‹ L'asepsie et l'antispesie à l'hôpital BichatChapitre 12 sur 55 · LA CONSULTATION · texte numérisé non relu

LA CONSULTATION

Service des Consultations externes.

Il nous reste à dire un mot de la façon dont se recrutent les malades de ce beau service, un des plus actifs et des plus fournis de Paris. La plupart des femmes viennent de la campagne ou de la ville, adressées à M. Terrier par leur médecin traitant. Bien peu, du moins pour les affections graves, sont reçues à la consultation. Beaucoup sont des malades payantes. Pour les hommes, au contraire, c’est à la consultation externe où Ton en recrute le plus.

1° Consultations chirurgicales.

Le service de la consultation chirurgicale, qui a eu lieu trois fois par semaine, est fait par les internes ; le jeudi il y a en outre une consultation spéciale pour les maladies des yeux et des oreilles, dirigée par M. Terrier lui-même.

Ce service estcomplètement indépendant des salles de malades, mais il est organisé sur le même modèle. On y fait les petits pansements et les opérations qui ne nécessitent ni l’anesthésie ni le séjour à l’hôpital. Les mêmes précautions sont prises au point de vue antiseptique que dans les salles. Les solutions antiseptiques sont placées dans des bocaux, disposées de la même manière, et les matériaux de pansements prépares par l’interne en pharmacie.

2° Policlinique gynécologique.

La salle des consultations gynécologiques est distincte du service de la consultation chirurgicale. On s’est efforcé de l’organiser l’année dernière d’une façon telle qu’après chaque examen on puisse stériliser aussi complètement que possible les instruments (spéculum, hystéromètres, pinces à pansements, etc.) qui viennent d’être employés. Un exemple montrera

très suffisamment ce qu’on a voulu obtenir à laide de cette nouvelle organisation.

Ainsi, dans cette salle, on a installé un réservoir rempli d’eau phéniquée qui bout pendant toute la durée de la consultation. Comme on possède plusieurs séries d’instruments, comme on les laisse plongés, après qu’ils ont servi, dans le liquide bouillant un temps suffisant pour détruire les micro-organismes, on ne perd pas de temps, parce qu’on se sert d’un instrument, d’un spéculum par exemple, pendant que les autres séjournent dans l’eau bouillante. De cette façon on court moins de chances d’inoculer avec un spéculum malpropre une femme, non antérieurement contaminée, qui demande à se faire examiner à la consultation.

Il y a deux consultations gynécologiques par semaine où viennent un grand nombre de malades ; elles sont faites par un des internes, qui ne montrent au chef de service que les cas intéressants ou difficiles.

Une telle manière do comprendre le service do la consultation permet de ne point être obligé de recevoir dans les salles les malades si nombreux qui n’ont pas besoin réellement d’être hospitalisés, ceux qui ont des plaies peu graves des membres supérieurs, les femmes qui ont une légère métrite, etc. Grâce au petit nombre de pansements nécessaires pour chaque plaie accidentelle ou opératoire, les élèves du service (externes et stagiaires) ne sont pas outre mesure surchargés de besogne, malgré lo nombre considérable d’opérations, de malades qui viennent cà la consultation. Le personnel des aides est la plupart du temps au grand complet, malgré l’éloignement considérable de l’hôpital du quartier des Ecoles à Paris : ce qui empêche, par contre, la majorité des étudiants laborieux de venir assister aux nombreuses opérations que pratique le chirurgien do Bichat.

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