‹ L'AryenChapitre 13 sur 60 · Palaffites, 1 1 2 i l l · texte numérisé non relu

Palaffites, 1 1 2 i l l

^5 ( Lausanne, 11 4 12 1 il

Ep. énéolithique 121 11314122 14 1

Bronze, 12 12 3 111 1

L'étude des sériations montre une opposition complète de race entre la population des palaffites et les autres. La série des palaffites commence à 79, celle de l'époque énéolithique, ou du métal en bijouterie, à 66, celle du bronze à 71. Le crâne le plus court des palaffites ne dépasse pas l'indice 84 : cela exclut Acrogonus^ Dinaricus et AlpinuSf dont les milieux de série sont

h 90 et 85. Il ne reste, métissage h part, que la race de Farfooz et le eoniracitis qui puissent être en cause. La série des inhumations néolithiques, de 72 à 80, est normale, mais le cas à 84 indique un élément ethnique étranger. La série énéolitbique, qui va de 66 à 83, est aussi manifestement complexe. Elle est trop longue, trop irrégulière pour correspondre à une seule race. Les indices au dessous de 70 font penser à meridionalisj ceux de 80 et au dessus à la série des palaffites. La partie moyenne correspond aux indices ordinaires de spelxus. EnGn la série du bronze est tout entière dans les limites de ces deux dernières formes.

Les os longs sont très rares. Studor attribue à un sujet féminin i.47, deux masculins accusent 1.60 et 1.70. Un squelette de femme de l'époque énéolithique me donne une taille de 1.49. Un humérus d'autre sujet, sexe incertain, donne 1.64 ou 1.62 suivant le sexe, un cubitus 1.67 ou 1.63. En toute hypothèse la race n'est pas très grande. Ces sujets se rapportent à des crânes courts. Le Crania antiqua donne pour taille de la race du bronze d'Auvernier 1.63 pour l'homme, 1.58 pour la femme, d'après la table de Humpbrey. Il ne donne pas les longueurs absolues, et je ne puis faire de correction, mais cette taille correspond plutôt à H. Europœus. Les crânes sont, d'ailleurs, de pur type dolicho-blond.

Si nous passons à l'examen des figures, nous trouvons que la jeune fille néolithique de Schaffis, pi. I-IV, se rapporte à contraclus, de même l'enfant LXXXVill — XGl de Môrigen, Un seul crâne mutilé se trouve étroit par devant, élargi aux bosses pariétales comme Acrogonus et Dinaricus. Tous les autres crânes courts ou tendant vers l'indice 80 paraissent des métis de contractus et d'une race à crâne long.

L'ensemble des crânes postérieurs & la pierre polie se rapporte sans conteste à B. Europœus. Los sujets XXXVII —

LES ARYENS AVANT L'HISTOIRE î235

XXXIX, XL — XLIII, LUI — LIV de Tépoque énéolithique, LXI — LXIV, LXVI — LXX d'Auvernier, époque du bronze, sont typiques. Chez quelques exemplaires la longueur excessive fait songer à meridionalis, mais les profils sont courbes; chez d'autres les visages sont un peu courts, ou Torbite un peu basse, mais nous ne trouvons ni la forme de l'apophyse orbitaire externe caractéristique de spelœus, ni la grande largeur de la face en haut, contrastant avec un rétrécissement en bas. Les deux races meridionalis et spelœus n'interviennent donc que par des croisements incertains, si elles interviennent.

Ajoutons que M. Schenk croit avoir trouvé, chez les sujets à crâne plus court qui accompagnaient les Europœus de sa série, la forme de Furfooz et celle de Grenclli', cette dernière dérivée d^Acrogonus par un croisement. Rappelons aussi les pygméesde Nûesch et sou spelœus et nous aurons l'analyse exacte des crânes jusqu'ici connus de l'Helvétie, soit à peu près 70 individus antérieurs à l'âge du fer*.

i. La palaffite de Concise a fourni un crdne sans état-civil précis, probablement de Tépoque du bronze, peut-être postérieur, décrit par M. Verneau {Un nouveau crâne humain d'une cité lacustre, Anthropologie^ 1894, V, 51-66). L'auteur se demande s'il s'agit d'un type nouveau. Non, le crâne, brachycéphale à 9f, qu'il rapproche très justement des crânes de l'allée couverte de Meudon, époque du bronze, me parait un Acrogonus typique, semblable à ceux de mes séries montpelliéraines, et à ceux de Sinsat et de Sallèles. Il ressemble exactement au spécimen d^AcrO" 90m» que j'ai exposé en 1889 au Champ-de-Mars, et aux types illjriens décrits et figiu*és par Zampa dans la Revue d'Anthropologie (AnthrO' pologie illyrienne, R. d'A., 1886, S. III, I, 625-647).

La station de la Téne, âge du fer, a donné aussi des crânes. Gross (La TènCi un oppidum helvête^ Paris, Fetscherin, 1886, p. 51) dit que deux d'entre eux, de la couche archéologique, donnent une moyenne de 70.7. Ce sont probablement des crânes gaulois. Les autres, au nombre de 8, paraissent plus récents et provenir de graviers modernes; leur indice est 79. 6, celui des habitants actuels du pays.

L*étude exacte à laquelle nous venoas de nous livrer ne peut être faite pour aucun autre pays, c'était une raison de plus pour la faire avec soin. Elle nous montre pendant l'époque néolithique : d'abord la race de Cro-Magnon> connue dans toute TEurope occidentale, et des pygmées encore énigtnatiques, puis une race très légèrement brachyCvîphale, probablement identique à la forme contractus qui apparaît immédiatement après dans les Cévennes et TAveyron, mais aucune trace des races actuellemcot dominantes et très brachyciphales, Alpinus, Dinaricus et les métis de celui-ci. 11 faut donc s'entendre quand ou parle des brachycéphales néolithiques de la Suisse, ils n'ont rien de commun avec les brachycéphales actuels.

Avec ces races on trouve, dès l'âge des palaffites néolithiques, H. EuropœuSf qui domine aussitôt et reste seul, du moins en apparence, à l'époque du bronze. Gomme la civilisation commune des Aryens primitifs employait le cuivre, dont le nom existe jusque dans les langues de l'Inde avec une racine identique, la civilisation énéolithique de la Suisse nous apparait comme celle de l'époque franchement aryenne, et elle coïncide avec la présence de H, Europœus. L'occupation de la Suisse par ce dernier se trouve ainsi précéder de peu la rupture ou le relâchement des liens entre les principales fractions des Aryens. Nous voyons que cette occupation coïncide avec le refoulement des brachycéphales»

Refoulement des brachycépliales. — Ce refoulement, dont nous venons de voir l'exemple en Suisse, a rejeté sur la France et sur les autres régions placées autour de l'Europe centrale une certaine quantité de tribus brachycéphales, qui ont apporté dans ces divers pays, alors dolichocéphales sans exception, des

élémenls ethniques nouveaux. La plupart de ces éléments brachycéphales ne sont pas partis seuls, mais entraînés par l'expansion des dolichoblonds. D'importantes fractions de ces populations brachycéphales sont d'ailleurs restées dans l'Europe centrale.

Je n'ai pas la prétention d'examiner ici la question du brachycéphale, que personne, avec juste raison, n'estime assez mûre. Il me faut cependant entrer dans quelques détails, les notions que possèdent beaucoup d'anthropologistes et le public tout entier se trouvant très en arrière de ce qui peut être aujourd'hui regardé comme acquis. Je définirai donc les diverses races brachycéphales de l'Europe centrale et des environs, leurs rapports de parenté, j'exposerai les hypothèses les moins invraisemblables sur leur origine, et je chercherai à déterminer leur sort dans le passé.

Les principales formes de brachycéphales sont : H. hyperboreus, représenté par le Samoïède et le Lapon; H. contractus ; B. Alpinus;H. Dinarîcus et sa forme blonde; Acrogonus-, race de Furfooz.

H. hyperboreus petit, trapu, brun de peau, noir de cheveux, avec des yeux bruns, est regardé comme une variété ou même une espèce spéciale. La face est très basse, très large, le crâne globuleux, le maximum de largeur à peine au delà de la moitié de la longueur, le frontal un peu déprimé. Indice 85 (crâne sec). C'est une race inférieure, certainement très ancienne, bien qu'on ne la connaisse pas encore à l'état foaaijla, refoulée actuellement dans Pextréo^ nord de rSurope, oir eÊa vit aux dépens du renne. Elle a probablement habité FEur rope centrale pendant le quatrième interglaciaire ou plus tût,, et a laissé dans l'Europe centrale et en France des descendants peu nombreux, mais très recoonaissabies, réfugiés dans» tes montagnes comme la partie de la faune froide qui- a sub-

sisté dans nos régions après la cessation du climat boréal *.

Fig. il.

%ttJ^q^

Fig. 12.

Fig. 13. Fig. 14.

Fig. H-13. — Brachycéphales néolithiques. Type de Grenelle. — Grotte sépulcrale de Montmaigre, à Orrouy (Oise). Indice céphalîque 84.2, indice facial deBroca 63. S. —Clichés communiqués par l'Ecole d'Anthropologie.

Fig. 14, — H. Alpinus typique. — Extrait de Mortillet, Formation de la nation française.

1. Kharouzine a publié une monographie des Lapons dans le DncTnik de 1890, fasc. 4, dont on trouvera l'analyse dans l'Anthropologie, 189i, II, 80-82. L'indice des Lapons purs est sur le vivant 87.5 pour les hom* mes, 87.1 pour les femmes, la taille de 1™50 et 1"43. On trouve chex

H. conlraclus, petUe race que j'ai découverte dans les caver-

Fig. 15-n. — Brachycii[ihaIesiiâolithiquc3. Type do Furtooz. — Dolmon Je la Croix-iles-Cosaquus, à Châlons (Marne). Indice céphalique 70. S, indice facial TG. — Clicliûs cooiiiiuniqués par l'Kcole d'Anlbropolugie.

eux, chose qui mérite rùfleiion, 3i >/o de chevjin el 6V % d'yeux clairs. Ces derniers chilTres indir|iieaL, soil ua mélange avise furopzu.s, ce qui n'est pas confirmé par lu laille, soit uae transform^ilioii cq voie de s'accomplirdaoïle seosd'uu type clair. LcsLiponsde Itissie, très mïtisséSi oDt uQC taille plus haute, un indice plus faible et une cnlûralion plus claire.

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nés des Cévennes, retrouvée dans les sépultures plus récentes de l'Hérault, finalement trouvée vivante sur plusieurs points de la Bretagne, et qui a joué certainement un rôle considérable dans Tethnogénie de l'Europe. Cette race brune se rattache par son crâne et sa taille au groupe des Aëtas, des Andamènes et autres pygmées. Nous ne la connaissons que trop mélangée pour savoir quels étaient les caractères du vivant. Le crâne est très caractérisé par le renfoncement de la face sous le crâne, la double flexion de celui-ci aux bosses frontales et pariétales, l'enroulement de Toccipital, la petitesse de la face courte, assez semblable en réduction à celle de spelseus, mais avec des orbites arrondies. Indice 79 ou 80.

H, Alpiîîus, do taille moyenne, brun de peau, d'yeux et de cheveux, face courte mais sans excès de largeur, crâne à profils courbes, maximum de largeur sensiblement après le milieu, plan oblique sous robélion, occipital arrondi. Indice 85.

H. DinaricuSy de haute taillç, 1.70 et plus, brun de peau, d'yeux et de cheveux, face grande, haute, maximum de largeur du crâne très en arrière, frontal souvent déprimé, avec des arcades sourcilières saillantes, région postérieure verticalement coupée. Le nez est généralement fort, haut et étroit, rappelant un peu celui des Sémites. Il comporte une variété plus ou moins claire, résultant d'un croisement EuropœuSy très répandue dans l'Europe centrale, et dont le squelette corres* pond à celui de la race de Borreby de l'époque du bronze.

Acrogonus constitue un groupe dont les formes européennes, encore mal définies, se caractérisent par une extrême brachycéphalie, la forme trapézoïdale de la norma verticalisy les bosses pariétales saillantes, dirigées en haut, en dehors et en arrière, la partie postérieure du crâne verticale, la face moyenne et a^sez haute, la taille au dessus de la moyenne. Indice 90«

La race de Furfooz parait un métis de dolichocéphale, ca-

ractérisé par un crâne presque brachycéphale, à profil montant jusqu'au niveau des bosses pariétales, et partie postérieure du crâne semi-globuleuse. J'ai remarqué la ressemblance de celle forme, dont les composantes sont inconnues, avec celle de certains métis algériens de Kabyles et d'Arabes, présentant la forme en point d'interrogation de la partie postérieure du crâne arabicus, avec un indice voisin de 80. Indice 78.

L'origine des brachycéphales peut être expliquée par beaucoup d'hypothèses, dont aucune n'a été jusqu'ici vérifiée par robservalion. 11 est peu probable que les formes brachycéphales soient primitives; bien que l'on connaisse plusieurs singes, des montagnes de l'Asie orientale qui possèdent une conformation assez voisine des Acrogomis, le plan général d'organisation des primates comporte la dolichocéphalie, d'ailleurs modérée. La brachycéphalie résulte donc probablement d'une évolution plus ou moins ancienne aux dépens de formes dolichoîdes, mais on ne sait encore si Ton doit placer le point de bifurcation des généalogies au delà des espèces actuelles, ou si certains brachycéphales descendent, en dehors bien entendu des formes métisses, de formes dolichoïdes connues, vivantes ou quaternaires.

La transformation peut être hypothétiquement expliquée : 1** par le simple élargissement du crâne; 2^ par une involution; 3** par une déformation devenue héréditaire"; 4^ par atrophie iniaque.

Le simple élargissement expliquerait les formes comme hyperboreus chez lesquelles le crâne tend à devenir globuleux par renflement latéral généralisé. C'est ainsi que Collignon veut expliquer la genèse du crâne basque, qui est aussi long que les crânes dolichoïdes, mais plus large. De même la moindre dolichocéphalie des intellectuels. Cet élargissement ne comporte pas, en principe, de réduction compensatiicedans la longueur.

L'involulion consisterait dans un enroulemeui en crosse du crâne et du cerveau, par atrophie ou arrêt de développement de la rt^gion basilaire. Cet enroulement existe, en fait, chez les formes du groupe Pygmeiis proprement dit : nigritulus Lap. de l'Afrique centrale, contracius, Akkalis ïlaeck., Veddalis H* H. Co/i/rac/i/s pourrait être dérivé ainsi par arrêt de développement d'une forme chéi'we do spelâBus. Il est à remarquer que chez le fœtus cette conformation est ordinaire. L'hypothèse présente donc une certaine vraisemblance. Les bosses frontales et pariétales marquées des Pt/gniâsus s'expliqueraient ainsi d'une manière mécanique. Si l'on prend une gouttière de zinc ou de carton, et si on la coude en deux endroits, il se forme aux plis des bosses d'autant plus exlroversées que la flexion est plus forte. Nulle chez Pithecanthropus ^ H, prisciis, spelxiis, l'involution serait marquée chez contraciiis, complète et corrigée, sauf quant aux bosses pariétales, chez Acrogomis.

La forme du crâne Acrogoims s'expliquerait encore mieux par l'hérédité d'une déformation volontaire ou accidentelle^ due à l'application d'une surface plane sur l'occiput de l'enfant, par exemple de l'emploi comme berceau d'une planche ou d'un coussin dur sur lequel l'enfant serait lié d'une manière permanente dans le décubitus dorsal. Cette coutume existe et la déformation qu'elle produit est parfaitement certaine, mais il est impossible d'invoquer cette explication tant que l'hérédité de la déformation n'aura pas été démontrée. Or jusqu'ici on ne connaît aucun exemple de transmission héréditaire d{3 mutilitions ou de déformations. Les seules qualités acquises transmissibles paraissent celles qui résultent d'une modification chimique générale du protoplasme, sonnatiqii J et germinatif.

L'hypothèse de la régression iniaque est en corrélation avec la constatation de l'aptitude plus grande du brachycéphale à

la servitude. Il est le parfait esclave, le serf idéal, le sujet modèle et dans les républiques comme la nôtre, le citoyen le mieux vu, car il tolère tous les abus. On peut donc supposer que de génération en génération les sujets les moins hardis ayant eu plus de succès, les cas isolés de brachycéphalie très légère soient devenus d'abord plus nombreux, puis dominants, et qu'une sélection prolongée dans ce sens ait abouti à des cas d'extrôme brachycéphalie. Ces derniers deviendraient ainsi la règle, si l'aptitude à la servitude continuait à faire la base de la civilisation. Cette explication que j'ai émise sous le nom de théorie de la castration iniaque explique parfaitement la multiplication des brachycéphales, mais comme toutes les théories de sélections, elle n'explique pas la cause de la variation première. Elle ne peut donc valoir que comme explication auxiliaire.

La date d'apparition des brachycéphales est incerlaine. Dès l'époque néolithique, on en trouve des formes diverses sur tout le globe, et des sujets de date contestée peuvent appartenir au quaternaire, plus exactement au quatrième interglaciaire. Dans nos régions, dès le néolithique ancien, le brachycéphale existe partout. Il paraît en avoir existé un nid à l'extrémité N. E. des Pyrénées: Sallèles-Cabardès(Aude), Sinsat (Ariège), Estagel (Pyrénées-Orientales). Cette dernière station peut être de l'époque du renne, les autres sont du néolithique ancien, ou du moins ont fourni seulement des silex très primitifs. Les kiôkkenmôddings de Portugal et de Scanie ont aussi fourni des brachycéphales isolés. En Suisse le brachycéphale, très relatif, n'apparaît qu'à l'époque néolithique, mais il est, si les observations sont dignes de foi, plus ancien dans l'c ^t de la France. De même dans les Balkans. On peut supposer que ces traces nombreuses de populations peu actives par nalure proviennent d'un état de choses très ancien, et que les bra-

chyct'phales coexistaient déjà avec les autres races dès une époque reculée, dès le milieu, le commcncemeDt même du pléistocène.

Ce qui est certain, c'est que vers la fin de la pierre polio nous voyons déborder sur la Belgique, l'Angleterre, Tllalie, la Pologne et la Russie méridionale toutes sortes de brachycépbales venant de TEurope centrale, et que Ton peut supposer provenir de populations refoulées par les glaciaires dans la basse vallée du Danube et les Balkans, revenues ensuite dans l'Europe centrale et refoulies de nouveau en partie, en partie absorbées par les populations do race Europœus, Ce qui est certain aussi, c'est qu'il ne faut pas chercher dans une invasion de peuplades mongoliques l'origine de celte population brachycéphale de TEurope centrale. Il n'y a rien de mongolique, comme je l'ai montré plus haut, chez nos brachycéphales, et s'ils ne sont pas indigènes depuis une date antérieure à leurs formes spécifiques actuelles, on ne peut chercher leur point de départ qu'en Asie-Mineure. La péninsule des Balkans et l'Asie-Miueure sont aujourd'hui le massif central de la brachycéphalie. Peut-être en était-il ainsi dès l'époque où ces deux régions n'en faisaient qu'une. L'existence certaine de l'ancienne Egéis offrait un passage facile d'Asie en Europe avant môme que la navigation la plus rudimentaire fût inventée, tandis que le passage au nord de la Ponto-Caspienne est seulement devenu pratique à une époque demi-historique. Ce point est d'importance, et c'est pour en faciliter la démonstration que j'ai insisté sur la palégéographie de l'Orient.

Dans mes recherches sur la Phylogénie des Carabus, travail dont la portée dépasse de beaucoup la simple étude d'un genre d'arthropodes, j'ai montré que les formes actuelles des régions autrefois couvertes par le manteau glaciaire ou la toundra dérivent de celles de deux régions, illyrienne et subpy-

réoéenne, où la vie s'était conservée, non sans lutte. Il en est de même pour la généralité de la faune et de la flore, et aussi pour rbomme, qui parait avoir repeuplé l'Europe par deux courants émanant de la racine des péninsules hispanique et balkanique.

Ces brachycéphales de l'époque néolithique représentaientils une population dense? les restes que nous en possédons plaident contre l'affirmative. J'ai montré que les round-barrows de l'Angleterre ont fourni 62 crânes de 80 et au dessus contre 60 crânes au dessous de 80. Les longbari'ows ont fourni 87 crânes, tous au dessous de 80. Nous trouvons pour la Suisse 14 crânes de 80 et au dessus, et 47 au dessous. Pour la Gaule, la statistique de Salmon (Dénombrement et types des crânes néolithiques de la Gaule, Paris, Alcan, 1896) donne 147 crânes de 80 et au dessus contre 541 au dessous. Parmi les sujets au dessous de 80, une certaine proportion des indices 77, 78, 79 doivent leur élévation relative à un croisement brachycéphale, parfois très visible. Cette statistique comprend même les crânes de l'époque énéolithique, et beaucoup de pièces douteuses ou provenant d'inhumations secondaires. Ces dernières catégories sont celles qui fournissent le plus de brachycéphales. Malgré tout, les brachycéphales sont partout en minorité quand ils se rencoutrent» et sont absents de la plupart des stations de la Gaule méridionale et occidentale. Le Plateau central et les Cévennes, qui sont aujourd'hui si fortement brachycéphales, sont dolichocéphales sur les cartes que j'ai dressées de l'indice aux époques néolithique, énéolithique et calceutique.

Cette apparence correspond-elle à la réalité? Comment se fait-il que les brachycéphales soient devenus si nombreux, là où ils n'existaient point, et où Ton ne signale pas d'immigrations ultérieures de brachycéphales ? De bons esprits pensent

que la multiplication des brachycéphales est moins réelle que Téliminalion des dolichocéphales. Pour 6ux, les sélections sociales ont seulement dégagé un fonds brachycéphale beaucoup plus considérable que ne le montrent les statistiques des crânes conservés.

Les sépultures dont nous avons tiré les collections préhistoriques et anthropologiques sont presque toutes des tombes de rois ou de chefs. Tout le monde ne pouvait pas se payer le luxe d'un dolmen, et certains mobiliers funéraires représentent une véritable fortune pour les gens do Tépoque. En l'état actuel de lanthropo-sociologie, peut-on regarder comme logique de conclure de la race des chefs à celle des peuples? Cela devient de plus en plus douteux, car les superpositions sociales do races, observées d'abord de nos jours dans l'Europe occidentale et centrale, se constatent, maintenant que l'attention se porte sur ces recherches nouvelles, dans tous les pays du monde.

Il est donc parfaitement possible qu'une nombreuse population de brachycéphales ait vécu, dès l'époque de la pierre polie, autour des chefs que nous connaissons. Il est possible aussi que ces brachycéphales aient vécu dans les forêts et les montagnes, à l'état presque simien, et n'aient été tirés de leurs repaires que pour servir d'esclaves aux dolichocéphales. Ces derniers auraient ainsi réalisé, en quelque sorte, le problème de Clémence Royer sur la domestication du singe, mais, pour résoudre ainsi la question sociale, ils auraient eu un élément qui nous manque, un homme encore à l'état animal.

Bien plus, la plupart des crânes brachycéphales que nous connaissons peuvent ne nous être parvenus que d'une manière en quelque sorte accidentelle. Beaucoup d'entre eux peuvent provenir de trophées de chasse ou de guerre, ou d'esclaves sacrifiés à la mort du chef, et peut-être amenés de très loin par la traite.

Ces hypothèses ne me paraissent pas louià fait démontrées, mais il ne faut pas les rejeter cependant. Elles peuvent expliquer en partie le problème si difficile de Torigine des populations brachycéphales de l'Europe actuelle, et certaines observations permettent d'affirmer que, dans des cas particuliers dont le nombre est déjà considérable, les crânes brachycéphales représentent un élément étranger.

Les préhistoriciens suisses, considérant que lespalaffitesont fourni très peu d'os longs, regardent les crânes de cette provenance commodes trophées ou des fétiches, sinon toujours, du moins dans la majorité des cas. Les sépultures (Âuvernier, Schwitzersbild, cistes près Lausanne) fournissent à peine des traces de brachycéphales ; les palaffiles qui donnent seulement des crânes sans corps, souvent travaillés, peuvent avoir contenu des trophées ou des fétiches faits avec les crânes de brachycéphales chassés dans les ravins du Jura suisse. En France, H. contractus n'est représenté dans les sépultures du cuivre et même du fer (à l'époque du bronze on brûlait les morts), que par des individus féminins. Je ne connais que trois ou quatre crânes masculins pour deux douzaines de féminins. Les crânes masculins proviennent, sauf un, de Thoran, où Ton a trouvé une série de squelettes sans ornement faisant cortège à un chef dolichocéphale pourvu de ses armes. Les féminins ont été trouvés, par un, par deux, dans des tombes contenant un squelette d'homme, et avec cette circonstance que les femmes toujours très jeunes, quel que fût Tâge de l'homme, avaient été enterrées en même temps, les squelettes étant tous deux ou trois en ordre parfait. Mes fouilles dans l'Hérault m'ont fourni de nombreux exemples de cette pratique, encore usitée à une époque voisine de notre ère.

A Slaboszewo en Posnanie on a trouvé dans des tombeaux slaves du xi® siècle de notre ère une série de 29 crânes. Les

hommes sont tous du type Europseus, dolichocéphales à 74.3, les femmes de types dérivés de Dinaricus par croisement avec Europœus, avec un indice de 78.4. De même àZarnowka et àPopow (R. d'Antbr., 1886, S. III, 1,324). Dans ce cas, des squelettes de la race brachycéphale du pays ont été conservés parce que des hommes de race dolicho-blonde, arrivés sans femmes dans la région, se sont unis à des indigènes. Les restes de celles-ci, conservés parles tombeaux en pierres des dolicho-blonds, sont parvenus jusqu'à nous. Si les immigrants avaient amené des femmes de leur race, nous n'aurions aucune donnée sur la préexistence de brachycéphales. L'exemple est moderne, mais il est facile de comprendre que le fait s'est produit aussi dans les temps préhistoriques.

S'il est démontré exact que les divers brachycéphales aient ainsi existé en nombre il y a dix mille ans, et que la rareté de leurs restes soit due à ce que les lois des classes et des altitudes s'appliquaient déjà dans leurs rapports avec H. Europœusy les conséquences de la démonstration du fait seront très importantes. C'est déjà un fait grave que de nos jours la malédiction de l'indice fasse des brachycéphales, de toutes les races brachycéphales, des esclaves nés, à la recherche de maîtres quand ils ont perdu les leurs, instinct commun seulement dans la nature aux brachycéphales et aux chiens. C'est un fait très grave que partout où ils existent ils vivent sous la domination des dolicho-blonds, et à défaut d'Aryens, sous celle des Juifs ou des Chinois. Si cette subordination remontait à l'origine même des races, nous aurions ainsi un remarquable exemple de la division naturelle du travail social. Aux dolichoïdes le travail intellectuel, les lettres, la science, l'art, la direction des affaires, aux brachycéphales le travail manuel, et surtout celui de la terre, le plus dur, le plus matériel de tous.

Dans l'exposé historique de l'évolution des Aryens primitifs.

ce qu'il importe de retenir des faits précédents c'est que les dolicho-blonds ont trouvé dans l'Europe centrale des populations brachycéphales diverses, de densité inconnue, et que vers la fin do l'époque néolithique ils les ont partiellement refoulées au dehors. Des quantités appréciablas de brachycéphales ont dû rester mêlées aux dolicho-blonds^ car les migrations ultérieures de ces derniers ont entraîné encore beaucoup de brachycéphales. Ces derniers, par un procès incertain, mais surtout par la sélection, restent d'ailleurs les maîtres actuels de l'Europe centrale. Une fois de plus, à Tépoque où s'est développée la civilisation aryenne proprement dite, où se sont formées les langues aryennes, la population ttait composée d'éléments complexes. \j' Européens dominait socialement, mais au point de vue numérique nous ignorons encore quelle fraclion de Tensemble il pouvait représenter.

Refoalement des Finno-Ougriens. — Nous avons vu plus haut que les Finno-Ougriens de race pure sont des dolicho-blonds, représentant une forme de H. Européens arrêtée dans son évolution. Nous savons aussi que les langues finno-ougriennes représentent un stade ancien d'évolution linguistique anté rieur à la constitution des langues aryennes. Ces Pré-Aryens ou Proto-Aryens qui occupaient TEurope centrale, refoulés par les poussées successives d'invasions de blonds plus typiques, furent rejetés principalement vers l'est. Il est très probable que vers le milieu de l'époque de la pierre polie les sujets dont on a trouvé les crânes en Allemagne et en Suisse parlaient plutôt des dialectes finno-ougriens, et que la constitution des langues aryennes s'est achevée pendant l'époque énéolitbique. Les peuples rejetés vers Test avant cette époque n'ont pas participé aux dernières phases de révolution, et leurs idiomes sont restés de type finno-ougrien.

Ces populations, qui nepraliquaient pas ragriculture comme celles de la région de la Suisse, mais vivaient de chasse, de pùche et du produit de leurs troupeaux, trouvèrent en Russie d'immenses plaines désertes où elles se répandirent sans obstacle. Tandis que vers le sud et Touest les migrations se trouvaient empêchées par la présence de populations déjà nombreuseSj vers Test la forôt et le steppe s'étendaient à Tinfîni*.

Les préhistoriciens russes, qui ont fouillé le sol de leur pays avec autant de zèle que d'habileté, ont découvert des milliers de gisements néolithiques, mais pas un seul qui corresponde au moustérien et au magdalénien. Il y a cependant quelques stations paléolithiques, mais alors très anciennes, chelléennes ou acheuléennes. M. Nikitin, dans son mémoire Sur la constitution des dépôts quaternaires en Bussie, lu au congrès d'Archéologie préhistorique de Moscou (p. 1-34), énumère trois stations de l'époque du mammouth, à Gonlzy, Koslenki et Karatcharowo. On en a signalé depuis à peu près autant (de Baye). La Pologne est un peu plus riche. L'homme ne parait pas avoir été plus répandu pendant la période relativement chaude du cinquième interglaciaire : Kunda en Esthonie, peut-être Bologoïe, encore ces stations ont-elles donné des silex polis qui indiquent, pour une partie au moins des couches, une date postérieure.

Sur les deux versants de l'Oural, en Europe et en Sibérie, dans les grottes de la Pychma, les tourbières des lacs Molebsky et Chagirsky près Ekaterinbourg, on a trouvé du néolithi-

i. Pour le préhistorique russe, voyez les doux volumes des Comptes rendus du Congrès d'Archéologie préhistorique et d'anthropologie de Moscou, 1892, spécialement le mémoire de Bogdanow : Quelle est la race la plus ancienne de la Russie? annexé au premier volume. Ont paru depuis : de Bajc, Notes sur Vâge de la pierre en Ukraine^ Anthr., 1893, V!, i-39; de Baye, Notes sur V époque des métaux en Ukraine, ibid., 374-392.

que assez ancieo. Les lacs YouriDskoï, AïatskoT^ le village de Palkina sur l'Issete, le lac de Kisi-Koul fournissent du néoli^ ihique très récent. Il faut aller jusque dans la Sibérie centrale pour retrouver des traces de Thomme antérieures à l'époque des métaux (Krasnolark, silex de type chelléen, Savenkor» C. de Moscou, p. 128).

Vers le sud, dans les régions voisines de la Mer Noire et de la Caspienne, rien, pas même de néolithique, et nous savons pourquoi. Dans le Caucase, pas de paléolithique, ni davantage en Arménie et dans le nord de la Perse, mais du néolithique, généralement de date récente. M. de Baye vient cependant de trouver au pied du Caucase une station paléolithique, datée par des restes de mammouth. On peut dire que le domaine de l'homme paléolithique, comprenant l'Afrique du Nord, l'Europe occidentale jusqu'en Ecosse, n'a pas dépassé au N. les parties moyennes de l'Allemagne^ et à l'est la Pologne et les Balkans. Plus loin on ne trouve que des traces isolées et fort rares, une douzaine de stations sur toute celte moitié est et nord de l'Europe. Ces stations sont toutes du paléolithique très ancien. Le pays semble avoir été désert pendant le quatrième interglaciaire. C'est seulement veis le milieu de l'époque néo-^ lithiqueque les traces de l'homme deviennent assez nombreuses pour indiquer sa présence générale et permanente en Russie et dans les parties de l'Asie russe voisines de l'Europe.

Ces traces, de plus en plus nombreuses jusqu'à Tépoque actuelle, sont des stations, des sépultures, et spécialement ces petits dolmens nommés kourgans, dont les tumulus couvrent les coteaux voisins des fleuves. De ces kourgans, la minorité appartient à Tépoque préhistorique, car leur construction est parfois aussi récente que le Moyen-Age.

Les plus anciens nous montrent une race et une civilisation

identiques à celles que nous offre le centre de l'Allemagne à l'aryen. 16

l'époque du néolithique moyeu. Dans le nord on trouve une industrie spéciale, c^lle des hyperboréens, dont le domaine s'est peu restreint depuis. Les crânes néolithiques de cette région se rapportent en partie au type hyperboreus ; ainsi quatre crânes de la collection Inostranzev, trouvés près du lac Ladoga, sont brachycéphales. Les crânes du reste de la Russie sont de race Europâsus, Les dolicho-blonds s'étaient d'ailleurs avancés déjà jusqu'au lac Ladoga, car la collection Inostranzev fournit dix crânes de cette race, la plupart typiques, les autres avec la face un peu raccourcie. J'ai vu les moulages de ces crânes, dont quelques-uns, ceux à face raccourcie, ont été rapprochés de la race de Cro-Magnoo. Je crois que ce rapprochement est inexact. La face du dolicho-blond primitif était moins étroite qu'elle ne l'est devenue chez les Germains des Reihengràber, mais les caractères de spelœus sont multiples, et ne se réduisent pas à un ^raccourcissement dp la face. Ce raccourcissement, chez les sujets du lac Ladoga, est le même que chez les plus anciens dolicho-blonds et ne comporte uile faciès, ni les caractères accessoires de spelxus. Ces crânes ressemblent à ceux des énéolithiques de la Suisse et des néolithiques de Lausanne.

. Les Finno-Ougrieus paraissent s'être infiltrés en Asie par les bords méridiouaux de la Mer Noire dès une époque reculée. Je crois qu'ils ont, quatre ou cinq mille ans avant J.-C, précédé dans cette voie les Aryens orientaux. Nous trouvons en effet, dans toute l'Asie antérieure, et jusqu'au pied du plateau iranien, des populations plutôt rousses que blondes, à une époque antérieure aux migrations des Aryens orientaux. J'aurai à m'occuptr en détail de ces premières migrations, quand j'étudierai dans un autre volume Torigine des Sémites. Les découvertes se précipitent avec une telle rapidité que je me bjrnerai à quelques indications. Si copieux que puisse être

l'exposé de la question, il serait certain jment incomplet et suranné d'ici deux ou trois ans.

Les philologues regardent la plus ancienne langue de la Babylonie, l'accadien ou sumérien, comme se rattachant au groupe fiono-ougrien. Les différences sont considérables, mais il ne faut pas oublier que les textes accado-suméiiens remontent à plus de 4000 ans avant notre ère. et que par suite ils représentent une forme très ancienne du groupe anceslral des langues aryennes et finno-ougrienues. C'est probablement par l'accado-sumérien, contemporain des palafGtes, que nous pouvons nous faire la meilleure id('e de la laugue de nos lointains ancêtres. Cette thèse a été soutenue au congrès des Orienlalisles de 1895 par Hommel. Les archéologues ont jusqu'ici recueilli plus de textes que de crânes. Cependant les quelques sujets de l'ancienne Chaldée dont nous possédons les restes ne contredisent pas l'hypothèse d'une origine européenne. Ils sont tous dolichocéphales, avec un indice moyen de 73 et des profils courbes, leptoprosopes, leptorhiniens. De la couleur nous ne savons rien, sauf que les Chaldiens différaient de leurs voisins les Susiens, petite race noire à cheveux laineux du groupe des Pygmœus,

Dans les contreforts occidentaux du massif de la Perse, au contact des Chaldéens, vivaient des peuples que Ton suppose blonds, les Goutis. Les esclaves de citte région étaient très recherchés. Un contrat du temps d'Ammizaduga (2147-2113 av. J.-G.), porte ceci : « 3 pa 4 '^j^ ka samni, gisbar aii Samas, iibbi Va mana Va siklu kaspi, ana simi sag ardâni Gutii namrittim.. , 3 pa 4 -/a ka d'huile, mesure de Sa'mas, valant Va de mineel Va desicle d'argent,prixdesesclaves clairs de Gouti... » Ce texte (B. U. 88-5-12, 215; Meissner, Deilràge zum altbabyioîiiscàen Privalrecht, Leipzig, Hinrich, 1893, p. 18) n'est pas absolument précis. Oppert traduit namrulim par blonds, mais

le sens exact est : de couleur claire, et le texte ne spécifie pas s'il s'agit de la chevelure ou de la peau. Le même contrat donne un peu plus loin la môme indication : a Ana arhi i kam sag ardani Guti namrutim ubbahm. Dans le délai d'un mois il amènera les esclaves clairs de Uouti... ». Dans un contrat du temps de son successeur Samsu-Satana (V. A. Th. 778; Peiser, Texte Jurislischen ttnd Geschàfilichen InhaltSy Berlin, Reuther, 1896, p. 4o), je trouve encore : « ... / sak ardu Suri namraam... un esclave clair de Suri ». Au lieu de ri^ Meissner lit edin (p. 7). J'ai entendu dire que ces textes se rapportaient à des tribus de Golhs et de Suédois. Que des Gotbs Tussent arrivés en Babylonie du temps de la première dynastie babylonienne, il y aurait de quoi étonner Jordanes lui-même. Ce-

\. Les mentions les plus anciennes que je connaisse des Goutis et des Amourrous remonlcnl àSargon d*Agadé, vers 3800. Ce sont des (ablettes trouvées à Tello en 1893. M. Thureau-Dangin les a communiquées à l'Académie des Inscriptions le 28 août 1896 (C. R., 1896, S. IV, XXÏV, 3ob- 361). L'une porte a Roi Ousoum-gal, année où le joug au pays de GutI a imposé ». M. Thureau Dangin attribue le fait à Sargon, mais il modifle pour cela la traduction littérale. Une autre porte : « Dans l'année où Sargon, roi de la ville d'Agadé, le pays d'Amurru... ». De cette tablette existe un double qui la complète ainsi : « . . . maXi Amurram, in bixsaar shade,... le pays dWmourrou, dans les escarpements des montagnes. » Sargon a poussé ses conquêtes jusqu'à Chypre. Il a dû trouver les Amourrous sur rOronte.

Agum le jeune (Kakrimi), roi de la dynastie kassile de Babylone, vers 1600, énumère parmi ses titres celui de « sar mdtu Gutii, nisi sakhati, roi du pays des Goutis, gens... ». Jusqu'ici l'épithète reste obscure. Ou a proposé » sans raison », épithète singulière dans la bouche d'un roi parlant d'un de ses peuples I

Les mentions relatives aux Amourrous et au pays de Gouti sont cxtrôitiement nombreuses, et sans intérêt pour la connaissance du physique de ces peuples. On retrouve la mention du pays de Gouti jusque dans la Chronique de Nabonid et de Cyrus.

Je crois que par esclaves clairs de Suri on entend des Amourrous. Ce serait la plus ancienne mention du nom de la Syrie.

pendant le nom de Gouti, dont la leclurc est certaine, établie par de nombreux textes historiques, et Tattribution géographique précise, prêterait à réQexion si le sens de namrxUu était celui que préfère Oppert.

Dans les textes du nouvel empire nous trouvons très fréquemment la mention amelu Amurru, homme des Amourrou. Les Amorrhéens étaient authentiquement des dolicho-blonds. Les monuments égyptiens nous les montrent blonds, de haute taille, dolichocéphales, avec des nez aquilins et puissants. La Bible dit qu'ils étaient grands comme des cèdres. Les A mérites enterraient leurs morts sous des tumulo-dolmens. 11 y a plus de 700 dolmens dans le pays de Moab. Nous sommes encore mal fixés sur ce peuple, dont on fouille en ce moment les ruines, lia joué un rôle considérable dans Tethnogénèse des Juifs et parait être aussi apparenté avec les peuples pélasgiques, dont il sera parlé bientôt.

Les Finno-Ougriens ont fait dans TAsie centrale et en Sibérie des expéditions mieux connues, et fondé des nations qui, refoulées peu k peu depuis deux mille ans par les mongoliques, conservent cependant leur existence. Dans V Histoire naturelle des races humaines de Desmoulins (Paris, Méquignon, 1826), on trouve une très bonne étude des documents orientaux relatifs aux peuples roux de l'Asie du Nord. M. de Ujfalvy étudie en ce moment ces populations, dont il a vu les restes sur place.

La pénétration en Sibérie fut facile pour un peuple chasseur une fois le passage, alors étroit, découvert et bien connu. Le retrait de la grande Caspienne laisse aujourd'hui une grande plaine entre l'Oural et la mer. Autrefois il n'en était pas ainsi, mais le passage au pied des montagnes a toujours été praticable. La mer elle-même, à partir du moment où l'on a su naviguer, devint un moyen de communication. Il est probable, si les haches de jadéite proviennent des roches de l'Altaï, chose

dont Texamen lilhologique fait douter, que les matières ou les objets eux-mêmes sont venus dans l'Europe centrale par TAralo Caspienne, le détroit de Slavropol, s'il existait encore, la Mer Noire et le Danube.

Nous n'avons pas de documents sur la présence des races blondes dans l'Asie du Nord dès l'époque de la pierre polie. Les plus anciennes tombes sont de Tépoque des métaux. Les objets, presque tous en cuivre, sont de types très récents et tout à fait différents de ceux de l'époque du bronze d'Europe. Je ne crois pas qu'il y ait à dériver ces types de ceux d'Europe, ils proviennent d'une évolution différente. On peut s'en faire une idée en étudiant le bel album de pbototypies publié par M. Martin {L'âge du bronze au Musée de Minoussinsk, Stockholm, Samson, 1893). Les affinités sont chinoises, et la date peu antérieure, quelquefois bien postérieure à notre ère.

Si ces objets, comme on le suppose, proviennent de peuples finno-ougriens, c'est que ceux-ci ont été influencés dans leur évolution industrielle par des peuples de race Asiaticus, probablement par les anciens Chinois, qui, peut-être pour se distinguer d'eux, s'appelaient le peuple aux cheveux noirs, et possédaient une industrie analogue à celle des tombeaux sibériens.

Ma- Tou- An-Lin, historien chinois, nous parle des populations blondes ou rousses de la Sibérie et de l'Asie centrale. Ses récits se rapportent au commencement de notre ère, avant le refoulement des Finno-Ougriens par l'expansion des peuples mongoliques. Sur l'ienissei, précisément autour de Minoussiosk, il montre un peuple aux yeux verts et aux cheveux rouges, qu'il nomme Ting-Ling. Les Ting-Ling seraient les ancêtres des Kirghises-Kaisaks, aujourd'hui profondément mongolisés. « Parmi les barbares d'à présent, ajoute l'auteur parlant de son propre temps, le xii® siècle, tous ceux qui ont des yeux verts, la barbe rouge, et qui ressemblent aux singes, sont

issus de cette race. » La comparaison avec les singes n'est pas flatteuse. Ailleurs Ma-Tou-An-Lin compare la figure des peuples blonds à celle des chevaux, ce que le peuple fait encore volontiers chez nous de celle des Anglaises. Dans d'autres textes il est dit que ces peuples ressemblent aux singes dont ils descendent. Il serait curieux d'identifier les singes dont les bestiaires chinois font descendre les diverses races humaines, autres que la leur. Il est à remarquer d'ailleurs que les Chinois ODt toujours été transformistes, et que Tascendance simienne, dans leurs bestiaires, n'est pas toujours une cause de mépris.

Les Oïgours sont désignés par Ma-Tou An-Lin comme le peuple à tête jaune. A l'ouest des Oïgours le pays de Kachgar était habité par des peuples aux yeux bleus et aux cheveux blonds qui cultivaient du riz, des cannes à sucre, mais ne comptaient au temps des premiers Han que 1.300 familles. Au sud-est des Oïgours, vers les sources de l'Iraouaddy, autre peuple aux yeux bleus, à la barbe [rousse, ressemblant assez à l'espèce des grands singes dont elle descend. Au nord-ouest, les Khouto ou Tchoudes, également blonds.

Dans la Sibérie occidentale, les géographes chinois placent les Kie-Kia-Sse, peuple de plusieurs centaines de mille habitants. Tous les hommes y sont de grande taille, ils ont les cheveux roux, le visage blanc et les yeux verts. Ils mettent les cheveux noirs au rang des prodiges.

Les Ou-Souns, grand peuple habitant d'abord la Sibérie' orientale et centrale, refoulés vers l'ouest et que nous trouvons au commencement du Moyen Age dans l'Asie centrale, sont également des hommes aux yeux verts et aux cheveux rouges,, d'après Wen-Sse-Kou, historien des Flan *.

i. Ivanovsky (Dnevnik, 1890, 174) attribue aux Ousouns trois crânes retirés du lac Issyk-koul, près Séiniretcheusk, dont les données sont :

En somme, exc3pté le pays de Khotan babilé par un peuple de même race que les CbinoiSy ou pIulAt par une fraction des Chinois restés dans le pays d*ongine de la race, les historiens chinois nous montrent seulement des peuples dolicho-blonds dans cette Asie du Nord où l'élément moogolique domine aujourd'hui d'une manière si marquée. Ces peuples paraissent avoir été les premiers habitants du j»ays, l'avoir occupé, venant d'Europe, en pleine époque des métaux, deux mille ans à peu près avant J.<C., et appartenir au groupe finno-ougrien. Nous trouvons, en effet, la plupart des noms de ces nations portés encore par des tribus turques ou finnoises.

Pour en finir, je continuerai jusqu'à l'époque actuelle ce résumé du travail de Desmoulins, en me servant de divers autres travaux, et notamment de celui de Ujfalvy sur les Buns blancs (Anthr., 1893, IX, 259-277). Dans ce dernier je trouve uns mention du voyageur chinois Pan-Kou (vi* siècle) relative aux Ousouns, habitant alors l'Asie centrale : « Ce peuple avait les cheveux roux et les yeux bleus. Il se distinguait beaucoup des autres barbares. Les Ousouns renfermaient des éléments nombreux de grands Yué-Tchi, et de Saï (Saces), » Ace moment, les mongoliques avaient déjà submergé les peuples blonds, et pén Uré jusqu'en Europe par l'invasion des Huns.

Le terrible Attila paraît avoir été de race mongolique *, mais

indices céphaliques 80.7; 78.6; 85.9; indices nasaux 47; 32.4; 48.9; diamètres bizjgomatiques 115, 1i6, 121 niillim., dislances interorbitaires 5fâ, 23, 27 mill. L'attribution est très incertaine. Talko Hryncewicz (0 tcheloviéctcheskikh kostiak ^aiden. v okrest. slvb. Oust-Kiakta, Irkoutsk, 1893) décrit deux crânes de Kiakta, dans la môme région, datant de la fin de l'âge du cuivre sibérien, peu antérieure à notre ère. Ils sont identiques à ceux des Kourganes russes de l'époque scjlbique. Indices 73.2, 73.5. I. Jordanes, Uistoria Gothorum, XXXV, le décrit ainsi : a Forma irevis, ïato fcctore, capite grandmùy mimitis oculis, rarus barba, canis aspcrsus^ $imo naso, teler colore, originis su9 signa rcstituens. v

les tribus qui se jetèrent à diverses reprises sur les peuples civilisés étaient gouvernées par des blonds. Le grand Gengiskhan, Tamerlau étaient de race Europxu$ et les portraits qu'en ont fait leurs contemporains iraient à des rois germains ou Scandinaves. Rubruquis compare Gengiskhan à un gentilhomme normand, Jean de Beaumont.

En 921 Fozlan montre les Baskirs encore en partie blonds : ce Je vis à llaleb beaucoup de Baschkirs aux cheveux et aux visages rouges. » Aujourd'hui ce peuple est à peu près mongolisé.

La prédominance considérable des caractères mongoliques sur ceux de la race dolicho-blonde dans les croisements est un phénomène bien connu. Depuis 1500 ans que les peuples mongoliques ont envahi la Sibérie occidentale, l'Asie centrale et les régions voisines de l'Europe, l'indice céphalique va sans cesse en s'élevant, et la proportion des blonds diminue. Il reste encore en Sibérie des peuples relativement dolichocéphales et blonds, comme les Ostiaks et les Yogouls, mais les Turcomans, jadis dolichocéphales et blonds, sont en grande partie mongolîsés. Quant aux Turcs, c'est le croisement avec les brachycéphales d'Asie-Mineure et du Caucase qui leur a donné leur type actuel. Si avancée toutefois que soit la transformation, les recherches des anthropologistes russes sur les populations sibériennes prouvent que la mongolisation récente des Finno-Ougriens d'Asie n'est point complète, et que partout Ton retrouve une proportion sensible d'éléments d'origine européenne *.

i. Sommier {Siremi, Ostiacchi e Samoiedi deirOb, Archiv. per TAutropologia, i887, XVII) donne les chiffres suivants. Zirianes, taille des hommes i™ 64, des femmes 1.5t; yeux clairs, 10 o/o seulement de foncés et moyens; cheveux clairs, mais 35 o/o de moyens et foncés; indice

250 L'ARYEX

larafiOBS aryenacs em Asie. — A la suite des Finno-Oogriens les Aryens orievAvix pa?sèr^rit d^^ bocn«f heure t-o .Vsie. L'identité du nom du cuivre cb^z les peuples de Tlnde aryenne et de l'Asie prouve que la séparation des branches les plus orientales remonte seulement à IVpoque des métaux, mais le peu de termes communs implique cependant pour cette séparation une date assez r<^ulée pour que la civilisation, peutêtre plus tardive dans Test, n'eût pas enix^re atteint la phase agricole. On ne peut placer plus haut que l'an 4000 avant notre ère la s«^paration de la branche indo-iranienne, et je serais porté à croire qu'elle habitait encore, vers Fan 2000, quelque point de la Russie. Une partie des dolmens et kourgans russes doit appartenir à ses ancêtres. I^ migration se fitelle en passant au pied de TOural, et en contournant l'Aral?

iDOTen de 24 hommes 8?. il. de 13 femmes 83. 28. Ostiaks de TObù taille 1.56 et 1.44. 13 V. seulement île blonds, 38 do bruns: indices 79. 28 el 79. 01. Ces deux peuples sont profondémect mélangés de Samoîèdes. Le^ tribut les plus pures sont plus claire^ el plus dolichoîdes. I*es Vogouls. moins mélangés, sont en majorité claire, avec un indice de 78. De même chez les Bascbkirs. où suivant !»*s tribus Tindiee varie de 80 à 84. Les Turcomans purs ont des indices encore moins élevés. Jaworski {Anthrofolagische Skizzén der Turkmenem, .Vrb. der Anthr. Ges. der mîlitar-medîzjnischen Akademie. IS97. Il, 145-206). a trouvé sur 59 Turcomans, presque tous Tekés* les mesures suivantes : longueur du crâne 193. largeur 146, indice 7.'). 64 «de 68.77 à 81 .78), circonférence horizontale 548 ; taille moyenne 167 de 1.57 à 1.93). On voit que les indices élevés des Turcs sont dus au croisement avec les brachjcéphales du Caucase, de l'Arménie et de r.Vsie-Mineure. Dans toutes les populations finno-ougriennes d'.\sie, on trouve dans les sériât ions un lot marqué d'éléments dolichocéphalt'S blonds. En Europe les Tchoudes. les Esthes, les Lives ont pour ;Ldiri»s 79 à 80, suivant les localités. Les divers groupes des. Finlandais, <mélés de Lapons, ont des indices un peu plus élevés. Voir les cartes de l'indice cépbalique «»n Russji', dans Riplev, Tke racial geography of Europe, Pop. Seionco Monlhk. 1898, LUI, p. 740 et en face de la p. 724.

C'est le chemin que suivirent les Finnois, mais je ne crois pas qu'il fût déjà pratiqué. C'est par la Crimée et le Caucase, ou très probablement par la Thrace, que s'effectua la migration. M. de Morgan croit avoir trouvé dans les dolmens duLenkoran russe, sur les bords S. 0. de la Caspienne, les vestiges de la nation encore indivise des Indo-Iraniens. L'industrie de ces dolmens est celle de la période mycénienne du bronze et du commencement de Tâge du fer, quelques-uns sont plus récents. On peut dater les plus anciens d'environ 1500 av. J.-C.

Les fouilles de M. de Morgan furent interrompues par ordre du gouvernement de Pétersbourg, et malgré l'intervention de l'ambassade française, le chargé de mission français fut obligé de renoncer à ses fouilles. Les indigènes pillent aujourd'hui à l'envi les archives des Indo-Iraniens, comme les phosphatiers celles des civilisations préhistoriques do France. L'administration russe et la nôtre semblent avoir fait la même alliance avec l'ignorance et le vandalisme, mais les Cosaques mal grattés de Pétersbourg n'ont pas la prétention d'être le peuple le plus spirituel du monde.

Le type des crânes connus du Lenkoran est celui des Kourgans Scythes de Russie. Le volume de la Mission scientifique en Perse de M. de Morgan qui concerne l'anthropologie n'ayant pas encore paru, je me borne à celte indication de source russe. La première partie du t. IV, parue en 1896, contient les résultats archéologiques. Je me borne à renvoyer à cet ouvrage.

Le rameau Hindou nous est connu par des légendes retentissantes, qui ont fait illusion jusqu'à notre époque sur l'ancienneté de son origine. Des épopées fantastiques se déroulent au milieu d'une infinité de siècles, et les souterrains, les ruines de rinde prennent un aspect de vénérable anti juilé. Je ne dirai pas que tout cela est fable pure, il n'y a pas de fiction qui ne contienne une part de réalité. Ce qui est ceriain, c'est que la

phase védique de la civilisation indienae, et l'arrivée des Hindous sur l'Indus, ne sauraient remonter au del^ du xv^ siècle avant notre ère. Celte époque est probablement celle des dolmens de rinde, construits en pierres ajustées et souvent travaillées, fermés d'une dalle perforée d'un trou central comme les dolmens européens de l'époque du bronze, dont ils sont des imitations plus récentes.

A part ces dolmens, et quelques haches de type chelléen très anciennes, l'Inde ne fournit à peu près rien d'antérieur aux siècles les plus rapprochés de notre ère. On ne trouve ni traces de palais ou de tombeaux, ni murailles d'enceinte, rien qui rappelle, je ne dis pas les grandes civilisations de l'Egypte et de la Chaldée , mais même les fortifications néolithiques de la Provence, les statues de l'âge du bronze aveyronnais, les vieilles habitations égéennes. Très peu de traces d'un âge néolithique, presque pas de cuivre et de bronze, à peine quelques tessons de poterie: le préhistorique de l'Inde est d'une pauvreté prodigieuse. Cette région paraît n'avoir été habitée à Tarrivée des Aryens que par des peuplades très clairsemées et peu nombreuses, d'une civilisation tout au plus égale à celle des Andamènes, un de leurs derniers débris encore vivants.

La civilisation des immigrants n'était pas beaucoup plus avancée. Ils connaissaient déjà le fer, mais passaient à peine à la phase agricole. On dit que le Rig-Véda est du xvi® siècle, mais cette date ne s'appuie sur rien, et la civilisation de i'é- . poque védique est postérieure à celle des dolmens perforés à inhumation. Il faut en tout cas descendre jusque vers le iv® siècle avant notre ère pour trouver dans le Pendjab, la région la plus avancée de l'Inde, un rudiment de civilisation véritable.

La première mention historique de l'Inde se trouve dans l'inscription de Bisitoun. Dariiis énumère au nombre des sa-

trapies celle du Hiodu, c'est-à-dire, le Pendjab. L'influence perse se traduit par un commencement de civilisation, mais le mouvement ne se développe et se propage que sous Tinfluence des Grecs. Alexandre conquiert en 327 la satrapie de lliadu et laisse des garnisons grecques dans le Pendjab. A partir de ce moment ce pays est gouverné par des rois macédoniens, ainsi que la satrapie de Bactriane, à laquelle celle de llindu se rattachait. L'unité, relative sous Diodolus, Euthydëme L Démétrius I, se rompt bientôt. Pendant une période de 200 acs nous trouvons dans la vallée du Pendjab plusieurs royaumes grecs, dont Archébius, Amyntas, Agathoclès, Antialcidas, Menander, Apollodote sont les rois les plus connus. De ces dynasties grecques il reste do nombreuses médailles, une grande variété d'objets industriels, des ruines d'édifices et des statues. Je renvoie pour l'étude de cette époque à Tinlroduclion du livre de mon ami de Ujfalvy, Les Aryeiu au N. et au S. de CBindou-Kouch.

Un aventurier indigène au service d'Alexandre , Cbandragoupta, le Sandracottos des Grecs, fonda en 324 à Magadha le premier royaume civilisé de l'Inde. Sous son règne Panini fixa la grammaire du sanscrit. C'est peut-être à cette époque que l'écriture indigène commença à se détacher de l'indo-bactrienne, celle-ci directement dérivée de l'écriture araraéenne des Perses achéménides. L'Inde ne parait avoir jamais connu l'écriture plus ancienne des Perses, empruntée aux Assyriens. Les plus anciennes inscriptions connues sont d'ailleurs celles d'Açoka (260-223), le propagateur du bouddhisme. A partir de ce moment commence l'histoire de l'Inde, suriaquelle la civilisation se répand avec rapidité. Les temples souterrains les plusanciens datentdu premier sièclede notre ère, Jes monuments dont nous admirons les ruines dans l'Inde entière, Tlndo-Chine et les iles de la Sonde furent élevés seulement au Moyen-Age,

et la riche littérature bntuiiaoit|ue et bouddhique est vclose UMit eotivre, à l'exceptioa des V^das et du canevas de certaioes compositions, depuis le contact de l'Inde avec la Perse et la Grèce.

Si j'ai insisté sur celte hisioire bien coonue, c'est parce qu'elle ne l'est pas encore assez. Beaucoup de personnes croient toujours il'existenced'uDe antique civilisation indienne, et celte croyance a fortemeo: contribué à entreteoir le mythe de l'ori- ^De bactrieODcdes «riviiis^i'.ions. Pour le moment c'est la France qui rournil les plus anciennes traces de peinture, de sculpture, d'écriture et d'agriculture, toutes antérieures an néolithique. Nous n'jTons que peu de données sur les caractères physiques des envahisseurs de l'Inde, rjrolvr piense qu'il ne restait !;uèrtr de sang dolicho-bloud chez les Hi^itlous, dès l'époque de lour arrivé*. Cependant le MahabblrAta nous montre les Pacdavas blonds et grands -t. 2()3i-. D'a-jtre part nous verrons bient'jt que les Perses de race pure étaient blonds. Le système des cast-s semble avoir été imaginé pour conserver la pureté du sang européen. Il faudrait étudier à ce point de vue t'immense littérature indienne, en ne perdant pas de vue que le type blond djs Macédoniens, popularisé par les artistes indogre.*», a pu inOuencer les poètes.

La ciste des Brabmanes renrerme encore une assex forte

proportion de blonds, surtout dans le X. 0. Les contreforts du

Pamir montrent aussi des blonds isolée, que Tou a transformés

en peupl-'s. M. de Ijfalvy, qui y est allé voir, dit que ces

ui — I. .jh ip^ rares. Certaines trili:;s plus récemment pas-

'.Xfghanislan dans l'Inde possèdent une proportion

le de blonds (Patbaas, RoSiilLs). Les statistiques

itales de Risley nous moitreut que les Brahmanes

i par 1j taille, l'indice cépha!ique et l'iudice casai,

"■D^irocbJs du lypâ ilolic!io-bbnd. La prO[ortion des

brachycéphales résultant de croisements avec les Mongoliques va en croissant de l'ouest à Test, et celle des petites tailles çt des nez écrasés du. nord au sud. Tout cela confirme bien l'arrivée par le N. 0. d'éléments dolichocéphales de haute taille et leptoprosopes, mais il semble que parmi euxTéléroent blond ait représenté une petite classe dirigeante, et que le reste se rattache aui types U. indiens et H. arabicus. Jobnston (Races ei castes dans l'Inde, Anthropologie, 1895, VI, 176-i81) rattache les Kchattryias à la race rouge de B. nuba. Cette hypothèse n*est pas invraisemblable.

Les auteurs grecs et latins fournissent peu d*indications sur le type des habitants de Tlnde. Il est à remarquer que les portraits qu'ils font des indigènes sont loin de les représenter comme blonds. L'élément blond, très peu nombreux, n'appartenait pas aux castes qui se mettaient en rapport avec les étrangers, c'est pourquoi les descriptions des anciens paraissent se rapporter seulement aux aborigènes.

Galien ([Ispi %pa';£u)v, II, 5) prend la peine de nous expliquer pourquoi les Indous sont foncés. Il y revient dans les divers textes cités à propos de la théorie des climats. De même Hippocrate, dans le Traité de l'air précité.

Avienus (1311) les décrit ainsi :

Sed geiUi Indorum te ter color, efflua semper Uis coma liveutes imitatur erine hyacinthos.

Manilius, après avoir parlé des nations blondes, énumère les coloratx. Après les Ethiopiens il cite les Indous (Astronomicon, IV, 720):

At Syrios produnt iorti per tempora crines. Aeifiiopcs maculant orbethy tenebrisque figurant Per fuscas hominum génies. Minus India tostas Progenerat meiiumque facit modcrata tencrem.

-25€ L'ARYEX

Les Ifaniens ont ét^ civilisa de bien meilleure heure. La prexDÎère menlido coccae des Farsoas rernoole au xii* siècle avant cotre «re. Sil:iiaiusar U {rut affaire à œ peuple, alors installé en Arm*r jîe, ea arri^-re des Coulis, près du lac d'Our* miah. Au temps de Sarzoa II T22-Tl*5 ^ les Parsuas sont déjà dans le Farsîstan, qui demeurera le centre de leur puissance sous les Acbrméaîdes. Les Mad&s interriennent dans Thistoire d'.Vssyrie dès le règne de Bamoian-Xirari (8 10-78 T. Mèdes et Perses devaient tour-à-tc^ur dominer le monde oriental. L'empire des Perses sVlenJra Je Tin de au Danube et du Turkestan à la Xubie ; les ptupkes de ^E^pa^e, du midi de la Gaule, du D3rJ de TACrique seront vassaui de leurs vassaux phéniciens et carthaginois '-

I. Les EgTplieos. lors des çruDdes cam(uriie$ eu Asie, vers ITOO, renc jutrêfvnt sur TEuphrat*? un rojAume de Mdtani. doDt dêpeiidaît NînÎTe. Le» AssjrieDs ue s'cteL>i^\ i.t pjis cccort* jusque là. Le roi Dusr&Ua donna, Ters I4iù, sa iille Tad.:>L:;:si vu uï^tIas^ à AméDophis Dl. I^es archirea dip]oiDali:}ue$ de Tel-e**Ai!**ir;ia d.^u* oct eoD>erTê la correspoodance relatÎTc à ee maridce. et la liste des objets coostîtoant la dot de la priclce^^e. Oo j trouve de nv.*uitreux mc4s de la langue du Mitanî, que Ton rv^arie c^oiiue arTeiaie. Crs d.-:um-:o:s seraient les plus anciens iiiouuiueats connus des ^aii^pjf^ arr^-ist-s. Je uj toîs pas beaucoup plus d'éléments arvens que dans r^ssTneu. en tout cas rien d*aiialo£ue au zend ou au sanscrit.

Le royaume du Mit an i fut détruit peu après. Les campagnes des sàrs assrnens n:«us nioutrcut dans ies montagnes à Test de r.Vssrrie cl de la Uaute-Babrlonie des Matieus. qui sont peut-èlre les restes de ce peuple, et que Tuu a chenrbé à rattacher aux Médes. Une fraction de Slatiens habitait aussi sur THalrs, en Asie-Mineure.

Quant aux llêdes. il en exi^tdit une tribu en Macédoine. I^es Vénètes se prétendaient d*origine mè<Je. On en disait autant des Sîgrnnes. Fautil Toir dans ces tribus des Mêdes attardés en Europe, ou au contraire des fractions rcrenues d'Asie, analogues aux Perses et aux .Vrméniens qui auraient colcnisé le Maroc?

Mon regretté maître Amiaud pensuft que le déplacement des Perses a

On n'a pas encore fouillé les ruines immenses d'Ecbatane, celles de Persépolis ont à peine été touchées. Nous aurons, dans un avenir rapproché, des masses de documents écrits sur Thistoire des Mèdes et des Perses, qui se servaient dans leurs inscriptions de récriture cunéiforme. Les monuments grandioses tomWéspdiTdieuldiiQYiL'AcropoledeSuse, Paris, Hachette, 1893) nous donnent une idée du développement de l'architecture et des arts chez les Perses. M. de Morgan est actuellement au travail à Suse.

Les tribus iraniennes s'étendaient, vers le vi® siècle avant J.-C, de TArménio aux confms de Tlnde, et de la Bactriane au Fars. Les historiens nous apprennent qu'il fallait distinguer les tribus nobles et les tribus serves, ces dernières en partie scythiques. Aujourd'hui encore nous trouvons des peuples de langue iranienne dans le Caucase, dans l'Asie centrale et sur le plateau iranien, mais il n'existe entre eux aucune identité anthropologique. Les Tadjiks sont des brachycéphales bruns identiques à ceux d'Europe, nous trouvons au contraire des tribus blondes chez les Kurdes, et tous ces peuples proviennent des Mèdes et des Perses. Je ne parlerai que pour mémoire des Susiens noirs, dont le crâne est identique à celui des contractus. Les brachycéphales avaient été probablement entraînés de l'Asie-Mineure ou de l'Europe par la migration aryenne. En Asie nous ne trouvons, en effet, en dehors de l'Asie antérieure, d'autres brachycéphales que des jaunes, dont le point d'origine parait être vers le Thibet. Ces brachycéphales jaunes, si mal-

eu lieu du temps de Sargon, sous la conduite d'Achéménès {Cyrus, roi de Perse, Mélanges Rénier, 242-260).

J'ai recueilli et traduit tous les textes relatifs aux peuples aryens avec lesquels les Babyloniens et les Assyriens ont été en contact. On trouvera en appendice les parties essentielles de ces textes. L'édition dont je me suis servi est celle de la Keilinschriftli^e Bibliothek.

heureusement Dommés /7. scythicus^ diffèrent par toute leur morphologie de ceux que nous connaissons, et ne paraissent s'être répandus dans toutes les directions que peu de temps avant notre ère. Quant aux Susiens noirs, ce sont certainement des négritos indigènes, en continuité avec ceux de l'Inde.

Le type physique des Perses ne nous est pas indiqué par les auteurs classiques. Les textes de l'époque des guerres parthiques se rapportent à des éléments ethniques différents des Iraniens anciens ^ Les monuments perses nous représentent un type dolichocéphale très leptoprosope, très leptorhinien, d'une grande pureté de traits. Le portrait de Darius est vraiment remarquable. La couleur paraît avoir varié suivant les classes. Les immortels figurés en couleur dans l'ouvrage de Dieulafoy sont les uns blancs, les autres basanés, mais tous ont les cheveux noirs. Les soldats basanés sont rapportés par Dieulafoy aux Susiens, mais ils n'en ont pas le type négroïde. Ces deux couleurs de peau, claire et presque noire, se rencontrent encore aujourd'hui en Perse. La classe noble, les vrais Aryens, sont représentés sur les sarcophages de Sidon décrits par Hamdy-Bey et Keinach. Le magnifique atlas en couleur de ce recueil nous montre les Perses très différents de ceux de l'acropole de Suse.

Sur la planche XI, représentant deux faces du sarcophage dit des Pleureuses, il y a dix-sept personnages, parmi lesquels deux femmes seulement paraissent un peu brunes, le reste

1. Ammien Marcellin, Re% gestas, XXIII, 6, décrit ainsi les Perses de son temps : « Graciles pœne sunt omnes, subnigri vel livido colore patientes, caprinis oculis, torvi et superciliis in semiorbium speciem curvatis jimctisque, non indecoribus barbis, capilUsque promissis hirsuti. » Ces Per- %es De ressemblaient pas plus aux Achéménides que les Français ne rescniTiKipnf aux Fraucs et aux Gaulois. Le portrait convient en revanche modernes. «

est échelonné du châtain clair au blond. Ce sarcophage est purement grec. Sur la pi. XXXVI, face sud du grand sarcophage, le fronton représente Alexandre au milieu de la mêlée. Il est roux plutôt que blond; trois Perses l'entourent, d'un blond plus ou moins roux. Le bas-relief principal représente une chasse au guépard. Tous les personnages, cinq, sont des Perses, il y en a trois roux et deux blond pâle. Les figures sont des portraits historiques, on a pu identifier plusieurs dos personnages. Grecs et Perses sont leptoprosopes et leptorhiniens; les Perses ont une physionomie plus accusée, presqtie celle des Gaulois et des Germains. Ils n'ont rien du type persan, ni de celui des Tadjiks, et ressembleraient plutôt à certains Kurdes (llamdy-Bey et Reinach, Une nécropole royale de Sidon, Paris, Leroux, 1896).

A mesure que nous nous dirigeons vers l'ouest, la proportion des éléments blonds augmente. Les peintures du tombeau de Rek-Mara(XVU® dynastie) nous montrent un défilé de Routennous, c'est-à-dire de Syriens, qui a fait l'objet d'une étude de Ilaray {Etude sur les peintures ethniques d*un tombeau thébain de la XVUI^ dynastie^ Paris, Leroux, i88n). Ces Routennous sont blonds et roux. Certains d'entre eux ont le crâne déformé comme les Ansariés, les autres sont nettement dolichocéphales. Parmi les Routennous figurés sur divers autres monuments on retrouve ce type blond ; on le retrouve même parmi les portraits de guerriers hittites, et surtout des chefs. Le roi des îlittites vaincu par Ramsès est un dolicho-blond. De même les Amourrous. Tous ces documents sont du xiv* siècle environ ^

Ces indications de source égyptienne nous permettent d'affir-

\ . Voyez Sayce, The white race of Palestine, Nature, 2 Aug. 1888. Pétrie a publié une iconographie des races d'après les monuments égyptiens, à laquelle il est utile de se référer.

mer que vers celte époque les populalions blondes étaient en nombre dans la vallée de l'Oronles et dans celle du moyen Euphrate, autour de Karkhi^misch. Plus tard les Amourrous descendirent en Palestine, et nous savons qu'ils constiluaientà Ninive et à Babylone un tHémenl important de population. C'est peut-être en raison de ces éléments blonds que les souverains babyloniens, pour affirmer la suprématie de l'autre race, se disaient souverains des têtes noires.

Les Hittites, qui ont constitué de grands états au centre de l'Asie Mineure et dans le nord de la Syrie, du xvi'auxii* siècle, paraissent avoir été un mélange de bracliycéphales et de dolicho-blonds, parlant peut-être une, langue aryenne, ancêtre de l'arménien. Il faut attendre que le déchiffrement des inscriptions hittites soit devenu plus certain, et que ces inscriptions soient devenues nombreuses. Le temps nous apprendra quelles corrélations il faut établir entre les Khétas des Egyptiens et ceux du M:ihabha rata, les Kou-Te des Chinois, les Goulis des Babyloniens, les Glidts du Pendjab, les Uhavaran-Kétaâ -du Cachemire, les Scythes, etc. Ce qui est très probable, c'est que ces peuples représentante des degrés et dans des temps divers un même fonds de populations mobiles, assez peu nombreuses, vivant clairsemées au milieu d'autres peuples plus civilisés, terrorisant leurs voisins quand leur effectif venait h s'accroître, et fixées de temps en temps sur un territoire paj- la volonté de leurs vainqueurs, si la fortune avait trahi leurs armes. Les historiens anciens nous parlent d'une période de 1500 ans pendant laquelle les Scythes auraient dominé -l'Asie, avant l'an 1000. Nous ne savons rien de plus précis sur ce (ntû9w[i.oç que sur l'ancienne dynastie mède d'Assyrie, maie il nn rniii nac niiKliop niin |es fouiUcs oc uous Ont encoFe nales d'Assyrie, correspondant it on a retrouvé les palais.

Nous sommes un peu mieux renseignés sur les Scythes d'Europe. Ceux-ci habitaient le sud de la Russie, surtout vers Touest. Hérodote leur rattache des tribus nombreuses réparties sur tout le pourtour méridional de la Caspienne, du Caucase à l'Oxus de Bactriane. Ces Scythes de l'époque classique sont aussi confondus avec les Gètes, et Jordanes, confondant à son tour les Gètes avec les Goths, trace une généalogie et décrit une migration qui rattacheraient Goths et Scythes aux souverains Scandinaves et à la Scandinavie.

Le plus certain, c'est que les Scythes paraissent avoir été différents de race et peut-être de langue. Toutefois ce que nous savons du langage des Scythes les rattache plutôt aux Indo- Iraniens qu'aux Germains. D'autre part, leur type physique et leur position géographique sont à considérer : par ces deux côtés, les Scythes sont plus près des Germains.

Le type des Scythes nous est connu par plusieurs textes classiques et par leurs ossements. Il ne faut pas attacher une grande importance aux traits physiques inhérents au genre de vie, qui rapprochent ces éternels cavaliers des Tartares. Les caractères héréditaires sont tout autres. Le Pseudo-Polé* mon, qui vivait au temps de Trajan, mais qui transcrivait des documents de l'époque d'Aristote, dit en parlant des signes physiognomoniques : « MeXaiva x6|ji.tï SeiXèv xxl luoXuxepS-o ^fikoX, "h îe ÇovOy) xai utcoXsuxo;, àizoloi Sxuôfiv, (JxatonrjTa ^7{koÈ vîyouv xotxoTioTa xal àypioDQTx (191, 1). » Adamantins compare les Scythes aux Celtes dans un passage évidemment imité de Polémon : « ... ÇavO/; xat ûicoXauxo;, 6icoia SxuOôv xal KsXtc^y i(fcxOiav xal tRcawnoTa, xal iypiOTTiTa (356, 9). » Quinle-Curce nous parle de la taille des Scythes : « Venluros... ultra Tanaim amnem colentes Scythas, quorum neminem adeo humilem esse ut humeri ejus non passent macedonis militis verticem œquare (VII, 4). »

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Galien (Ilepl xpxatm, H, 5) s'exprime comme Polémon : ce 'IXXupioi Te xal rgp[jLavoi xai AotXfiLXTai xat Saupo^xàrai, xal (rui^Trav to Zxudixov E'jau^elç p.6Tpi'(i>ç xal XeTTTa; xai CjOsia^ xal wuppiç. » De même ch. 5 : « Ke^TOï; (tkv yàp xxl Tepp-avoT; xai wavTC T(j> 6pfxi({) T6 xxi ^xu9iXo) yhe\ «J'U/fèv xal ûypov to Sép[tx, xai Sià TOvîTo [JLxXaxov Te xxi Xeuxov xxi <j/iXov Tpijrûv. » Voyez d'ailleurs tout ce Traité des tempéraments.

De même aussi Clément d'Alexandrie : a Kal tûv eOvôv ot KcXtoI xat oi Sx'iOai xo[t(o(nv^ àXX' où xo<;(x.oî;y7ai. Ij^e» ti çoêepov TO euTpijrov toO jiiapêxpou xal to Çav6ôy «OtoO TroXejtov a^rctlst, (TUYyevc'ç Ti TO XP^i"-* '^^ aïjJLaTi. naiSaywyoç, II, 3, 24. »

Ces auteurs sont de notre ère. Hippocrate qui vivait vers 400 avant J.C., à l'époque où les Scythes avaient plus d'importance, les décrit avec force remarques physiologiques, du plus haut intérêt. Nul auteur n'a caractérisé avec la même vigueur le tempérament lymphatique de B. Europœus, Si le tableau n'est pas chargé, les Scythes ont poussé jusqu'à la dernière limite compatible avec la vie les caractères pathologiques de la race. Je conseille de lire son Traité de Vair^ de préférence dans le texte, les traducteurs n'ayant pas toujours compris l'idée de l'auteur. C'est ainsi que plusieurs fois on a traduit TTuppô; par jaune. Ce mot caractérise au contraire l'état d'une peau lymphatique brûlée, rougie par le froid, l'état de VEuropœus mal vêtu, soumis à un froid intense. Ce contre-sens a été inspiré par l'idée préconçue que les Scythes étaient des Mongols. Les textes au contraire, sans exception, représentent toujours les Scythes comme blonds.

Je ne sais s*il faut voir des Iraniens ou des Scythes dans les Satarchœ et les Albani. Peu importe d'ailleurs, les deux peuples paraissent avoir eu les plus étroites affinités. Valerius Flaccus

Tt, VI, 144) dit des Satarchœ du Caucase pontique : Satarchœ ». Le même nous dit de la Colchidienne

Médée — Téponyme des Mèdes d'après les Grecs — : « Ac sua flavis reddita cura comis graditurque oblita malorum (VIII, 237). » Solin dit des Albani : « Caniliem habent auspicium capillorum ». Il leur attribue aussi un iris bleuâtre, glauca. Ce sont donc des Aryens très dépigmentés. Léon le Diacre (ix, 6), rapporte un passage d'une partie perdue du périple d'Arrien, attribuant à Achille une origine scythe. Léon remarque la conformité du type classique d'Achille avec celui des Scythes, aux cheveux roux et aux yeux bleus. Le renseignement vaut quant aux Scythes du temps de Léon, sinon quant aux contemporains d'Achille, vers 1200.

On possède un bon nombre de squelettes de Scythes, ou plus exactement trouvés dans les tombeaux des Scythes du S. 0. de la Russie. Bogdanow en a décrit des séries (0 mogilak Skitho* sarmalskoi epokhe v* Poltavskoi gubernii i o kraniologie Ski* thov, Anthropol. Vystavka, III, 263-279), Depuis ce travail (1880) d'autres séries ont été rassemblées. Les tombeaux scy-, thés fournissent trois catégories de cr&nes : 1^ purement Europœus, environ 75 7o î 2<* plus ou moins" voisins des brachycéphales actuels du pays, et nullement mongoliques, près de 20 Vo y 3^ ^rès voisins d'Europœus, mais avec la face et le nez plus larges. Les anlhropologistes russes rapportent ces derniers, qui font à peu près 5 %, à un commencement d'infiltration du sang jaune, vers le commencement de notre ère. Je fais mes réserves sur cette explication , car les Reihengrâber fournissent des faces toutes semblables, et le croisement avec Alpinus ou hyperboreus peut donner le même résultat. J'aj outerai, pour ne pas laisser de lacune, que le type dolichocéphale est en continuité parfaite avec celui des populations de la Russie à l'époque de la pierre et à celle du bronze, et que dans celles-ci l'élément brachycéphale existe également dans le S. 0. et dans le N. E. de la Russie, au contact des ré-

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pour :r'nr*î «^'iiî j^s S""j? 1 ''L:iiHnt m», int S:yîiies. mois «ies

*|fiiî i .il.- '«jiiï- ♦•'i- uiir'is '<:^ Tes :1 ^'Si ait liiusîuu i la Quîr»:ectr iÏH*^ Sf'^^. )roiK.ji«'iii«îut lit^i vnis Srjres -ie :*aoe «'hiaoîse qui huiiiL;ij»:iir .' V.tÎjî ij'Mitriie ''vide, J//i., I, xiv. h': etc/'.

L'ii •i«'''ii»îr ')^^uni«; -in riuie?iii imiu-irauieii nous retiemlra

5oii* iuvrjow pîir W^ rini«Mirs «.MîLSsiiiut'S, ot uotammeat par

'ÎI, Trî'. «jn« irs Phryi:i»nis t^tait'iit un rameau <i«s

* 'liîrniiirs appartenaieiit «jHrlahieiiUMit, cuinme I«?s

a !)rancli»* iranienne. Tous le< mots «le la langue

niiiis [xj^s'-dons s<»nt imlu-iniairus. Je renvoie pour

le développement à Pauli, Eine vorgriechische Inschrift von Lemnos, Leipzig, Barth, 1886, pages 20 et suivantes. L^s Gète s étaient un rameau des Thraces, ou si Ton veut, un peuple Scythe compté parmi les Thraces. Xf^nophane nous apprend que les Thraces font des représentations des dieux à leur image et leur donnent des cheveux roux, Çavôoii;, et des yeux bleus. Galien, dans un texte déjà cité (p. 78) compare les Thraces aux Scythes, aux Gaulois et aux Germains. Des tribus thraces peuvent avoir de beaucoup précédé les Indo-Iraoiens vrais en Orient. Nous n'avons pas d'ossements authentiques de tous ces peuples. Virchow a publié un crâne d'un dolmen de Bulgarie, dolichocéphale, de type Europœus, Il attribue aussi, peutêtre à tort, à un peuple Ihrace, les crânes de guerriers d'Hissarlik.

Ijos peuples de la mer. — Les migrations des Aryens par PEurope occidentale vers l'Afrique ont débuté à une époque très ancienne, puisque la présence des Tamehous sur les confins de l'Egypte est constatée dès le quarante-cinquième siècle avant notre ère, et remonte peut-être avant le cinquantième. Les migrations par THellespont et par la Grimée et le Caucase ne sont guère moins anciennes, si Ton doit tenir compte de la mention des Goutis et des Amourrous vers le trente-cinquième siècle, et surtout si l'on regarde la civilisation sumérienne de Chaldée comme Tœuvre de Finnois ou de Proto- Aryens. Les migrations du centre de l'Europe vers la Gaule, ritalie, lapéninsule des Balkans ne [)araissent pas, au contraire, avoir pris d'importance avant l'époque du bronze. Dès la fin de la pierre polie et à l'époque énéolithique, un mouvement de peuples se dessine de l'Europe centrale vers la Gaule, une étape préparatoire s'accomplit, mais pendant deux mille ans les populations de l'Europe centrale sont maintenues à l'ouest

pir des populations plus puissantes, à Test par les tribus scytho- iraniennes de la Thrace, au midi par la barrière des Alpes. C'est la période de la formation définitive des langues et des institutions aryennes.

Vers Tan 2000 avant J.-C, des flots incessants d'Aryens se précipitent vers l'Asie, Mèdes, Perses, Indous; vers la Gaule, les ancêtres des Italiques; vers l'Adriatique, ceux des peuples helléniques. Ces deux derniers courants envahissent l'Italie, les Iles, depuis la Corse jusqu'à Chypre, les côtes de la Mer Egée. De nombreux Etats sont fondés par ces hardis navigateurs dans dans tout le bassin oriental de la Méditerranée, et ils tentent de s'emparer même de l'Empire des Pharaons. Une brillante civilisation, que nous appelons mycénienne, succède h celle des Egéens; plus tard, de cette civilisation sortira celle des Grecs.

Les dolmens et les grottes de Belgique, de la France centrale et orientale, nous ont conservé les restes les plus anciens de ces Aryens de l'Europe centrale. On les retrouve aussi dans les palaffites.

Les grottes de Belgique et de l'est de la France fournissent des tracesabondantesdepopulalionsbrachycéphales antérieures à l'arrivée des Aryens. On trouve dans certaines grottes l'élément brachycéphale pur ou presque pur, accompagné d'une industrie très rudimentaire. La pierre est grossièrement taillée, non polie, elle ne comprend pas les formes en tranchet caractéristiques du début du néolithique, mais les pièces artistement ouvrées des dolmens et des palaffites font aussi défaut. On ne sait donc si ces ossuaires appartiennent à une époque reculée du néolithique, où les brachycéphales auraient occupé ces régions en maîtres, ou s'ils datent d'un temps postérieur, où les dolichocéphales arrivant à la fois de France et d'Allemagne auraient refoulé déjà les tribus brachycéphales. Dans ce

dernier cas les grottes dont je parle seraient les sépultures de sauvages arriérés, vivant à Tétat d'enclave au milieu des nations aryennes (V. p. 236).

Frai pont et Tihon {Explorations scientifiques des cavernes de la vallée de la Méhaigne, Mém. couronnés de TAcad. de Belgique, série 8®, LIV), décrivent avec soin Tossuaire typique de l'abri sous roche de Sandron. Quinze crânes trouvés sont tous brachycéphales, à Texception de trois dont les indices déjà élevés sont de 76.0, 77.1, 79.1. Les trois crânes les plus brachycéphales ont 83.5, 83.9 et 87.5. En somme ce dernier seul peut 6tre réputé sans mélange de sang dolichocéphale, et la série indique un croisement déjà très avancé. L*indice nasal est mésorhinien, 48.8, la face relativement étroite. La taille était de 1™59 à 1™60. L'examen des phototypies permet de reconnaître chez un sujet des affinités avec Acrogonus, mais il est assez difficile de définir les autres, résultats de mélanges différents de ceux qui se rencontrent aujourd'hui. Le méplat caractéristique d'Alpinus çst certainement absent, mais celte indication négative ne nous renseigne pas sur l'origine exacte des éléments. Européens domine en tout cas dans l'ascendance des sujets des planches III et IV. Je ne vois pas de parenté nette avec contractus.

Des 33 crânes de la caverne d'Hastières, 17 ont des indices de 80 et au-dessus, l'un d'eux atteint 88.4, et parmi les dolichocéphales, le crâne le plus long n'a que 71.6. L'élément dolichocéphale est mieux représenté qu'à Sandron. A Furfooz, Trous-Rosette et du Frontal, on a trouvé trois crânes accusant les indices de 79.3, 81.4, 86.5. Â Sclaigneaux, trois crânes à 81.7, 86.3, 88.3. De ces ossuaires dans des grottes il faut rapprocher celui du puits sépulcral de Cumières (Meuse), qui a donné six crânes avec des indices compris entre 76.7 et 85.4, moitié au-dessous, moitié au-dessus de 80.

Cette population bracbycéphale fut en partie entraînée dans le mouvement des tribus venant d'Allemagne qui envahirent la Gaule à la fin de Tépoque des dolmens. Dans les dolmens du bassin parisien, et même du Centre, nous trouvons un certain nombre de bracbycépbales. Ces dolmens ont-ils été dressés par les nouveaux venus, à l'imitation de ceux de TOuest? Les restes humains qu'ils contiennent proviennent-ils seulement d'une appropriation de la sépulture aux nouveaux arrivants? C'est ce^qu'il est, d*une manière générale, difficile de préciser. En Bretagne on ne trouve jamais de cuivre ni de bracbycépbales dans les dolmens inviolés, mais la preuve n*est pas faite pour ceux du bassin de la Seine et du plateau central. Quant à ceux du Languedoc, ils sont^ en général, franchement énéolitbiques.

La Cave-aux-Fées de Brueil (Seineet-Oise) a fourni dix crânes échelonnés de 68.1 à 76.3, et six de 80.0 à 83.7, sans aucun intermédiaire. Il y a simple juxtaposition, qui autorise toutes les conjectures. A la Chapelle-sous-Crécy (Seine-et- Marne), 21 crânes, en série régulière, de 70 â88. C'est exactement l'inverse, les races sont fortement fusionnées. De même â la Croix-des-Cosaques, près Châlons-sur-Marne, mais il n'y a que quatre crânes au dessus de 80, et le plus bracbycéphale n'atteint que 81.4. A l'Etang-la- Ville (Seine-et-Oise), trois crânes, tous bracbycépbales, de 84.2 à 85.8. A Vauréal (Seine-et- Oise), juxtaposition, indices de 72.6 à 82.6, avec prédominance des types opposés, et peu d'intermédiaires. A Vigneux (Seineet-Oise), non plus dans un dolmen, mais dans des tombes en dalles, neuf crânes allant de 76.9 â 83.8, c'est-à-dire sans vrais dolichos et sans vrais brachycéphales. De ces séries il faut rapprocher celles des grottes artificielles du Petit- Morin (Marne), formant la collection de Baye. Les 44 crânes mesurés par Broca vont de 71.0 à 85.7.

Dans PArdèche, la Lozère, rAveyron, Télément brachycéphale entraîné reste peu nombreux. Les 23 crânes des dolmens de la Lozère mesurés par Broca constituent deux séries disjointes, Tune de 19 sujets allant de 69.7 à 78.7, l'autre de 80.6 à 89.8. Les brachycéphales de cette région sont presque toujours des femmes de type contractus, ou des Acrogomis \)\it^ ou mélangés. Les grottes de l'époque énéolilhique, comme Durfort, Bramabiau, Thoran, fournissent aussi des contractus, type inconnu dans toute la région cévenole pendant Tépoque néolithique. La race dominante est celle de Beaumes-Chaudes, mé« lange de spelœus et de nieridionalis. L'élément Eiiropwus vient en second lieu comme importance.

Après cette invasion venue de l'Est, la carte de l'indice céphalique de la France différait sensiblement de celle d'aujourd'hui. A l'époque néolithique, la dolichocéphalie était à peu près uniforme et universelle, les moyennes départementales, autant que l'on peut les reconstituer, variant de 72 à 73, tandis que la Belgique était occupée par une population au dessus de 80. Après l'invasion l'Ouest, le Centre, le Midi restent encore au dessous de 77, mais dans le bassin de la Seine et dans l'Est, les indices sont plus voisins de ceux d'aujourd'hui Ils sont en Seine-et-Marne 78.7 d'après 37 sujets, en Seine-et- Oise 76.97 d'après 101 sujets. Les indices actuels sont, en retranchant deux unités de celui du vivant, 81.9 et 79.4. Dans le Gard l'indice n'était que de 73.9 contre 81.1 aujourd'hui, dans l'Aveyron 74.4 contre 83. Par l'effet de refoulements ultérieurs et du jeu des sélections sociales la répartition des indices est devenue toute différente, le massif cévenol étant aujourd'hui la forteresse de la brachycéphalie intense, le nord de la France et la Belgique la région la moins brachycéphale. Ce changement accuse nettement le sens de la poussée aryenne.

Les tribus de France et de Suisse, que je regarde comme italiques, furent longtemps, deux mille ans peut-être, sans

f.r-ff^'

Fig. 19.

Fig. 20.

Fig. 18-20. — //. Europxus, — Grotte sépulcrale d'Avigny, à Moussoauxlès-Bray, Seine-et-Marne. Indice céphalique 74.8, indice facial (Broca) 71.8. Clichés de l'Ecole d'Anthropologie.

franchir les Alpes. Le nord de l'Italie était à cette époque au pouvoir de populations méditerranéennes, à peu près sans mélange. Cette région si brachycéphale aujourd'hui était donc

dolichocéphale. Le Cranta italica vetera de Zampa comple, sur 35 crânes aéolithiques ou (^néolithiques de la Haute-Italie,

^hf-i^

Fig. ïl-23. — Racedo Boaumes-GhauJes. — Caverne de l'Homine-SIort, & Saint-Pierre de Trlpiez. Lozère. Indice cèpbalique 71.S, indice facial (Broca) SS.S. Clichés de l'Ecole d'Anthropologie.

deux indices de 80 el quatre plus élevés. Les 8 crânes de Remedello près Chîese ont pour indices 68.3, 72.9, 7i.l, 75.2, 73.5, 80.7, 84.4, 88. C. On voit qu'un élément brachyeéphale

coexistait déjà avec le meridionalis. Zampa rattache ses crânes à deux groupes, dont les indices respectifs seraient 73.2 et 84.1.

Du côté de TEspagne, l'invasion fut plus précoce. Les crânes de la belle époque argarienne, antérieurs à 2300, sont en partie du type Europœus, mais la céramique et les instruments rappellent davantage Tégéen que Ténéolithique de Suisse.

Vers l'an 2000, probablement un peu avant, les tribus grécoillyriennes qui occupaient alors Test de la Suisse, l'Autriche, la Hongrie, l'iUyrie, commencèrent la conquête des deux rives de TAdriatique et lancèrent des flottes qui pendant plusieurs siècles portèrent la dévastation dans la Méditerranée orientale.

Une de ces nations, les Liburnes, dont les lapyges étaient une tribu, occupa les bords de l'Adriatique, et peut-être fautil lui rattacher certaines des tribus blondes de la Cyrénaïque, les Lebous proprement dits *. Nous savons que les Liburnes et

\ . Faidherbe a publié autrefois {Recherches anthropologiques sur les tombeaux mégalithiques de Rohnia^ BOne, 1866) le résultat des fouilles de i4 dolmens de Roknia. Dix-huit crânes ont donné une moyenne de 75, mais des trois indices les plus élevés de la série, un à 79, un à 80, sont féminins, ils paraissent appartenir à une autre race; un autre à. 8^ est de sexe douteux. Les os longs féminins accusent une taille de i.55, les masculins en indiquent une de i.74. Ces tailles avaient été calculées d*après les tableaux d*Orfila, dont usent les médecins légistes, mais qui ne valent rien. II faudrait reprendre le travail.

On n'a, je crois, publié aucune série depuis celle de Faidherbe, mais en revanche on a beaucoup pillé. Il est vraiment regrettable que les fouilles nombreuses faites dans les dolmens algériens, aujourd'hui détruits pour la plupart, n'aient pas été plus fructueuses pour l'anthropologie. Sur ce terrain si riche, quand les explorateurs sérieux viendront, il ne restera qu'à glaner dans les localités ravagées par les archéologues amateurs.

Les pièces de Roknia proviennent-elles des Maxyes, des Lebous, nous

les Illyrîens étaient blonds (p. 262). Les crânes de la nécropole deBulmir, ceux des nécropoles plus récentes de San, Glasinatz, sont en très grande majorité de type Européens, un quart seu-

Fig. 24. — H. spelœus Q typique. — Caverne de Sargel, Aveyron.

lement des individus accuse des traces de mélange. A Tépoque classique les Liburnes étaient déjà confinés sur la côte dalmate et dans le coin S. £. de l'Italie, où nous retrouvons des inscriptions illyriennes, mais on gardait encore le souvenir de leur extension dans l'Italie centrale et la Campanie. La région illyrienne est aujourd'hui le centre deB. Dinaricus, mais jus-

ne pouvons le savoir. Le type dominant est en tout cas Europxusy et d'autre part il est bien certain que les anciens indigènes blonds, Tamehousy ont reçu un renfort de tribus venues d'Europe vers le vingtième «iècle ou un peu avant. C'est à partir de ce moment qu'au terme géné^ rai Tamehous se substituent de nombreux noms de tribus.

qu*à l'époque halstattienne (Glasinatz) et même au Moyen- Age, l'élément Etiropœus est resté dominant.

Un autre groupe de nations a eu beaucoup plus de célébrité, c'est celui des Pélasges. Ces derniers furent les principaux représentants de la grande civilisation mycénienne, en Italie, en Sicile, dans les îles, la Grèce et TOrient. Les deux tribus les plus

Fig. 25. — n, Europœus néolithique. — Grotte de la Bastide, Aveyron.

célèbres sont les Sicules et les Tursènes ou Etrusques. Dès le XVIII*' siècle, peut-être avant, les Pélasges occupent la plus grande partie de l'Italie et sont déjà installés sur les cdtes de la Méditerranée orientale, qu'ils parcourent dans tous les sens comme marchands et pirates. Ils se superposent ainsi aux peuples encore mal définis de civilisation égéenne, et la brillante civilisation mycénienne est le résultat de ce mélange.

En Asie la civilisation des llilliles, encore si mal connue, paraît le prolongenaent de celle des Egéens, avec une superposition légère d'éléments occidentaux et un fonds de population brachycéphale, semblable aux Arméniens d'aujourd'iïui, connu par les peintures et les sculptures égyptiennes.

Le premier ban des Grecs proprement dits, les Achéens, paraît avoir rapidement suivi les Pélasges. Descendus de l'Adriatique dans la Méditerranée orientale, on les trouve vers le xiv« siècle couvrant les cAles et les îles de leurs établissements. Ils se hasardèrent jusque dans la Mer Noire, où ils fondèrent une colonie entre la côte et le Caucase, à côté de celles des Ibères et des Ligures.

Toute l'époque comprise entre le xx^ siècle et l'apogée de la marine phénicienne est marquée par un mouvement int'^nse de colonisation d'Occident en Orient, à laquelle prennent part même les peuples de la Méditerranée occidentale, dans la seconde partie de cette époque. M. Reinach voit dans les Argariens le peuple d'Alybe qui envoya des secours à Priam.

La péninsule balkanique et TAsie-Mineure étaient alors à peine peuplées par des tribus thraco-iraniennes et des populations brachycéphales très primitives. Ces peuples moins civilisés, malgré le voisinage relatif de la Syrie et la présence sur leurs côtes d'établissements égéens, ne prennent une part active au mouvement social qu'après l'arrivée des Pélasges et des Grecs. A partir du moment où la civilisation assyrienne et phénicienne conquit la suprématie en Asie-Mineure, un mouvement de reflux ramena en Italie, dans l'Adriatique et dans le bassin occidental de la Méditerranée, une partie de ces émigranls. Le retour des compagnons d'Enée, celui des Etrusques sont deux épisodes célèbres de ce reflux.

Pendant la même époque, diverses migrations d'Orient en Occident furent faites par des peuples purement orientaux. Je

crois qu'il y a du vrai dans la singulière histoire des colonies perses et arméniennes de Mauritanie, du vrai aussi dans la migration et rétablissement en Tunisie de réfugiés palestiniens, vers le xiv® siècle, qui paraît 1res probable, des Hénèles de Paphlagonie en lllyrie et des Colques à Pola.

Les monuments égyptiens nous renseignent sur le mouvement des peuples occidentaux vers l'Orient, et non seulement les peintures et les hiéroglyphe?, mais les archives cunéiformes de Tel-el-Amarna, qui nous fout connaître la présence des Lukki (Ligures?) et des Sardanes en Orient à une époque antérieure aux campagnes d'Egypte.

Les archives de Tel-el-Amarna s ):it des tablettes d'argile, analogues à celles de la Babylonie, écrites en caractères cunéiformes el d'ordinaire en babylonien, langue diplomatique du temps. Ces tablettes constituaient les pièces de chancellerie de la résidence d'Aménophis IV et se rapportent à son règne et à celui de son prédécesseur AmJnophis IIL On a publié jusqu'ici près de trois cents messages de souverains babyloniens, assyriens, syriens, des rapports d'envoyés, des lettres de princes vassaux, de villes sujettes, etc. Les dates sont de la seconde moitié du xv* siècle, c'est-à-dire de l'époque mycénienne. Je cite l'édition Winckler, qui forme le t. V de la Keilinschriftliche Bibliothek.

28. — Aménophis s'est plaint au roi d'Alasia (Chypre) que ses sujets s'associent aux Lukkis dans les entreprises de ces derniers sur le littoral égyptien. Le roi de Chypre répond : « Amiii sa mâtu Luukki saatta satama ina maliia alu Zihra eligi. Les gens du pays de Lukki chaque année font des rava* ges sur le territoire de la ville de Chypre. »

64. — Rib-Addi, roideGebal (Byblos) se plaint d'être réduit aux extrémités par Abd-Asrat, roi des Amourrous, elles Habiris

(Hébreux). Le général égyptien qui représente Aménophis en Palestine ne bouge pas, « amelu Sutisu u amelu Siirdanii laa nidi.,. ses mercenaires Scythes (?) et Sirdana ne savent pas (ce qu'ils ont à faire?) »

77. — Du même, a Ussiir Bihura amili mâtu Suti daku amili Siirdani, Bihura a envoyé des hommes du pays des Scythes attaquer les Sirdani. »

100. — Du même, à propos du même fait : « Pahnraapaas ibsa raba ana iasi, Ussiir amili mâtu Suti u daku amili Siirdani. Bihura a commis un grand attentat contre moi. Il a envoyé des hommes du pays des Scythes attaquer les Sirdani. »

151. — Abimilki, roi de Tyr, envoie un rapport sur les affaires du pays de Kinaahna (Ghanaan). « Sar mâtu Danuna jnîtf le roi du pays Danouna est mort. »

Ces textes nous montrent que dès cette époque les Pharaons avaient à leur service des mercenaires Sardanes opérant autour de Gebal, que les Lukkis faisaient de la piraterie, et qu'il y avait en Chanaan des Danounas. Touthmosis III avait déjà reçu antérieurement les tributs de « Danaounas des iles ». Son représentant dans leur pays s'appelait Toutii. Quant aux Lukkis, les annales assyriennes les signalent au N. de Palmyre, mais à une époque postérieure.

Ramsès II énumère aussi des Shardanas parmi ses troupes mercenaire?, au même titre que les Lebous et 1rs Mashouashas (vers 1400). Dans une de ses expéditions il employait 620 Shardanas, 1600 Kahaks, 70 Mashouashas (Chabas, Voyage cTun Egyptien y 51-72). Maspcro (U, 391) figure ces Sardanes.

C'est un peu plus tard, vers 1320, que se place la première grande campagne contre l'Egypte. Elle est connue en détail par nombre de monumenlF. Le roi des Lebous, Mar-

maiou, fils de Déid, rassembla dans son pays une forte armée composée d'Africains, Lebous, Mashouashas, Kahaks, d'auxiliaires venus d'au delà de la mer, Akhaiascbas, Shardanas, Shakalaschas, et de Lekous. L'armée entra en Egypte par la Cyrénaïque et fut écrasée par Menepbtah I à la bataille de Paarisheps, le 3 epipbi. Les Egyptiens tuèrent six généraux, 6339 Lebous, 222 Shakasiascbas, 542 Tourshas, etc. On fit 9376 prisonniers. Le butin énuméré comprend 9111 couteaux en bronze, 1308 bœufs, 3171 vases divers, etc. Le récit de la campagne est consigné à Karnak, entre le 4® et le 6'' pylône. Chabas a donné la traduction entière de cette très importante inscription {Recherches pour servirai* histoire de la XIX^ dynastie^ Paris, Maisonneuve, 1873, p. 84-92). Menepbtah parait avoir eu lui aussi des auxiliaires Shardanas dans son armée. Il n'y eut pas de combat naval, Tentreprise fut entièrement limitée à la frontière occidentale du Delta.

Menepbtah insiste à plusieurs reprises sur l'ancienneté de ces invasions dont il croyait avoir purgé l'Egypte. « 8. Cet endroit était infesté dès le temps des ancêtres. Tous les rois de la Haute-Egypte s'étaient reposés dans leurs monuments. 9. Quant aux rois de la Basse-Egypte ils étaient restés au milieu de leurs villes... 20... Ils ont ravagé le pays de Taahu, en exacte analogie de ce qui s'est passé dès les rois appartenant à d'autres temps, aux époques inconnues... 21 qui furent autrefois... 39... Ils massacrèrent tous ceux qu'ils atteignirent. On n'avait pas vu cela au temps des rois de la Basse-Egypte... 4U. A l'époque des rois de la Haute-Egypte on n'avait pas pu les repousser alors... • »

La confiance de Menepbtah fut trompée. C'est un quart de siècle plus tard que les Libyens furent mis à la raison par Ramsès 111. La guerre fut plus dangereuse pour l'Egypte, attaquée à la fois par la Cyrénaïque, par la Palestine et par une flotte

de débarquement. Ramsès eut le bonheur de battre les trois corps d'invasion, dont l'attaque ne fut pas simultanée.

La campagne de l'ouest fut dirigée par les Lebous, les Sabatas, les Kaikashas, les Shaïs, les Hasas, les Bakanas, les Mashouashas, identifiés par Brugscli avec les tribus connues à l'époque classique sous les noms de Libyens, Asbytae, Ausœi, BaculeSy Maxyû

La campagne de Test, commandée par les Pelestas, fut faite comme auxiliaires par les Tekaris et les Danaounas. L'armée devait être formidable et partir de TAsie-Mineure, car dlle écrasa au passage la puissance des Khétas, prit ses capitales Kati et Karkamascha (sur PEuphrate), Arad, et se concentra au centre de la Palestine, chez les Amourrous, avant de venir se faire écraser par Ramsès.

La flotte de débarquement comprenait « les Danaounas venus de leurs îles..., les Sbardanas et les Ouashabas de la mer.... » L'attribution de ces noms a donné lieu à bien des controverses. Il est toujours délicat de discuter sur des analogies de noms, quand il ne s'agit pas d'une campagne que l'on puisse suivre pas à pas. Ici il s'agit de gens venus de tous les points de rhorizon. Un des roitelets chananéens dont on a retrouvé les lettres à Tel-el-Amarna s'appelle Lapaja. L'assourdissement graduel de la voyelle médiane donne facilement Lapoje, puis Lapouge. Il serait peut-être imprudent d'en conclure que ce livre est l'œuvre du principicule contemporain d'Aménophis III.

On assimile en général les Tourshas aux Tursanes ou Etrusques, les Shakalaschas aux Sicules, les Ouashabas aux Osques» les Danaounas aux Dauniens, lesShardanas aux Sardanes delà Sardaigne (Sardinia), les Lekous aux Ligures, les Pelestas aux Philistins, les Akhaioushas aux Achéens, etc. Cependant Chabas regarde les Pelestas comme identiques aux Pélasges, Mas-

280 L'ARYKN

pero assimile les Lekous aux Lycieus^ les Sbakalashas aux gens de Sagalassos, les Shardaaas à ceux de Sardes, et conteste rassimilation des Ouashashas aux Osques. D'autre part nous savons qu'il y avait des Danounas en Palestine au temps d'Abimilki, et les Grecs nous ont parlé de Tyrsènes et de Sicules de Tarchipel égéeu.

Je crois qu'au fond tout le monde a raison. 11 est possible que les floltes des Sardanes ne venaient pas de Sardaigne, celles des Ouashashas de Tltalie, celles des Sbakalashas de Sicile, mais toutes des îles et des côtes voisines de l'Egypte. On ne trouve pas, en effet, d'objets égyptiens de cette date en Sardaigne et en Sicile, et les costumes, l'armement des envahisseurs sont en progrès sur ce que Tarchéologie nous fait connaître des îles occidentales. Il est non moins probable que les gens de Sardes, ceux de la Sardaigne et les Sordones du Roussillon étaient des tribus d'un même peuple, que les Akhaiousbas étaient installés à la fois en Crète et à Mycènes, que les Danaounas des lies, les Danounas de Palestine, les Dauniens d^ Calabre et les Aavaoïdes Grecs étaient un seul peuple, que les Pelestas, les Philistins et les Pélasges étaient les uns des fractions et les autres l'ensemble d'une même nation. Toutes ces nations n'avaient qu'une patrie, la mer, et semaient leurs essaims sur toutes les côtes, comme firent plus tard les Normands et les Saxons.

De tous ces peuples lesquels étaient Aryens, quels autres aryauisés par conquête, quels autres de race toute différente, et chassés au contraire par l'invasion aryenne?

Une choseparaît bien certaine, la migration de peuples aryens vers l'Italie, les lies, l'Orient, au commencement de Tépoque mycénienne. L'archéologie nous permet de suivre le courant. Les tombes de New-Grange en Irlande, de Collorgues dans le Gard, du Castelet dans les Bouches-du-Rhône, les grottes sépulcrales

de la Marae sont le prototype des tombes à coupole de la Sicile, et celles-ci précèdent les coupoles grandioses de Mycènes et d'Orchomùae. Le poignard des Shardanas est celui de la fia de Page du cuivre dans les Çévennes et en Suisse, leur casque singulier est d'origine occidentale. Les fortifications de Murviei près Béziers, les camps retranchés des Basses- Alpes sont le prototype des constructions cyclopéennes d'Italie, de Sicile, de Grèce et d'Orient, Il n'y a pas eu de simples communications' de peuple à peuple, mais bien des migrations, car los objets et les usages de l'époque mycénienne n'ont pas réagi sur l'Occident. On n'a pas encore trouvé d'objets d'importation orien taie antérieurs à l'époque du fer, soit dans l'Europe centrale, soit même en Sicile et en Sardaigne. Les haches de bronze à ailerons^, à douille, inventions de l'Europe centrale et occidentale, postérieures à la migration, n'ont jamais pénétré en Grèce et en Orient, où les émigrants, venus avec la simple hache plate, ont adopté la pilakki assyrienne ou la hache égyptienne, emmanchées comme les nôtres.

De nnème au point de vue religieux. La prétendue figure de chouette de la Marne, de Collorgues,de Troie, est peut-être le bandeau à pendant au milieu des yeux trouvé en Espagne à l'Argar, en France à Castelnau. Ce symbole religieux est très répandu à l'époque mycénienne dans tout le bassin oriental de la Méditerranée, ainsi que le svastika, mais les symboles religieux ultérieurement créés en Orient ne sont pas passés en Occident. De môme pour la crémation. Cet usage funéraire, que l'on faisait, avec une légèreté singulière, apporter d'Asie, est né dans l'Europe centrale à la fin de la pierre polie, s'est répandu dans une aire limitée pendant l'époque du bronze, mais n'a pénétré dans le bassin égéen qu'à l'époque classique, et pour peu de temps. Aucun peuple asiatique, afri cain ou de l'Europe orientale ne brûlait ses morts avant et pen -

dant Tépoque où la crémation florissait chez nous*. L'usage de la crémation a commencé en Asie par l'Inde, vers le v® siècle avant notre ère, et d'une manière indépendante, car ni les Iraniens ni les Indous védiques ne pratiquaient la crémation. Celte vérité archéologique est encore méconnue de tant de gens qu'il importe de la rappeler à chaque occasion. Les migrateurs prémycéniens ne connaissaient pas cet usage, pas plus que les haches occidentales et les fibules, et cela date l'époque de leur séparation définitive.

i. Le tombeau de Menés à Négadah et ceux de plusieurs autres souverains des premières dynasties portaient les traces d'un violent incendie qui avait détruit les parties en bois, les offrandes et le corps. Comme les tombeaux particuliers de la môme époque ne montrent aucune trace de crémation, on pense qu'il ne s'agit pas d'un rite, mais d'une précaution prise contre l'avidité des spoliateurs. Amélineau attribue d'ailleurs cet incendie aux moines d'un couvent voisin, qui ont laissé des graffiti en copte sur les murs.

Certains souverains de l'Assyrie et de la Chaldée ont voulu ôlre brûlés dans leurs palais, avec toutes leurs richesses. On a trouvé aussi, dans la nécropole de Mughéir et ailleurs, des tombes où le corps et les objets qui l'accompagnaicLt portaient les traces du fou. Dans ces derniers cas il n'est pas probable qu'il s'agisse de fidèles d'un culte dissident. La raison de la crémation est peut-être une précaution d'hygiène, prise en temps d'épidémie. Le mode rituel des funérailles comportait l'inhumation, même après crémation, et on ne se servait pas d'urnes.

On peut donc dire que chez les nations du Nil et de l'Euphrate la crémation n'a jamais été qu'une mesure individuelle, prise dans des cas très exceptionnels, et sans caractère religieux. La crémation, chez les peuples d'Europe, était au contraire un rite religieux. Tandis que les Orientaux cherchaient par tous les moyens, et surtout par l'embaumement, à défendre le corps contre la destruction, les Occidentaux regardaient sa destruction comme indispensable pour rendre à l'àmc son entière indépendance. C'est pourquoi les corps étaient entièrement incinérés, tandis que les Chaldéens, dans le cas de crémation, se contentaient de détruire les chairs, laissant les os à peu près intacts et encore rattachés par les restes des parties molles. On inhumait ensuite le squelette décharné par le feu.

Nous devons donc regarder les peuples de la mer comme déjà complètement séparés de leurs frères et homonymes occidentaux. C'est ce qui explique Tabsence totale d'objets égyptiens anciens en Sicile, en Sardaigne, malgré l'analogie du casque singulier des Sardanes avec celui des anciens Sardes, et une infinité de traits communs.

On comprend combien la race de ces peuples de la mer, intercalés au milieu des races les plus diverses, devait être mêlée. Les unions régulières, celles des vainqueurs avec les prisonnières, et la victoire favorisant tour à tour les hardis migrateurs et les peuples indigènes^ l'esclavage et ses conséquences, devaient promptement altérer les types. Je doute fort qu'à l'origine les migrateurs aient constitué une race pure* Ils ont ramassé ensuite des éléments méditerranéens avant de se jeter sur l'Orient. En Orient ils ont trouvé une véritable Babel de langues et de races. Aussi les figures des temples égyptiens et des palais des xix® et xx® dynasties nous montrentelles une grande variété de types parmi les ennemis de Menephtah et de Ramsès.

Le type des Lebous est presque toujours EuropâBus^ celui des Pelestas Test déjà moins, il rappelle exactement le type grec classique. Nous trouvons des Shardanas à faciès nettement chananéen, avec des têtes de Juifs de comédie. Le pays de Chanaan était déjà rempli de ces peuples bâtards, à barbe souvent rousse et profil arménien, qui ont donné naissance aux Phéniciens et aux Juifs. De ces éléments les uns étaient anciens, les Amourrous par exemple, les autres sont arrivés entre le XX® et le xvi® siècle *.

1. L'Histoire de Maspero, mine précieuse de renseignements souvent en désordre et dépourvus d'index, est illustrée de figures faites avec soin. Je signalerai, dans le t. II, les portraits ethniques suivants : Amour-

Les pièces osseuses sont rares à l'époque du bronze. Dans l'Europe centrale, en France, en Italie, la cause en est l'incinération. En Orient où l'incinération n'était pas en usage, le défaut de documents me parait dû à la mauvaise éducatiou scientiGque des chercheurs. Schliemann nous a conservé quelques crânes. Deux crânes de guerriers et un crâne de jeune fille, décrits et figurés dans Vlliosàe Schliemann, p. 645-653, sont nettement Eiiropxns, avec les indices 73.8, 68.6, 71.3. Ils étaient accompagnés d'un crâne de femme dont l'indice est 82.3, et le type très différent, rappelant celui de Furfooz. Ces pièces sont de laseconde ville brûlée, tout à fait du premier âge du bronze, et leur date est antérieure à l'an 2000. Virchow les •rapporte aux tribus thraco-iraniennes. Peut-être a-t-il tort pour les guerriers, que leur armement ne permet guère de regarder comme contemporains de la seconde ville. Il est possible que le gisement ait été mal relevé, que les squelettes soient de date postérieure et représentent soit des Iliounas, soit des Pelestas de l'époque mycénienne.

Mycènes était probablement la capitale des Danaounas, et plus tard seulement celle des Akhaioushas. La description de ses restes nous donne une haute idée de la civilisatk)n acbéenne (V. Perrot et Chipiez, Histoire de ta?*i dans Cantiquité, VI). On a trouvé à Mycènes un scarabée au nom de la reine Tii, femme d'Araénophis III, deux fragments de poterie égyptienne au nom d'Aménophis. Mycènes était tributaire de l'Egypte, et déjà les Danaounas reconnaissaient la suzeraineté des Pharaons du temps de Thoutmosis lil. La paroi CD du tombeau

TOUS, U7, Lebous 431, Libyen noir 46Î, Poulasati 462, 463, 699, 70!, chef Shagalasha 465, un Zakkala très Europœus 698, le prince Khati de type bracbycéphale 474, des Syriens du nord, type brachycéphale arménien, 146, des Hittites du môme type 353. V. aussi Crania ethnica, p. 15!.

de Rekhmara montre des Grecs présentant des offrandes d'un type mycénien ancien. L'hymne de ïhoulmosis III dit : a Les îles des peuples danaens sont au pouvoir d^ la volonté ». Les princes dont Schliemann a retrouvé les tombes étaient donc des vassaux de l'Egypte. Le type est bien Europasus, mais métissé. Le crâne de la 6* tombe de Mycènes a un indice cépbalique de 80.7 (.V. Sélections sociales, 412).

Trois crânes de Spata et Nauplie ont également des indices assez élevés : 79.4,79.3, 80.9. Les immigrants avaient évidemment rencontré en Grèce des autochtones bracbycéphales avec lesquels ils s'étaient croisés, peut-être par force, s'ils n'avaient pas amené de femmes de leur race. Dans les îles, l'élément dolichocéphale est plus pur. Sergi donne pour 4 crânes Cretois de l'époque mycénienne une moyenne de 75.3.

Les Italiques. — Les peuples du groupe ethnique italique ne paraissent pas avoir opéré leur mouvement vers l'Italie avantque ceux du groupe illyro-grec aient trouvé une issue vers rOrient. Les Sicules, en admettant leur identité avec les Shakhalaschas, paraissent avoir appartenu plutôt au groupe pélasgique ou aux Ligures qu'aux Italiques proprement dits. Quant aux Osques, la mention des Ouashasbas peut se rapporter à eux, mais il ne serait pas prudent de Taffirmer. Je remarque parmi les peuples de Palestine des Shashous, d'ailleurs blonde aux yeux bleus. Ouashasha peut être simplement un composé de Shashou. En sens inverse on pourrait dire que Shasbou est une forme incomplète, ce qui laisserait subsister l'identificatioD avec les Osques. Il n'est pas davantage certain que les Lekous soient un rameau des Ligures, et encore moins que les Lukkis, les Lyciens et les Lekous soient un même peuple.

Ce qui est certain jusqu'ici, c'est que nul fragment de langage italique ne nous est connu de l'époque antérieure à This

toire classique. On commence à déchiffrer les ioscrîplions mycéniennes, et celles qui so laissent traduire donnent du grec (Voyez Kluge, Die SchrifC des Mi/kenier, Cothen, Schuize, 1B97). Quant au hittite, pour les uns c'est aussi du grec, pour les autres de l'arménien. Il est possible qu'il s'agisse d'une langue hybride. On est encore au travail sur les documents mitanis, sur ceux de Tel-el-(lezy et autres provenances, mais ces textes ne se rattachent ni au grec ni au groupe italique. Donc rien à faire de ce côté, jusqu'à nouvel ordre.

Nous devons nous contenter, pour l'étude des raigralions italiques, des données archéologiques et historiques. Ces dernières sonl plutôt insuffisantes, et de date très postérieure aux événements. Les premières sonl ambiguës, car les civilisations di?s Italiques et des illyro-firecs élaient à peu près idenliques, et la transformation mycénienne subie par la seconde de ces civilisations s'est produite en Orient, après un temps assez long. L'archéologie nous montre en Italie, après l'époque de la pierre pure et celle où le cuivre et le bronze sont employés comme métaux précieux, à l'égal de l'or, une période du cuivre, où ce métal est industriellement produit et utilisé. Cette époque, correspondant au Cébcnnien de France et de Suisse, est caractérisée par la hache plate et les petits poignards de cuivre, copiés sur les modèles de pierre. En Egypte et en Chaldée, ces formes passent déjà vers 4000 à des formes perfectionnées locales. En Europe elles paraissent avoir duré plus lohgtemps, peut-être jusque vers 3000. Cette époque (iOOO- """"^ "Si représentée par les palaffiLes et les terramares de cienne. Puis vient une époque (3000-2000) où !a hache, ; plate, se fait en bronze ainsi que les poignards. De 1700, haches à bords saillants, premières épées, résuldéveloppement des poignards. Dans le nord, celle époeucore représenlée surtout dans les palafQtes et terra-

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mares. Le mode unique de sépulture est Tinhumation. L'Italie du nord, qui copie fidèlement l'industrie de TEurope centrale, est en retard au point de vue des rites funéraires.

L'incinération n'apparaît qu'avec les haches de bronze à ailerons, les couteaux à deux tranchants et la fibule rudimentaire en archet, vers 1700. Le tout parait avoir ^été apporté de l'Europe centrale par une migration. Ce n'est pas celle des Pélasges et des lUyriens, qui pratiquaient l'inhumation. Vers 1200 le développement des formes aboutit à la hache à douille, aux fibules serpenliformes et à disque (Bismantova, Fontanello). Vers 1100 le fer commence à s'introduire, mais est encore rare, c'est le commencement de la période étrusque. L'inhumation reprend le dessus, sous l'influence orientale des Etrusques.

En Sicile, l'époque énéolithique a beaucoup d'analogie avec celle de Troie, de la Crète et de l'Argar. L'époque du bronze est caractérisée par une industrie très analogue à celle du mycénien. La première est attribuée aux Sicanes, la seconde aux Sicules. L'inhumation a été constamment pratiquée, les tombes de l'époque énéolithique ont fourni de riches mobiliers funéraires, et leur coi^struction en fait les prototypes des tombes à coupole mycéniennes.

Les récits des historiens anciens ont été fort maltraités par les critiques modernes, mais ils sont en général d'accord avec les découvertes archéologiques. Il ne faut pas oublier que l'écriture étrusque était déjà en usage au ix® siècle^ on trouve une inscription sur un vase de cette époque de la tombe Regulini Galassi. Nous n'avons pas encore la preuve qu'on se soit antérieurement servi de l'alphabet égéen, mais il est peu probable que les anciens habitants de l'Italie n'aient pas eu d'écriture.

Les historiens nous montrent d'abord des Ligures au nord

et des Sicanes dans le sud de l'Ilalie^ puis des tribus ligures, les Sicules, refoulant les Sicanes vers le sud, ces derniers de race ibLTique. Puis les Osques s'intercalent dans l'Italie centrale entre les Ligures et les Sicules. Les Ombriens seraient aussi de date ancienne. L'immigration des Pélasges aurait eu lieu dix-sept générations avant la guerre de Troie, vers 1800. Ces Pélasges auraient été finalement absorbés par les Ombriens et les Osques, qu'ils avaient soumis. Ils se seraient fondus avec eux et avec les Sicules. De nombreuses tribus liburnes, venues vers le même temps, auraient eu^ pour la plupart, le même sort. Puis viennent, vers le xii* siècle, des mouvements divers. La fondation d'Ameria par les Ombriens daterait de 1133. Le \\Temier sœculum étrusque commence en 1050. C'est probablement l'époque de la fondation effective de leur domination en Toscane, Le refoulement des Sicules, établis dans le Latium, par les tribus osques, se placerait trois générations avant la guerre de Troie, soit vers 1280. La fondation d'Albe serait de cent ans postérieure. Ces divers peuples auraient remplacé ou absorbé diverses nations pélasgiques, les Etrusques seraient des Pélasges revenus en Italie, après un séjour en Orient d'où Hs auraient été expulsés par les Grecs.

Les documents linguistiques font défaut en ce qui concerne les Ligures et les Sicanes. Ils abondent pour l'Etrusque, mais nous n'en sommes pas plus avancés. Ombriens, Osques, Latins étaient au contraire tous peuples de langue et de coutumes italiques.

* Faut-il voir dans les Ombriens les introducteurs des haches à ailerons, des épées, des fibules, de l'incinération? Les don* nées archéologiques s'accorderaient avec cette hypothèse. La crémation a été pratiquée surtout dans la région ombrienne, et l'invasion venait, croit-on, de la Haute-Autriche, de la Suisse, régions où la crémation était plus ancienne. C'est peut-être

celte invasion qui aurait refoulé dans le nord et le centre de l'Italie de nombreux brachycéphales. Il est resté, en tout cas, des Ombriens au delà des mo nts, si les Ambrones et les Umbrani doivent être rattachés à ce groupe ethnique. Les anciens, en qualifiant les Ombriens de i;^/en/m Gallorum propago, faisaient allusion à cette origiae.

Les Osques et les Latins leurs frères sont probablement arrivés par mer. Le formidable système de forts d'arrêt étudié par Castanier dans le t. I de son Histoire de la Provence dans l'Antiquité (Paris, Marpon, 1893), nous montre le passage par le Var et les Alpes-Maritimes presque infranchissable de vive force. Je ne sais si ces forteresses, dont la plupart datent de l'époque énéolithique et de celle des haches de cuivre, étaient aux mains d'amis ou d'ennemis, mais au second eas l'entrée de l'Italie était difficile.

Je crois que les Osques et les Latins habitaient la Gaule & l'époque énéolithique, et que le passage s'est fait par mer vers le XV* siècle, les ports de départ étant l'embouchure du Rhâne vers Arles et celle du Lez à Castelnau.

J'ai montré dans un récent mémoire {Les langues de la Gaule avant les Gaulois, Bull. hist. et philoL, 1898, 328-349, et tirage à part) que l'idiome indigène de la région nlmoise avant la conquête gauloise était un dialecte osque très rapproché du latin. Diverses découvertes ont montré que la couche ethnique pré-gauloise, sur divers autres points de notre territoire, parlait aussi des dialectes italiques. La singulière inscription de Rom (Deux-Sèvres) nous a fourni un assez long document dont les affinités avec le latin sont visibles, et qui cependant ne peut être un latin provincial ou corrompu, 11 faut donc admettre aujourd'hui, ce que je n'aurais pas fait volontiers autrefois^ l'antique latinité de notre pays.

Les documents ostéologiques sont assez abondants, malgré

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l'usage de la crémation pendant une longue période. Le Cranta italica vetera de Zampa, les travaux de Sergi sont les principales sources à consulter. Il Taut regretter que les pièces recueillies soient en général postérieures à l'an 1000, et de l'époque du fer, que par suite elles vaillent seulement par induction pour la détermination des types de l'époque du bronze.

Des Ligures, lous n'avons aucun crâne authentique. Il semble que le nom de Ligures ait été porté par un grand ensemble de tribus» à une époque reculée. Aux temps historiques on ne connait plus de Ligures qu'en Ligurie. Aussi les hypothèses ne font point faute sur le type de ce peuple énigmatique. Pour les uns, le type ligure était brachycépbale, car la région alpine est fortement brachycépbale. Rien ne prouve qu'il en ait été ainsi autrefois, et les crânes anciens de Ligurie étaient presque tous dolichocéphales, comme l'a fait voir Issel. Aujourd'hui on remarque la brachycéphalic moindre de la Ligurie propre, 82 contre 86 dans la montagne, et on tend à regarder les anciens Ligures comme de type méditerranéen. Aryens de langue, peut-être, ils auraient appartenu par le sang h. la race meridionalisy comme les Sicanes. En tout cas ils ne pouvaient avoir le type EuropœuSy les anciens étant unanimes à les représenter comme un peuple petit, sec, résistant, et d'ailleurs réfractaire à la civilisation.

Dans cette dernière hypothèse, on attribue aux Ligures les crânes des palaffites et terramares de la fin de la pierre polie et du commencement de l'époque du bronze. Cette attribution est plutôt incertaine. Les séries de cette époque donnent en moyenne 15 Vo ^^ crânes au-dessus de 80, le reste partie de type EuropœuSj partie de type ineridiojialis, partie de métis divers.

On a envoyé 14 crânes des anciennes nécropoles sicanes et sicules au Prcf. Sergi. On y trouve des sujets de type méditer-

ranéen. de type Europaens, des métis divers dont un brachycéphale à 81.8, et un Acrogonus caractérisé, forme sphénoïdes obliquus de Sero;i, iud. 87. Tout cela indique un mélange bien profond (Sergi, Crani siculi neolitici, Boll. di Palethnologia ilaliana, 189^, XVII; Crani antichi di Sicilia e Creta, Atli della Soc. rom. di Anlropologia, 4895, II).

Nous ne connaissons pas de crânes ombriens authentiques, mais Zampa mentionne 8 crânes marses préromains, indice moyen 73.1, et 4 crânes du Picenum, P*" âge du fer, 75.5, 3 crânes plus anciens du Val di Vibrata 77, 4 de Volsques préromains 77. Tous ces peuples appartenaient à la fraction sabelliquo des Ombriens. Les deux éléments principaux que je reconnais sur les photolypies publiées par Sergi et autres de la plupart do ces crânes sont Europmiis et cojitractus à l'état de combinaison plus ou moins parfaite. Il semble que l'élément conlractus ait joué un rôle considi'rablo dans Tethnogénie des italiques en général et des Ombriens en particulier.

Les nécropoles étrusques ont fourni un grand nombre de crànos. Sergi résume ainsi les mensurations {The Arijans and ihe ancient Italians, The Monist, 1898, VIII, 161-182). Les sépultures de TEtrurie propre ont fourni 14 crânes au-dessus de 80 sur 54 publiés, celles de Bologne 8 sur 2G. Les types sont très mélangés. Le plus nombreux, et celui qui représente la classe la plus élevée, est nettement Europaeus. Les crânes brachycéphales se rattachent partie à coniractus, partie à des dérivé.s à' Acrogonus, La population étrusque était trùs complexe : éléments indigènes soumis, éléments brachycéphales en partie descendus de Rhétie, éléments pélasgiques revenus d'Orient.

Sergi a décrit aussi 29 crânes latins anciens, les plus récents contemporains de la fondation de Rome. Deux seulement se rattachent aux dérivés à' Acrogonus. Les deux grandes séries

de Novilara près Pesaro et d'Alfidena dans le Samnium, hautes époques historiques, n'ont pas fourni un seul cr&ne qui se rattache à Acrogonus. Les seuls éléments %oïïi Europxm ^i meridionalis, avec des traces de contractas dans les croisements. La première comprend 45 crftnes, la seconde 30. Il semble donc que les éléments brachycéphales aient accompagné plutôt certains groupes.

Avec ces séries anciennes d'Italie, nous arrivons à la période franchement historique, pour laquelle il existe des documents abondants et connus de tous.

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