II. — Salles d’Opérations
Les Salles d’Opèrations de ce service sont fort simples; leur installation a été de3 moins coûteuses; d’ailleurs, elles ont été construites pour faire des dortoirs, et à une époque où l’asepsie n’était point encore la seule préoccupation des architectes ! Cependant, grâce à des soins de propreté minutieux, à une surveillance constante, M. Terrier parvient à posséder des salles d’opérations qui ne laissent pas beaucoup à désirer. La salle d’opérations des hommes, qui a été réparée et modifiée il y a 2 ans, n’est certes pas une salle d’opérations idéale ; mais, nous le répétons, elle est suffisante. C’est celle-là que nous décrirons avec détails. Celle des femmes, ayant été ces temps-ci reconstruite sur un plan analogue, dû à M. Terrier, en diffère à peine ; nous n’en signalerons donc que les principales particularités.
A. — Salle d’Opèrations des Hommes.
La Salle d’Opèrations des Hommes (n° 72, côté droit du plan, Fig. 1) est située à côté de la salle des malades, mais ne communique pas avec elle ; on y pénètre par l’intermédiaire d’un couloir (n° 71).
Elle se compose de deux chambres : 1° L’une, située à l’entrée, n’est qu’une sorte de vestibule (n° 72 du plan). L’opérateur peut y suspendre à des portemanteaux métalliques nickelés ses vêtements ; de même les aides. Il y a une armoire pour le gros linge et les appareils de chirurgie qui ne nécessitent pas de grands soins de propreté ; un poêle pour le chauffage de cette pièce; un fourneau à gaz, placé à côté de l’étuve à désinfecter les instruments, qui sert à faire bouillir tout ce qui ne peut être étuvé ; un autre meuble où sont placés les matériaux de pansement déjà apprêtés par la surveillante, les instruments en gomme aseptisés comme nous l’indiquerons plus loin (Procédé Delagenière : antisepsie des voies urinaires).
C’est sur ce meuble que la surveillante, après désinfection minutieuse de ses mains, prépare les objets de pansements qu’elle sort des paquets, les tampons d’ouate hydrophileentourés de gaze,
les tampons d’ouate munis de ûls,etc., etc. — M. Terrier voudrait que cette pièce fût destinée à l’anesthésie des malades ; mais, en raison de la petitesse des locaux, on est obligé d’endormir les hommes sur le lit d’opérations. C’est aussi dans cette chambre qu’on dépose, en général, le brancard servant à transporter les malades qui ne peuvent pas marcher.
2° La salle d’opérations elle-même {Fig. 2 et 3) (1) est une grande pièce, plus longue que large, fort simple, construite, mais en plus petit, sur le modèle des salles de malades au point de vue du plafond et du plancher. Le dallage du sol est en ciment Portland; toutefois l’architecte a eu la mauvaise inspiration de le décorer en y traçant des lignes en creux, peu profondes il est vrai, mais bien visibles sur une des photographies ci-jointes. Le angles sont arrondis. Le revêtement intérieur est constitué par de la chaux, recouverte d’une bonne couche de peinture à l’huile; ce qui vaut bien mieux, à n’en pas douter, que le procédé employé dans la salle d’opérations de M. Maunoury, à l’hôpital de Chartres (2), ainsi que nous avons pu nous en assurer par nous -mèmè.
a). — En ce qui concerne l'éclairage, il existe de grandes fenêtres latérales, dont les 2 du côté du midi possèdent des stores extérieurs, qu’on manœuvre de l’intérieur; et un châssis vitré dans le toit , au-dessus du lit d’opérations. Les fenêtres, dont deux sont à double paroi (celles de la façade Nord) {Fig. 2, N.), ont leur cadre qui se continue sans relief ni angle rentrant avec la paroi intérieure du mur. Les glaces inférieures de ces fenêtres sont en verre craquelé, pour empêcher de voir du dehors. Le châssis vitré du toit, de construction récente, fournit une vive lumière, fort utile pour les opérations intra-vésieales, pelviennes ou abdominales supérieures. Il n’y a pas de double plafond avec châssis, comme dans la salle de M. Maunoury à Chartres.
La nuit, l'éclairage au gaz est fourni par un bec latéral placé à côté d’une des fenêtres, en face du calorifère et au-
pl) Nous prions le lecteur de se reporter à la description de la salle d’opérations de M. le Pr Poncet (Hôtel-Dieu de Lyon), parue dans la Revue de Chirurgie, 10 août 1889, s’il veut se rendre compte des différences qui existent entre ces deux installations.
(2) Maunoury. — La nouvelle salle d'opérations de l’hôpital de Chartres; in Progrès médical, 1888, 11 février, p. 107.
Fi<j. 2. — Salle d’opérations des hommes de l’Hôpital Bichat (côté ouest). Appareils à stériliser l’eau et chauffe-linge.
Légende: N, fenôtre du côté nord; — G. L, chauffe-linge; — X, conduite d'arrivée du gaz ; — X’, tuyau de gaz alimentant le chauffe-linge ; — 2, table pour préparer les matériaux de pansement.
Planche I. — Salle d’Opérations du service des Hommes à l’Hôpital Bichat (Côté Ouest)
Fig . 3. — Salle d'Opérations des Hommes de l’Hôpital Bichat (Côté Est).