‹ L'AryenChapitre 10 sur 60 · ORIGINE · texte numérisé non relu

ORIGINE

eu

P. erectus, Trinil

UO i50

P. Neanderthalensis, Neanderthal

— Canstadt

— Spy 1

— Spy 2

— Eguisheim

— Bréchamps

— Marcillj

2. On connaît de rAmériquc du Sud un aulre Pithecanthropus du pléistocëne moyen qui parait avoir survécu et laissé quelques traces dans les populations actuelles, mais toutes les pièces néanderthaloîdes récentes trouvées en Europe n*ont qu'une fausse analogie avec les Pithécanthropes. Ce sont des cr&ncs dont le frontal est très fuyant, et parfois les orbites saillantes, soit par un effet d'atavisme, car les Pithécanthropes fî gurent assurément dans Tascendance de beaucoup de nos contemporai ns, s'ils ne sont la souche de l'humanité entière, soit par variation l'arybn. 11

P. Neanderthalensis ne parait pas avoir possédé un cerveau remarquable. La capacité crànienDe, estimée 1 .200 ^*^' environ, est de 200^'^' supérieure à celle du sujet de Trinil, mais inrérieure d'autant aux races de Homo. Son degré de civilisation était cependant supérieur à ce que l'on suppose d'ordinaire. On a trouvé à Spy et dans diverses cavernes des fragments de poterie. Peut-être leshommes de Spy avaient-ils été inhumés? On a trouvé aussi à Spy des foyers. Maska, dans le gisement de Predmost en Moravie, qui date de l'époque du mammouth, a trouvé aussi des foyers, des sépultures et des poteries, mais on ne pourrait sans témérité conclure par analogie, les sujets de Predmost paraissant avoir appartenu à une race de Homo. D'autre part, à Taubach, la race à molaires de chimpanzé dont j'ai parlé plus haut montre une industrie très voisine de celles du magdalénien et du solutréen. Elle se servait d'instruments d'os, de bois de cerf et desilex^ ceux-ci finement taillés, en pleine époque chelléenne. Ce qui rend plus délicate encore l'appréciation des facultés du Pithécanthrope, c'est la possibilité de lui attribuer les sculptures en ivoire de mammouth

individuelle. Le crâne à visière le plus remarquable figure dans ma collection. Je l'ai trouvé à Restinclières, près de Montpellier, dans une tombe en dalles, avec deux sujets normaux, et il date de quelques siècles avant ou après J.-C. J*ai voyagé une fois d'Arvant à Béziers avec le porteur d*un crâne aussi caractérisé. Le voyageur, que je n'ai pas interrogé, par une discrétion dont il me donnait l'exemple, était pourvu du Temps et de brochures protestantes. J'ai pensé et je pense encore qu'il était probablement ministre du culte réformé. J'ai décrit encore, parmi mes crânes de Montpellier, une forme curieuse à frontal fuyant qui n'est pas rare dans la direction du Tarn. Toutes ces formes n'ont du P. I^eanderthalensis qu'une ressemblance dans la conformation du frontal. Darwin, dont les yeux étaient abrités sous d'énormes arcades surplombantes, ne se rattachait pas davantage aux PithecanthropuSy mais dans tout son ensemble le frontal de l'illustre naturaliste était visiblement pathologique.

trouvées à Brassempouy et ailleurs. Certaines de ces pièces» 1res supérieures aux ébauches de l'art grec, révèlent un véritable génie artistique.

Homo. — Les Homo contemporains sont d'abord la race de Predmost, puis celles de la Truchère et de TOlmo, celles enfin qui nous sont connues seulement par les sculptures.

La station de Predmost a fourni une quantité prodigieuse de choses. Le mammouth seul est représenté par plus de So.OOO pièces. De l'homme on a une douzaine de squelettes incomplets, enterrés et recouverts d'une vaste dalle sur laquelle se continuait le gisement sous-jaceiU. On a restauré onze crânes qui indiquent une race distincte, à front moins fuyant et à orbites moins saillantes que chez les Pithecanthropus. Le crâne était dolichocéphale et la taille élevée. Un squelette atteint 1.80. Cette découverte est d'une importance considérable, mais on ne pourra Tutiliser qu'après la complète publication des matériaux. Jusqu'ici les mémoires publiés sont de nature â exciter une curiosité légitime plutôt qu'à la satisfaire (Maska, Nalez diluvialniho clovekau Predmosti, Ceski Lid, 1894, IV, 2 ; Krîz, O dokonceni vi/zhumnych u Predmosti, J. s. Olmutz, 1897).

Le crâne de la Truchère a été trouvé dans des marnes bleuâtres à Elephas primigenius^ recouvertes de restes d'une forêt pléistocène, sous le lit d'un cours d'eau mais dans des conditions qui semblent exclure la probabilité d'un remaniement. On le regarde comme suspect et accidentellement enfoui, sans autre raison que ses conditions de gisement, sa brachycéphalie et son analogie avec les crânes modernes du pays. De fait, dans la même vitrine du Musée de Lyon, j'en ai trouvé un dont les formes sont semblables. Sans me prononcer^ je crois qu'il faut conserver comme hypothèse la possibilité de l'existence d'une telle race àTépoquedu mammouth. Les découver-

tes récentes prouvent que Ton avait tort de regarder comme un demi-animal l'homme de cette époque. Ses détracteuis seraient peut-être en peine de tirer d'un morceau d'ivoire les statuettes décrites depuis quelques années. Il existait sans doute des races très différentes et à des degrés divers d'évolution morphologique et psychique.

Tel qu'il est, le crâne de la Truchère ne nous renseignerait d'ailleurs que par à peu près, car il est franchement pathologique. Depuis le haut du nez jusqu'au bregma, on trouve des traces de wormiens, et la suture métopique est ouverte. Elle aboutit à près de deux centimètres de la sagittale, ce qui permet d'admettre un élargissement pathologique d'au moins trois centimètres à la hauteur de la suture coronale. Le frontal, fuyant dans son ensemble, le serait beaucoup plus s'il n'avait été soulevé, boursouflé par la même cause. Aussi le crâne de la Truchère a-t-il une capacité tout à fait anormale, 1925, et l'indice 84.5. L'intérêt principal de cette pièce est de nous montrer comment un crâne probablement très inférieur, à front fuyant, peut devenir semblable à un crâne normal de nos jours. Il nous montre, réalisée d'une manière individuelle pat l'hydrocéphalie, l'évolution qui a produit les races actuelles. Je ne veux d'ailleurs pas dire que le sujet de la Truchère est un P. Neanderthalensis hydrocéphale ; tel que je le vois à l'état normal il devait plutât ressembler aux crânes à frontal néanderthaloïde que j'ai signalés de la région du Tarn, ou k celui de Bougon figuré au Crania ethnica. Je n'insiste pas davantage sur le crâne de la Truchère, dont on trouvera une bonne description et quatre excellentes figures en grandeur naturelle dans le travail de Lortet et Chantre, Etudes paléontologiques sur le bassin du Rhône, période quaternaire, Arch* du Muséum de Lyon, I, 59-130.

Le crâne de l'Olmo, trouvé aussi dans les argiles, et daté

par une défense d'éléphant, une mâchoire inférieure d'Equus Larteti et une pointe de lance en silex, a été rapporté par certains lecteurs à Tépoque chelléenne, la défense paraissant ne pas provenir d'un mammouth, animal rare en Italie. On n'est point sûr qu'il soit contemporain du dépôt, et il est, comme le précédent, le seul de sa forme, s'il est vraiment de l'époque comprise entre le troisième glaciaire et le milieu du quatrième înterglaciaire. Ce crâne est réduit à la calotte, dont les morceaux sont mal recollés. Il est moins rétréci en avant que celui de P. Neanderthalensis , mais également dolicho-platycéphale. Le front était peu élevé, mais modérément incliné. MM de Quatrefages et Ilamy ont eu l'idée bizarre de regarder cette forme comme le type féminin de leur race du Néanderthal. J'ai trouvé à Montpellier, dans une tombe aristocratique du xvii« siècle, un crâne très semblable à celui de l'Olmo. Ce dernier, quelle que soit sa date, représente certainement une forme du groupe de celles qui ont donné naissance à H. Europœus. Il se place un peu bas dans l'échelle, à cdté ou au dessous des types néolithiques, mais il est de la famille. Il sera intéressant de le comparer aux crânes de Predmost.

II me reste à parler des races connues seulement par des sculptures. Une race de l'époque du mammouth, et d'une manière précise, du commencement du quatrième interglaciaire, possédait un remarquable talent artistique. Elle a travaillé Tivoire de mammouth avec une rare perfection, et tiré de cette dure matière des chefs-d'œuvre dont les débris font l'étonnement des artistes. Quand M. Cartaillac voulut bien me montrer la statuette de Brassempouy, dont il venait d'achever à rinstant la restauration, je fus littéralement stupéfait. Cette impression fut générale, et telle que plusieurs crurent à une supercherie. D'autres statuettes ont été découvertes depuis, et tous les doutes sont levés.

M. Pietle a décrit et figuré cette pièce dans l'Anthropologie {La station de Brassempouy et les statuettes humaines de la période glyptique, 1895, t. VI, 129-151). Il n'en reste que la partie moyenne et inférieure du tronc, modelée avec une précision documentaire. Il n'a pas été possible de reconstituer la partie supérieure et les jambes, Tivoire friable ayant été pulvérisé par un coup de pioche. Le ventre est volumineux, pendant, replié, les flancs obliques et vastes ; la cuisse énorme et les fesses volumineuses rappellent la conformation des Boschimanes, ainsi que le développement de la vulve et des nymphes. Des hachures indiquent un système pileux court mais abondant. Ces caractères se retrouvent sur plusieurs autres pièces, dont une a conservé les seins, longs et cylindriques. Une statuette plus complète, moins stéatopyge et à seins piriformes mais pendants, a été trouvée encore à Brassempouy (Piette, Fouilles à Brassempouy en 1896, Anthropologie, 1897, VIII, 165-173). Cette pièce remarquable est aussi finement modelée qu'une figurine de Tanagra.

Toutes les pièces trouvées jusqu'ici dans diverses grottes sont décapitées. On a cependant une tète isolée de jeune fille, mais coiffée d'une sorte de capeline qui rend l'appréciation du crâne assez incertaine. Le nez long et mince, la figure très fine par en bas donnent une impression sympathique. La physionomie générale mè paraît celle de certaines femmes annamites plutôt que d'une représentante des races d'Europe. L'indice céphalique est 94.87, mais il ne convient de faire aucun fonds sur cette indication. 11 faut retenir seulement que sur cette pièce et quelqups autres moins bien exécutées, le front est bas, un peu fuyant, le crâne platycéphale et plus élevé en arrière.

Ces documents, d'un intérêt cpnsidérable au point de vue de l'art, nous apprennent qu'à l'époque du mammouth il exis-

tait dans le Midi de la France des races bien distinctes du Pithecanthropus Neanderthalensis , appartenant au groupe Homo, et dans un état d'évolution assez avancé. Il serait très hasardeux de prétendre faire des rapprochements entre ces représentations et une race humaine quelconque. Nous sommes autorisés à exclure le type de Néanderthal, mais c'est tout.

M. de Mortillet a voulu rapprocher de la race de Brassempouy, stéatopyge et velue, deux sujets nés dans un département voisin, à Arthez (Basses-Pyrénées). Brassempouy est en Chalosse, dans la partie méridionale d<>s Landes. M. de Mortillet {Formation, 244) dit : « Ce ventre, actuellement anormal, je Tai retrouvé dans une famille de la même région... Mais fait bien singulier, c'est qu'une de ses filles, âgée de douze ans, non formée, présente la même tendance pour ce qui concerne le ventre et offre un phénomène tout particulier, des taches brunes sur la peau, taches qui sont en outre caractérisées par un développement pileux assez prononcé. )>

J'ai étudié ces deux sujets. Le ventre de la femme est tout à fait ordinaire chez une femme de la campagne, quadragénaire et mère de six ou sept enfants. J*ai vu le cas nombre de fois, et cette conformation est la règle chez les femmes des environs de,Parthenay (Deux-Sèvros), même à l'âge de vingt ou trente ans. Ces dernières constituent, il est vrai, une race spéciale. Quant à la fille, le cas est uniquement pathologique. J'ai photographié et mensuré le sujet, j'ai sous les youx mes notes, quatre grandes photographies en pied, deux photographies en demi-grandeur delà tache qui couvre l'épaule gauche et le cou, et des échantillons bruts ou en coupe des cheveux et des poils, et je puis afBrmer que des pieds à la tète, cette jeune fille est couverte de tares de dégénérescence. Les plaques velues sont de vastes envies, dont la peau rugueuse et épaisse

est profoadiïmant sclérosée, saur parfois sur le bord des plages sombres, où l'aspect s'éloigne peu de celui de la peau du uègr e. Les poils accrus sur ces nœvus sont anonoaux, leur coupe irrégulière, toute différente de celle des cheveux. L'aiae droite présente une pointe de hernie. Le ventre n'a d'ailleurs rien d'anormal, il est celui d'une fillette de cet Age, et les figures de M. de Mortillet font nettement ressortir l'absence chez la fille des caractères signalés chez la mère. La taille est très cambrée, un peu ensellée, forme et anomalie fréquentes chez les races dolichocéphales et chez les Basques même brachycéphales. La partie inférieure du sacrum est anormale. Il y a une sorte de bouton osseux visible sur une de mes photographies, mais qui ne se voit pas sur la reproduction réduite de M. de Mortillet. Les mâchoires sont défectueuses, les dents anormales, accompagnées de surdants externes qui font un double r&telier incomplet '. Le reste de la famille, que j'ai vu également, est bien normal. Tout ce monde est intelligent, et la fîlle-pie autant que les autres.

Race de Cbancelade, — Le paléolithique supérieur, c'eçit-àdire la partie du quatrième interglaciaire qui est postérieure à l'extinction du mammouth dans nos pays et antérieure à celle du renne, a fourni très peu de débris humains authentiques. M. de Mortillet ne lui attribue que les squelettes de Laugerie- Basse et de Chancelade, tous deux de la Dordogne et celui de la couche inférieure de Sordcs (Landes). M. Hervé admet endu Placard (Charente). M. de Mortillet rejette

■0 aas, née à Artez (B. Pyri^oées), parents d'Artez, K, F, face H9, 115, crdne 180, li9, indice 82.77. Irma L-, sa î à Arlez, parents d'.VrIcz, M, F, nez DA, H, 3t, crAnc

Fig. 9. — Homo pHscus. Laugerie.

ce dernier, et tous les ossements provenant de sépultures. Il pense que Phomme paléolithique ne connaissait pas le respect des morts. Les découvertes récentes ne permettent pas de continuer à le suivre dans cette voie. Les artistes dont j'ai parlé plus haut n^étaient certainement pas assez inférieurs par les autres points de leur psychologie pour avoir abandonné leurs morts. Les découvertes de Maska règlent d'ailleurs la question, et je regarde comme probablement enterrés les sujets de Spy. Nous devons donc nous dégager de tout préjugé, ne plus attribuer à l'homme du quatrième interglaciaire une intelligence rudimentaire, et reporter aux formes plus anciennes la période d'enfance de l'homme intellectuel et moral. J'écarterai cependant aussi les pièces nombreuses provenant de sépultures, mais seulement comme appartenant à une autre race et un peu plus tardives, tout à fait de la fin de l'âge du renne, ou de la période intermédiaire entre le paléo et le mésolithique, qui comprend les temps voisins du cinquième glaciaire, en deçà et au delà.

Le squelette de Chancelade a fait l'objet d'une monographie du D' Tcstut, enrichie de planches et de phototypies (Recherches anthropologiques sur le squelette quaternaire de Chancelade, B. Soc. d'Anth. de Lyon, 1889, VIII, et tirage à part). Le sujet, âgé de 55 à 65 ans, était de petite taille, 1.59 environ, il avait la tête volumineuse, fortement dolichocéphale»

Fig. 10. — Homo priscMM. Cbancelade.

remarquablement haute, one face à la fois très haate et très large, des orbites également très hantes, le nez étroit et allongé, le maxiMaire inférienr puissant, des membres supérieurs relatiyement long^:, de grandes mains et surtout de grands pieds, des 08 particulièrement robustes, massifs, trapus, et une musculature puissante.

Le D' Testut signale chez son sujet une série de caractères d'infériorité, dont la plupart lui sont communs avec Pithecan-

thropus : les formes massives, le squelette robuste, le développement de la mandibule, la configuration des molaires, croissant de la première à la troisième, la brièveté des membres inférieurs, l'incurvation de l'extrémité distale de l'humérus et de l'extrémité proximale du cubitus, l'aplatissement du tibia, l'inclinaison de la diaphyse de cet os sur les plateaux articulaires, entraînant la marche en flexion ou en messager et rendant difficile la station parfaitement droite, la forme du fémur, l'écartement du gros orteil, lui permettant de faire pince avec le second.

5falgré ces analogies, il n'est pas possible de rapprocher la race de Cbancelade, que j'appellerai B, priscus, des Pithécanthropes. La conformation du crâne est toute différente. Le front, relativement large, est haut, presque droit, nullement fuyant même en haut, la région iniaque est beaucoup moins saillante, le crâne dans son ensemble est haut, bien développé M au vertex, bien que celui-ci soit presque bori-

zontal. Deux caractères plus fondamentaux encore différencient ces formes. H. priscus a des orbites tout à fait normales, sans lunettes ni visières rappelant la conformation du gorille, et il possède des apophyses mastoldes bien développées. J'ai été frappé eu examinant un des crânes de Spy en 1889 de constater le faible volume des apophyses maf^toîdes, et ce caractère est, en effet, un des plus marquants des Pithecanthropus. L*apo. physe mastojde véritable se retrouve quelquefois, mais très faible^ sur les anthropoïdes. On Ta nié, mais je possède des sujets probants dans ma collection. D ordinaire elle est suppléée par une saillie différente. Chez Thomme, l'apophyse est toujours présente.

De cette morphologie il résulte que le crâne de Chancelade est beaucoup plus vaste que celui du Pithecanthropus, Sans atteindre la capacité phénoménale du crâne de la Truchère, un des plus grands connus, il dépasse d'autant la moyenne actuelle que ceux de Spy restent au-dessous. La capacité, évaluée à 1000 <^-°- chez P. erectus, est de 1200 ^•«' chez le P. Neanderthalensis de Spy, de 1565 chez l'Européen moyen ; elle atteint chez H. prisais de Chancelade au minimum 1710.

Ce volumineux cerveau, dont le poids calculé devait être de 1 487 grammes, ne semble pas avoir présenté une grande richesse de circonvolutions. M. Testut (p. 22-24) dit : « Or comme les crêtes qui, sur l'endocrânc, répondent à ces scissures, sont continues, je veux dire se prolongent sans interruption de l'une à l'autre de leurs extrémités, j'en conclus immédiatement : l^ que, sur le cerveau, les scissures temporales se poursuivaient, elles aussi, sans interruption, de leur extrémité postérieure à leur extrémité antérieure; 2^ que les circonvolutions temporales n'étaient réunies les unes aux autres par aucun pli de passage, et qu'elles étaient par cela même nettement isolées et fort simples.. . Morphologie du cer-

velet : 1^ Chez rhomme de Chancelade les lobes latéraux du cervelet, séparés Tun de l'autre par un intervalle de 1 72 centimètre à 3 centimètres, étaient moins développés qu'ils ne le sont chez l'homme actuel. 2^ Par contre, le lobe médian ou vermis, compris dans cet intervalle, devait présenter un développement plus considérable que celui qu'il a aujourd'hui ; il est à remarquer cependant qu'il était peu saillant en arrière, puisqu'il n'existe pas, à son point de contact avec l'endocràne, de fossette destinée à le recevoir. C'est là manifestement un caractère d'infériorité. »

Il ne faut pas croire cependant que l'homme de l'époque du renne ait été psychologiquement inférieur aux artistes contemporains du mammouth. Il ne nous a pas laissé de statuettes en ivoire, et pour cause, mais il pouvait tailler le bois. Il nous a laissé en tout cas une quantité considérable de sculptures en bas-relief, de gravures simplesetà contours découpés, représentant des animaux, des plantes et des sujets divers. M. Pietle, M. Cartailhac ont figuré quelques-uns de ces objets, et on en trouve une infinité d'autres dans divers recueils *. Ces gravures et sculptures sont exécutées sur bois de renne,

i. En outre des classiques ReliqaiaB aquitanîcae de Lartet et Christj et de V Album préhistorique de Mortillct, les principaux grands recueils & consulter soot les deux ouvrages en cours de publication de Piette, VArt pendant Vâge du renne, et de Girod et Massénat, Stations de Vdge du renne dam les vallées de la Vézére et de la Corrèze. V. aussi Homes, Urgesehichte der Bildenden K'inst, Wien, Holzhausen, 1898. De Dombreuses pièces isolées ont été publiées dans la Revue d*Â.nthropologie, TAnthropologie et surtout les Matériaax pour Thistoirc primitive et naturelle de l'homme, i869, 1873-77, 1880, 1885. Il existe de bonnes séries au Muséum de Paris et au Bristish Muséum.

Les recueils et les musées d'art, qui collectionnent tant de brimborions sans ombre de goût, n'ont pas donné accès aux œuvres d'art préhistoriques, et CCS objets n*ont pas acquis la valeur marchande qui aurait pu „ jg^j. conservation. Je considère les statuettes d'ivoire de M. Pielte

jb,

râremeni sur os ou sur pierre, avec une vérité d'expression saisissante. Le style est un peu différent de celui de Tépoque précédente. L'art éburnéen, pour employer le terme de Piette, rappelle davantage le Proto-Egyptien, l'art indigène antérieur au sixième millène et à l'arrivée des Egyptiens de Menés» l'art tarandien emploie les procédés un peu différents de Tart chaldéen de la haute époque. Même manière de traiter la musculature, et les chasseurs de renne nous ont laissé des études d'i^corché qui montrent leurs connaissances anatomiques. Les sculptures d'épis d'orge permettent de se demander s'ils ne cultivaient pas cette céréale, comme leurs successeurs des temps élaphiens ont cultivé le froment vers l'époque du cinquième glaciaire ^ Ces mêmes chasseurs de renne nous ont laissé dans plusieurs grottes, à la Mouthe, à Pair-non-Pair, des gravures rehaussées de couleurs, qui constituent des sortes de fresques sur les murailles ^ Avec leurs circonvolutions simples et leur gros cerveau, l'un compensant l'autre, je peme

comme égales en valeur d*art aux célèbres terres-cuites de Tanagra ; leur mérite est infiniment plus grand, car elles datent d'au moins trente mille ans avant la belle époque hellénique. Cependant les grottes qui contiennent les chefs-d'œuvre de la glyptique préhistorique ont été livrées aux pbosphatiers à des prii très inférieurs pour chacune à la valeur de la moindre Tanagre,et les chefs-d'œuvre mêlés aux ossements des artistes ont été mis au moulin. Cela prouve combien la recherche des objets d'art est surtout une affaire de mode, et leur valeur Teffet d'une concurrence où le snobisme exerce plus d'action que le sentiment artistique.

i. Ils avaient certainement domestiqué le cheval, et dès Tépcque du renne. Voyez Piette, Notes pour servir à Vhistoire de Vart ^primitif, Anthropologie, 1894, V, 129-146. L'auteur figure, p. 139 et 141, des tètes de chevaux munies d'une chevètre très compliquée.

2. Rivière, La grotte de la Mouihe, C. R. Ac. des Se. de P., 1896, CXXni, 54.^346; 1897, CXXIV, 731-73i. Daleau, Les gravures sur roches de la caverne de Pair-non- Pair , Actes de la Soc. archéologique de Bordeaux, 1897.

quTs reraieat bonne figure dans nos écoles des Beaux-Arts, et que pour trouver rhomoie primitif, une fois de plus, il faut remonter bien baut^ très baut dans les premiers temps du pléistocène.

C'est une question très délicate que de déterminer Torigine pbylogé nique de H. priscus, ses parentés et sa descendance. Nous ne connaissons bien en somme que le sujet de Cbancelade. Celui de Laugerie, un peu plus fin d'ossature, lui ressemble de très près. Le crâne du Placard» moins allongé, même aux limites de la bracbycépbalie, car son indice atteint 80, n'en diffère que par un raccourcissement marqué de la partie antérieure, caractère probablement individuel, mais qui le rapproche de H. contracius. Un nouveau squelette docouvert dans la grotte des Hotteaux, près Rossillon (Âin), accuse un indice céphalique de 77.34. Le sujet n'étant pas complètement adulte, on peut supposer que son indice serait devenu un peu inférieur à 77, c'est-à-dire intermédiaire entre le crâne féminindu Placard et les crânes masculins de Cbancelade 72.02 et Laugerie 74.87 *.

On admet en général que B. priscus est le produit de l'évo-

1. Pour renscmblc des exemplaires connus de W. priscits, voyez Hervé, La race des Troglodytes magdaléniens, R. de J'Ec. d'Antbrop., 1893, III, 173-188. Les fouilles des Holleaux ont été arguées de peu de méthode. Elles avaient été faites par un curé. Celte raison ne me parait pas suffisante. Ce qui est vrai, c'est que le mémoire est faible au point de vue anthropologique. L*auteur me semble avoir eu raison cependant de ne pas anticiper sur Tétudc qui devra être faite par un spécialiste.

Mon ami et ancien élève Baubj a découvert à Estagel des squelettes de Tdgc du renne qui ne paraissent se rapporter à aucune des races connues, et qui apporteront probablement une certaine perturbation dans les notions acquises. Il faut attendre la publication des pièces par le Pr. Depéret. V. Donnezan, Grotte d'Estagel, Bull, de la Soc. Agricole, ^ et Litt. des Py rénées-Orien taies j 1895, XXXVL

lutioQ sur place de P. Neanderthalensis. Je le veux bien. Les deux races oui de grandes affinités. Même squelette robuste, mèoie taille réduite, même tête volumineuse, et jusqu'aux détails des extrémités, tout est analogue. L'affinement n'a porté que sur le crâne, qui de presque simien est devenu très humain, très supérieur même à la moyenne de nos jours par la forme et le volume. La face a peu changé, la partie supérieure seule s*est modifiée par l'évolution du crâne. Dans son ensemble elle reste haute, large, amincie vers le bas, et en môme temps saillante, telle que se montre la tête d'ivoire de la fille à la capuche* La mâchoire inférieure a cependant acquis un menton, ce qui donne un relief encore plus saillant h la partie basse du visage.

Il faut bien dire cependant que cette filiation est très hypothétique. C'est une pure conception de l'esprit, fondée Fur les probabilités de l'évolution, mais nous ne possédons encore aucun intermédiaire. Certains exemplaires de P, Neandertha" lensis semblent tendre vers le type B. priscus. La mandibule d'Ârcy-sur-Cure présente un rudiment de menton. Le crâne n^ 2 de Spy, celui de Bréchamps, encore plus le frontal de Marcilly atténuent la platycéphalie moyenne que la calotte du Néanderthal exagère K N'importe, toutes ces pièces sont fort homogènes, et entre les plus parfaites d'un côté, la race pris-

\. Schwaibe sépare la calotte d*Egisheim du groupe néanderlhaloïde en raison de la moindre platycéphalie (Ueber die SchCiddformen der âUesten Memchenrassen, Mitt. der philom. Gescllschaft in Elsass-Lothrin* gen, 1897, V). Manouvrier regarde les crânes de Marcilly et Bréchamps comme des formes atténuées (R. de TEc. d'Anthrop., i897, VII). Dans le môme ordre d*idées on peut citer le mémoire de Newton sur le nouveau squelette paléolithique trouvé à Galley-Hill, Kent (On fossil remains faund in paleolitkic gravels, Quart. Journ. of the geolog. Sec, 1895, LI, 505-527).

eus de Tautre» riDtervalle est beaucoup plus grand qu'entre ce dernier et n'importe quelle race humaine. Il est donc possible que H. priscus soit dérivé d'un Pithecanthropus différent du Neanderthalensis, ou même provienne d'une évolution parallèle à Pithecanthropus par des formes inconnues encore, et qu'il soit arrivé d'un pays inconnu, se superposant à la race du Néandertbal et finissant par l'exterminer. Il est encore possible que cette forme ait coexisté avec le Pithécanthrope à l'époque du mammouth, et que la fille à la capuche en soit la représentation.

On est aussi d'accord pour admettre la parenté proche de H. priscus et des Groënlandais actuels, H. arcticus Haeckel, race également petite, très dolichocéphale, à crâne volumineux et à vaste face. Il est certain que les mensurations et le faciès présentent des analogies trop nombreuses pour être fortuites. Les Groënlandais, et les Esquimaux en général, vivent dans des conditions très analogues à celles des habitants de nos pays à l'époque du renne. Us occupaient à une époque récenle tout le N. des Etats-Unis et le Canada, oCi les Scandinaves ont eu affaire à eux au Moyen- Age, et j'ai déjà fait remarquer l'identité du climat de la France à la fin du pléistocène et de celui du Canada actuel. Refoulés dans les glaces par les Peaux-Rouges, ils ont peu modifié leur genre de vie, tout en descendant d'un degré dans Téchelie de la civilisation. Civilisés par les Danois et les Américains, du Groenland à l'Alaska, ils se sont fait remarquer par leur intelligence. Ils ont maintenant une littérature, des imprimeries, des journaux dans leur langue, et dans une seule génération, cette race a fait plus de chemin que les nègres en dix mille ans.

Il est possible que nos Magdaléniens aient été frères des Esquimaux. Cela peut s'expliquer soit par une migration, soit par une évolution parallèle, mais nous ne pouvons faire que

de gratuites hypothèses. Le renne du pléistocène moyen était le Groenlandicus, on a trouvé le chien groënlandais dans les dépôts de la môme époque, et jusqu'au Carabus Groenlandicus. Le cerf du Canada était commun en Europe, ainsi que nombre d'espèces. Il ne conviendrait donc nullement de s'étonner que l'homme de l'époque du renne survécût, comme tant de ses contemporains, dans l'Amérique du Nord.

Les communications par terre ont été rétablies une ou plusieurs fois durant le pléistocène, et il est possible que le passage de l'homme ait été facilité par la navigation, à un moment où déjà des solutions de continuité pouvaient exister. Je n'invoquerai cependant pas l'exemple des Indiens débarqués en Germanie à l'époque romaine \ car le Gulf-Stream favorise les voyages d'Amérique en Europe et contrarie les traversées inverses, mais nous savons que ces conditions n'existaient pas durant le quatrième interglaciaire.

Outre ces afQnités marquées avec les Esquimaux, race voisine mais distincte de H. Asîattcus,ei qui pourraient nous faire voir des jaunes dans les chasseurs magdaléniens, il en existe de plus certaines encore avec les races dolichocéphales leptoprosopes de l'Europe, les méditerranéens proprement dits et VEuropxus lui-même. La longue et large face, atténuée par en bas, du crâne de Forbes-Quarry à Gibraltar, du crâne de Spy, du sujet de la grotte de Gourdan, de la statuette à la capuche, des crânes de Chancelade, de Laugerie, de Sordes inférieur, du Placard, des Hotteaux, c'est à bien peu près le

i. Le fait est rapporté par Plioe (H. Nat. ii, 67) et Pomponius Mêla (III, V, 45) d'après Cornélius Nepos. De Geulenaer regarde ces Indiens comme ayant inspiré Tauteur d*une tête de bronze du Louvre, qui ressemble beaucoup &un portrait de Peau-Rouge (Type d'Indien du Nouveau- Monde représenté sur un bronze antique du Louvre, Mém. cour, de l'Acad. de Belgique, série 8% XLV).

L*ARYSN. 12

prototype grossier de celle du Germain des Reihengràber et de l'Italien des Siciles *.

Race de Cro-Magnon, H. spelœus Lap. — Je n'insisterai pas sur la race bien connue des préhistoriens sous le nom de Cro- Magnon ou de Beaumes-Chaudes, et à laquelle j'ai donné celui de H, spelœus. Cette race est certainement proche parente de B, priscus, mais elle en diffère par de nombreux caractères. La taille est élevée, voisine de 1.80, alors que celle du Pithecanthropus et de l'homme magdalénien ne dépasse pas 1.60. Le squelette est beaucoup moins massif, le tibia souvent très platycnémique, le péroné cannelé, non plus arrondi, et robuste, les membres inférieurs sont beaucoup plus allongés, le crâne, plus dolichocéphale, offre une inclinaison plus marquée en avant et en arrière et présente ainsi un caractère d'évolution moins avancée ou de régression. La face est tout

1 . Données des principaux sujets priscus, et d'un lot de J5 Groênlandais orientaux :

Ghancelade c?

Placard 9

Laugerie c?

Hotteaux, jeune

Groênlandais orientaux

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Pour l'étude des Groênlandais, voyez Hansen, Bidrag til Ostgrônlàndernes Anthropologiy Copenhague, 1886, Bidrag til Vesgrônldndernes Anthropo» logi, Copenhague, 1893. La première monographie porte sur 250 virants et 15 crânes, la seconde sur 2500 vivants, le quart de la population totale.

autre. Les orbites sont peu élevées, et l'apophyse externe du frontal ne se recourbe pas. Les maxillaires supérieurs sont larges et robustes, raais peu élevés. De cette structure résulte une physionomie toute particulière. Cette face en largeur est caractéristique. Qui3 l'on examine le crâne du vieillard de Cro- Magnon qui exagère le type de la race ou celui de Sargels qui le représente exactement, Timpresçion est la môme au degré près. Le simple examen de la face suffit ainsi à écarter H. spelœus de la généalogie de H. Europaeus, bien que MM. Topinard, Cartailhac, de Morlillet le regardent comme 1î représentant des premières invasions blondes ^

H, spelaeus représente probablement une variation en mieux de B. priscus, mais il peut provenir aussi d'une évolution parallèle. 11 paraît être originaire du N. 0. de TAfrique. On le trouve dans les cavernes françaises dès la fin du quatrième inlerglaciaire. A Menton, il paraît avoir été contemporain des

1. Comme documents spéciaux pour la race de Gro-Magnon, voyez : Hervé, Distribution en France de li race néolithique de Beaumes-Chaudes Cromagnon, R. de l'Ec. d'Aûthr., 489i, IV, i0o-i22; Rivière, De r antiquité d-c rhomme dans les Alpes-Maritimes, Paris, 1878; Verneau, Nouvelle découverte de squelettes préhistoriques aux Baoussé-Roussé, Anthropologie, 1892, III, 513-540; Lapouge, Crânes préhistoriques du Lirzac; et la monographie des crânes de Gro-Magnon dans le Crania ethnica. Les mensiirations des crânes de Gro-Magnon indiquées ci-dessous sont celles de Verneau. J'ai rectifié pour le crâne de Sargels l'indice orbilairo, pris d'abord d'après l'ancienne méthode. Les indices orbitairos des séries néolithiques n'ont pas été rectifiés, et ne sont pas exactement comparables à ceux des sujets de Gro-Magnon, Sargels et Menton.

Je regarde les sujets de Bijaumes-Ghciudes, L*IIommc-Mort, Sordes, l'Argar et la plupart de ceux que Ton rattache aujourd'hui à la race de Gro- Magnoû comme des métis de spelxu% et meridionalis. H. spelœus est de bien plus haute taille, Gro-Magnon c? i.75, Sargels 9 ^68, Menton c? 1.83, 1.73, 1.78, l,9i, 9 ^.6i, c? jeune 1.65, L'IIomme-Mort c? 1.62, Beaumes-Chaudes cf 1.60. Il a aussi la face bieft moins haute, et se distingue nettement de ses métis par l'indice orbitaire et l'indice nasal.

Magdaléniens, avec une industrie différente et moins artis tique *. On a cependant publié une statuette de cette prove nauce *. C'est peut-être lui qui vivait à Solutré, ce qui explî

Dès le néolitliique moyen, H. spelœus est fort rare à Tétat tjpique ou sub- Ijpique.

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Cro-Magnon {Cranta) ^

Sarcfels

Beaumes-Chaudes

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Arffar r?

1. La région atlantique a toujours eu une industrie et un art plus ou moins différents de ce qui existait en Allemagne et dans Test de la France. Les instruments chelléens ressemblent peu aux instruments mesviniens et & ceux de Taubach. La glyptique usitée dans le bassin de la Garonne et ses environs diffère de celle de l'Est et du Sud-Est. Le solutréen est de plus en plus considéré comme le faciès du magdalénien dans l'Est et le Sud-Est. Les dolmens, à une époque plus récente, sont cantonnés dans l'Ouest, le Centre-Ouest cl le Midi. Cette différence dans Tethnographifi rend parfois difficile Téfablissement des synchronismes, et dans bien des cas les périodes ne peuvent se correspondre terme à terme.

2. Reinach, Statuette de femme nue de Menton, Anthropologie, 1898, IX, 26-31 et pi. i-2. Mortillet a contesté sans raisons valables Tauthenticité de la pièce. Yirchow a publié la photographie d'une statuette en

querait la dirficuUé de disliDguer les squelettes quaternaires des néolithiques dans cette station célèbre. A l'époque néolithique on le retrouve dans presque toute l'Europe, mais surtout dans le S. 0. de ce continent. La race indigène des Canaries se rattache en partie à ce type, et on le retrouve abondamment aujourd'hui au Maroc, en Algérie, en Espagne. On peut lui rattacher comme variante avec indice un peu plus élevé la race atlanto- méditerranéenne ou littorale do Deniker, très brune et dont l'indice du crâne, 77-78, atteint 79-80 sur le vivant.

La race H. spelseus a fourni de très nombreuses variations de taille, d'indice et probablement de coloration. La Tace, chez beaucoup de sujets, est moins large, moins écrasée, les orbites sont moins aplaties. Ces nuances s'observent aisément quand on examine des séries un peu étendues de crânes néolithiques. Quand cependant les différences s^accentuent dans le visage, c'est au contact de populations de type Eiiropœus ou méditerranéen, et par suite de mélanges. Il faut d'ailleurs dire que chez les populations de type Europœiis on trouve souvent des sujets dont la face est courte, bien que la coloration soit claire. C'est que probablement des éléments provenant du type spelœus, furent englobés dans le mouvement d'évolution qui a donné à VEuropœus ses caractères si distinctifs. Il est également possible qu*il s'agisse d'une variation dans la race Europasus analogue à celle qui a produit le spelxus aux dépens d'une autre race. Il n'en est pas moins certain que ces individus sont atypiques, et que le type de VEuropœus comporte une face grande et haute à la fois.

ivoire de mammouth de Brunn en Moravie {Photographie eines aus ÊÊammuthsstosszàhnen geschnitzten Idols von BrUnn, Verhandl. der Berliner anthr. Gesellschaft, 1893, XXVII, 705).

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