CHAPITRE XXXVI
PREMIER MOYEN EXTÉRIEUR : LA DIRECTION
Dans quelles dispositions il faut traiter avec le directeur. — Le respect inspiré par la foi. — L'ouverture de l'àine. — Vigilance pour ne rien mêler d'humain. — Le lieu et )a manière de ces confidences. — 11 ne faut rien cacher de tout ce qui intéresse la conscience, soit dans le passé, soit dans le présent. — La docilité, condition absolument indispensable. — La constance, dernière di.^position nécessaire. — Inconvénients et dangers de l'inconstance. — Les cas où il serait bon de changer de directeur.
I. — II faut maintenant traiter avec ce directeur choisi entre mille, et régler les relations que l'on doit avoir avec lui. Pour recueillir de ces rapports les fruits qu'ils sont destinés à produire, on doit y apporter les quatre dispositions suivantes : respect, ouverture, docilité et constance.
II. — Le premier devoir est le respect^ un respect qui élève au-dessus de l'homme. Le directeur ne doit pas être envisagé comme un homme, mais comme un ang;e que Dieu donne pour conduire, ou plutôt comme Jésus-Christ lui-même, dont il gère les intérêts et tient la place. S'il a des défauts extérieurs qui témoignent trop visible-
370 MOYENS EXTERIEURS DE PERFECTION : l^' MOYEN
ment de son humanité, loin de s'y arrêter, il faut considérer que ce n'est point à raison de telle ou telle infirmité qu'il est notre guide, mais uniquement en tant qu'il rei^ présente Dieu, et que Dieu nous a confiés à sa garde.
« Or ce doit tousjours estre un ange pour vous, dit saint François de Sales'; c'est-à-dire, quand vous l'aurez trouvée, ne la considérez pas, cette guide spirituelle, comme un simple homme , et ne vous confiez point en icelle, ny en son sçavoir humain, mais en Dieu, qui vous favorisera et parlera par l'entremise de cet homme, mettant dans le cœur et dans la bouche d'iceluy ce qui sera requis pour vostre bon-heur : si que vous le devez escouter comme un ange qui descend du ciel pour vous y mener, d
Ayeç__cet__espiit^ de fo]j le respect envers le directeur est facile, et l'on évitera sans peine dans les rapports avec lui tout ce qui sent l'humain, et ^IjiO^'^'^^^^^^è^^^^^^'' ^^ ^^i engendre la familiarité.
III. — La révérence ne doit pas empêcher l'abandon et Touverture, également nécessaires.
Le but de la direction est de retirer du mal et de faire avancer dans le bien. Pour l'atteindre, le directeur ooit donc connaître i^et le mal auquel nous avons cédé ou auquel nous sommes inclinés ,'^et le bien dont nous^^ornm^s capables et que Diou ilcmande de nous^ Il ne peut connaître sûrement ces deux choses qu'autant que nous lui ouvrirons tout notre intérieur. Dans l'ordre de l'âme et des choses surnaturelles, il ne faut pas avoir pour lui^e secret^. Voilà pourquoi ceux qui posent pour condition d'un engagement ou d'une affiliation quelconque , dans l'ordre de la piété, qu'on s'en cachera de son directeur, sont ennemis ou ignorants des régies les plus élémentaires
* Inlroduct., 1" p., ch. 4.
de la direction. Nous en parlons sciemment, pour en avoir rencontré sur notre chemin, là même où l'on enseigne à conduire.
« Traictez avec luy, continue saint François de Sales*, à cœur ouvert, en toute sincérité et fidélité, luy manifes- ^ tant clairement vostre bien et vostre mal, sans feintise ny dissimulation : et par ce moyen vostre bien sera examiné et plus asseuré, et vostre mal sera corrigé et remédié; vous en serez allégée et fortifiée en vos afflictions, modérée et réglée en vos consolations ; ayez en luy une ex-^ tresme confiance meslée d'une sacrée reverence, en sorte> que la révérence ne diminue point la confiance, et que la. confiance n'empesche point la révérence; confiez-vous en iuy avec le respect d'une fille envers son père, respectez-le avec la confiance d'un fils envers sa mère : bref, cettCrA amitié doit estre forte et douce, toute saincte, toute sacrée5, toute divine et toute spirituelle. y>
IV. — Ici encore il faut veiller pour ne point sortir des limites. L'homme est ainsi fait, que, à mesure qu'il se rapproche pour s'ouvrir et s'abandonner, il est tenté d'oubher le respect et la vénération, et qu'en observant les exigences de la dignité, il devient moins confiant et moins expansif. Le moyen de concilier ces deux sentiments est i de ne jamais perdre de vue que le directeur tient la place . de Dieu, cà qui nous donnons, avec une égale facilité, et la ) confiance et le respect.
11 convient donc de ne point entremêler les entretiens profanes dans l'exercice même de la direction. Ce n'est pas que, dans quelques visites rares faites au directeur par bienséance, on ne puisse l'entretenir de choses temporelles, et même prendre son conseil sur des situations difficiles qui n'intéressent pas immédiatement la perfection. Mais,
1 Introd., lr« p.^ ch. 4.
en général , si l'on veut laisser à la direction sa vertu surlïaturelle et tout son arôme de piété, il faut la réserver exclusivement pour l'âme et pour Dieu.
Y. — Le lieu et le temps de ces confidences, surtout s'il s'agit des femmes, sont les mêmes que pour la confession. La direction hors du saint lieu, en tète à-tête, alors même que les portes resteraient ouvertes et que l'on pourrait être aperçu du dehors, est pleine d'inconvénients. La pénitente ne peut se mettre à genoux qu'en attirant l'attention, et même, dans cette attitude, les dangers sont à peine amoindris. Ceux qui permettent ou conseillent les entretiens en dehors du saint tribunal ajoutent des recommandations qui en montrent assez le péril'.
La direction peut se faire par lettres; mais, dans ces écrits, il importe que les uns et les autres veillent à ne rien exprimer qui sente les épancliements humains. Ces
1 GriLLOuÉ, Max. sp., m. 1, 1. 1 : Rendez de temps en temps vo3 visites à votre dirLCteur, Tliéonée, et les faites règlement : cent raisons vous y obligent hoi-s de confession. Le temps de ce sacrement ne souffre pas de longs discours pour recevoir tous, les avis nécessaires à votre perfection... Mais vous me demandez la manière de faire ces visites. Je r'ponds qu'il " faut apporter un esprit simple et candide dans la communication de son cœur; qu'on n'y doit jamais parler de certaines matières que souffre uniquement le secret de la confession. Ah ! que ce poison est dangereux, et que pareilles ouvertures ont fait périr d'âmes! Que vous ne devez jamais cire sans témoin avec un directeur; hélas! que celte solitude a occasionné de funestes naufrages! que vous ne devez jamais traiter que des affaires de votre âme, et après cela vous congédier vous-même; car les pctiies nouvelles et les affections naturelles s'y glissent si facilement de soi-même, si Ton n'y veille attentivement, qu'après quelques mots de Dieu on dégénère en cent inutilités qui font la matière de ces entretiens; que le temps de ces visites doit être fort court; car la nécessité de son âme doit obliger un pénitent à voir son directeur, et les choses nécessaires ne demandent pas des heures et des heures, comme il arrive très souvent. Aussi est-ce dans ces longs entretiens que l'on apprend à se familiariser l'esprit, les visages et la voi."î, d'oîi naissent quelquefois d'étranges désordres comme d'une source fatale; qu'enfin une personne doit tellement parlera son direcleur, quelque saint qu'il puisse être, qu'une honnête pudeur lui couvre toujours ïe front, que jamais elle ne s'apprivoise avec un homme, et qu'elle soit toujours si bien composée, qu'à peine en connaissc-t-elle les traits du Tisage.
précautions extérieures et cette réserve sont moins nécessaires lorsque l'on a affaire avec des hommes : elles s'imposent entre personnes de différent sexe.
YI. — La pleine ouverture que l'on doit avoir pour le directeur demande qu'on lui__dévojJ|e cnjièjwient jo^ qui intéresse la conscience ^ Cette connaissance est nécessaire pour une conduite e^clairée et prudente. Et il ne s'agit pas seulement, comme dans la confession sacramentelle, des péchés^grayes ou légers, mais encore des inclniations mauvaises, des tentations, des attraits et des actes de vertu. Le directeur doit connaître les ravages que le mal a faits dans l'âme et les dangers qui la menacent, comme aussi i toutes \fs ressources dont elle dispose pour le bien.
Au début de la direction, il convient donc de faire une confession générale qui embrasse tous ces points de vue, moins pour préciser le nombre et le détail de ses fautes que pour mettre à découvert l'état de l'âme et ses dispositions pour la vertu. Et dans la suite on ne dissimulera rien de ses actes et de ses tendances, de ses efforj^ et de ses faiblesses , de ses progrès et de ses r elâchemeiîts , disant en toute sincérité ce que l'on croit utile pour éclairer la conduite du directeur, répondant à ses questions, dissipant autant qu'on le peut les ombres et les ambiguïtés ^ Alors seulement on peut se promettre la lumière et la sécurité.
1 ScHRAM, Tkeol. myst. § 343, t. 2, p. 10 : Magistro huic spiiituali ratio conscientiae propriae sincera, plena, et primo quidem de tota vita praeterita, in posterum autem in quantum magistro placuerit, reddenda est.
2 ScHRAM, ibid. sch. 1 : Licet communiter expédiât in ratione conscientiae reddenda incipere a confessione generali et eamdem rationem continuare, frequentando confessiones apud eumdem confessarium , absolute tamen unum munus ab alio, seilicet confessionem et rationem conscientiœ excipiendi, est distinctum et separabile : nam pro confessione solum exigitur et sufficit accusatio omnium et singulorum peccatorum, saltem gravium , non vcro peccatorum venialium, tentationum, passioiium et virtutum manifestatio. E contra pro ratione conscientiae reddenda, baee omnia aperienda suiit, etc.
n VII. — La docilité envers le directeur est de toutes les dispc)sitions la plus urgente. La direction n'a pas d'autre objet que de soumettre à la conduite d'un guide dont on accepte les lumières, les exhortations et les ordres. Les paroles par lesquelles Notre -Seigneur déclai^e son identité avec les apôtres conviennent également aux directeurs des âmes : a Qui vous écoute m'écoute, et qui vous méprise me méprise '. »
« Si vous avez trouvé le maître qu'il vous faut, dit saint Basile*, vomissez, pour ainsi parler, votre volonté propre, n'en gardez rien en vous; et, quand vous aurez fait cela, livrez-vous tout à lui, pour être entre ses mains comme un vase très fidèle qui garde intactes de toute altération les vertus qu'il y mettra en réserve, à la louange et à la gloire de Dieu... Tenez constamment cette conduite, de ne rien faire sans son assentiment. Tout ce que vous vous permettez à son insu est un vol et un sacrilège, qui causeront votre perte, loin de vous être d'aucun avantage, d
Saint Laurent Justinien demande non seulement l'obéissance, mais le renon^ementji l'esprit propre. « Qu'il laisse," ^ dit-iP, tout son jugement et toute discussion intérieure à l'arbitre de celui auquel il s'est livré, au point de louer ce qu'il approuve et de condamner ce qu'il condamne. Qu'il
1 Luc. X, 16 : Qui vos audit, me audit, et qui vos spcrnit, me spernit.
2 Scnn. de abdic. : Si talem quempiam nactus fueris, tum vero voluntatem tuam omnem expuilo ac foras projicito : atque ubi hoc feceris, dede te illi ut sinceris?imum veluti vas quoddam hue existas , qui , quae in te infundaatur virtutes, ad laudem Dei gloriamque, ab omni vitio castas conserves..., hoc apud te conslanter teneto, ut nihil omnino quidquam praeter illius sentenliam facias. Quidquid enim eo inseienle facis. id fartum ac saerilegium est, tibique exilium, non autem ntilitatem uUam asportat.
3 De Discipl. mon. c. 7 : Omne suum judicium et deliborationem in ipsius oui se tradiderit relinquat arbitrio, ut quod hic approbaverit , et ipse laudet, et quod eondemnaverit , ipse simili tor condemuet. Deum vero in illo loquentem non dubitet, illique tanquam Chrislo subesse non abhorreat, quia de se confidentem et propter se submiltentem se nunquam deseret Dominus.
soit convaincu que Dieu parle en lui, qu'il n'ait pas plus de honte de lui être soumis qu'à Jésus-Christ même, parce 'que le Seigneur n'abandonne jamais celui qui se confie en lui et pour lui se soumet au joug. »
Autant il faut ouvrir les yeux pour bien choisir son guide, autant il faut les fermer dès au'on est sous sa conduite^ C'est une règle essentielle ^ Une seule réserve est à faire : c'est si l'on recevait des ordres ou des conseils manifestement opposés à la loi de Dieu, à la foi ou aux devoirs essentiels de son état.
Ce ne serait pas non plus manquer de soumission que de faire connaître les répugnances que l'on éprouve à obéir, ou les inconvénients que l'on appréhende de la conduite tracée par le directeur : c'est de l'ouverture et de la prudence.
VIII. — La constance est encore nécessaire pour assu- (J^' rer le fruit de la direction, et, sans elle, les autres dispositions demeureraient sans résultat.
Ilne faut pas facilement changer de directeur. Saint François Sales ^ insiste sur ce point : « Mais je vous dis derechef, demandez-le à Dieu, et, l'ayant obtenu, bénissez sa divine Majesté, demeurez ferme, et n'en cherchez point d'autres, ains allez simplement, humblement et confidem-
1 ScHRAM, Theol. myst. § 355, t. 2, p. 23 : Facta jam electione D]agistrî spiritualis, illi tota conscientia committenda est , ejusque diclis picnissima obeJientia standum... Ratio est, quia sicuti electio magistri débet esse oculata, sic obedientia elecfo praestanda débet esse quodaminodo cœca; non enim minus imprudens foret qui ducem viae , vel medicum iii rebug terrenis eligeret, ignorans an illi fidere posset , quam qui jam electo fidere recusaret.
2 J. LoPEz EzQDERRA, Luc. myst. tr. 1, c. 12, n. 111 : Gum igitur rite et recte ministeiium animae assumpscrit, débet eam primo monere quod in omnibus et per omnia débet obedire, ejusque consilio et direction! acquicseere, ita ut^janj amplius in ea non sit velle vel nolle . praeter id quod illi visum est. Quod si recusaverit ita obedire , ad suam directioneni non admittat , ne cum illo oleum et operam perdat.
3 Introduct., l^e p., ch. 4, p. 44.
ment ; car vous ferez un très heureux voyage. » Et ailleurs : « Ne changez pas aysement de confesseur; mais en ayant choisi un, continuez à lui rendre compte de vostre conscience aux jours qui sont destinés pour cela, iuy disant naïfvement et franchement les péchez que vous aurez commis; et de temps en temps, comme seroit de mois en mois, ou de deux mois en deux mois, dites-luy encore Testât de vos inclinations, quoy que par icelles vous n'ayez pas péché, comme si vous estiez tourmentée de la tristesse, du chagrin, ou si vous estiez portée à lajoye, aux désirs d'acqucrir des^iens, ou semblables inclinations'. »
IX. — Des changements fréquents empêchent l'avancement dans la perfection, parce qu'à chaque nouveau directeur tout est, pour ainsi dire, à recommencer. Ils accusent aussi de l'inconstance, de l'insoumission, de la curiosité, et, quand ils ont pour motif la honte que l'on éprouve à confesser des chutes et des rechutes, ils sont plus funestes encore; car ils livrent sans défense à la tentation de retomber dans les fautes et les imperfections du passé, en supprimant le frein salutaire de la confusion.
Citons le P. Guilloré, exposant et résumant toutes ces considérations.
« Ne soyez pas de ces personnes qui changent facilement, ou parce que la honte les y porte après quelques fautes considérables, ou parce qu'elles se dégoûtent aussitôt, n'étant pas conduites selon leurs idées , ou parce qu'elles sont attirées par la nouveauté de quelque homme qui a réputation.
« Cette inconstance est grandement préjudiciable à l'âme, car il n'est rien qui entretienne les mauvaises habitudes comme cette facilité à changer de directeur, d'autant que par ce moyen on évite la confusion; et, la confu-
> Introduct., 2e p., ch. 19, p. 158.
sion étant évitée, elle fait que l'on retombe sans crainte et impunément dans ces mêmes désordres. Et puis n'est-ce pas ainsi que les maladies de l'âme ne sont jamais bien connues, passant par tant de mains dilTérentes? Cela étant, comment pourra- 1- on appliquer les remèdes à un mal caché? 11 ne se peut, non plus qu'un malade ne peut recevoir la guérison, lorsqu'à tout moment son impatience le fait changer de médecin.
« J'ajoute qu'il faut de grandes raisons pour changer un directeur dont on a fait le choix avec beaucoup de précaution et que l'on a reçu comme de la main de Dieu ; car on ne doit pas facilement défaire ce que Dieu a établi. Il faut éviter l'inconstance de certaines personnes qui vont selon les occasions, qui se solhcitent et briguent les unes les autres pour leurs directeurs, et qui veulent effleurer tous les spirituels '. »
X. — Toutefois il peut se rencontrer des cas où il serait utile, nécessaire même de changer de direction.
Si l'on s'aperçoit que les rapports avec le directeur deviennent trop humains , surtout qu'il est ou que l'on devient pour lui un sujet de tentation. Dieu ne peut que bénir la rupture. Mais ici il faut faire attention d'éviter tout scrupule. Quand une âme rencontre un saint prêtre qui l'entend, la connaît et la dirige sûrement et activement, il est tout naturel qu'elle s'attache à lui et ressente les sentiments d'une véritable affection.
« Le plus simple en ces rencontres , disait sainte Térèse à ses filles'', est de ne pas discuter dans son esprit si l'on aime ou si l'on n'aime pas. Aime-t-on, tant mieux; car, si l'on s'attache à ceux qui font quelque bien au corps, pourquoi n'affectionnerait-on pas celui qui s'occupe et travaille à faire du bien à l'âme? Je tiens, au contraire, pour
1 Max. spi)-., m. 1,1. I , § 3.
* Chemin de la perf., cli. i.
un grand moyen d'avancer d'aimer ainsi un confesseur, quand il est saint et spirituel et s'efforce de nous faire progresser; car notre faiblesse est parfois telle, qu'il nous aide beaucoup à faire de plus grandes choses pour le service de Dieu. D
La sainte ajoute avec un grand sens : « Le meilleur serait qu'il ne se doute pas qu'on lui porte de raffeclion, et qu'on ne lui en parle point. Mais le démon met en œuvre tous ses artifices pour persuader le contraire, à ce point qu'il semble qu'on n'ait pas autre chose à confesser et que l'on doit s'en accuser. Pour moi, je voudrais qu'elles crussent que ce n'est rien et n'en fissent aucun cas. »
Il ne faudrait pas hésiter à se séparer d'un directeur qui professerait une mauvaise doctrine, ou en qui on constaterait quelque dérèglement notable, comme aussi s'il manque de la science compétente, s'il devient manifestement indifférent ou trop faible; à plus forte raison, quand il pousse à violer la loi de Dieu ou les règles établies'.
Un directeur qui défendrait de s'adresser jamais à un autre et prétendrait lier sur ce point la liberté par un vœu ou une simple promesse, au lieu de retenir, devrait plutôt inspirer de la méfiance^.
Enfin un dernier cas où il pourrait être expédient d'abandonner un directeur, c'est lorsque le cœur se ferme à son égard sans qu'on puisse surmonter cette répugnance. L'ouverture et l'abandon sont absolument nécessaires : au directeur, pour connaître et conduire; au dirigé, pour se communiquer et obéir.
' Chemin de laperf.: Mas si en el confessor se entendierevàencaminado à alguna A'anidadj todo lo tengan por sospechoso.
- SciinAM , Theol myst. § 397, t. 2, p. 26 : Quamquam vero communiter expédiât, ut quis uni soli idoneo sui directionein committat, hoc tamen non ita fiât, ut nimium se illi alliget, sed indi/ferens sit, at illo carendum, et liber ad alium consuiendum, vel unum pro alio relinquendum... Ratio est, tum quia rêvera possunt occurrere causae, quae non ex levitate, sed ex gravi motivo alium vel consulere, vel eligere postulant, etc.