‹ L'Aryen et l'anthroposociologieChapitre 10 sur 13 · PARTIE — L’ANTHROPOLOGIE · texte numérisé non relu

PARTIE — L’ANTHROPOLOGIE

maison, animal comestible, telles sont les destinations diverses auxquelles a été soumis ce carnassier sociable.

La morphologie de la variété dépend du genre de destination à laquelle l’homme veut conduire l’animal. Les Chiens de trait, les Chiens de chasse ont une musculature puissante, un régime plus grossier et l’intelligence^est moins développée; dans ces cas, l’homme recherche la force, la vigueur, la souplesse, la vélocité à la course. Des Chiens courants de variétés différentes ont été dressés à l’arrêt; certains centres cérébraux se sont développés et ont été transmis héréditairement.

Chez les Chiens qui vivent dans l’intimité de la maison, toutes les facultés sont dirigées dans le même sens que celles de l’Homme; la nourriture omnivore est la même. La musculature générale diminue, mais ce sont surtout les muscles masticateurs qui entrent en régression par diminution d’emploi, résultant d’aliments cuits ou moins grossiers; la conséquence rapide est le retrait du crâne facial ; cette régression est la cause de l’augmentation du crâne cérébral. Dans toute l’évolution phylogénique, toute transformation progressive est accompagnée de régression (régression de la moëlle, progression du cerveau ; progression du prosencéphale, régression du rhinencéphale; etc. 11 y a corrélation entre la diminution des muscles masticateurs, l’aplatissement des tubercules dentaires, l’atrophie de la mandibule, qui devient trop petite pour loger toutes les dents dont la microdontie s’accuse (Huxley); la régression continuant, les dents placées d’abord sagittalement, prennent une direction oblique, puis transversale. Enfin, le nombre des dents diminue, le crâne cérébral se développe en sens inverse et s’accroît surtout du côté frontal, jusqu’à acquérir, dans certains cas, une région frontale plus accusée que chez les plus favorisés des Anthropoïdes.

Les attaches osseuses des muscles temporaux se réunissent en crêtes sagittales dans les races sauvages, dans celles dont la domestication est moins complète ou dans les variétés que nous élevons pour la traction et la chasse. On ne les rencontre jamais dans les variétés de Chiens dont on développe les facultés mentales et qui sont soumis au même régime que leur maître.

La boîte crânienne s’accroît dans le sens transversal, du côté pariétal et du côté frontal, en largeur et en hauteur (front). — L’eurycéphalie succède à la sténocéphalie (c’est le contraire chez le lapin).

11 y a donc chez les Canidés une évolution cérébrale, progressive, en corrélation avec la diminution des muscles temporaux.

Les crânes de Chiens de trait, de Chiens demi-sauvages de Constantinople, comparés aux crânes de Griffons et de King’s Charles, montrent nettement la régression faciale et la progression cérébrale.

Dans la série de De Pauw, la crête sagittale se rencontre chez le Loup,

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le Chacal, le Chien de St-Hubert, le Chien de montagne, le Chien de berger, le Danois et le Chien de Constantinople. Les crêtes sont rapprochées, mais non réunies, chez le Basset et le Ratier.

Les crêtes sont éloignées et presque nulles chez les Chiens de salon. Bichons, King’s Charles et les Chiens comestibles de l’Asie. Les grands Chiens ont le cerveau plus petit ; chez les Chiens de trait, le poids du cerveau est au poids du corps comme i : loo; chez les Chiens petits, de variétés diverses, mais reliés entre eux par la vie intime de la maison, le poids du cerveau est au poids du corps comme i : 40 ou 60. Les muscles temporaux sont atrophiés dans les variétés les plus intelligentes, leur nourriture demande moins d’efforts et les facultés mentales sont cultivées; chez les Chiens comestibles, les muscles temporaux sont atrophiés, c’est la variété qui présente le plus fréquemment des transformations et des réductions dentaires, la denture perd le caractère carnassier; l’intelligence n’étant pas cultivée, le cerveau reste étroit par manque d’activité, la région frontale est aplatie.

Passons aux Hominiens : voici deux crânes d’Australiens du Sud, du type platydolichocéphale de Huxley; l’un et l’autre ont une projection faciale énorme et le crâne cérébral long et étroit, présente des crêtes temporales sous forme de bourrelets, à peu de distance de la ligne médiane; ces crêtes se prolongent en arrière sur une grande étendue de l’écaille occipitale. La mandibule des deux sujets présente un espace libre en arrière de la troisième molaire, espace suffisant pour loger une quatrième molaire; celle-ci n’est pas rare chez les Australiens et les Néo-Calédoniens. Un des deux crânes a des molaires dont les dimensions dépassent celles qui ont paru, à tort, exceptionnelles chez l’Homme de Trinil (Pithecanthropiis erectus de Dubois).

Voici un crâne brachycéphale sur lequel on constate l’orthognathisme et des crêtes temporales qui ne sont plus que des lignes à peine accusées et peu étendues en arrière. La mandibule ne présente aucun espace libre en arrière de la troisième molaire; les dents sont serrées.

L’évolution constatée chez les Canidés se répète chez les Hominiens d’une manière parallèle. Nous résumons, dans le tableau suivant, les caractères des Canidés et des Hominiens; pour les premiers, plusieurs caractères sont empruntés au magnifique ouvrage d’HuLENBERGER et de Baume ; les autres ont été relevés par nous dans la collection De Pauw; toutes les formules dentaires régressives ont été rencontrées dans cette remarquable série.

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