L'ETAT DE PERFECIION : LE SACERDOCE
A Mais, Lindis que le religieux s'engage seulement à tendre à la perfeclion, l'évèque doit l'exercer. Il s'agit pour lui, non d'acquérir, mais de faire resplendir la perfection.
Suarez ' insiste avec sa grande autorité sur ce caractère de la perfection épiscopale. Il invoque à l'appui les paroles de l'Écriture ^ et principalement les témoignages authentiques de l'Église et des saints Pères -^ C'est ce qui explique pourquoi l'épiscopat catholique occupe une si large place dans les annales de la sainteté. « Il faut tenir pour absolument certain, dit-il ^ que les évoques, à raison de leur charge pastorale, sont dans l'état de perfection; non pas seulement dans la voie qui y conduit, mais dans le terme qui caractérise l'état des parfaits. C'est ce qu'enseigne saint Thomas dans les passages cités, ce qu'admet à son tour Gerson , et ce que personne , parmi les scolastiques , n'a osé contredire. On peut d'ailleurs l'étabUr par l'antique tradition, et par le consentement commun de l'Église. :d
II. — Après l'évèque vient le prêtre. Nous le considérons ici dans Fétat séculier, c'est-à-dire en dehors de la profession religieuse, afin de ne point confondre la raison et la portée des obligations.
surit perfectionis , pastorale assumentes ofiicium; ad quod pertinet ut animam suam ponat pastor pro ovibus suis, sicut dicitur [Joan. x, 13)... Lt Dionysius dicit [De ecd. hier. c. 3) quod sumnius sacerdos, id est episcopu?, in sua ordinatione habet eloquiorum super caput sanctissimam superpositioncm, ut significetur quod ipse est participativus inteçrrœ totius liicrarcliicce virtutis, et quod ipse non solum sit illuminativus omnium (quod pcrlinet ad sanctas locutiones et acliones) sed quod etiam hoc aliis tradat. 1 De Slatu relig. 1. 1, c. 14 et 13.
* Ibid. c. l'i, n. 7.
3 Ibiii. c. 13, n. 5-7.
* Ibid. C. 15, n. 5: Omnino asserendum est Episcopos, ratione pastoralis muneris, esse in statu perfectionis , non tanqaam in vi.i adiliam, sed tanquam in termino , qui proprie dicilur status perfectorum et perficientium. Ita docct D. Thomas , in locis citatis , et consentit Gerson , nec aliquis scholaslicorum dissentit. Probari potest ex anliqua traditione et commun! coqsensu Ecclebiœ.
Les mystères augustes qu'il accomplit à l'autel et le ministère périlleux qu'il exerce auprès des âmes exigent du simple prêtre, non^eulement qu'il s'applique à la perrection, mais qujj^spit déjà dans un haut degré de vertu. Les théologiens ^ s'accordent sur la convenance et la nécessité de cette s.-^inîefé intpn'pu'^f" pr>"'^ l'pvprrirp dc'^ \/ 1 fonctions__sacerdQtal£s , et supposent par conséquent la ^ * -perfection acquise. Saint Thomas - le déclare à plusieurs reprises, et reconnaît que, de sa nature, l'état du sacerdoce comporte une plus grande perfection que l'état religieux ^ Suarez* fait la même remarque, tout en observant que la profession religieuse, comprenant ordinairement le sacerdoce, ne le cède, même en ce point, à aucun autre y^tat, l'épiscopat exceptée
IIL — De l'excellence du sacerdoce et de la perfection
'ScHRAM, Theol. myst. § 24, t. 1 , p. 49: Status ecclesiasticus in ore omnium est status sanctitatis et perfectionis.
2 Siim. 2.2, q. 184, a. 6 : Unde patet quod ex hoe quod aliquis accipit sacrum ordinem non ponitur simpliciter in statu perfectionis, quamvis interior perfectio ad hoc requiratur quod aliqiiis digne hujuscemodi actus exerceat.
Suppl. q. 35 , a. 1 , ad 3 : Ad idoneam executionem ordinum , non suffîcit bonitas qualiscumque, sed requiritur bonitas excellens, ut sicut illi qui ordinem suscipiunt super plebem constituuntur gradu ordinis, ita ut superiores sint mérite sanctitatis.
lôid. q. 40, a. 1 : Illi autemqui divinis ministeriis applicantur, adipiscuntur regiam dignitatem , et perfecti in virtute esse debent.
3 Ibid 2.2, q. 184, a. 8 : Si vero religiosus etiam ordine careat, sicut patet de conversisreligionum, sic manifestum est excellere praeeminentiam ordinis quantum ad dignitatem, qnia per sacrum ordinem aliquis deputatur ad dignissima ministeria quibus ipsi Christo serviturin Sacramento altaris, ad quod requiritur major sanctitas interior quam requirit etiam religionis status.
^ De Statu relig. 1. 1, c. 21 ,n. 8 : Accedit tandem quod status religiosus per se non excludit aliqua ex bis quae in infcrioribus praelatis perfectionem requirunt, ut est, v. g. Sacerdotium; de quo D. Thomas (2.2, q. 184, a. 8) fatetur dignitatem sacerdotis esse majorem majoremque postulare sanctitatem quam statum simplicis religiosi laici seu conversi. Hsc vero dignilas de se communis est religiosis.
5 Cf. Richard , Analyse des Conc, à propos du 50» canon du quatrième concile de Tolède, an. 633, t. I . p. 623.