L'AUYKN
Au moment du réchauffement de nos régions, vers la fin du quatrième interglaciaire, H. spelœus a commencé à s'avancer chez nous, remplaçant H, priscus qui se retirait vers le nord. Les deux races se trouvaient ainsi suivre en quelque sorte le climat qui leur était favorable. On comprend que dans ces conditions des peuplades de la race de Cro-Magnon aient pu arriver dans la région où s'accomplissait la transformation de V Européens et se mêler avec lui dans la période de formation du type.
Les recherches récentes ont mis en lumière Texislence de races nombreuses dans l'Europe centrale et occidentale à l'époque postérieure au cinquième glaciaire. Quelques-unes peuvent avoir existé déjà dans nos pays aux époques antérieures, mais nous n'avons aucun indice qui permette de l'affirmer. Ces races ne peuvent avoir de rapport avec H. Euj^opaeus, L'une H. contractus, de liés petite taille, est caractérisée parle renfoncement du visage sous le crâne, et la partie postérieure de celui-ci enroulée en dessous, ce qui place l'indice au commen» cément de la série brachycéphale. Cette race est probablement une forme de misère développée parallèlement à la forme prospère spelœusy dont la face ressemble beaucoup à la sienne. On a décrit aussi de plusieurs côtés de curieux pygmées dolichocéphales, encore mal connus. Certains crânes raccourcis supposent aussi l'existence de races très brachycéphales, dont ils seraient des produits de crcisement. Parmi ces races très brachycéphales, on peut citer avec une grande probabilité certaines formes du groupe Acrogonus^ dont on a trouvé dans la péninsule Ibérique, dans les Pyrénées et les Cévennes (Sainsat, Sallèles),et même à Paris (carrière Itélie), des exemplaires à peu près typiques. Les crânes de ces diverses races sont lelativement rares, la grande majorité des sépultures donnant surtout les types de Cro-Magnon, méditerranéen ou EuropœtÂS.
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Ce n'est pas que les documents aient Tait déraut, mais ils ont été criminellement détruits de nos jours par les phosphatiers. La Révolution avait une excuse quand elle semait sur les champs de bataille nos archives transformées en gargousses, elle croyait faire œuvre sainte en propageant dans le monde les sornettes de nos philosophes, mais la France d'aujourd'hui portera éternellement la honte d'avoir, sans raison et sans nécessité, transformé en engrais les archives do l'humanité.
Bace méditerranéenne. — Il nous reste à parler d'une race néolithique, dont le rôle historique a été considérable, et qui couvre encore de ses descendants une partie des territoires méditerranéens et les iles. C'est la race de petite taille, de structure délicate, très brune, dolichocéphale et leptoprosope, que l'on confond encore souvent avec celle de Cro-Magnon sous le nom de méditerranéenne. Entre ces deux races les afQnités sont marquées, le crâne et le squelette ont beaucoup d'analogie, mais les différences sont plus grandes que les analogies. La race méditerranéenne sensu stricto diffère de toutes DOS autres races par son indice céphalique plus bas, par Tétroitesse et la hauteur extrême de la face; elle s'éloigne de H. spelœus et de toutes ses variétés, par la face, dont l'exagération est en longueur et non en largeur, et par sa taille beaucoup plus petite, peu supérieure à celle des pygmées ; plus apparciitée avec H. Eiiropœus qu'avec toute autre, elle s'en distingue spécialement par la couleur et la taille.
Ces rapports de parenté entre H. Eiiropœus et la race méditerranéenne sont importants. Les deux races semblent avoir été presque identiques à l'origine. La haute taille et la d(^pigmentation sont des caractères très importants mais nouveaux chez la première, et ses ancêtres n'étaient ni très grands, car Taccroissement s'accuse d'époque en époque, ni dépigmentés.
Le méditerraaéen proprement dit, auquel j'ai dû donner le nom de B, meridionalis *, n*a pas été non plus toujours aussi fin de formes, n'a pas eu toujours le visage aussi allongé, le crâne aussi étroit. Des indices au dessous de 70 comme nous en rencontrons n'existaient pas, selon toute vraisemblance, chez les formes les plus primitives de Homo. Les deux races sont donc en divergence, mais peuvent s*être détachées d'un rameau commun. D'autre part, les méditerranéens Ijptoprosopes peuvent être en grande partie le résultat du croisement de dolicho-blouds et d'autres races, aujourd'hui répandues jusqu'au Somal et au Sénégal, dont la peau va jusqu'au noir, mais qui ne sont point nègres. 11 est très difficile de distinguer un intermédiaire par absence de différenciation d'un autre issu du croisement de deux formes différenciées.
Du Somâli et du Maure sénégalais, du Nubien et du Foulah au Norvégien le plus typique, toutes les formes de transition existent quant à la couleur, et la différence du squelette est si faible qu'elle ne dépasse guère entre les types les plus extrêmes les limites de la variation individuelle dans chacune des races. Toutes ces populations ne sont qu'une même espèce
\. Le petit médilerranéen répond ù la race PéJage ou Méridionalo do ïi. Japeticus Bury. Il est souvent désigné par la dénomination taxinomique de H. mediterraneus. Je ne connais pas Tauteur de la date de l'introduction de cette dénomination, maisje regarde colle-ci comme postérieure à l'emploi fait par Uacckel du même mot pour désigner à peu près ce que Bory appelait H. Japeti'tus. D'après le code taxiuomique il ne convient pas de tenir compte de l'expression //. Japeticus, qui correspond à une satura, et remploi par Uaeckel du nom H. mediterraneus peut être ainsi regardé comme non avenu. J'ai préféré cependant créer un nom nouveau que de reprendre en changeant ralTectatioli celui de Haeckel. Le jour où la validité de H. mediterraneus pour désigner le méditerranéen de Broca serait établie, H. meridionalis tomberait simplement en synonymie.
adaptée à des climats divers, revêtant des livrdes différentes, mais dont toutes les variétés sont encore en continuité, se sont mélangées et se mélangent sans cesse d'une manière qui exclut la possibilité d'une séparation complète. Les Egyptiens nous montrent l'Afrique du Nord peuplée de blonds jusque dans le Sahara, Procope {de Bello vandalico, XI, 3) nous représente blonds les habitants du Sahara méridional, et d'autre part les races brunes ont sans cesse envahi TEurope, à l'exemple de la race de Cro-Magnon. Je rappellerai que j'ai même trouvé à Castelnau le crâne d'une négresse authentique, amenée probablement du Niger ou du Sénégal à l'époque argarienne.
Ces affinités incontestables entre H. Eiiropœus^ méditerranéen, H /2t/6a Haeck. , etc, expliquent pourquoi Brinton et Sergi placent en Afrique le berceau de la race dolicho-blonde, et pourquoi ce dernier insiste avec énergie pour faire du dolichocéphale blond un simple rameau des méditerranéens. Sergi est l'inventeur d'un système de nomenclature des formes crâniennes, en nombre assez limité de fait, qui permet des rapprochements plus saisissants que des tableaux comparatifs. A la suite de l'examen de séries de crânes germaniques, il a publié dans Ceiitralblatt fur Anthropologie, 1898, III, i-8, un court mémoire Ueber den sogeiinanteii Reihengrdbertypus ^ destiné à mettre en évidence les nombreuses formes communes à ces séries et aux anciennes séries méditerranéennes d'Italie. Ilrelèvecomme communeslesformessuivantesdu groupe Ellipsoïdes : plantes^ rotundus, africus, et du groupe Pentagonoïdes : acutus^ obtusus. J'ai vu des pièces bien plus nombreuses et ne puis que confirmer les observations de Sergi.
Formation de la race aryenne. — Je ne crois pas cependant que les choses se soient passées comme il le pense. La face haute de H. Europœus est en même temps large, et cela me
parait suffire pour ne pas permettre de croire que cette forme soit passée d'abord par un type à visage fin comme celui du méditerranéen néolithique. Je crois bien qu'il y a eu poussée du sud au nord, à mesure que la zone des pluies tièdes se relevait, je crois aussi que Tancêtre de H. Europœus pouvait être déjà en voie d'évolution à la limite méridionale du priscus, alors que celui-ci était encore florissant en France; il est possible même que cet ancêtre ait vécu plus ou moins près de la région des grandes pluies durant le quatrième glaciaire, mais je placerais tout au plus cet ancien habitat vers le Portugal, dans une région à climat humide et déjà tempéré, où l'évolution aurait pu commencer pour se continuer ensuite à mesure que la race s'étendait davantage vers le N. C'est la limite de ce que je regarde comme probable dans l'hypothèse de Brinton et Sergi. J'ai déjà démontré en effet combien peu le climat de la Barbarie pléistocène était favorable à l'évolution du type vers le blond.
Ces questions de détail n'ont d'ailleurs qu'une bien faible importance. Que l'ancêtre ait été plus ou moins près du type priscus ou du type méditerranéen, c'est dans la région de Latham que son évolution s'est accomplie, et les rapports de généalogie de H, Europœus peuvent être schématisés ainsi :
speiœus, contractîu, nuba, arabicas, metHdionalis. Europœus,
N N' N" //. arcticus Haeck.
//. priscus.
? Pilhecanthropus.