidu soin de votre ^oire. Schéhérazadé et éSti scènes de carnaval n'ajouteront rien h votre réputation ; une page comme la Résurrection de Lazarre pourra beaucoup au contraire pour elle. Songez qu'on ne vous pardoftne cette fois qu'en faveur de votre jdM convalescent qui n^est pas un Grésset.
Tous les lycéens eh soitSnt de rhétorique
1» charitë ro- ^|f||; f^it un Brutus ; tous les élèves au sortir n' a57. ije Tâtelier ont fait une Charité romaine. Je ne sais si M. Buffet est encore att rang des écoliers ^ mais je suis bien tenté dé le croire. Son tableau sent lé novice. C'est mesquin à faire peine» Passons, passons.
D«tATAL(p.L.) Où diable M. Délavai a-t-îl pu penset que le cœur du Christ embrasé d'amàuP pour les 465. hommes , était une cbose à peindre matériel- ^^'^'^ lement ? Où a-t-il été cherckei* les tayohs lumineux qui s'échaij^ent de là poitrine du Sauveur cotnme de la lentille d'une optique? Cette fantasmagorie serait gifflée chez des Huroiis^et on la présente aux dévotes française^ ! Parbleu ! il faut avoir bien en mépris le$ boimés femmes de notre pays ! Je remarqué
Adoralion da Mcré cœar.
que cette aimée le mtnisière de Fîntérièur n'est pas heureux dans ses acquisitions. Ce n'est pas ma faute ; ce n'est paâ non plui celle de Voltaire ou de Rousseau.
Voilà qui est médiocre d'eflfet et d'arrangé-» . gaillot. ment. Il n'y a pa» d'air , il n'y a pa» de mou- t^^u^otiTe vement. Le coloris est uniforme y les carac- n^^î%i, teres de têtes le sont aussi. M. Gaillot est ordinairement plus brillant que cela. Ici il est gris et froid. Le Saint Louis de M. Gaillot ren>place une grande page de M^ Vafflard oi< VAFFtAaii. cet artiste a représenté le vieil évéquê d'Ëvreiix donnant sa dernière béuédicrtion. Ce n'ebt qu'une iniage assez bien dtessinée et enluniinéé > de tons rosés et ceruléens (i ). Les mauraii^ {faisans n'ont pas manqué de s'égayer aux dépens du prélat qui parait avoir trois bras, dont deux droits. Il y a dans ce tableau quel-^ ques têtes asseï jolies , et c'est tout.
M. Vafflard entreprend tous les genres , et , comme diraient les peintres en boutique , tout ce qui concerne scm état. Sacré ^ profane,
(i) Ce mot n^est pas dans le dictionnaire français ; mais il m'est nécessaire , et je ne fais aucune difficulté de remployer ; il a, d'ailleurs, une excellente étymologie. Il vient du latin ceruteus^ bleu.
moral , erotique , historique^ fabuleux , allégorique , conviennent également à son zèle infatigable. 11 a au Salon dix tableaux, dont le plus grand* peut bien compter pour quatre ,
et des portraits ! Cette fécondité n'est
pas toujours heureuse , mais quelquefois elle porte des fruits goûtés des amateurs. Les ouvrages de M. Vafflard sont ordinairement bien pensés ; que ne sont-ils peints dans des tons moins brillantes ! Le modelé de ses figures est dur. 11 est rare que chez ce peintre un visage soit de chair, c'est presque toujours du marbre colorié. M. Vafflard avait exposé en 1819 un certain archevêque de Milan , où il y avait de bonnes choses. Je cite ce morceau pour prouver que son auteur n'est pas un hofnme sans talent. Je crois qu'il travaille trop vite , et trop facilement; il serait peut-être plus soigné s'il voulait être moins fécond.
RoEHH (pèrtV ]yf ^ Roêhn est aussi d'ufie prodirieuse fécondite ; il semble qu'il lutte, avec M. Vafflard , de prestesse et de masses de travaux. Je crois voir Crispinus défiant Horace :
<c Accipe si vis
« Accipiam tabulas; detur nobîs locus; faora,
« Custodes; irîdeamusuter phisscribere possit (i). >^
(HoRACB, Satire ly.)
M. Roëhn varie assez ses sujets , mais trèspeu ses personnages ; on dirait qu'il a fait un moule où il jette toutes les têtes dont il a besoin. Du reste ^ ce peintre a fait quelques jolis tableaux^ qu'on appréciait alor6. Aujourd'hui^ il se prodigue trop ; un homme de mente et une jolie femme doivent se faire désirer. C'est une innocente coquetterie qui donne du prix aux faveurs. Rappelez-vous le temps où M. Demarne n'exposait que trois ou quatre ouvra- dsmabkk. ges ; comme ils étaient courus , examinés , ad- ^* 476 ^ ^84mirés ! Maintenant il en suspend jusqu'à neuf aux murs du Louvre , et à peine les remarquet-on. C'est tout simple ^ ils sont perdus dans la foule. Il faut savoir apprécier la finesse de touche et de coloris de M. Dematne, l'esprit de ses détails , et le talent avec lequel il fait les animaux, pour se donner là peine d'aller, au milieu de deux mille tableaux , déterrer ses productions. M. Demarne vieillissant, ne dé-
(i) « Que Ton nous garde à vue^
« Dit-il; quVn donne un lieu, des plumes, un suje^ (c Et voyons qui des deux aura le plus tôt fait »
(DAau.)
génère pas ; sa main est toujours légère et gra* cieuse. Quant à ses compositions, elles se bornent à quatre ^ au milieu desquelles il se retourne, mais dont je ne Fai jamais vu sortir. Il y a quelque chose d'avare dans le talent de ce peintre.
Ce défaut est un peu celui de M^'Handebourthaitobbourt Lescot. Elle est toujours en Italie : c'est le pitto*-
(Madame) ' ' *, ^
De 866 à 883. resque des moeurs et des costumes qui Fy retient sans doute. Je conçois quil est difficile de renoncer aux ressources que donne un pays aussi original que celui-1^ , pour épouser les habitudes communes tt triviales d'un peuple dont la physionomie est toul-à-fait effacée ; mais enfin il faut se varier un peu. Je suis toujours tenté de demander aux artistes qui se recommencent sans cesse : n'avez*vous rien de nouveau à me dire? Je prévois à-peu-près la réponse que je m'attirerais. Et que m'impcHrte, messieurs, votre commerce? C'est de votre art que je vous parle. Les peintres se font volonlairement ungrand tort, en lâchaxlt pour les bouV' geoiSy comme Us disent, des tableauttins où ils ne mettent guère que le faux air de leur talent, et en permettant ensuite que ces productions faibles et décolorées, soient expo-
( hi )
isëes au grand joiu* du Salon. Cela a deux incenvénîefis ; le premier de laisser deviner im fiecret , tpe rarUsie devait ensevelir dans les mystères du pot-au-leu ; le second de multiplier à tel peÎRt les morceaux offerts au pu-* ;blic ^ qu'4>n le dégoûte de tant de peinture ; et ^ue lors^'il a vu un ouvrs^e d'un auteur (Horace Vieimet, peut-étr«, excepté), eùt-il tombe sur le pl«^ médiocre, il n'en veut pas vak* davantage. Il faudrait cpe, chaque année, le Louvre fut ouvert anac peintres vivans , ot ^'il leiu* fut interdit d'exposer plus de cinq otti^rages chacun. .S'il en avait été ainsi ^cette année , M*"* Haudebourt ^'aurait montré que sa Sentante grondée, -son Brocanteur y sa Jeune JFUle considtoifU'Une^leury sa Marchaxideà! ce^s «t sa Bénédiction des chambres (i) ; tout le jnondé dies «inrait vuâ , tout le monde en aurait parlé j peut-être même , en faveur de Tesprit de ces petites compositions, Ji'aurait-on pas remarqué que la couleur autrefois argentine de mademoiselle Lescot, devenait un peu criarde; mais la quantité rend pljos difficile , en même temps qu'elle rend lajmonotojiie plus sensible.
(i) 'Notre ami oublie la plus jolie des productions de madame Jj«wot : Vn Chapitre 4^ Gil^hs*
Il serait cependant injuste de méconnaître le talent de M'"'' Haudebourt^ et elle en a beaucoup ; mais il faut la prévenir contre les dangers du sytéme qu'elle adopte^ pour faire comme tout le monde. Le proverbe dit qu'il faut hurler avec les loups y je n'en vois pas la nécessité. Une femme supérieure doit être audessus des idées mercantiles qui dominent le siècle et les arts ; elle doit se hâter lentement, peindre pour sa réputation, et laisser faire les courreurs de centimes.
BERRi. ^- ^T^é me parait aussi penser un peu en
négociant. Ses tableaux ne sont cependant pas moins lumineux, ses petits animaux moins étudiés ; mais s'il n'a pas encore mancpié à son art , en visant à la quantité , cela ne peut tarder. Je sais bien qu'il faut de l'argent dans notre âge de fer, et cpie jamais il ne fut plus vrai de dire que
La vertu sans argent est un meuble inutile.
Je sais qu'on doit vouloir devenir électeur , pour exercer les droits de cité , que le trône constitutionnel concède à tous les Français ; mais il faut avoir un peu de patience. Un peintre ne doit pas faire sa fortune comme un marchand d'huile ou de drap. Un peintre ne
De lao à ia8.
De 980 )k 985.
àoit pas tenter les chances de la bourse (je ne dis pas cela pour M. Berré, qtie je n'ai pas l'honneur de connaître) ; qu'arrive-t-il en eflFet, pour lui , d'un revers de la rente? L'artiste rentre chez lui irrité , il prend sa brosse qu'il laisse courir à l'aventure ; il salit une toile ; il broche une scène ou un paysage , et court ensuite vendre à bas prix un avorton enfanté dans la douleur.
Laissons cela. Parlons de la peinture art, kmp. et non de la peinture métier. M. Knip paraît être un imitateur de MM. Berré et Omégank. 11 est plus froid que ses modèles. Je vois de lui des moutons et des chèvres , qui simulent le marbre tant la couleur en est glaciale. Omégank sait mettre le soleil et la lumière sur les toisons des animaux , c'est ce qui reste à apprendre a M. Knip qui , d'ailleurs , a de la finesse , mais un peu d'égalité de touche.
M. Delattre ne tombe pas dans cette froi- DiLArrai. deur que je reproche à M. Knip. Il a le sentiment d'une couleur vraie. Ces intérieurs d'écurie que voilà , annoncent d'heureuses dispositions. Le dessin dés animaux est naïf, le coloris très-satisfaisant. M. Delattre est élève de M. Hyppolite le Comte.
De 46o )i 46a.
X. lb Prince. M. X. Lepriiice cst passé maître. Si touche ^ïïïsliLûrj! ^^^ ^^^^î spirituelle <jue sa couleur est bril- - "n^^Ts l*ote et ibariûonieuse. Ses compositions res- — (Payé 3,000 fr. gemblciit à des portraits • tant elJLes ont l'aspect
par le ministère * *
de la maison du Je la naturc , tant l'observation des moeurs
des localités y est fidèle. L'Embarquement fies — bestiaux dans le passfl'ger dHonfleur^ qu^ vous voyez ici , peut être considéré coimne 1^ résumé des mérites diflférens de cet artiste. IL y a un mouvement, une vie , ua esprit 4jpii em. font un des morceaux de l'exposition les plus remar4|uables dans le genre. La peinture n'en .est pas moins heureuse que la di^ositi^Mi* L's^s* pect général pjait. 11 y a du sojeil. Ces vaches ? cesmoutoQS, qes pQr.çs, |Ce chevajt^onttoupbies ^avep beaucoup de finesse. Quaçit ^xm 4^t^ de paniers , de sacs, etc. , les IloU^ndais n'ont pastfaît mieux, les Patineurs. Les Pixtimun ¥kXA , ^pcès , cfitfe vijifi d'£(ai> (Ce ubieaa ap- Hcip*, Ic t^blea^L Ic pliis i^mpoi!t^t .qu'alft 61-
partient \ Ma- ^ ^ , / • •«
DAME , dachesse ppsç^ ccttc anmsc, M .Jjeprifii^.. J^ i^ieru^ 4-u^ grande diÇîqult^' yainc|ie ^ ^^!f sit pi^s Je âefil cju'cm plisse louer ; il favrt y reinar^\ijer mc|9re le rtojvj^riUant idu yciel , la transp^e^ çb^c^sç^ de glace dppt \^ sjv^rfaoe gercée (Cffffle .d<^ fiçcidens étonnamment imît^ ; ;en||n , T^j^gt-
De 64o )i 643.
( 4oi )
détails (Fune yërité et d'une touche ravissante.
Les autres ouvrages de M. Leprince méritent aussi des éloges. Us sont dignes du talent de leur auteur , qui n'a peut-être à se mettre en garde maintenant que contre Fextrême facilité de sa main.
Le Dictionnaire théâtral (i), que vous avez férkol. lu sans doute disait en parlant de M. Féréol: « C'est un ancien élève de l'école militaire de (( Saint-dyr ^ qui promettait à Farmée un bon (( officier ; un acteur qui promet à la seconde « scène lyrique un successeur à Dozinville ; un (( amateur des arts , qui promet à la peinture (( de genre un talent agréable. » Une jolie voix , du naturel , de l'intelligence et du zèle justifient ropinio» de l'auteur du Dictionnaire, quant au talent comique de M. Féréol; les quatre petite tableaux que voilà, font croÎK qu'aussi , smis le rapport de la peinture , ledit
(i) Dktiûmaire théâtral , ou i^adS véritâi .sur 1^ acteurs 9 auteurs etc., tel est le titre d'un volmoe piquant et original, publié, il j a six mois, chez Barba. Il a obtenu dans les coulisses et surtout dans les salons , uu très-grand* succès : c'est un charmant recueil d'épîgrammes , ^e bonnes plaisanteries eft de louanges délicates.
Saott-Etu.
auteur a deviné juste. Ces ouvrages annoncent d'heureuses dispositions. Le pinceau de M. Féreol est encore timide : ce n'est pas un mal ^ la pratique vient assez tôt. Ce qui doit la devancer^ c'est le goût et le tact; M. Fe'reol n'en manque pas. Son brouillard sur la Loire est d'une jolie couleur; son intérieur d'une cour, à Orléans, est tout-à-fait bien : M. Fé- .re'ol mérite d'être encouragé. Il a de bons exemples sous les yeux ; il est élève de M. Leprince. *
La peinture de M. Saint-Evre a un cachet. Je ne dis pas que le type n'en soit un peu anglais; mais, enfin, cela sort de la route battue. L'artiste à qui nous devons cette KUlor geoise dans un cimetière , et ce Job , ne voit pas la nature en beau , peut-être l'aperçoit-il avec des yeux prévenus ; tant est que sa couleur est bizarre ; cpie ses pensées sont mélancoliques , et que ses productions , qui ont un caractère, coinmunicpient le malaise dont elles sont marquées. Les Deux Matelots naufragés sont, je crois, le meilleur morceau de M. Saiht- Evre ; ces malheureux sont expressifs ; c'est une page romantique qui touche et fait frissonner .Vive la Y>einture à émotions ! mais, ma foi ,
( 4o3 ) vive aussi le coloris vrai ! dont M. de Saint- Evre n'a pas encore trouvé le secret.
Voila du style. Entendons -nous : îe ne parle pas du tableau, mais du genre. C'est de Qtcé. l'école de l'antique , c'est du grec , du classi-^ «»• «eso. que enfin , mais à la manière de Chapelain ou de l'abbé d'Aubignac.
Skrbuh.
Je n'ai qu'un mot à en dire ; c'est une archi-