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la ferveur par reffet de Thabilude, il ne faudrait pas en détourner. Saint Bonaventure ', dans les règles qu'il trace aux novices, leur conseille la confession quotidienne, ou du moins de trois en trois jours. Saint Ignace de Loyola, saint Charles Borromée, saint Alphonse de Liguori et plusieurs autres saints se confessaient tous les jours.
IV. — Ici nous devons faire une observation d'une exlrC'me importance, dans le but d'assurer la validité des confessions si souvent répétées.
On sait que le sacrement de Pénitence comprend troiâ actes qui forment comme sa matière, savoir : la confession, la contrition et la satisfaction. Si l'un de ces troiséléments vient à manquer, l'absolution est nulle, et, dansle cas où ce vice serait prévu, elle serait sacrilège. Ainsi le sacrement destiné à remettre les péchés, sciemment maï reçu , ajoute une tache nouvelle à la conscience , au lieu de la purifier.
Or, dans ces confessions fréquentes, il peut se faire qu'il n'y ait pas de péché véritable, et par conséquent matière à confession et à absolution. Il peut arriver également que l'en manque de contrition et de ferme propos pour les fautes légères que l'on a l'habitude de commettre. Dans l'un et l'autre cas, l'absolution qui ne tomberait que sur des aveux non peccamineux ou sur des fautes qu'on ne détesterait point, est de nul effet, et, si l'on a conscience de cet état de choses, sacrilège.
Il existe un moyen sûr et facile d'assurer la validité de ces confessions qui ne comportent habituellement que des fautes légères : c'est de renouveler l'accusation des péchés graves de la vie passée. On peut recevoir l'absolution de ces péchés autant de fois qu'on en fait l'aveu. A raison même de leur gravité et de l'horreur qu'ils inspirent, on
1 In reyul. novic. c. 3.
est comme certain d'en avoir la contrition. D'autre part, comme il n'y a pas obligation de confesser les péchés véniels, dans le cas où la contrition viendrait à manquer pour ceux que l'on présente, l'absolution aurait son objet dans les péchés de la vie passée dont on renouvelle l'aveu, et serait par là même assurée.
Afin de bien éclaircir celte matière, ajoutons une dernière remarque sur les fautes anciennes que l'on rappelle au tribunal de la Pénitence.
Il ne suffit pas, pour atteindre la fin que nous recommandons ici, de clore sa confession en produisant des iautes de la vie passée du même ordre et de môme proportion que celles dont on vient de s'accuser pour la vie présente : les perplexités dont nous parlions seraient les mêmes. On n'obtient le but qu'en rappelant des péchés notables avec lesquels on a rompu et dont on sent une vive déteslation en son cœur.
On peut faire cet aveu de deux manières. Premièrement, en accusant des fautes que l'on précise quant à la qualité et au nombre; par exemple, une médisance grave, une calomnie considérable trois fois répétée, des pensées déshonnêtes. La seconde manière consiste à énoncer un certain ordre de fautes graves de leur nature, mais sans entrer dans aucune autre précision; par exemple : je m'accuse d'avoir manqué à la pureté dans ma vie passée, d'avoir calomnié mon prochain. Cet aveu général suffit quand il s'agit de fautes déjà confessées, plus particulièrement lorsque le confesseur connaît la vie tout entière; mais l'accusation spéciale garantit peut-être mieux la contrition en déterminant le mal à détester.
V. — Les dispositions qui conviennent à la confession fréquente intéressent l'examen, ia contrition et l'aveu.
L'examen de conscience qui précède la confession exige d'autant moins de temps que la confession est plus fré-
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quente. Le moyen de simplifier ce travail est de faire tous les soirs l'examen de sa conscience, et surtout de l'écrire, autant que possible, par des signes conventionnels qui n'exposent pas aux indiscrétions. Avec cette dernière précaution, on n'a plus au moment de la confession qu'à résumer les fautes inscrites.
Après avoir considéré le détail , il faut jeter un regard sur l'ensemble de la conduite et des dispositions depuis la confession précédente.
Il est difficile de préciser le temps à donner à cette discussion de la conscience : cela dépend du plus ou moins d'activité et de fidélité des personnes. Mais, si l'on écrit journellement son examen, quelques minâtes suffisent, et pour ceux qui ont l'habitude de se confesser chaque semaine ou tous les quinze jours, c'est généralement assez d'un quart d'heure pour reconnaître l'état de leur conscience.
VI. — La contrition est, dans les confessions fréquentes, le point principal auquel il faut donner toute son attention.
11 vaut mieux ne pas s'accuser des fautes légères dont on n'aurait pas le regret. Il n'y aurait point de péché à cela, puisqu'il n'existe point d'obligation de confesser les péchés véniels, et que l'un peut être remis sans que l'autre le soit.
La contrition doit être amoureuse, principalement quand il s'agit de petites fautes : on doit s'en attrister principalement parce qu'elles font injure à l'amitié de Dieu'.
Pour exciter en son âme une douleur sincère et profonde
' BossTjET, Lettr. spir., 124, t. 47, p. 435 : Pour l'absolution, voici une règle Lien claire : c'est qu'on peut recevoir l'absolution du prêtre toutes les fois qu'on croit avec un juste fondement être en état de recevoir de Dieu même le pardon qu'on lui demande. Or, pour se mettre en cet état à l'égard des péchés qu'on nomme véniels et de tous les jours, il suffit d'avoir un désir sincère de faire croître l'am'our et d'affaiblir la concupiscence.
de l'offense de Dieu, on jettera un coup d'œil sur les péchés plus graves de la vie passée, spécialement sur ceux que l'on se propose de rappeler en confession.
VIL — L'aveu et la manière de le faire sont aussi d'une grave importance pour le fruit des confessions.
Il faut éviter, ainsi que l'observe saint François de Sales, les accusations vagues qui ne disent rien sur l'état de la conscience, comme : je n'ai point aimé Dieu de tout mon cœur, je n'ai pas assez de ferveur dans mes prières, et autres semblables, a Tous les saincts du paradis et tous les hommes de la terre pourroient dire les mesmes choses s'ils se confessoient'. »
Il serait cependant utile de constater et de signaler si l'on ne s'est point relâché depuis la dernière confession, soit en général , soit sur quelque point particulier, comme la fidélité au règlement, la ferveur dans l'oraison, la lutte contre le défaut dominant.
Mais, après cette remarque générale, on descendra dans l'exposé détaillé des manquements que l'examen aura fait reconnaître. Plus on précisera, plus on retirera de fruit de la confession, et c'est alors surtout qu'elle sera un remède puissant pour guérir des infirmités volontaires de l'âme.
Il est extrêmement profitable d'ajouter à l'accusation des fautes l'aveu des causes et des motifs qui les déterminent. C'est le vrai secret de connaître et de dévoiler l'état de sa conscience. «: Ne vous contentez pas de dire vos péchez véniels quant au fait, dit saint François de Sales*, mais accusez-vous du motif qui vous a induite à les commettre. Par exemple, ne vous contentez pas de dire que vous avez menty sans intéresser personne; mais dittes si c'a esté ou pour vaine gloire afin de vous louer et excuser, ou par vaine joye, ou par opiniastreté. Si vous avez péché
1 Introd., 20 p., ch. 19, p. 155.
» Ibid., p. 156.