‹ L'ascétique chrétienneChapitre 75 sur 100 · SECOND MOYEN EXTÉRIEUR : RÈGLEMENT DE VIE · texte numérisé non relu

SECOND MOYEN EXTÉRIEUR : RÈGLEMENT DE VIE

Utilité d'un règlement particulier. — Même dans la vie religieuse. — U est absolument nécessaire aux prêtres séculiers. — Les personnes qui vivent dans le siècle en ont aussi besoin. — Tout doit y être subordonné aux devoirs d'état. — Une fois ce règlement arrêté , il faut s'y tenir. — 11 doit être concerté avec le directeur.

I. — Il est utile, et dans une certaine mesure nécessaire, de prévoir et d'ordonner les actes de la vie extérieure, si l'on veut assurer la marche et le progrès dans la perfection. La nature humaine est inattenlive et imprévoyante : elle laisse passer les occasions de bien faire, et se produire sans se précautionner les tentations et les périls. Elle n'est pas moins inconstante : après un bon mouvement, elle se ralentit et reprend sa vie spontanée, inconsciente, naturelle; et sa propension instinctive est de floller sans effort ni résistance au gré des vents qui son filent sur elle.

Le moindre inconvénient de celte indécision est la perte du temps, soit que l'on omette les actes bons et les exercices que l'on ferait avec de la prévoyance, soit qu'on néglige de les animer d'intentions surnaturelles qui les rendent fructueux.

Un sage règlement qui prévoit et ordonne la série des actions, la part de la piété, du travail et du repos, le moment et la durée de chaque occupation, la manière de la faire et les dispositions intérieures pour la sanctifier, doit être d'un grand secours pour entrer et s'avancer dans la perfection.

II. — Dans la vie religieuse, la règle commune fait cette distribution des heures et des actes. En s'y conformant, on a l'ensemble de la vie bien réglé. Toutefois, outre le règlement général qui régit la communauté et les divers emplois, chaque membre peut et doit avoir son règlement particulier qui porte la précision sur deux points importants : 1° sur la partie du temps laissée libre par la règle; 2° sur les intentions personnelles dont on animera les actions, soit communes soit particulières, les attraits intimes auxcjuels on abandonnera la pente de son Ame, et le défaut dominant que l'on est résolu de combattre.

III. — Ce n'est pas ici le lieu de démontrer la nécessité d'un règlement de vie pour les ecclésiastiques qui vivent dans le siècle, principalement quand ils exercent les fonctions paGtorales. Qu'il nous suffise de citer cette page d'un livre justement estimé , et devenu presque classique parmi le clergé'.

«: On sait assez que le prêtre qui vit sans règle ne remplira pas toutes les obligations de son état et ne se sanctifiera pas; mais ce n'est pas précisément comme moyen de la sainteté sacerdotale que nous considérons ici le rèdcinent du Pasteur, c'est comme movcn de la sanclifica-

lion du peuple dont il est chargé. Quelle confiance, quelle docilité ce peuple aura-t-il aux avis d'un Pasteur qui néglige ce qu'il recommande, qui contredit ses instructions

1 Méthode pour la dv-ection des âmes dans la trib. de la Pén. et pour le hon f/oxiv. des Paroisses, par un prêtre du diocèse de Besançon, ch. 1, a. 1 , t. 1 , p. 3.

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