II. Antisepsie auriculaire
L’antisepsie du conduit auditif externe n’est pas très complexe (1). Elle est de rigueur, comme celle des fosses nasales, dans tous les cas où le crâne peut être intéressé (fracture du crâne, fracture du rocher, etc.) et doit être faite d’une façon analogue. On la surveillera avec soin quand on opérera dans l’oreille ou même dans son voisinage.
a). La solution boriquée est encore le liquide préférable pour les irrigations précédant une intervention. Elles seront faites, ici aussi, avec une poire de caoutchouc placée sur le trajet d’un tube pourvu d’une canule de verre effilée. On prendra pour celle-ci les mêmes précautions que pour la canule du siphon de Weber, et on se gardera bien d’avoir recours aux seringues. De même que pour le nez et la bouche, on pourrait utiliser l’eau chloralée. M. Terrier, pour ne pas compliquer le service et multiplier les solutions, s’en tient à la solution boriquée, suffisante en général.
(1) Nous n’insistons pas sur celle du pavillon de l’oreille, qui rentre dans l’antisepsie cutanée.
Dans les cas d’infection plus sérieuse, de suppuration ancienne de l’oreille, on répétera longtemps les lavages auriculaires avant d’intervenir et parfois on pourra recourir aux antiseptiques forts. Dans leur intervalle, on se trouvera bien de faire un petit tamponnement du conduit avec un peu de gaze iodoformée. On n’emploiera pas la poudre seule, car, en se desséchant, elle forme avec le pus une sorte de mastic qui empêche le drainage du conduit auditif.
b). Le pansement , là aussi, devra toujours être antiseptique et non aseptique. L’iodoforme est préférable à toutes les autres substances.
On prendra pour les instruments qui servent à l’examen des oreilles (spéculum (1), etc.), les mêmes précautions que les otologistes.
Mais ici on doit encore apporter une attention plus grande à ces manipulations, car on sait que faute d’avoir pris des précautions suffisantes, on a pu communiquer la syphilis, la tuberculose ou l’ozène à des sujets qui étaient indemnes. Tous les instruments devront être métalliques pour pouvoir être stérilisés, soit à l’étuve sèche, soit à la lampe à alcool, soit par l’ébullition prolongée (2).
(1) Ceci s’applique aussi aux instruments nécessaires pour l’exploration de la trompe d’Eustache.
(2) L’antisepsie des voies respiratoires proprement dites (larynx, trachée, bronches, etc.) serait aussi très bonne à obtenir quand on doit intervenir (ou même simplement donner le chloroforme), pour une lésion quelconque, chez les vieux catarrheux (emphysème, bronchite chronique, etc.), les tuberculeux pulmonaires; on éviterait ainsi bien des complications thoraciques (bronchites, broncho-pneumonies, etc.), chez des opérés de cures radicales de hernies, de laparotomies, etc. Malheureusement, on ne sait pas encore aujourd’hui très bien comment il faut s’y prendre pour arriver à un tel résultat et désinfecter suffisamment, au préalable, les voies respiratoires. C’est une voie à explorer.