L'ÉTAT DE PERFECTION : LA PROFESSION RELIGIEUSE SI
nellement à s'abstenir des choses séculières dont ils pourraient user licitement, afin d'être à Dieu plus librement, ce qui constitue la perfection de la vie présente '. Wiclef osa enseigner que la profession religieuse rendait impuissant et inapte à l'observation des commandements de Dieu : doctrine justement flétrie par le concile de Constance dans sa huitième session. Luther et les autres réformateurs ne pouvaient manquer de reproduire ce dogme, aussi impie / qu'il est absurde.
Il faut observer, avec saint Thomas ^ que, l'émi roUcrj^^ ne 'requiert pas la perfpriinn nnr^ui.a ^ mais seulement la volonté, confirm(^e p;ir le vœii ^.jlaçguérirja^erfmion , en usant des observances auxquelles on se voue comme de moyens pour y parvenir ^
Cela ne veut pas dire que l'on ne puisse être parlait au début de la vie religieuse, et, à plus forte raison, quand on y a longtemps vécu. Le même moyen qui réalise la per-s fection sert à exercer celle que l'on possède déjà et à | l'accroître. Ainsi l'état religieux est toujours, même pour/ les parfaits, une école de perfection*. ^
J s. Thomas SunuJ. 2, q. 184, a. 5 : Dicendum quod ad statum perfectioais, i-equintur obligatio perpétua ad ea qu.-e sunt perfcctionis cum aliqua sole..nitate. Utrumque autem Jiorurn competit reli.iosis et episcopis. ReUgiosi enim se veto astringunt ad hoc quod a rébus sœcularibus se aL.ineant guteiiçitejti poterant. ad bo.quod Uhern^sDeojaçeni.in^^^^^^ Eerfectio prasentis vits! .. h"" ^^uiimsui,
•yôù/. q. 186 a. 2: Ipsa perfectio charitatis est finis status reliçionis. Status autem religion.s est quœdam disciplina vel exercitium ad p. rfectionem perveniendi... Manifestum est autem quod illi qui operatur ad finem non ex necessitate convenit quod jam assecutus sit finem, sed requirim; quod per al.quam viam tendat ad finem. Et ideo lUe qui statum religiouis assumit, non tenetur babere perfeclam charitatem, sed tenetur ad hoc tendere et operam dare ut liabeat charitatem perfectam
3 ibid. ad 1 : nie qui transit ad religionem, non profitetur se esse per-
cctum sed profitetur se adhibere studium ad perfectionem consequendam-
eu etiam lile qui intrat scholas, non profitetur se scientem, sed profitet^;
so studentem ad scientiam acquirendam piunieiur
r lllT'' ? •'^'"''' "'^'^- ^- ' ' '• "' ' "• '' ■■ I» ''^'^ perfectionis acquirendœ seu rehg.oso, non tantum acquiritur, sed etiam e.xercetur perfectio.
52 bE LA PERFECTION
V. — Les théologiens et les maîtres de la vie spirituelle enseignent qu'il y a obligation pour le religieux de travailler à la perfection, et qu'il pécherait mortellement s'il était résolu à ne plus y tendre ou à ne plus s'en occuper'. Embrasser, en eflet, un genre de vie, et s'engager par vœu à le suivre, constitue une obligation stricte et grave; or les religieux se lient, par un vœu solennel, à un état dont/ la raison d'être est la pratique et l'acquisition de la per-f icction.
Ce vœu a pour objet la chasteté, la pauvreté et l'obéissance, qui forment l'essence de la vie religieuses et l'importance de la matière ajoute encore à la gravité du vœu. Le Docteur angélique^, examinant tour à tour les trois "vœux de religion, montre le rapport de chacun avec la perfection , et comment ils transforment en précepte grave ce qui n'était que de conseil;___
YI. — Ln i^ègie joue un grand rôle dans la vie religieuse : il importe de reconnaître quelle part elle a, et à quel degré elle s'impose dans l'état de perfection.
D'elle-même, la règle est un moyen très puissant de perfection, puisqu'elle emporte, un renoncement continu el de la volonté propre. Mais dans quelle mesure y a-t-il obligation de l'observer?
Imo tune maxime exercelur, cum magis est acquisita seu magis aucta. Est enim verissimum. Scd illud exercilium semper est ad acquisilionem propriœ perfeclionis necessarium; et, quia perfectio hojus vitœ non babet in illa intrinsecum terminum, sed in perpetuo augmente maxime consistit, ideo semper exercetur ut crescat, semperque est exercilium pertincns ad statum perfectionis acquirendae.
1 S. LiGCORi, Theol. moral. 1. 4, n. 18 : Peccat mortaliter religiosus quil firmiter statuit non tcndere ad perfectionem, vel nullo modo de ea curare. f
2 S. TuoMAS, 2.2, q. 186, a. 7 : Status religiosus potest considerari tripliciter: uno modo secundum quod est quoddam exercitium tendendi in perfectionem cliaritatis; alio modo secundum quod quietat animum bumanum ab exterioribus soilicitudinibus...; tertio modo secundum quod est quoddam bolocaustum por quod aliquis totaliter se et sua offert Dco. El sicundum hoc ex bis tribus volis integralur religionis status, etc.
» [ijid. a. 3, 4, 5.