‹ L'asepsie et l'antispesie à l'hôpital BichatChapitre 11 sur 55 · II. — Remarques générales sur les Salles d’Opérations · texte numérisé non relu

II. — Remarques générales sur les Salles d’Opérations

Nous ne donnons point comme modèle les nouvelles salles d’opérations (hommes ou femmes) de l’Hôpital Bichat : il y a bien des imperfections ; mais nous pouvons dire, sans rien exagérer, qu’elles peuvent parfaitement suffire. Elles ont tout au moins l’immense avantage de n’avoir pas coûté des sommes considérables, comme certaines salles récemment construites dans d’autres hôpitaux à Paris, et, grâce à un bon entretien, on peut les maintenir facilement aseptiques. Elles ne sont point comparables surtout à l’installation luxueuse et fort coûteuse de M. le P1- 2 Poncet (de Lyon) (1). Mais le personnel compense ici ce que la construction a de défectueux ; il est vrai que le public ne s’en doute guère !

Ces salles sont au moins une fois par semaine nettoyées à grande eau, de même que les salles de malades. Ces dernières sont très bien disposées pour permettre un tel nettoyage, en raison de la constitution de leur sol.

Bien entendu, les lits en fer n’ont pas de rideaux et la plus grande propreté est recommandée aux surveillantes, parfaitement convaincues d’ailleurs de l’importance des moindres précautions.

Il est bien certain que, pour un service de l’importance de celui de Bichat, il faudrait au moins deux salles d’opérations et une chambre pour l’anesthésie, du côté des hommes comme du côté des femmes (2); l’une des salles devrait être réservée exclusivement aux opérations pratiquées sur des malades suppurants ou infectés. Il est non moins évident que la salle des hommes surtout devrait comprendre au moins deux parties bien distinctes, sans communication directe de l’une avec l’autre : la première, destinée aux infectés, serait pourvue de tout un matériel spécial ; il ne devrait pas y avoir de communication, autant que possible du moins, avec celle où ne seraient admis que des malades aseptiques, si l’on peut parler ainsi, à opérer ou déjà opérés.

(1) Poncet. — Nouvelle salle d'opérations de V Hôtel- Dieu de Lyon ; in Province médicale, 16 mars 1889 ; Bulletin médical, mars 1889, et Rev. de Chir., août 1889. — Voir aussi : Laguaite. Une installation chirurgicale antiseptique à Lyon ; in Lyon médic., 25 mai 1890, p. 137.

(2) M. Terrier, dans une Lettre à M. Peyron, qui sert d’introduction à notre description de l’Hôpital Bichat, a développé ces idées.

Mais les doctrines chirurgicales modernes ne sont pas encore monnaie assez courante en France et même à Paris, pour que les chirurgiens dits aseptiques puissent voir de si tôt leurs souhaits complètement réalisés au point de vue de l’agencement des services hospitaliers. Cependant, à Bichat, grâce à de minutieuses précautions de la part du chirurgien, des aides et du personnel subalterne, on obtient, malgré le mélange do tous les malades quels qu’ils soient dans des salles communes, de fort beaux résultats, comme on pourra s’en rendre compte en consultant les statistiques du service de chirurgie de l’Hôpital Bichat. publiées régulièrement chaque année dans les Bulletins de la Société de Chirurgie et le Progrès médical, et qu’on trouvera rassemblées plus loin, à la fin de ce travail. Ici donc, l’antisepsie vient fortement en aide à l’asepsie, et voilà une bonne preuve de ce que l’antisepsie proprement dite peut faire à elle seule.

Asepsie.

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