CHAPITRE V
La perfection, de même que la charité, embrasse l'amour de Dieu comme terme premier et final , et l'amour du prochain comme objet subordonné et secondaire. — Les deux degrés de la charité : le précepte et le conseil. — La perfection exige l'observation des préceptes graves et exclut le péché mortel. — Elle est incompatible avec l'habitude systématique et préméditée du péché véniel. — Les conseils font partie de la perfection comme moyens. — Danger de s'en tenir au strict suffisant et difficulté de distinguer l'imperfection du péché. — La perfection de ce monde ne va pas jusqu'à aimer Dieu sans défaillance. — Erreurs des faux mystiques à ce sujet. — Notion définitive de la perfection.
I. — Nous venons de reconnaître le champ de la perfection; nous devons maintenant en mesurer l'étendue. -^1^'-^*^^
La charité, avons-nous dit, forme la substance de la perfection; mais la charité, dans sa notion générale, embrasse l'amour de Dieu et du prochain, et jusqu'à présent nous n'avons parlé que de l'amour de Dieu. L'amour du prochain entre-t-il dans l'essence de la pei^fection chrétienne?
La charité envers le prochain touche h la perfection pour la même raison et dans la même mesure qu'elle tient à la chaiité envers Dieu. La vertu de charité, dit saint Thomas',
1 Sum. 2.2, q. 25, a. 1 : Manifestum est quod idem specie actus est que diligitur Deus et quo diligitur proximus, et propter hoc habitus chantatis non solum se extendit ad dilectionem Dei. sed etiam ad dilectionem proximi.
n'a pas seulement, Dinii pour objpf , mnis pnrorp 1p proi^^^nip, et c'est par un même acte que l'on nime Dinn et In prochain. La perfection, qui n'est au fond que la charitC-Cû exercice, requiert l'amour du prochain dans la mesure où la charité le requiert elle-même, et celle mesure, selon saint Thomas', exclut du moins tout sentiment contraire à l'amour du prochain; d'où Suarcz^ conclut que cet amour fait partie de la perfection chrétienne.
Mais l'un^ et l'autre* docteur observent que ces deux éléments de la charité ne doivent pas être mis sur le même plan, et qu'ils gardent par rapport à la perfection l'ordre et la hiérarchie qu'ils ont dans la charité. L'objet principal et essentiel est Dieu, et le prochain n'est que l'objet secondaire. Pareillement, l'amour de Dieu forme le terme pre-j mier et final de la perfection , et l'amour du prochain so objet surbordonné et accidentel.
II. — La charité, soit envers Dieu, soit envers le prochain, comprend deux degrés : le précepte et le con.^(;^ij. « Si quelqu'un m'aime, dil Notre-Seigneur^, il gardera ma
1 Sum. 2.2, q. 184. a. 2, ad 3 : Potest autemetiamciicadilectionem proximi duplex perfeclio attendi, sicut et circa dilectionem Dei : nna quidern sine qua charitas esse non potest, ut scilicet homo nihil habeat in nffpçtij gnnit ^it contrarinm dilectioni proximi: alia autem sine qua charitas inveniri potest, etc.
* De Statu relig. 1. 1, c. 4, n. 14 : .\bsolute dicendum est amorem proximorum per se pertinere ad vitae cliristianae et ad statuai perfectionis.
3 Sum. 2.2, q. 184, a. 3 : Perfeclio dicitur in aliquo consistcre duplici ter: uno modo per se et csscntialllor, alio modo secundario et accidentaliter. Pcr se quidem et essêntialitcr consistit perfeclio cliristianae viLœ in chari tate, principaliter nuidem secunJum dilecnoTiéni Dei^ secundario aulem socundum dilectionem proximi, de quibus danlur praecepla principalia divinae logis.
* St'ABEz, de Statu relig. 1. 1, c. 4, n. 15 : Dilectio proximi pertinet ad perfeclionom. sed secundario.- Ratio vero... est, quia ueus propter se diligitur, et proximus propter Deum. Ergo priniario Deus. llem amor charitatis a Deo descendit ad proximum, et circa proximum quasi materialilcr versalur, formaliter autem «emper respicil Deum. Ergo perfeclio cliaritatis per tuprimoestinamore Dui; in amore autem proximi ad summum perse secundo,
'■ Joan. XIV, 23 : Si quis diligit me, sermonem meum servabit.
parole. » Or Dieu parle à l'àme sous la forme rigoureuse du commandement ou sous la forme insinuante du conseil. Le précepte s'impose sous peine de péciié : de péché mortel si le précepte est grave, de péché véniel quand il est léger. Le conseil n'est pas un ordre, mais une délicate invitation; ^n résistant, on ne pèche pas ; en accédant, on fait mieux. Examinons le rapport de chacune de ces formes de la parole divine avec la perfection.
III. — Il est évident que la perfection exige le respect •des préceptes graves. Leur violation constitue le péché mortel, et le péché mortel a pour effet immédiat de détourner l'âme de sa fin dernière, de la séparer de Dieu et de détruire la charité. Il y a donc incompatibihté radicale entre le péché mortel et là vie parfaite.
IV. — Quant au péché véniel , qui ne détourne pas absolument l'àme de sa fin, mais a seulement pour effet de l'alanguir et de retarder sa marche', il importe de bien distinguer entre les délai Uniiees de surprise et les chutes pnVti('dil('(;s. habituellQS. nxpi'essi'ment consontios;. Les premières, je veux dire les fautes de pure fragilité, ne sont pas inconciliables avec la perfection : jes âmes les plus parfaites n'en sont pas elles-mêmes exemptes. Sans doute elles sont des retardements à la charité, et, dans la même mesure, elles font obstacle à la perfection; mais la charité, un instant empêchée , reprend son empire et répai'c promptement ces défaillances. C'est principalement de ces surprises /lassagéres qu'il faut entendre la parole du Sngc-: a Le juste tombe sept fois et se relève, d
1 s. Thomas, Sutn. 1.2, q. 72, a. 5 : Principium autem tolius ordinis il moraliLus est finis ultimus, qui ita se habet in operalivis, sicut principium indomonstrabile in speculativis. Undc quando anima dcordinatur per peccatum usque ad aversionem ab ultimo fine, scilicet Doo cui uniUir per charitatem, tune est peccatum mortale; quando vero fit dcordinatio cilra aversionem a Deo, tune est peccatum veniale.
2 Prov. xiiv, 16: Septies enim cadet justus et resurget.
La 2 er/
L'habitude volontaire du péché véniel est autrement, cot^traire à la perfection, principalement si elle porte la disposition habituelle de commettre sans gène les manquements qui n'entraînent point la perte de la grâce et de la cliarité^. Une âme ainsi disposée ne serait plus dans les conditions de la perfection chrétienne, qui sont d'aller à Dieu ardemment, dihgemment, fréquemment.
Ce2 endant une fautp. vénip1)R dont les occasions se présentent rarement, serait-elle préméditée et pleinement consejitie, ne semble pas exclure al)Solument la perfertiniv La charité, retardée et refroidie sur ce point, pourrait gard son ardeur et son agilité dans les autres.
Avec ces réserves à l'égard du péché véniel, il est vrai de dire que la perfection embrasse tous les préceptes , et que son but principal est de les accomplir*. « Si vous voulez entrer dans la vie, disait Notre-Seigneur-, gardez les commandements. » Il en est de la perfection spirituelle comme de la vie.
Y. — Les conseils fojU aussi partie delà perfection, i^ plus comme j)ut , mais comme moyen. Tandis que les commandements autres que celui de la charité ont pour objet aeearter ce qui est contraire au précepte de la charité, les conseils tendent à lever les empêchements c|ui gênent l'exercice de la charité, jans toutefois lui être contrai re.s. C'est ainsi que s'exprime saint Thomas^, et après lui toute l'École*. Cassien,^ un des maîtres de la discipline
1 s. Thomas, 2.2, q. 184, a. 3 : Perfectio esscntialiter consistit in prycp.ptis.
* Matth. XII, 17 : Si vis autem ad vitani ingredi, serva mandata.
3 S. Thomas, 2.2, q. 184, a. 3: Secundario autem et instrumentaliter Bprfoclio mnsistit in consiliis : quae omnia sicut et prœcepta ordinaiitur ad chariiatem; sed aliter et aliter. Nam praecepta alia a praeceptis charitatis ordinantur ad removendum ea quae suut cliaritati contraria, cura quibus scilicel charitas esse non potest; consilia autem ordinantur ad removend^im impcdimenti actus charitatis, quae tamen cliaritati non contrariantur, sicut est malrimonium, occupatio negotionum saecularium, et alia hujusmodi.
* SuAiiEz, de Stat. relig. 1. 1 , c. 11.
* Collât. 1, c. 7 : Jejuoia, vigiliœ, meditalio Scripturarum , nuditas ac
monastique, fait ainsi parler l'abbé ftfoyse, l'un des plus célèbres patriarches de la vie cénobitique : « I^gsjeûnes, les veilles, la méditation des Ecritures, le dépouillement et la pjiiyatiûii de tous les biens extérieurs ne sont pas la per- Jeçtion, mais des instruments de la perfection; on les pratique, non pour eux-mêmes, mais pour qu'ils conduisent à la fin. D ^
Ce qui fait le prix des conseils et leur importance dans la'^perfeclion, c'est qu'ils dé.^at^ent Fàme des embnrrn^ terrestres, accélèrent son élan vers Dieu et la portent plus sûrement et plus promptement au but suprême de in rlip-
ijhj : ils deviennent ainsi des ^2£I2il^..Pii£xînilL-il£J^^ fection. Et comme le but appelle le premier regard de l'esprit, et que le moyen, quelque nécessaire qu'il soit, est subordonné à la fin, les préceptes qui incluent la charité formentJe principal de la perfection, taudis que lcs conseiJs, simples instruments de la charité, ne sont, à ce titre, que l'objet secondaire.
« Qu'un peintre, observe Scaramelli', se prépare de bons pinceaux, qu'il broie et mélange habilement de fines couleurs, on ne peut pas dire encore qu'il soit maître dans son art, puisque ce ne sont là que les instruments et non la fin de la peinture, qui est de représenter vivement les objets sur la toile, il en est de môme de la perfection. Elle consiste tout entière dans la charité. Se priver des aises de la vie, garder le célibat, s'assujettir à la volonté d'un autre, ce sont, il est vrai, des actes de grande vertu, mais seulement en tant que moyens pour arriver à la divine charité. »
Cela paraîtra plus clairement encore si l'on considère en
privatio omnium facultatum, non perfectio, sed peifeclionis instrumenta sunt : (juia non in iilis consislit discipiinœ iliius finis, sed p^r illa pervenitur ad finem.
1 Dirett. ascel. tr. 1, a. 1, c. 2, n. 19, t. 1, p. 10.
eux-mêmes les trois grands conseils évangcliques. Envisagés indépendamment de tout motif, la richesse est préférable à l'indigence, le mariage au célibat, la liberté à la servitude. Si elles procèdent de causes ou de raisons naturelles, la pauvreté volontaire. la continence et Tobéissance.peuvent être bonnes et légitimes; mais elles ne tiennent à la perfection que par le motif de la charité et parce qu'elles viennent en aide àja,xharité.
Toutefois Suarez', qui traite longuement et savamment cette matière, établit une distinction entre les conseils. Ceux qui regardent les vertus morales ne sont, comme ces \^ertus, que des instruments de perfection; mais ceux qui procèdent de la charité, et ont pour caractère de la porter plus haut que la rigueur du précepte ne l'exige, sont à la fois les instruments et le comble même de la perfection. Tels seraient, par exemple, les conseils de se hvrer avec^ plus d'ardeur à la dévotion, de m;:Uiplier les actes de cha-| rité, de se vouer sans réserve à la gloire de Dieu et au] bien des âmes.
1 De §tatu relig. 1. 1, c. 11, n. 16 : Secundum diihium est an omnia consilia sint tantum iDgtrumenta acquirendae perfectionis majoris. seu fupererogationis, vel aliqua etiam sint quasi formaliter addentia homini perfectionis cumulum, saltem ex parte... Diccndum est consilia quœ dantur in matcriis aliarum virtutum, praesertim moralium, recte Yocari quasi instrumenta perfectionis acquirendae; sicut etiam praecepta earumdem virtutum, quae in materiis ejusdem generis versantur, possunt dici instrumenta ad subslantialom perfectionem charitatis vel obtinendam vel conservandam , removendo impedimenta, ut D. Thomas locutus est.
At vero consilia quae in ipsismet actibus charitatis locum habent , non solum instrumentaliler, sed quasi per se conférant ad excellentiam perfectionis, vel formaliter in ipso actu charitatis, vel, si de hahituali perfectione sermo sit, per se augendo habitum saltem dispositive. Id patet in consiliis vel ferventius, aut intensius, vel frequentius, vel perseverantius, et cum majori continuatioae vel cura majori extensione ad plura obsequia Deo praestanda, et majora bona illi vel proximis desideranda quam praeceptum dilectiop.is obliget. Observanlia enim et executio horum consiliorum per se auget peifectionem charitatis; imo magna portio christianae perfectionis in eis formaliter consistit. Unde videntur a D. Tiiomas et aliis, sub ipsa formali perfectione comprehendi , et solum de aliis loquuntur quaudo de illis dicunt ad perfectionem acquirendam deservire.
VI. — En vertu de l'axiome : Qui veut la fin veut les moyens, les conseils font partie de la perfection , puisqu'ils sont comme les instruments par lesquels s'exerce la charité. Quand on ne peut les observer à la lettre et, pour ainsi parler, matériellement, [1 faut du moins leur garder l'estime de l'esprit et le désir du coejni^ Les conseils sont la sauvegarde des préceptes, et l'on ne peut accomplir fidèlement ceux-ci en violant ouvertement ceux-là^.
En supposant même que l'observation des lois pFoprement dites suffise absolument pour maintenir la charité et atteindre la fin, nous dirons, avec Schram^, que vouloir s'en tenir au strict suffisant, c'est courir le risque de le manquer. Ajoutons qu'il n'est pas toujours facile de distinguer entre le conseil et le précepte léger, et que beaucoup confondent rimp erfection qui viole le conseil avec le péché véniel gui enfreint un précepte.
Une âme donc qui dirait : Je veux me sauver, et pour cela je m'attache aux commandements, mais je laisse à d'autres tout ce qui n'est pas rigoureusement prescrit, cette âme laisserait en réalité à d'autres la perfection. L'amour sincère, qui est le fondement de la vie parfaite, va aux délicatesses et obéit comme naturellement aux douces insi-
' ..^11-SAIS™^^ °^ SiEjgN? t Dial., 47, t. l,p. 117: Ceux qui possèdent et observent les commandements ne suivent les conseils que spirituellement; mais comme les conseils sont liés aux commandements, personne ne peut observer les commandements sans observer les conseij^s , non pas réellement, TTTjij; >;piritiipllpmp|]f.
2 ScHRAM, Theol. Myst. P. 1, § 21, t. 1, p. 36: Ab obligatione hac ten-i dendi ad perfectionem et per praecepta, facile deficiet Cbristianus quilibet, 1 nisi ad eam etiam modo non obligatorio per consilia circa melius et opéra ' supererogatoria conteodat.
3 Ibid. p. 37 : Ratio est quod semper aut fere semper média non sint sufficienter efficacia ad obtinendum finem, si praeci^e suffîcientia eligantur; tum quia raro haec sufficienlia in puncto determinato a nobis cognoscitur : tum quia cum mediis praecise sufficientibus occurrentes in executione difflcultates et contraria superari vix possunt. Ergo a fine perfectionis necessariae ad salutem animae facile deficiet. qui solum per média nhligat.nri,> èligit quod sibi videkir sufficere, nisi ad melius per consilia extendatur, etc.
nuations. Est-ce aimer que de poser en principe que l'on s'affranchira des nuances qui sont les témoignages les plus touchants du véritable amour ?
Yll. — L'étendue de la perfection , objet du présent chapitre, embrasse un dernier point de vue, celui des proportions que peut atteindre la charité-, si par conséquent la perfection.
La perfection absolue de la charité, ainsi que l'explique saint Thomas*, serait d'aimer Dieu autant qu'il est aimable. Unjeljiniûilll-SeiâiLill^^ créée.
Ce que la créature peut faire, c'est d'ainicrJDieu^ dans ^'h limite de ses forces, sans défaillance ni mterruption. Là est la perfection dont elle est intrinsèquement capable; mais elle n'atteint à cet apogée que dans la patrie céleste ; la charité et la perfection consommées, qui excluent toute rupture et toute variation, ne sont point de ce monde. L'Église a décidé ce point de doctrine contre les faux mystiques. Les Béguards soutenaient que <r l'homme peut acquérir en cette vie un tel degré de perfection, qu'il devienne impeccable et hors d'état de croître en grâce », et aussi « qu'il peut atteindre à la béatitude finale dès cette vie et obtenir le même degré de perfection qu'il aura
1 Sum. 2.2, q. 184, a. 2: Perfectio vitae christianae in cliaritate consistit. Importât autem perfectio quamdam uiiiversalilatem, quia, ut dicitur (P//?/.?. 1. 3, tcxt. 63], perfectum est cui nihii dcest. Potest ergo triplex perfectio considerari. Una quidem absoluta, quae attendilur non solum secundum lotalilalcm ex parte diligentis, sed etiam ex parte diligibilis, prout scilicçt Deus tantumdilisitur quantum dilisibilis est : et talis perfectio non est possibilis alicïTîcreaturaeTed comoetit soli Deo . in quo bonum integraliler et esscntiaiiter invenitur. — Alla autem est perfectio quœ attenditur secundum totalitatem absolutam ex parte diligentis; prout scilicet aft'ectus secundum tolum suum posse semper actualitcr tendit in Deum : et talis perfectio non est possibilis jn via, sed crit in patrla. — Tortia autem est perfectio quae neque attenditur secundum totalitatcrn ex parte diligibilis, neque secundum totalitatem -ex parle diligenlis quantum ad hoc quod semper actu t'eratur in Deum / sed quantum ad lioc quod cxcludantur ea guje rc|Hignaiit molui dlleclionis inDeum,.. Et talis iterfectio potest in hac vita liabcri, etc.
dans l'autre' ». Ils furent condamnés au concile général de Vienne en 1311 . Innocent XI flétrit également en 1687 cette proposition- de Molinos : « Par la voie interne, on parvient à s'établir dans une immobilité continue et une paix imperturbable. »
La perfection de la vie présente est donc susceptible de défaillances et d'accroissements ; au ciel seulement nous .«serons dans la sécurité et la fixité.
Le desré réalisable en cette vie mortelle consiste à aimer
6 Dieu de m anière à repousser tout ce qui est contraire k la cJTQj^i té ■ Cet amour commence la charité agissante, et par conséquent la perfection ici -bas. Mais, tout en demeurant dans les fluctuations de l'épreuve, il peut s'accroître dans des proportions variables et indéfinies. Nous décrirons tout à l'heure les étapes diverses de cette ascension de l'ûme vers Dieu.
La perfection de la vie présente est donc dans cette charité relative et imparfaits, pouvant déchoir et s'agrandir, qui nous fait aimer Dieu par- dessus toutes choses et travailler activement et perscvéramment à dominer les obstacles qui empêchent ou retardent l'élan de l'âme vers Dieu.
Vlll. — La notion définitive de la perfection chrétienne se détache de tout ce que nous avons dit jusqu'ici.
Il faut distinguer le but, de la réahsation.
Djms son but final, la perfection chrétienne est l'union avec Dieu par la charité telle qu'elle est possible en ce monde, et par l'exercice des vertus qui protègent et développant l.-^ fil n ri té.
Considérée au point de vue du travail gui rncrnmplitj la perfection consiste dans une disposition généreuse, née
' Clem. Ad nostrum : Quod homo in vita praesenti tantum et taleni perfectionis gradum possil acquirere, quod redditur penitus impeccabilis, et amplius in gratia proûcore non valebit.
2 BuLLA CcELESTis Pastok. Piopr. 62: Fer viam inîernara pervenitur al continue consistendum immobililer in pace quadaoi iinperturtjabili.
de la duxiM. t!LJ!""^ ""^6 à la pratkiue^oMaise,
union avecjûka. ^ . • • „,
-l^^rfrVompris ce qui fait la perfection, puiss.ons-
nous la mettre en acte dans notre viel