‹ L'asepsie et l'antispesie à l'hôpital BichatChapitre 10 sur 55 · Partie où l'on opère · texte numérisé non relu

Partie où l'on opère

Légende: 1, brancard destiné à transporter le malale; — 2, table pour préparer les matériaux de pansement; — 5, table destinée à recevoir, pendant une opéra ion, les cuvettes stérilisées à l'eau bouillante phéniquée, contenant les tampons, les compresses phéniquées, les instruments du cliloroformiseur, etc. ; — 6, lit d'opérations ; — 7, table en fer nickelé pour les instruments, les fils à ligature, etc. ; — U), meuble pour ter matériaux grossiers non stérilisés qui servent de pansements, les instruments non stérilisables, etc. ; — 11, tablette

supportant les solutions antiseptiques ; — 12, tablette avec bocaux contenant les matériaux aux pansements en contact avec la plaie ; — 13, armoire pour les instruments; — X”, X’”, tuyaux à gaz pour l’éclairage; — N, fenêtre du côté du nord.

Asepsie.

Planche II. — Salle (^Opérations du service des Hommes à l’Hôpital Bichat (Côté Est)

dessus d’un petit meuble (sorte de buffet); et par un double bec de gaz, mobile, à verres en mica, situé au-dessus de la table d’opérations (Fig. 3, X’”).

Nous espérons que sous peu, alors que l’éclairage de Paris sera fourni presqu’en entier par des machines électriques, les hôpitaux préféreront cette lumière et n’hésiteront pas à la distribuer largement dans les salles de malades et dans les salles d’opérations. Mais, à l’heure qu’il est, aucun hôpital à Paris ne la possède dans ces conditions idéales ; il y a bien longtemps, pourtant, que M. Terrier la réclame pour l'hôpital Bichat, d’autant plus qu’une source électrique peut servir, dans une salle d’opérations, à bien d’autres choses qu’à l’éclairage (galvano-cautère, etc.) (1).

b) . — Le chauffage se fait par un calorifère qui s’allume de l’intérieur même de la salle d’opérations. Il porte rapidement la température à 25°ou 30° degrés ; mais, évidemment, il vaudrait mieux qu’il puisse s’allumer du dehors, comme à Chartres. (Voir Fig. 3, à gauche).

c) . — Le long des murs situés aux deux extrémités de la salle sont placés, du côté de l’entrée, les appareils destinés à stériliser Veau et à la maintenir chaude; puis le chauffe-linge (Fig. 2) ; à l’autre bout, l’armoire vitrée où sont renfermés les instruments, et les étagères qui supportent d’un côté les solutions antiseptiques, de l’autre les substances et matériaux de pansement (Fig. 3).

1). — Le tuyau, qui amène Veau (Fig. 4, E), perfore le sol près de la cloison correspondant au vestibule (X), à l’angle nord-ouest de la salle; il est muni d’un robinet (b); puis il pénètre (A) dans une bougie du filtre Chamberland (F). L’eau ainsi filtrée

(1) Les salles d’opérations de St-Louis (service de MM. L. Championnière et Péan), ainsi que beaucoup de salles de malades du même hôpital, sont éclairées à la lumière électrique fournie par une installation (moteur à gaz, dynamo, accumulateurs) spéciale, placée dans l’hôpital lui-même. Nous traiterons ce point dans un autre travail : Energie électrique à l’Hôpital, dont l’introduction a paru dans le Progrès médical (voir n° 1, 1890, p. 4). N’oublions pas d’ailleurs qu’à Levallois-Perret (Dispensaire I. Péreire) et que dans divers asiles d’aliénés, l’éclairage électrique est aujourd’hui couramment utilisé, mais dans le même genre que ce qui existe à St-Louis.

tombe dans un barillet de verre (B), à l’aide d’un tube de verre (I), raccordé à l’aide d’un tube en caoutchouc. Ce barillet possède deux voies de dégagement. L’une, inférieure, correspond à un robinet (c); celui-ci, ouvert, fournit de l’eau filtrée qui s’échappe au-dessus d’un lavabo (L), pourvu lui-même d’un robinet à eau froide (a) non stérilisée, arrivant là par un branchement (D) greffé sur la conduite d’eau principale (E’). L’autre voie de dégagement du barillet de verre est supérieure (M) et l’eau s’en échappe, quand ce barrillet est trop plein, pour se rendre ensuite dans l’appareil destiné à fournir l’eau filtrée bouillie, et situé à côté (C), par l’intermédiaire des tubes M et N.

Ces différentes pièces: bougie Chamberland, barillet, etc., sont toutes démontables et faciles à nettoyer. L’ouverture supérieure du barillet (celle d’entrée de l’eau), est obturée avec une collerette d’ouate aseptique. Le raccord entre le barillet et l'appareil à chauffer l’eau se fait au moyen d’un tube de caoutchouc (M) entrant sans frottement dans le tuyau d’alimentation (N) ; mais, encore ici, l’interstice est comblé par de la ouate stérilisée (1).

Le chauffe-bains (Fig. A, C), muni d’un flotteur qui indique s’il est vide ou plein (O), est chauffé au gaz (Y). Il fournit, par le robinet (d), de l’eau bouillante qui a déjà été purifiée par le filtre Chamberland (F, B, N) (2). Le conduit Q sert à l’écoulement de J’eau du chauffe-bains, quand elle arrive en trop grande abondance ; c’est une voie de dégagement. Le tuyau R permet de vider complètement, quand on le désire et pour le nettoyage, l’appareil en question. Le tuyau Z, avec robinet en ( p ), conduit le gaz à l’allumeur du fourneau à gaz,alimenté lui-mêmo par le tuyau Y, avec robinet (n).

L’opérateur et ses aides ne se servent que d’eau filtrée pour se laver les mains ; l’eau bouillie et encore chaude est destinée à étendre les solutions antiseptiques concentrées et froides, à

(1) M. Dor ( Lyon médical, 9 juin 1889) a montré qu’il valait mieux n’employer ainsi qu’une bougie Chamberland ; les filtres en batterie ne stériliseraient pas l’eau complètement. Il faut avoir soin de faire, avant son emploi, l’épreuve de la bougie, comme le pratique M. Chamberland. Si la bougie n’est pas de premier choix, la stérilisation n’est que relative.

(2) Autrefois, avant l’installation du filtre Chamberland, ce chauffe-bains recevait l’eau par le tube (P), branchement de la conduite principale (E), pourvu d’un robinet (e).

Fig. 4. — Salle d’Opérations des Hommes de l’Hôpital Bichat.

Appareils destinés ix stériliser l’eau.

Légende: a). Service d’eau: E et E\ eonluite d'arrivée pour l’eau; A, branchement pour la bougie Chamberland ; — F. Bougie-filtre Chamberland ; — B, Barillet (réservoir d’eau filtrée) ; — M, orifice de sortie de l’eau filtrée et tube en caoutchouc; — N, tuyau d’alimentation pour le chauffe-bains (eau filtrée); — D, branchement pour le lavabo ; — L, lavabo ; — I, tube faisant communiquer F et B ; — C, chauffe-bains; — P, ancien tuyau d’alimentation du chauffe-bains (eau non filtrée) ; — O, index du chauffe-bains ; — Q, tuyau d’écoulement du chauffe-bains pour le trop plein; — R, tuyau par où l’on vide C S, T, U, tuyau d’échappement pour l’eau souillée ; V, siphon ; — a, robinet du lavabo (eau naturelle) ; — c, robinet du Barillet (eau filtrée) ; — d, robinet du chauffe-bains (eau filtrée et bouillie) ; — b), robinet pour supprimer l’arrivée de l’eau ; — e), robinet servant jadis à régler l’arrivée de l’eau en C ; — robinet destiné à régler le passage de l’eau en F. — b). Service du gaz: X, conduite d’arrivée avec robinet m; — Y, branchement pour le chauffe-bains, avec robinet n; — Z, branchement supplémentaire pour l’allumeur du chauffe-bains, avec robinet p.

Planche III.

Le Matériel opératoire de la Salle d'Opèrations des Hommes.

Légende: 1, Bocal pour sondes vésicales (solution boriquée) ; — 2, Catgut au sublimé; — 3, Vaseline (entre 6 et 10) au sublimé et à l’acide borique; — 4, Crins de Florence (solution de sublimé) ; — 5, Soie bouillie au sublimé; — G, Gros fil de caoutchouc pour la ligature élastique; — 7, Drains de différents calibres; — 8, Collodion iodoformé ; — 9, Laminaires (éther iodoformé); — 10, Solution de chlorure de zinc; — 11, Bande large de caoutchouc, remplaçant la bande d’Esmarch, placée dans une solution boriquée; — 12, Tampons dits de Terrier (ouate enveloppée de gaze), aseptiques ; — 13, Compresses aseptiques, stérilisées à l’autoclave, placées dans une solution de sublimé; — 14, Casserolle en nickel massif pour faire bouillir les fils de soie ; — lo, Boîte de cuivre sans soudure pour la stérilisa. ion des bistouris, des aiguilles, etc , à l’étuve Poupinel ; — 16, Pulvérisateur à éther pour anesthésie locale. — Dans les aulres bocaux ; solution phéniquée forte et solution de sublimé ; Eponges aseptiques, tampons simples, iodoformés, etc., etc. — En avant de la figure : Table pour les instruments, avec ses plate r.ux en nickel mas sif repoussé.

Planche III. — Le Matériel opératoire de l’Hôpital Bichat.

réchauffer les compresses isolant le champ opératoire, les liquides où baignent les instruments, etc.

Le filtre Chamberland fonctionnant sans cesse, le barillet est toujours plein, de même que le chauffe-bains. Il suffit d’allumer ce dernier pour avoir en quelques instants (dix minutes environ) de l’eau bouillante. Toute l’eau qui a servi s’écoule au dehors par le conduit (T, U), muni d’une sorte de siphon (V).

2) . — Au pied du même mur, mais de l’autre côté de la porte d’entrée do la salle, se trouve un grand chauffe-linge (Fig. 2, C. L.), alimenté par le gaz et destiné à chauffer les matériaux de pansements (ouate non stérilisée, bandages, serviettes, etc.).

3) . — Au fond de la salle se trouve le meuble (Fig. 3, 13) où sont placés les instruments. Sur ce sujet, il y aurait des réformes à proposer ; mais rien n’a encore pu être fait, les fabricants d’instruments ne s’étant pas assez imbus des principes de la chirurgie moderne pour la confection des boîtes (1). Du reste, l’emploi constant de la stérilisation des instruments par la chaleur fait que ces réformes ne sont pas absolument indispensables.

4) .— De chaque côté de ce meuble se trouvent (Fig. 3, 1 1 et 12) deux tablettes, dont l’une supporte de grands flacons à robinets contenant les solutions antiseptiques (acide phénique au 20° et au 40e, acide borique en solution saturée, sublimé à 1/1000). Sur l’autre sont placés une série de bocaux étiquetés contenant : les compresses sèches de gaze à l’acide borique, à l’acide phénique, au salol ou à l’iodoforme, le lint boriqué, l’ouate phéniquée, salolée ou boriquée, le mackintosch, les tampons d’ouate iodoformée, les bandes de tarlatane aseptiques, l’ouate hydrophile, les tampons d’ouate aseptique (modèle Terrier) pour éponger pendant les opérations, etc.

Les drains en caoutchouc de diverses dimensions, les fils de soie, le catgut, le crin de Florence sont conservés dans des solutions de sublimé au 1/ 1000e et renfermés dans des flacons à large ouverture. Ces flacons sont placés sur une étagère qui n’est pas visible sur la figure ci-jointe, mais qui se trouve au-dessous du bec de gaz X et au-dessus du meuble n° 10. Par contre, on les voit très bien sur deux des photogravures intercalées dans le texte (Nos II et III). Nous indiquerons plus tard comment sont préparées toutes ces substances.

(1) Ceci n’est plus exact à l’heure actuelle, car nos fabricants peuvent fournir depuis 1889 des boîtes très bien comprises.

Quelques éponges aseptiques, plongeant clans une solution de sublimé au i (J00e, existent à l'avance dans la salle d'opérations ; mais les autres sont confiées à la garde de l’interne en pharmacie du service, qui les prépare avec le plus grand soin et les conserve aseptiques. Tous les bocaux qui ne contiennent pas de liquides sont fermés avec des couvercles en fer-blanc, au fond desquels a été placée une couche assez épaisse d’ouate aseptique pour assurer une fermeture telle que l’air n’y pénètre que filtré; et, comme les grands flacons remplis des liquides antiseptiques, sont étiquetés. Ces derniers sont obturés à l’aide d’un bouchon en verre, fermant à l’émeri, qu’il faut enlever pour laisser couler le liquide, ou bien par un bouchon de caoutchouc perforé, dont le trou est rempli par un petit tube en verre, plein d’ouate aseptique.

5) . — Au milieu de la salle d’opérations [Fig. 3) se trouve une table ordinaire (5), le lit d’ opérations (6), d’ailleurs des plus simples, et une petite table pour mettre les instruments, construite sur le modèle de celle de MM. Berger, Lucas Championnière (7). Elle est tout en fer nickelé, très légère, et supporte 4 petites cuvettes de diverses grandeurs, d’une seule pièce, en nickel massif (1), à angles arrondis; les deux plus grandes sont destinées aux instruments, les deux autres aux fils de soie ou de catgut, qui y trempent dans une solution de sublimé ou dans de l’eau stérilisée. Le chirurgien a cette table près de lui pendant l’opération; il y prend lui-même ses instruments ou les fait prendre par l'aide de confiance; mais personne autre n’y touche (2).

6) . — Il nous reste, pour en avoir fini avec la description de la salle d’opérations, à parler de l’appareil qui sert à stériliser les instruments. On en trouvera la description complète dans un article de son inventeur, publié par la Revue de Chirurgie, n° 8, p. 669, 1888 (3). C’est notre ami, M. le Dr Poupinel, qui a lui-même installé les deux appareils de son invention qui fonctionnent à l’Hôpital Bichat et qui les a fait monter, en 1888, de la même manière dans les deux salles d’opérations.

Le Stérilisateur du Dr Poupinel est placé dans cet hôpital sur une tablette qui supporte en même temps un fourneau à gaz ordinaire et qui se trouve dans le vestibule de la salle

(1) Le nickel massif n’est pas altéré par la solution de sublimé.

(2) Voir les Photogravures.

(3) Voyez aussi, in Progrès médical , n° 8, 23 février 1889, page 140.

d’opérations. C’est une sorte de caisse en cuivre rouge, à double paroi, munie d’un thermomètre et d’un régulateur automatique à mercure. Il est construit de telle sorte qu’il utilise au maximum la chaleur produite (Voir Fig. 5).

Fig. 5. — Stérilisateur du Dr Poupinel (de Paris) pour les instruments

de chirurgie.

Les instruments, pour pouvoir être ainsi stérilisés par la chaleur sèche, sont tous entièrement métalliques et sans soudures, bien nickelés (1). On les soumet pendant 3/4 d’heure environ à une température de 180°. Comme il faut 1/4 d’heure pour que l’étuve atteigne cette température, les instruments y séjournent une heure. Puis on les laisse refroidir sans y toucher. Les instruments sont placés dans une grande boîte de cuivre qui se ferme à l’aide d’un couvercle et d’une couche

(1) Voir, à ce sujet : Baudouin (Marcel). Guide médical à l'Exposition universelle de 1889 (1er fascicule: Instruments de Chirurgie). Bureaux du Progrès médical, 1 vol., 1889.

d’ouate aseptique. Les instruments ainsi stérilisés peuvent être conservés longtemps intacts, emportés en voyage, etc. La surveillance de l’appareil est nulle. Quand le robinet du régulateur fonctionne bien, on n’a à s’occuper de rien. Les instruments tranchants et piquants peuvent être placés dans une autre boîte spécialement aménagée (l). On stérilise delà même manière les fils d’argent, placés dans des tubes en verre, les épingles destinées à fixer les drains dans les plaies, etc. Les aiguilles et les bistouris peuvent, à la rigueur, être aussi stérilisés dans des tubes de verre épais, pour que le tranchant s’altère moins.

L’appareil pourrait être isolé sur son support en bois à l’aide d’une plaque de verre épais et dépoli, reposant sur une lamelle de feutre épais ou directement sur le support en bois ; mais la chaleur dégagée par le bec de gaz qui le chauffe fait souvent casser cette plaque de verre. Une plaque de marbre serait préférable.

Il y a en outre, dans le service, un autoclave pour stériliser les compresses ourlées et divers matériaux de pansements ; il se trouve dans le laboratoire d’antisepsie, réservé à l’interne en pharmacie.

B. — Salles d’Opérations des Femmes.

La Salle cl' opérations des Femmes, celle où se pratiquaient jadis toutes les laparotomies, était construite identiquement sur le même modèle que celle des hommes ; mais elle ne possédait pas de châssis vitré dans le toit et ne renfermait ni le meuble où l’on range les instruments, ni les tablettes qui supportent les flacons et les bocaux. Par contre, on y trouvait un lit où séjournait l’opérée pendant les 4 ou 5 jours qui suivaient la laparotomie. Des garde-malades spéciales veillaient l’opérée dans cette salle elle-même. — Nous n’insistons pas davantage, car cette installation est complètement modifiée. M. Terrier a fait construire en son lieu et place deux nouvelles salles d’opérations, avec plusieurs chambres d’isolement pour les opérées, et une chambre pour l’anesthésie, grâce à une subvention récente de 30,000 francs, fournie par le Conseil municipal de Paris.

(1) Voir sur l’une des Photogravures (N° III), le dessin de cette boite.

Les deux nouvelles salles d’opérations du service des femmes sont placées l’une à côté de l’autre et communiquent entre elles. La première correspond au vestibule de la salle d’opérations du côté des hommes [Fig A, n° 72, côté gauche du plan); la seconde à cette salle elle-même. Le nouveau pavillon poulies laparotomisées a été construit, comme nous l’avons dit, sur le flanc de cette dernière salle et communique avec elle.

a). Salles d'Opèrations.

1° Salle pour les opérations ordinaires. — La première salle d’opérations, réservée aux opérations courantes, est la plus petite. Elle possède un matériel (instruments et substances de pansement) spécial pour elle seule; elle n’est en réalité qu’une réduction de la salle d’opérations des hommes. Au lieu d’être chauffée par un calorifère, elle possède un poêle. Les appareils à stériliser l’eau (Bougie Chamberland, chauffebains, etc.) sont absolument les mêmes qu’aux hommes. Il y a aussi un chauffe-linge, une petite table pour instruments à bassins nickelés (modèle Lucas Championnière, Berger), des tablettes qui supportent des flacons remplis de liquides antiseptiques ou des bocaux qui renferment des substances de pansements. Le stérilisateur Poupinel du service des femmes se trouve dans la salle des laparotomies. Il nous semble superflu d’insister davantage pour ne pas tomber dans des redites inutiles.

2# Salle des Laparotomies. — Elle est très comparable à la salle d’opérations des hommes, décrite plus haut. Elle est pourvue désormais d’un châssis vitré qui rend les plus grands services dans les interventions qui portent sur le petit bassin. La photogravure ci-jointe montre mieux que toute description la façon dont elle a été agencée. Elle est encore éclairée au gaz ; il est vrai qu’on n’y opère jamais pendant la nuit. Une pancarte qui porte ces mots : « Défense de toucher aux instruments et de parler pendant l’opération » est accrochée à l’un des murs, bien en vue (1). Tous les objets qui s’y trouvent ne servent qu’aux laparotomies (fils à sutures, instruments, drains, etc.). Elle possède un matériel absolument spécial. Comme celle des hommes, elle renferme tous les appareils à stériliser l’eau, le chauffe-linge, le calorifère, les solutions antiseptiques, etc., qui lui appartiennent en propre. On y trouve aussi le stérili-

(1) Comme à la salle des hommes, d’ailleurs.

sateur pour les instruments, le fourneau à gaz qui sert à faire bouillir les matériaux pour les sutures (crin de Florence, soie, etc.), les instruments qu’on ne fait pas passer par l’étuve à air chaud, etc. (Voir Fig. 6).

Ce n’est certes pas, à notre avis du moins, l’idéal. Nous pensons, en effet, que tout cela devrait être relégué dans une chambre voisine, — que dans certains hôpitaux on nomme arsenal, — attenante à la salle des laparotomies. Cette dernière devrait être absolument nue et ne renfermer que ce qui est indispensable pendant l’opération, c’est-à-dire la table à opérations, quelques tables en métal ou en -verre pour déposer les instruments, les compresses, les éponges, les cuvettes nécessaires pendant l’intervention elle-même. Une telle salle à laparotomies serait bien plus facile à maintenir aseptique; elle serait chauffée par une bouche de chaleur dépendant d’un calorifère placé au dehors, comme dans l’installation de M. Maunoury, à Chartres. Le parquet et les murs ne présenteraient aucune anfractuosité; de la sorte on pourrait les nettoyer, facilement et fréquemment, à grandes eaux. Elle devrait être pourvue d’une source électrique puissante (1) et être éclairée à l’électricité.

(1) Comme celle de l’Hôpital municipal à Berlin. Cette source électrique servirait à alimenter le galvanocautère, de même que les divers instruments destinés à l’éclairage des diverses parties du corps (abdomen, vessie, etc.).

Légende de la Figure ci-contre.

Fig. 6. — Salle des Laparotomies (Service des Femmes).

Légende : 1, Table d’opérations (ancien modèle). — 2, Boîtes à fermeture hermétique pour ouate aseptique stérilisée à l’étuve Sorel-Quénu. — 3, Caisse remplie de solution de sublimé, où séjournent, dans l’intervalle des opérations, les cuvettes placées sur la table n° 14. — 4, Flacons pour liquides antiseptiques (solutions de sublimé, d’acide borique et d’acide phénique). — 5, Bocaux pour matériaux de pansements ( gazes iodoformée, salolée, etc., etc.). — 6, Bocaux avec compresses aseptiques, sèches ou humides. — 7, Bocal plein de sublimé où séjournent les brosses à ongles. — 8, Double lavabo. — 9, Réservoir d’eau filtrée. — Id. Bougie Chamberland. — 11, Bocaux à drains de différents calibres (petits, moyens, gros). — 12, Bocaux à fils élastiques en caoutchouc, à tampons, etc. — 13, Calorifère. — 15, Buffet pour matériaux de pansements. — IG, Thermomètre. — 17, Réservoir d’eau filtrée bouillie. — 18, Robinet d’eau filtrée bouillie. — 19, Appareil de chauffage pour le réservoir n° 17. — Au-dessus de 15 se trouve une planchette avec flacons pour substances à sutures (crins de Florence, soie, etc ).

Fig. G. — Salle des Laparotomies (Service des Femmes). — (Voir ci -contre la légende.)

Planche IV.

Salle d’Opérations du service des Femmes à l’Hôpital Bichat

b). Le Paoillon des Laparotomisèes.

Le Pavillon des Laparotomisèes est un petit bâtiment à un étage construit aux côtés de la grande salle d’opérations. On y accède par une porte s’ouvrant dans la salle à laparotomies et faisant communiquer le service de M. Terrier avec le premier étage de ce pavillon. Un escalier conduit du premier étage au rez-de-chaussée, d’où, par une autre porte, on peut gagner les dépendances de l’hôpital.

Ce rez-de-chaussée renferme deux chambres, l’une de 3, l’autre de 2 lits; au premier étage se trouve une chambre de 2 lits et une chambre à un lit. C’est dans cette dernière, la plus voisine de la salle d’opérations, qu’on place la malade à opérer, deux ou trois jours avant l’intervention; c’est là ausU qu’on l’endort (salle d'anesthésie), avant de la transporter dans la salle des laparotomies. Après l’opération, elle y séjourne deux ou trois jours, puis passe dans la deuxième chambre du premier étage. Les malades sont transportées du premier étage au rezde-chaussée le 7e ou le 8e jour, à moins que leur santé ne se rétablisse pas, pour une cause ou pour une autre. En bas, il n’y a donc que les convalescentes, que les opérées qui se lèvent.

Ce pavillon a été construit d’après les mêmes principes que ceux qui ont été mis en usage lors de l’édification de l’hôpital Bichat, c’est-à-dire d’après les règles formulées par M. Tollet. Bien entendu, les lits n’ont pas de rideaux; le chauffage se fait par des cheminées; le sol est en ciment, sans rainures, les angles arrondis, etc.

Des sonneries électriques permettent aux malades d’appeler les infirmières, dont deux sont spécialement affectées au service de ce pavillon. Un tube acoustique relie le pavillon au cabinet de la surveillante du service des femmes. Les malades et les infirmièresdece pavillon n’ont pas, autantque possible du moins, de communication avec le service; la surveillante seule peut aller de l’un à l’autre. Toutefois l’isolement n’étant pas rendu absolu par une séparation matérielle, il est fort probable que, quand le personnel médical n’est plus là, il devient assez relatif ; en tous cas, on fait ce que l’on peut pour le rendre le moins imparfait possible.

Un des internes n’a à s’occuper que des malades et des opérées qui s’y trouvent M. Terrier et son assistant font en général deux à trois laparotomies par semaine : ce qui explique pourquoi les malades changent de chambre d’isolement comme nous l’avons indiqué.

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