MOYEN . LA CONFESSION 46S
moment, a une verlu merveilleuse pour introduire et faire avancer dans la perfection.
L'obstacle radical de la perfection est le péché, et le sacrement de Pénitence est le moyen régulier et ordinaire pour sortir du péché. Ce point est d'une telle évidence, qu'il devient inutile d'insister.
La confession ne retire pas seulement du mal, elle est singulièrement efficace pour en préserver, soit en procurant à l'âme la connaissance d'elle-même, de sa faiblesse, des causes et des occasions de ses chutes, soit à cause de l'horreur instinctive que l'àme ressent pour l'aveu de ses misères, soit enfin par l'effet de la grâce, qui aide le repentir et assure la persévérance. La recherche et l'accusation des fautes commises, la discussion des causes qui les produisent, les conseils du confesseur, l'absolution sacramentelle, tout cela fait de la confession un des plus puissants moyens de purification intérieure.
IIL — Pour produire ces effets, la confession doit être fréquemment renouvelée. Pratiquée seulement à de longs intervalles, elle ramène sans doute la grâce, mais elle ne préserve pas suffisamment.
En principe, la fréquence de la confession doit se régler sur celle de la Communion. Si l'on ne s'approche de l'Eucharistie qu'une fois le mois ou tous les quinze jours, il convient de se confesser au moins à chaque fois que l'on communie. C'est une pratique assez constante parmi les fidèles de ne se confesser que tous les quinze jours, quand ils communient une ou plusieurs fois par semaine, ou même tous les jours.
Cependant plusieurs retiennent la louable pratique de la confession hebdomadaire. C'est celle que recommandait saint François de Sales' : « Confessez-vous humblement et
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dévotement tous les huict jours, et tousjours , s'il se peut, quand vous communierez , encore que vous ne sentiez point en vostre conscience aucun reproche de péché mortel : car par la confession vous ne recevrez pas seulement l'absolution des péchés véniels que vous confesserez, mais aussi une grande force pour les éviter à l'advenir, une grande lumière pour les bien discerner et une grâce abondante pour reparer toute la perte qu'ils vous avoient apportée. Vous practiquerez la vertu d'humilité, d'obeyssance , de simphcité et de charité, et en cette seule action de confession, vous exercerez plus de vertu qu'en nulle autre. :&
Si l'on avait affaire avec une âme faible ou qui serait dans une situation périlleuse, on pourrait lui conseiller de se confesser deux ou trois fois dans la semaine.
On ne devrait pas faire difficulté de permettre aux per sonnes qui communient deux ou trois fois par semaine, ou même plus souvent, de s'y préparer par autant de confessions'.
En général, selon saint Liguori*, c'est assez, surtout s'il s'agit de personnes scrupuleuses, de se confesser une fois, deux au plus, par semaine.
Pour la confession quotidienne, il semble qu'il y ait moins d'inconvénients à la permettre que la Communion quotidienne, quoique l'inverse arrive plus souvent. Toutefois il n'est pas bon de la conseiller, à moins de situation exceptionnelle. Mais, quand l'attrait intérieur y porte et qu'il n'y a pas à craindre l'amoindrissement de la foi et de
1 ScHRAM, Theol. myst. § 225, t. 2, p. 112 : Laudabilius est ut confessio Eacramentalis S. Communioiii , quovis modo frequenli , etsi peccatum mortale conscienliam non gravet, permittatur, inquantum fieri potest. Hoc videtur esse ad mentem Patrum et Ecclesiae.
2 Praxis confess. n. 148 : Quoad vero confessionem ordinariam quaedam animœ delicatioris conscientiae consueverunt quotidie confiteri; sed, generaliter loquendo, sufficiet personis spiritualibus,pr3eserlim scrupulosis, confiteri semel aut ad summum bis in hebdomada. *