PARTIE — L’ANTHROPOLOGIE
Mais les Herbivores et les Carnassiers présentent en commun une cause d’infériorité dans la lutte pour l’existence, c’est le régime exclusif. Les animaux omnivores ont l’immense avantage de pouvoir remplacer l’aliment qui fait défaut.
Les Hominiens sont des Primalés omnivores ; leur régime omnivore acquis leur donne une immense supériorité.
Nous verrons ultérieurement que les Canidés domestiques ont évolué dans le mêmé sens que l'Homme et que l’un des facteurs du progrès a été le régime plus artificialisé (i).
Les Hominiens varient dans la manière de se nourrir; dans nos milieux les plus civilisés, les classes que l’on nomme « sociales » sont en dernière analyse des catégories d’individus différemment nourris.
L’art culinaire fournit des aliments mieux préparés, plus assimilables et donnant plus d’énergie à ceux qui ont le moyen de se bien nourrir. L’ouvrière qui n’a que quelques minutes pour faire le repas de sa famille, lui fournit des aliments qu’une mauvaise préparation et une cuisson trop hâtive rendent indigestes, j
Plus un aliment est difficile à digérer, plus il en faut. Les expériences de Rübner, corrigées par celles plus récentes d’AaMSBY, ont démontré que l’aliment vaut, non par la chaleur qu’il peut libérer, mais par le degré auquel son énergie est utilisable par les processus organiques, dans les conditions normales de température et d’alimentation.
Les recherches que nous avons entreprises sur l’urée, en tenant compte du poids des sujets, de la taille, de la profession, de l’âge, etc., nous ont fait constater des différences notables ; les professions intellectuelles ont une moyenne de 40 grammes par jour, les métiers manuels presque la moitié moins, 22 grammes; si l’on divise cette dernière catégorie en deux, en mettant d’un côté les métiers où la dextérité est plus en jeu, où l'habileté due au cerveau est plus développée, la moyenne de l’urée s’élève à 28 grammes pour les individus de cette catégorie. Il y a donc une énorme différence : les ouvriers qui gagnent moins, en raison de leur infériorité cérébrale, sont insuffisamment nourris; les gens les plus instruits qui, par leur profession même sont en état de se procurer une nourriture plus substantielle, ont un rendement plus considérable.
La nourriture est le facteur important de la variabilité et de la variation. La plupart des ouvriers commencent leurs métiers pendant les années de croissance; durant cette période, il faut une alimentation suffisante pour réparer les pertes de l’organisme et faire face à son accroissement : ration d’entretien et ration
(i) E. HouzÉ, Les effets du régime artificiel sur le développement intellectuel; Bulletin de la Société d’ Anthropologie de Bruxelles, i8ç3, t. XII, pp. i26-i38.
L’ARYEN ET L’ ANTHROPOSOCIOLOGIE
de croissance. S’il n’y a que ration d’entretien, les proportions de l’individu restent petites.
Beaucoup d’ouvriers ont des proportions de stature et de poids inférieurs à la moyenne de leur milieu; ils n’ont pas l’énergie disponible pour le développement intellectuel.
Ces faits ont été statistiquement démontrés partout où des recherches ont été entreprises.
La carte des arrondissements de Paris, dressée par Jacques Bertillon et complétée par Manouvrier, est un document ancien, mais irréprochable au point de vue des conclusions. L’action de la misère et du bien-être s’y traduisent en gammes de tailles et de proportions du corps, qui s’échelonnent des quartiers pauvres aux quartiers riches. Les gens les mieux nourris sont le plus développés physiquement et intellectuellement; ils sont moins atteints par les maladies; celles-ci sont moins meurtrières. Tout concourt ainsi à montrer que l’insuffisance nutritive empêche l’individu de se développer selon le module ethnique dont il relève.
M. DE Lapouge, dans ses Sélections sociales, désirant montrer que la civilisation fait entrer le cerveau en régression, compare la capacité crânienne des animaux sauvages et des animaux domestiques.
Mais les exemples qu’il cite apportent précisément la démonstration de la proposition opposée que nous défendons.
Le régime alimentaire que l’homme a imposé aux animaux domestiques est fort variable. Le chat domestique est moins carnivore que le chat sauvage. Chez le premier, les dents sont moins acérées, les crêtes temporales d’insertion des muscles masticateurs sont beaucoup moins accusées et l’intestin est d’un tiers plus long. Ces caractères acquis sont connus depuis Daubenton, qui a fait une étude comparée des animaux sauvages et des animaux domestiques.
Cuvier a observé chez le Porc que l’intestin est plus long que chez le Sanglier.
Les animaux destinés à la traction ou à la boucherie, ont une capacité crânienne inférieure à celle des animaux sauvages. La seule chose que nous demandons aux Bovidés, c’est la bonne qualité de leur lait et la succulence de leur chair; il y a donc certainement régression cérébrale, puisque l’animal sauvage