‹ L'ascétique chrétienneChapitre 40 sur 100 · IX. — La çornplicatian__inême des actes intérieurs ^ et · texte numérisé non relu

IX. — La çornplicatian__inême des actes intérieurs ^ et

ajoute à la difficulté. A tout instant, des pensées et des (^'ji^^l^i^ aspirations multiples surgissent en nous, qui nous portent ^ en sens divers. 11 nous est impossible de suivre la trace de ^^ chacune de ces évolutions intimes, pas plus qu'on ne peut,^^^^ ^^^^ en suivant un ruisseau le lonîi des montagnes, remonter <*-**'^^ . aux mille filets d'eau qui alimentent son cours; ou, pour employer une comparaison plus exacte encore, retracer dans les airs les circuits que l'oiseau y a décrits de son aile.

Outre la spontanéité qui prévient la raison, les mouvements de l'âme présentent des anomalies et comme des contradictions incessantes, qui font que nous sommes à nous-mêmes une énigme et un mystère. Tous nous avons en nous les deux hommes de saint Paul, dont l'un aspire

1 Voir particulièrement le lof cliap. du 2^ I., et les trois premiers chap. du 3e 1.

186 MOYENS INTERIEURS DE PERFECTION : 2« MOYEM

au bien, et dont l'autre aspire au mal; et ce dernier, l'homme mauvais à qui les moyens importent peu, pourvu qu'il arrive à ses fins, prend en nous, quand il le juge expédient, les apparences de l'homme bon; de la sorte, nous en sommes souvent réduits à pousser le cri de Job dans ses angoisses : « Pourquoi m'avez- vous mis en opposition avec vous, et rendu à charge à moi- même ^? »

Ce n'est pas assez dire que nous avons en nous deux hommes : nous en avons des multitudes, selon les impressions du moment, et c'est une de nos hontes intérieures d'être si peu constants avec nous-mêmes et de ne pouvoir fixer le fond de notre mobilité.

a Certes, si nos esprits voulaient faire retour sur euxmesmes par les reflechissements et replis de leurs actions , dit saint François de Sales-, ils entreroient en des labyrinthes auxquels ils perdroient sans doute l'yssiie, et ce seroit une attention insupportable de penser quelles sont nos pensées, considérer nos considérations, voir toutes nos veiies spirituelles, discerner que nous discernons, nous ressouvenir que nous nous ressouvenons; ce seroient des entortillemens que nous ne pourrions défaire. Ce traitté (de l'orayson) est-doncq difficile, surtout à qui n'est pas homme de grande orayson. »

Le travail de la perfection ne diffère pas au fond de celui de l'oraison; dans l'une et dans l'autre, la connaissance intérieure est nécessaire, et l'on voit de combien de détours, elle se complique.

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